L’Audiencia nacional a condamné huit jeunes Basques de la localité d’Altsasu, pour une bagarre dans un bar avec deux gardes civils, à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison. Ce sont les peines maximales prévues par la loi pour une attaque contre les agents de l’autorité, avec blessures, troubles publics et menaces. Le tribunal a condamné Oihan Arnanz et Iñaki Abad à treize ans de prison; Jokin Unamuno et Adur Ramirez de Alda à 12 ans, Jon Ander Cob, Julen Goikoetxea et Aratz Urrizola à 9 ans et Ainara Urkijo à deux ans.

Si le tribunal a rejeté l’accusation de « terrorisme », le caractère politique du verdict, qui s’explique par l’appartenance des jeunes à la gauche indépendantiste, est démontré par la lourdeur des peines (le maximum prévu par la loi) et la motivation des condamnations qui a retenu comme circonstances aggravantes « les raisons idéologiques et de l’animosité envers la Garde civile ». La décision peut faire l’objet d’un recours dans un délai de 10 jours. Suite à ce verdict, des manifestations ont eu lieu à Altsasu et dans différents points du Pays basque.

L'audience des jeunes d'Altsasu

L’audience des jeunes d’Altsasu

La quarantaine de salariés de Smovengo, l’opérateur de Vélib’, sont en grève depuis six semaines. Leur employeur, jugeant le mouvement illicite, les a convoqués aujourd’hui lundi et demain mardi pour un entretien préalable à « une éventuelle sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement ». Vendredi, les grévistes se sont rassemblés avec leurs soutiens devant le dépôt Vélib’ d’Alfortville (Val-de-Marne). La caisse de solidarité des syndicats a permis de récolter 15.000 € pour aider les grévistes, sans salaire depuis six semaines.

Les grévistes réclament, notamment, un meilleur paiement des heures de nuit et une hausse de leur panier-repas. En réponse, ils n’ont obtenu qu’une convocation au tribunal. A l’issue de l’audience le 14 mai dernier, Smovengo a déclaré considérer que la grève est illicite, car Vélib’ est un service public et qu’à ce titre il y aurait dû avoir un préavis de déposé. Les grévistes et leurs avocats, de leur côté, estiment qu’il ne leur est pas interdit de poursuivre la grève tant qu’ils ne bloquent pas les dépôts.

Rassemblement des grévistes vendredi à Alfortville

Rassemblement des grévistes vendredi à Alfortville

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Des incidents ont éclatés dans le quartier d’Exarchia, au centre-ville d’Athènes la nuit de vendredi à samedi et samedi en journée. Des anarchistes ont brûlé un drapeau grec et lancé des bombes incendiaires sur des fourgons de police anti-émeute stationnés à la jonction des rues Patission et Tositsa. Les agents ont riposté avec des gaz lacrymogènes et bouclé brièvement la rue Patission.

Les incidents à Exarchia

Les incidents à Exarchia

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Une manifestation de soutien à la Palestine aura lieu vendredi 8 juin devant l’ambassade de l’état d’Israël. Cette manifestation fait suite aux derniers massacres perpétrés par l’armée israélienne. Pour rappel 52 Palestiniens qui protestaient contre l’ouverture de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem, avaient été tués et 2000 avaient été blessés (voir notre article). Suite à ces massacres, la représentante de l’état d’Israël à Bruxelles avait déclaré que : « Toutes les dernières victimes civiles à Gaza…sont des terroristes…même les enfants ».

Le rassemblement, organisé par le groupe « Justice sans frontières », se tiendra entre 16h et 18h (plus d’infos ici).

Manifestants palestiniens (archive)

Manifestants palestiniens (archive)

Le premier juin, un zadiste de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a été condamné à deux ans de prisons. Il était soupçonné d’avoir, le 8 mai, lancé un pétard aux pieds de deux policiers, les blessant légèrement.

Le tribunal l’a également condamné à verser 1000 euros de dommages et intérêts aux deux gendarmes ainsi qu’à une interdiction d’être présent sur le territoire de Loire-Atlantique pendant cinq ans. Il ne s’est pas présenté à son audience, un mandat d’arrêt a donc été lancé contre lui.

Affrontements à la ZAD (archives)

Affrontements à la ZAD (archives)

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Rouvikonas appartient à une tradition anarchiste athénienne qui remonte aux années 1970. Le collectif a été créé en 2013 et pour lui, la Grèce a franchi son «Rubicon» en mars 2012, lorsqu’elle a signé le second plan d’aide de l’Union Européenne et du FMI. Un plan renforçant le programme d’austérité économique qui ravage la société grecque sans relâche depuis lors. Rouvikonas s’en prend aux rouages de la bureaucratie grecque –des cabines de péage dans le Péloponnèse, le ministère de la Défense, le palais de justice de Larissa– mais attire aussi l’attention sur la scène internationale : ambassade d’Espagne, ambassade de l’Arabie Saoudite, comptoir d’enregistrement de la compagnie El Al à l’aéroport international Elefthérios-Venizélos, bureaux de Turkish Airlines, dernièrement l’ambassade de France d’Athènes en solidarité avec la ZAD.

Le groupe distribue des médicaments et invite les associations du secteur sanitaire et social à mettre en place des dispensaires pour les malades. Rouvikonas cherche également des lieux d’hébergement pour les réfugiés au sein des bâtiments abandonnés du centre d’Athènes, et empêche la police d’accéder à ces squats. Suite à toutes ces actions le collectif Rouvikonas fait face à de nombreuses arrestations et procès.

C’est pourquoi le Secours Rouge vous invite ce samedi 2 juin à 19h au Local Sacco-Vanzetti (54 Chausée de Forest, 1060 Saint-Gilles) pour une soirée d’information et de solidarité avec Rouvikonas, avec un drink solidaire, une discussion par Skype avec des membres du collectif et des projections de ses actions.

Solidarité avec Rouvikonas

Solidarité avec Rouvikonas

Les Genevois Théo et Bastien ainsi que l’Italienne Éléonora pourront rentrer chez eux. Le contrôle judiciaire qui les contraignaient à rester en France a été levé, a-t-on appris lors de l’ouverture de leur procès, ce jeudi matin, à Gap. C’est le soulagement pour les familles et leur comité de soutien. Le procès est renvoyé au 8 novembre 2018.

Le 22 avril dernier, plus d’une centaine de personnes dont les trois de Briançon avaient franchi la frontière italo-française avec des migrants au col de Montgenèvre. Le trio est accusé «d’aide à l’entrée irrégulière» d’étrangers, avec comme circonstance aggravante selon le parquet d’avoir commis ces faits «en bande organisée». Le Conseil constitutionnel devra examiner, probablement d’ici fin août, si le délit d’aide à l’entrée sur le territoire français est compatible avec le principe de fraternité garanti par la Constitution française. La défense comme le procureur ont plaidé pour le renvoi, dans l’attente de la réponse du conseil constitutionnel à cette question.

Bastien et Théo à la sortie du tribunal

Bastien et Théo à la sortie du tribunal

Deux hébergeuses de migrants – les journalistes Myriam Berghe et Anouk Van Gestel – sont jugées pour trafic d’êtres humains. Un premier jugement risque de faire jurisprudence. Myriam Berghe est journaliste littéraire chez Femmes d’Aujourd’hui. Le Parquet requiert de 5 à 10 ans de prison sur base non pas d’association de malfaiteurs mais d’organisation criminelle. Sauf transfert à Bruxelles, elles seront jugée le 4 juin à Dendermonde. Un tribunal flamingant, proche de la N-VA, considéré comme le plus dur de Belgique. Et le fait d’avoir intégré deux journalistes francophones à ces “passeurs” dénonce la volonté politique de faire un exemple pour les hébergeurs.

Myriam Berghe, qui a hébergé 55 migrants a été réveillée à 5 heures par dix policiers de la police judiciaire. Elle n’a ni permis ni voiture et n’a jamais essayé de faire passer qui que ce soit en Angleterre. Au contraire, elle encourageais les migrants à demander l’asile ici. Elle reconnait avoir envisagé lors d’un coup de fil avec Anouk Van Gestel, rédactrice en chef à Marie-Claire Belgique, la possibilité d’entrer en contact avec un passeur (ce qui ne s’est pas fait) et d’avoir utilisé deux ou trois fois WesternUnion pour aider un migrant à récupérer de l’argent (sans papiers, c’est impossible). Leur démarché était désintéressées, humanitaires et solidaires.

voir l’interview complète de Myriam Berghe

Solidarité avec les migrants au parc Maximilien

Solidarité avec les migrants au parc Maximilien

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Turgut Kaya est un révolutionnaire turc qui a été arrêté et emprisonné à de nombreuses reprises en Turquie. En avril 2018, il a été arrêté par l’Etat grec et est toujours détenu à la suite d’un mandat d’arrêt lancé par Interpol. Son extradition a été décidée lors d’une audience du tribunal à Athènes le 30 mai. Des dizaines de rassemblements ont lieu en Europe pour exiger sa libération ces derniers jours.

Rassemblement pour la libération de Turgut Kaya à Bern (Suisse).

Rassemblement pour la libération de Turgut Kaya à Bern (Suisse).

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Près de onze mois après les affrontements du G20 à Hambourg, des descentes de police ont eu lieu mardi en Suisse, Italie, Espagne et France. Ces descentes de police concernaient principalement les affrontements ayant eu lieu sur l’Elbchaussee à Hambourg le 7 juillet 2017, qui avaient engendré d’importants dégâts. La recherche de suspects et de preuves est prise en charge par les différents services de police, coordonnés dans la commission spéciale « Schwarzer Block » de Hambourg.

En Suisse, un homme de 27 ans a été interpellé puis libéré quelques heures plus tard dans le canton d’Argovie. L’homme interpellé, un Suisse, a été interrogé par deux enquêteurs du Ministère public argovien. L’appartement où l’homme a été interpellé à Bremgarten a été fouillé, de même qu’un centre culturel alternatif. A Madrid, les enquêteurs ont investi trois bâtiments, dont deux maisons alors occupées. Trois Espagnols sont accusés d’avoir causé « de gros dégâts » et auraient pris part à « des actions violentes envers des policiers » lors du G20. En France, l’opération ciblait un manifestant qui aurait participé aux incidents sur l’Elbchaussee, selon la police de Hambourg. Enfin, en Italie, la police a notamment perquisitionné l’appartement d’un homme qui avait déjà été jugé dans la ville allemande pour l’agression d’un policier. Depuis, les enquêteurs l’accusent d’avoir aussi joué un rôle dans les émeutes.

A Berlin, la police berlinoise avait opéré la semaine passée une perquisition dans la bibliothèque anarchiste de Kalabal! K et dans quatre appartements privés. Cette perquisition a conduit à la saisie d’armes illégales et de pétards, la confiscation de clefs USB et deux arrestations pour diffamation (il s’agirait d’une série d’affiches réalisées pour le G20.

Les affrontrements du G20

Les affrontrements du G20