Lundi 19 janvier, plus de 3 000 personnes ont défilé à Zurich contre le Forum économique mondial (WEF), dont un cortège révolutionnaire de plus d’un millier de personnes. Le parcours a été ponctué d’actions symboliques contre des banques et entreprises partenaires du WEF, mais aussi pour dénoncer l’impérialisme états-unien au Venezuela, et s’est conclu par une occupation spontanée de la Kasernenstrasse, organisée en solidarité avec le Rojava et la lutte kurde. La police a dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène, canons à eau et balles en caoutchouc. Malgré cette intervention, les participants ont défendu la zone et se sont dispersés de manière autonome après plus d’une heure de présence sur place.

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À Paris, une manifestation de soutien au Rojava a rassemblé mardi soir environ 1 200 personnes place des Invalides. La police est rapidement intervenue et a interpellé onze manifestants pour « regroupement en vue de commettre des dégradations » et « violences sur agents ». Quatre policiers ont été légèrement blessés lors des affrontements. Un rassemblement similaire a eu lieu mardi à Strasbourg, où les manifestants ont été dispersés par la police à coups de gaz lacrymogène et de charges.

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À Belfast, l’Irish Republican Prisoners Welfare Association (IRPWA) a célébré le retour de Nuala Perry, récemment libérée de la prison britannique de Hydebank après plus de deux ans d’incarcération sur une peine totale de quatre ans. Elle avait été condamnée en 2023 pour avoir collecté des documents jugés utiles à des « terroristes ». L’accueil s’est accompagné de la remise de fleurs et d’une image encadrée de Roger Casement, militant irlandais exécuté en 1916 pour son rôle dans la lutte pour l’indépendance. L’association a réaffirmé son engagement à soutenir les prisonniers républicains irlandais, les anciens détenus et leurs familles.

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À Brême, le groupe Interventionistische Linke a révélé qu’un agent infiltré du Service de protection de la Constitution (Verfassungsschutz), Dîlan S., a espionné ses membres et d’autres organisations de la gauche radicale locale pendant plusieurs années, depuis 2017. Le Service de protection de la Constitution est chargé de surveiller les menaces à la « liberté démocratique », notamment l’extrémisme politique, et de fournir des informations aux autorités sur les groupes considérés comme radicaux. L’informateur, payé régulièrement par ce service, participait activement aux activités du groupe, à ses campagnes antifascistes et climatiques, et entretenait des liens personnels étroits avec ses membres, jusqu’aux relations intimes, tout en transmettant au Verfassungsschutz des informations sur les structures, actions et personnes impliquées. La coordination avec le service a souvent eu lieu en dehors de Brême.

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À Mérignac, le chantier du futur centre de rétention administrative (CRA) a été la cible d’une action de sabotage durant le week-end du 16 au 18 janvier, avec des vitres pare-balles détruites, des gaines électriques sectionnées, du carrelage brisé, des installations d’eau et de vidéosurveillance endommagées et plusieurs équipements détruits. Le préjudice est estimé à près de 300 000 euros. Une enquête a été ouverte, sans revendication ni interpellation à ce stade. Malgré les dégâts, la préfecture affirme maintenir l’ouverture du site au premier semestre 2026. Ce nouveau CRA, prévu pour accueillir jusqu’à 140 personnes, doit remplacer celui de Bordeaux.

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En Tchita, le tribunal régional a interdit le « Zabaïkalskoïe levoie obïedinenie » (Union de gauche de Transbaïkalie) en le qualifiant d’organisation terroriste, à l’issue d’une procédure fondée principalement sur un petit canal Telegram aujourd’hui inactif et comptant moins de 100 abonnés. Les autorités présentent deux jeunes anarchistes emprisonnés, Alexandre Snezhkov et Lioubov Lizounova, comme « dirigeants » du mouvement, bien qu’ils affirment qu’il ne s’agissait que de pages personnelles sans structure, statuts ni organisation réelle. La décision s’appuie sur des éléments tels que des graffitis, un avatar de réseau social assimilé à un « drapeau » et des témoignages, et intervient alors que les deux prévenus ont déjà été lourdement condamnés pour vandalisme et « apologie du terrorisme » (voir notre article).

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À Düsseldorf, la défense de six jeunes militants antifascistes jugés devant la cour d’appel régionale (voir notre article) accuse le parquet fédéral de transformer la procédure en « procès-spectacle » à visée dissuasive et politique pour la gauche révolutionnaire. Les avocats estiment que le choix d’une juridiction de sûreté de l’État, la qualification de « tentative de meurtre » et la mise en scène sécuritaire du procès visent à présenter les prévenus comme des terroristes, afin d’intimider l’ensemble du mouvement antifasciste. Ils dénoncent une stratégie d’exemplarité punitive, un traitement plus sévère que dans plusieurs dossiers d’extrême droite, ainsi qu’un dispositif sécuritaire jugé humiliant pour les avocats, interprété comme une volonté de produire un effet médiatique et symbolique.

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Umer Khalid, actuellement au 12ème jour de sa grève de la faim, dénonce un durcissement de ses conditions de détention et menace d’entamer une grève de la soif ce samedi si aucune négociation n’est engagée. Ses revendications incluent la fin de la censure, sa libération immédiate sous caution, la réouverture de l’enquête sur Gaza et la levée de l’interdiction de Palestine Action. Alors que plusieurs de ses codétenus (Kamran, Heba, Jon, etc.) ont cessé leur mouvement et entamé une phase de réalimentation sous surveillance médicale (voir notre article), Umer appelle à intensifier les actions de blocage contre les usines d’armement et les bâtiments gouvernementaux pour briser le silence médiatique entourant sa situation.

Un projet de loi adopté récemment par le gouvernement allemand pour appliquer un règlement européen sur la transparence de la publicité politique suscite de vives critiques. Le texte autoriserait l’agence fédérale des réseaux à perquisitionner des plateformes numériques et des rédactions, y compris sans décision judiciaire, et à imposer la divulgation des soutiens financiers au nom de la lutte contre les influences étrangères. Parallèlement, le chef de la Chancellerie, Thorsten Frei, plaide pour un élargissement majeur des missions du renseignement extérieur, incluant des actions de cybersabotage, l’accès à des téléphones privés et des opérations au-delà des frontières. Il est enfin fait état de sanctions imposées pour des motifs politiques sans décision de justice, mises en œuvre par des autorités administratives.

Le 13 janvier 2026, le procès contre six antifascistes a commencé à l’Oberlandesgericht de Düsseldorf dans le cadre de l’affaire de Budapest, l’une des plus importantes procédures de répression transfrontalière contre l’antifascisme européen (voir notre article). Les accusés sont soupçonnés d’avoir participé en février 2023 à des attaques contre des participants d’un rassemblement néonazi à Budapest. Le procès, très médiatisé, se déroule sous hautes mesures de sécurité, avec plus d’une centaine de personnes venues soutenir les militants, scandant des slogans et réclamant leur libération. La défense conteste les accusations, notamment le chef d’accusation de tentative de meurtre, qu’elle considère comme politiquement motivé et relevant de l’« overcharging », visant à maximiser les peines possibles. Elle rappelle également les conditions injustes de détention et de procès en Hongrie, évoquant le cas de Maja T. alors que l’une des accusées a brandi un appel à sa libération durant l’audience (voir notre article).

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