Une soixantaine de personnes, 24 étudiants et 32 policiers, ont été blessés ce mercredi 17 dans des affrontements nocturnes à Barcelone après des manifestations estudiantines contre le projet de réforme européenne des universités. De premiers affrontements avaient éclaté lorsque la police avait délogé de l’Université de Barcelone des étudiants qui l’occupaient depuis plusieurs mois. Cinq policiers avaient été blessés et dix-neuf étudiants interpellés. Des manifestations avaient ensuite eu lieu dans la journée, avec quelques échauffourées, et les affrontements se sont prolongés dans la soirée, après une manifestation non autorisée qui a rassemblé entre 2.500 et 5.000 personnes. Le syndicat étudiant a critiqué la ‘brutalité’ de la police régionale et dénoncé ‘l’augmentation de la répression contre les étudiants’. Au cours des affrontements, quatre photographes de presse ont également souffert de contusions. Une centaine d’étudiants occupaient la faculté depuis le 20 novembre pour protester contre un projet de réforme européen (‘plan Bologne’) qui prétend poser les bases de la création d’un espace européen universitaire, avec la volonté d’harmoniser les filières des différents pays. Mais ce processus est rejeté par certains étudiants espagnols qui jugent que ce processus ‘mercantilise’ l’université et remet en cause sa mission de service public.

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Des incidents ont éclaté jeudi en fin de journée, à l’issue des manifestations organisées partout en France qui ont rassemblé entre 1,2 et 3 millions de personnes.

Alors que la manifestation parisienne continuait de se disperser, quelques 500 jeunes se sont mis à jeter des projectiles divers sur les policiers après avoir mis le feu à des tas de détritus. Les forces de l’ordre ont entrepris de les éteindre, faisant également usage par moments de gaz lacrymogènes et chargeant les manifestants pour les disperser. Au moins 300 personnes ont été interpellées (dont 49 feront l’objet de procédures judiciaires) et neuf policiers auraient été blessés. Les jeunes gens, dont de nombreux étaient vêtus de noir et portaient des foulards, criaient ‘A bas l’Etat, les flics et les patrons!‘. Ils avaient été en début de soirée encerclés par les policiers sur le terre-plein central de la place de la Nation.

A Marseille, un étudiant et un professeur ont été placés en garde à vue pour violences à agent de la force publique à l’issue de la manifestation. Ils ont été interpellés lors d’incidents survenus là aussi à l’issue du défilé inter-syndical au cours desquels un policier aurait été légèrement blessé. Dans la soirée, une centaine d’étudiants et d’enseignants se sont rassemblés devant l’hôtel de police de Marseille pour réclamer la remise en liberté des deux interpellés avant de se disperser. Les deux personnes interpellées devaient être présentées ce matin à un magistrat.

A Toulouse, quelque 200 manifestants, pour la plupart des jeunes gens, se sont heurtés aux forces de l’ordre en fin d’après-midi, à l’issue de la dispersion de la manifestation. Les jeunes gens, qui bloquaient l’entrée d’un magasin Monoprix (où se déroulait une action ‘d’auto-réduction’ de masse) au centre-ville ont été délogés par une trentaine de policiers qui ont fait usage de matraques et effectués plusieurs tirs de flashball. Les manifestants ont jeté des bouteilles sur les policiers et au moins un manifestant a été interpellé, tandis que des groupes de jeunes ont incendié plusieurs poubelles et des cartons à proximité. Un policier aurait été légèrement blessé à la tête après avoir reçu une bouteille lors de ces incidents. Le face-à-face entre jeunes et forces de l’ordre, qui avait débuté vers 18h, s’est poursuivi jusque vers 19h aux abords du magasin, tandis que les manifestants scandaient ‘Qui sème la misère récolte la colère‘ et ‘Police partout, justice nulle part‘.

A Saint-Nazaire, la fin de la manifestation a également tourné à l’affrontement entre jeunes et forces de l’ordre.

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Radio Passe-muraille organise une soirée contre les prisons ce samedi 21 mars.

A 20h: Théâtre Espace compté, Compagnie Action Discrète, textes de Jean-Marc Rouillan, Gilles Deleuze, Félix Guatarri, Michel Foucault… A travers la rencontre entre des textes de nature poétique, philosophique, des chroniques carcérales, questionner notre rapport à l’espace. Comment un espace passe-t-il du privé au politique? Comment s’accommode-t-on d’un espace ordonné ou même cerné comme celui de la prison? Actions physiques et interventions musicales explorent les différents rapports du corps à l’espace et questionnent les enjeux de pouvoir qui en découlent.

Concert Hip-Hop: R.C.S (Réseau Criminel Suspect), chien 2 rue + Open Mic + Infothèque (infos, cds, livres,…) + Témoignage mural

Entrée prix libre. Au ‘123’, 123, rue Royale, 1000 Bruxelles. Tram 92 / 94 métro Botanique

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Ce 18 mars 2009, cela fera un an que l’accord gouvernemental sur la régularisation des sans-papiers n’aura pas été appliqué. Ce blocage naît du glissement progressif vers une politique xénophobe. Ce constat peut à-priori sembler extrême, mais il faut reconnaître que les quatre condamnations de la Belgique par la Cour européenne des Droits de l’Homme prêtent à réfléchir. En effet, notre Etat a été condamné pour mauvais traitement à l’égard de personnes immigrées en 2002, 2006, 2008 et récemment, le 10 mars 2009.

La législation belge est si floue qu’elle contribue à jeter des milliers de réfugiés dans la précarité créant une nouvelle catégorie sociale dépourvue de tout droit puisque, contrairement aux idées reçues, un sans-papier n’a ni droit au chômage, ni au CPAS. Pour survivre, la plupart travaillent durement à des niveaux de salaire ridiculement bas sans aucune protection sociale. C’est ce que le sociologue Emmanuel Terray appelle ‘la délocalisation sur place’: les entreprises n’ont plus besoin de délocaliser dans les pays pauvres pour bénéficier de faibles coûts salariaux: les travailleurs à exploiter sont directement importés.

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Deux officiers de police britannique étaient dans la capitale grecque lundi pour renforcer la collaboration anti-terrorisme avec Scotland Yard contre les actions violentes en augmentation des groupes révolutionnaires grecs ces derniers mois.

Deux groupes – Lutte Révolutionnaire et Secte des Révolutionnaires – ont multiplié leurs attaques en Grèce, dont la bombe du 9 mars contre le groupe bancaire américain Citibank, action revendiquée par Lutte Révolutionnaire. D’autres groupes ont aussi revendiqué des actions avec des Cocktails Molotov contre des magasins, des banques et les rails de métro. Vendredi, un groupe de jeunes gens a cassé les fenêtres de banques et de magasins dans le centre-ville Athènes.

La collaboration anti-terroriste entre la Grèce et Royaume-Uni remonte à l’an 2000, après l’exécution d’un attaché militaire du Royaume-Uni par le groupe ’17 novembre’, qui a été démantelé deux ans plus tard avec l’aide de Scotland Yard. Une branche de Scotland Yard est présente à Athènes et au Royaume-Uni et la police européenne a aidé la ville avec son plan de sécurité pour les Jeux Olympiques de 2004.

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Les empreintes digitales et les échantillons d’ADN de plus de 857.000 citoyens qui ont été arrêtés ou accusés mais jamais reconnus coupables d’un délit criminel doivent être maintenant effacés de la banque de données nationale d’ADN suite à une décision législative prise par la Cour européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg. Dans l’un de ses jugements les plus fortement approuvés ces dernières années, la décision unanime des 17 juges, y compris un juge anglais, Nicolas Bratza, a condamnée la nature ‘aveugle et abusive’ des pouvoirs donnés à la police par l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord à conserver les échantillons d’ADN et des empreintes digitales de suspects qui ont été soit relâchés, soit innocentés. Les juges étaient fortement critiques sur le fait que les échantillons d’ADN pourraient être conservés sans aucune limite dans le temps et sans tenir compte du sérieux et de l’importance du délit, ou de l’âge du suspect.

Le ministre de l’intérieur anglais Jacqui Smith a décidé de poursuivre la bataille juridique: ‘Le gouvernement a construit une défence robuste devant le tribunal et je pense fermement que l’ADN et les empreintes digitales jouent un rôle essentiel pour combattre le crime et amener les personnes devant la justice. La loi actuelle restera en place et nous étudierons avec attention le jugement.

Le jugement du tribunal de Strasbourg a été déclenché par une situation présentée par deux hommes de Sheffield qui ont demandé à ce que leurs rapports ADN soient détruits. Le premier homme, Michael Marper, âgé de 45 ans, fut arrêté en 2001 et accusé de harcèlement par son partenaire, mais les charges furent abandonnées trois mois après que le couple se soit réconcilié. Il n’avait aucune condamnation antérieure. Dans le second cas, un jeune homme de 19 ans nommé au tribunal S, fut arrêté et accusé de tentative de vol en janvier 2001, quand il n’avait que 12 ans, mais il fut innocenté 5 mois plus tard. Ils ont tous les deux demandé à la police du Yorkshire du sud de retirer et de détruire leurs profils ADN et leurs empreintes digitales. Mais la police a répondu qu’ils avaient besoin de la conserver pour ‘aider les enquêtes criminelles‘.

Le jugement aura un impact important sur la mise en place du développement prochain des bases de données d’ADN et de leurs usages dans toute l’Europe. Créées en 1995, la base de données anglaise d’ADN, qui aujourd’hui contient les échantillons de 4.3 millions de personnes en Angleterre, y compris les enfants, est déjà proportionnellement la plus grande du monde. Le ministère de l’intérieur avait l’intention d’étendre la conservation de l’ADN pour des délits mineurs, appelés délits non enregistrables, y compris les désordres de la voie publique et les effractions routières.

Un jeune faucheur volontaire d’OGM a été relaxé par un tribunal d’Orléans, où il était jugé pour refus de prélèvement d’ADN: une infraction passible de plusieurs mois de prison. Le tribunal a justifié cette relaxe par le fait que la loi punissant les fauchages de cultures agricoles ne prévoit pas l’imposition de prélèvements d’ADN aux condamnés. Ce jugement est peu commun. Jusqu’à présent, en effet, la majorité des réfractaires aux empreintes ADN étaient condamnés à des amendes et/ou à des peines de prison.

Les données récoltées vont nourrir le ‘Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques’ (FNAEG), un fichier exploité en commun par la police et la gendarmerie qui contient à ce jour, et pour une durée pouvant aller jusqu’à quarante ans, un million de profils génétiques. Lors de sa création, sous le gouvernement Jospin en 1998, le FNAEG était réservé aux auteurs de crimes graves: les criminels sexuels, singulièrement. Mais en 2003, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur, la droite a étendu la portée de ce fichier à plus d’une centaine d’infractions (jusqu’aux infractions au code de la route et aux tags) et a permis que le FNAEG recense non plus seulement les condamnés, mais aussi les suspects. Depuis, les prélèvements ADN sont imposés à des militants anti-OGM, antipub, antinucléaire, à des manifestants, etc. Parfois, des prélèvements ont même été réclamés à des élus rejoignant ces activistes sur le terrain, voire à des enfants ayant chapardé dans des grands magasins.

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, si elle a déjà reconnu dans le passé que ce fichier était ‘encombré’ tant les forces de l’ordre avaient pris l’habitude de l’alimenter, tient à cet outil qui aurait ‘permis de réaliser 45928 rapprochements de profils génétiques’. Ce qui a contribué à la hausse, ces dernières années, du nombre d’affaires élucidées. Pour les autorités, dès lors, la poursuite de ‘l’extension de la police technique et scientifique à toutes les formes de délinquance’ est ‘une des priorités’ pour l’avenir. Jusqu’à ce que l’Hexagone, comme le Royaume-Uni par exemple, dispose d’un fichier génétique regroupant plusieurs millions de profils.