Ahmet Düzgün Yüksel, 48 ans, et Devrim Güler, 36 ans, ont été condamnés respectivement à des peine de 5 ans et 4 mois, et 4 ans et 10 mois par le tribunal de Stuttgart (sud-ouest) pour « appartenance à une organisation terroriste », en l’occurrence le DHKP-C.

Arrivé en Allemagne comme demandeur d’asile et sous une fausse identité à l’automne 1997, alors qu’il était soupçonné d’être impliqué dans un attentat commis par le DHKP-C en Turquie sur base d’un dossier turc et d’aveux obtenus sous la torture, Ahmet Düzgün Yüksel, avocat du barreau d’Istanbul, était devenu au printemps 2000 dirigeant de l’organisation pour le centre de l’Allemagne, et en novembre 2006 pour la zone sud, vivant sous de fausses identités, a expliqué le tribunal dans son jugement. Il avait déjà été condamné pour ses activités illégales par le tribunal de Düsseldorf en juin 2005 à un an et trois mois avec sursis.

Devrim Güler, né à Cologne, avait adhéré à une organisation de jeunes proche du DHKP-C, et avait également écopé d’une condamnation à 1 an et 9 mois avec sursis en octobre 2004. Il avait par la suite continuer à effectuer, selon le tribunal, sporadiquement des tâches pour l’organisation.

Le procès avait commencé en mars 2008, et 167 jours d’audience ont été nécessaires. Cinq prévenus étaient jugé, mais trois d’entre eux – deux Turcs et un Allemand – ont été condamnés en août 2009. Le principal accusé, Mustafa A., un Turc qui a déjà passé près de 19 ans en prison en Turquie avait été condamné à cinq ans de prison. Son compatriote Hasan S, a été condamné à 2 ans et 11 mois de détention et un Allemand, Ilhan D., à 3 ans et 6 mois de prison.

Procès de Stuttgart contre le DHKP-C

Procès de Stuttgart contre le DHKP-C

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Les vitres d’engins de chantiers ont été brisées, et des câblages coupés la nuit de mardi à mercredi sur un chantier de construction dans la Broekstraat. BAM est candidat pour la construction de nouvelles prisons en Belgique tandis que Valens, qui fait partie du groupe EIFFAGE, est en train de construire un nouveau centre fermé pour illégaux à Steenokkerzeel.

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A l’occasion de la fête nationale française, quelque 200 personnes s’étaient rassemblées sur la place Clemenceau de Biarritz à l’appel de l’organisation de la jeunesse basque Segi. Alors qu’elles tentaient de se rendre à la mairie afin de remettre un courrier de protestation au maire de la ville, de nombreux policiers se sont interposés. Matraques en main, ils ont repoussé les manifestants et ont également fait usage de gaz lacrymogène. Finalement, ils ont pu donner leur lettre au maire avant de déployer une banderole en anglais soulignant leur appartenance au Pays-Basque. Depuis le début de l’année, plusieurs membres présumés de Segi ont été arrêtés en France à la demande des autorités espagnoles, qui considère l’organisation comme le « vivier de recrutement d’ETA ».

Manifestation de Segi à Biarritz

Manifestation de Segi à Biarritz

Les manifestants républicains opposés au processus de paix ont à nouveau attaqué les Polices à Belfast, la capital de l’Irlande du Nord, dans la nuit de mardi à mercredi en lançant des pierres et des cocktails Molotov. C’est la troisième nuit de violence, qui a fait au moins 80 blessés parmi les policiers, suite aux traditionnels défilés « loyalistes ».

Emeutes à Ardoyen (Belfast)

Emeutes à Ardoyen (Belfast)

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Le tribunal correctionnel de Paris a annulé vendredi les poursuites du groupe Bouygues contre des administrateurs de sites qui avaient appelé au sabotage de l’entreprise en 2004. Quatre personnes étaient poursuivies pour avoir diffusé, en décembre 2004, des appels à une semaine d’action contre le groupe Bouygues. À l’époque, ils entendaient protester contre la construction par le géant du BTP de centres de rétention en Europe. Selon l’accusation, des dizaines de magasins du groupe avaient alors été saccagés. Si le lien entre ces dégradations et les publications des différents sites visés (Réseau anti-pub, Indymedia Paris, Pajol, CNT) n’a pas été prouvé, ce n’est pas sur ce fondement que le tribunal a prononcé la nullité des poursuites. Le tribunal a surtout retenu deux points de pure forme. Tout d’abord, une certaine abstraction : avant le procès, les prévenus ne s’étaient pas vus préciser les peines encourues. Ensuite, la longueur excessive de l’instruction : 4 ans et 3 mois.

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Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2009, une explosion ébranle une usine désaffectée située à Cognin. Zoé Aveilla, une jeune Ardéchoise de 23 ans, est tuée par les débris de la bombe artisanale qu’elle confectionnait avec son compagnon, Michaël Dupanloup, 25 ans. Plus en retrait, le garçon, originaire de Genève, est sérieusement brûlé et sa vue est gravement atteinte. Ils manipulaient du chlorate de soude et du sucre et un petit extincteur pour servir de récipient aux produits. Tous gravitent alors dans le monde des squats fréquentés par des militants de l’ultra-gauche et des anarchistes.

L’enquête sur le drame prend rapidement une tournure très spectaculaire. Un grand nombre de gendarmes mobiles, de policiers locaux, et de policiers de la sous-direction nationale antiterroriste de la police judiciaire investissent le squat de l’ancienne usine Pilotaz puis les différents « points de chute » similaires du couple. Dans les jours et les semaines qui suivent, Raphaël Serres, Joris Allibert, Michaël Dupanloup sont mis en examen pour participation à une entreprise terroriste, destruction de preuves. Ils sont détenus puis progressivement libérés avec un contrôle judiciaire qui s’est allégé avec le temps. Michael Dupanloup a récupéré de ses blessures. Une perte partielle de sa vue est la principale séquelle à laquelle il est encore confronté. Tous les trois ont repris leurs études ou ils travaillent. Le dernier à avoir été arrêté est Thibaut Simon qui vivait ici sous une autre identité, longtemps recherché, retrouvé en Europe centrale et extradé de Hongrie où il s’était réfugié il y a quelques mois. Lui aussi est sous contrôle judiciaire.

Quatorze mois après avoir été saisi de l’enquête, le juge d’instruction du pôle antiterroriste de Paris vient, avec un avis favorable du parquet, de renvoyer l’affaire à Chambéry, en se déclarant « incompétent » par ordonnance, il y a quelques jours.
Il appartient maintenant au procureur général, ici, de désigner un nouveau juge d’instruction. Pour rechercher dans le registre du droit commun, entre la manipulation de produits explosifs et les causes de l’accident, si des infractions peuvent être reprochées aux jeunes mis en cause.

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Hier jeudi, à Buskerud, en Norvège, un camp pour les déboutés de l’asile a brûlé pendant une révolte. Le centre semble être entièrement détruit. Personne n’a été blessé mais 23 personnes ont été arrêtées aujourd’hui soupçonnées d’avoir mis le feu au centre. L’État norvégien souhaite «les expulser par la force le plus rapidement possible si elles ne partent pas d’elles-mêmes». L’incendie semble faire suite à plusieurs jours de protestation. Selon la presse, l’élément déclencheur aurait été les mauvaises conditions de vie : nourriture insuffisante, absence de soins psychiatriques, douches froides … et puis, certaines personnes y étaient depuis 2006 ! Tout a commencé hier matin, les retenus ont commencé par détruire différents matériels et ont brisé les vitres. Ensuite, ils auraient allumé plusieurs petits feux.

Centré fermé pour demandeur d'asile incendié en Norvège

Centré fermé pour demandeur d’asile incendié en Norvège

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Une trentaine de manifestants ont condamné dimanche 4 à Lille une loi du gouvernement polonais qui criminalise les symboles communistes. En brandissant des drapeaux rouges devant le consulat de Pologne, ils ont exprimé leur crainte face à un article du code pénal entré en vigueur en juin. Selon ce dernier, arborer un drapeau floqué de la faucille et du marteau ou un tee-shirt de Che Guevara, serait passible de deux ans de prison.

Rassemblement à Lille devant le consulat de Pologne

Rassemblement à Lille devant le consulat de Pologne

Arkaitz Agirregabiria, Mikel Karrera et Maïté Aranalde ont tous trois été arrêtés le 20 mai dernier dans un appartement de Bayonne. Les autorités les soupçonnent d’avoir notamment dirigé et participé à des attaques menées par l’ETA. Il y a 29 jours, Agirregabiria, incarcéré à Bourg en Bresse) est entré en grève de la faim pour dénoncer la situation d’isolement qui lui est imposée. Il est en effet séparé de tous les autres prisonniers basques et à plus de 1000 kilomètres de chez lui. Les deux autres militants arrêtés le même jour et qui se trouvent dans la même situation ( respectivement à la prison de Rennes-Vezin et à celle de Poitiers-Vivonne) l’ont rejoint dans son action de protestation. Karrera est entré en grève de la faim le 27 juin, Aranalde le 2 juillet. Le 3 juillet, deux autres prisonniers basques incarcérés à Poitiers-Vivonne sont également entré en grève, en solidarité avec Maïté Aranalde et tous les autres prisonniers politiques basques, et contre la collaboration directe de l’Etat français dans la répression et le conflit politique basque.

Mikel Karrera Sarobe

Mikel Karrera Sarobe

Le 21 juin, à Poitiers, les policiers en uniforme et la brigade anticriminalité (BAC), prêts à en découdre, n’ont pas lâché une quinzaine de jeunes militants connus d’eux depuis les derniers mouvements lycéens et étudiants. Prenant pour prétextes – ou alors, plus probable, inventant – une menace et qu’une bouteille ayant atterri à ses pieds, et ayant aperçu un – en fait, une – de ces jeunes militants, le directeur départemental de la sécurité le désigne à ses troupes. A moins que ce ne soit l’inverse : apercevant cette militante connue, il invente cette histoire.

Précisons qu’il a expliqué lors de l’« enquête » qu’il avait tourné la tête dans la direction d’où la voix était venue : il n’a pas vu la bouteille arriver vers lui (ce qui tendrait à prouver que celle-ci n’a pas été lancée de ce côté-là) et a aperçu cette jeune militante qu’il a immédiatement désignée à ses troupes. Cette militante avait été condamnée en correctionnelle pour « bris de “sucette” Decaux ». Mais elle a été relaxée depuis. Evidemment, la décision n’a guère plu dans les rangs de la police, comme sa présence sur les lieux avec ses camarades « anarcho-autonomes » que la BAC a dans le collimateur depuis plus d’un an.

La jeune militante est arrivée en courant place de la Liberté et s’est adossée à un mur. Aussitôt la police l’a encerclée et a cherché à disperser, y compris à coups de tonfa, les gens qui venaient voir ou demander des explications. Plusieurs, ceux qui sont harcelés par la police depuis des mois, ont été roués de coups et arrêtés sans ménagement. Les tabassages ont continué jusque dans le commissariat. Pour se couvrir, les policiers ont inventé que ce eux qui se seraient fait attaquer. Les policiers ont naturellement porté plainte.

Pour le Comité contre la répression des mouvements sociaux, les événements qui viennent de se dérouler sont une illustration supplémentaire des méthodes de répression policières mises en œuvre contre les mouvements sociaux – des méthodes expérimentées dans les quartiers puis généralisées : harcèlement suivi de tabassages, d’arrestations, de gardes à vue prolongées et de procès.
Rassemblement devant le palais de justice de Poitiers le 7 juillet à 18 h et soutien le jour du procès le 8 juillet à 16 h

Antirépression à Poitiers

Antirépression à Poitiers