Environ 500 étudiants de l’Ecole normale rurale d’Ayotzinapa ont attaqué hier les casernements du 27e Bataillon à Inguala avec des cocktails Molotov, des pierres et des pétards, presque 4 ans après la disparition de leurs 43 condisciples (voir notre article). Ils ont également brûlé le guichet automatique d’une banque et tagué les murs de la caserne de « meurtriers », « Vivos los queremos », « Ayotzinapa et Justicia », « c’était l’Etat ».

Les 43 jeunes manifestants ont été remis par les policiers locaux à un cartel lié au maire d’Inguala, qui les ont massacrés (voir nos articles). Les proches des disparus rappellent que les militaires de cette caserne ont participé à la disparition des 43 jeunes (ainsi ceux qui avaient été transférés à la clinique Cristina après avoir reçu des soins médicaux suite à la répression de leur manifestation).

Déballage des cocktails Molotov avant l'attaque de la caserne

Déballage des cocktails Molotov avant l’attaque de la caserne

Des dizaines de personnes ont été blessées dans une violente opération d’évacuation d’un campement illégal dans le centre de Mexico hier mercredi. Les heurts ont débuté à l’aube dans le quartier de Juarez lorsque des policiers en civil ont commencé à chasser les habitants en les frappant sans avertissement. Ce campement illégal est occupé depuis plus de vingt ans par un groupe indigène dans un terrain vague près d’un immeuble abandonné. Une centaine de familles vivent sur place.

Une centaine de policiers anti-émeutes ont été dépêchés sur place et empêchaient les habitants qui souhaitaient récupérer leurs affaires d’accéder au campement. Les habitants ont répliqué en lançant des pierres, des bâtons, dans des affrontements qui ont duré plusieurs heures. Parmi les blessés figurent des enfants et des policiers. Un photographe de l’AFP, qui a reçu une pierre en pleine tête, a été hospitalisé. Ces heurts ont eu lieu alors que la capitale commémorait ce mercredi deux séismes meurtriers, l’un dans lequel 369 personnes ont péri en 2017 et l’autre qui a fait plus de 10.000 morts, à la même date, en 1985. A cette occasion, des manifestations ont été organisés par des habitants laissés sans abri depuis le séisme de l’an dernier, abandonnés par les autorités.

Les occupants de Juarez face aux policiers anti-émeute

Les occupants de Juarez face aux policiers anti-émeute

La justice argentine vient de refuser la mise en libération de Daniel Ruiz. Daniel Ruiz est un travailleur du pétrole, représentant syndical et membre du PSTU (LIT, trotskiste). Il fait partie de la coordination qui organise actuellement la mobilisation contre le sommet du G20 en Argentine le 30 novembre. Il avait été arrêté et poursuivi pour sa participation supposée aux manifestations de décembre dernier contre la réforme des retraites (voir notre article). La loi avait été votée le mardi 19 décembre, après plus de douze heures de débat. La veille, des protestations de dizaines de milliers de manifestants opposés à la loi avaient tourné en affrontement devant le Congrès, transformé en champ de bataille.

Daniel Ruiz

Daniel Ruiz

Walther Arizala, alias Guacho, le dissident des FARC le plus recherché par la Colombie et l’Equateur, aurait été blessé hier samedi dans un affrontement avec l’armée colombienne à la frontière des deux pays. Les forces de sécurité tentent d’encercler la zone où il aurait été localisé. Un soldat colombien a été tué au cours de cette opération.

Walther Arizala

Walther Arizala

Un tribunal péruvien a condamné mardi, 12 septembre, dix dirigeants maoïstes du Sentier lumineux à la prison à perpétuité. Parmis ces dix personnes se trouve le Président Gonzalo du PCP-SL, Abimael Guzman, arrêté en 1992 et qui purge déjà une peine de prison à vie.

Les trois juges de la Cour pénale nationale ont rendu leur sentence, après 20 mois de procès, lors d’une audience de 6 heures retransmises en direct à la télévision, à la veille de l’anniversaire de l’arrestation d’Abimael Guzman, le 12 septembre 1992. Les dix dirigeants devaient répondre d’une attaque à la voiture piégée qui avait eu lieu en juillet 1992 et fait 25 morts. Moises Limaco, un des condamnés, a, lui, est parti vers la France. La justice péruvienne a ordonné sa «localisation et sa capture au niveau national ou international».

Procès de l'attentat de 1992 à Lima

Procès de l’attentat de 1992 à Lima

Hier matin, de nouvelles perturbations ont eu lieu dans les environs du Liceo de Aplicacion, à Santiago. Un groupe de manifestants masqués est sorts de l’établissement scolaire et a attaqué les forces spéciales de la police qui stationnent en permanence sur face. Au moins un carabinier a été touché par une bombe Molotov et les autres ont été touchés par des objets contondants. Cinq policiers ont été blessés et deux étudiants ont été arrêtés.

Hier matin à Santiago

Hier matin à Santiago

Mercredi 12 septembre, l’ELN a procédé à la libération de six prisonniers. Il s’agissait des 3 policiers, du soldat et des deux agents contractuels de l’État qui avaient été capturés le 3 août (voir notre article).

Ces prisonniers été détenus par le Front de guerre occidental Omar Gomez. Celui-ci a procédé à cette libération au milieu, selon lui, d’un important déploiement militaire et en dépit des difficultés et des obstacles mis par le gouvernement. Cette libération unilatérale n’a cependant pas modifié la position du nouveau président colombien, Ivan Duque, qui souhaite que l’ELN abandonne tous ses prisonniers avant d’entamer de quelconques négociations. L’ELN qui était parvenue à des accord partiels avec l’ancien gouvernement demande quant-à-elle le respect de ces accords et que les négociations puissent se poursuivre rapidement.

La délégation de l'ELN aux négociations de Quito (archive)

La délégation de l’ELN aux négociations de Quito (archive)

Des incidents ont opposé dimanche les forces de l’ordre à des manifestants qui participaient à une marche commémorative pour les victimes du coup d’Etat de Pinochet, marche organisée par le parti communiste chilien. Les manifestants ont déposé des gerbes de fleurs devant une des portes latérales du palais présidentiel, côté rue Morandé. C’est là que le corps du président Allende avait été évacué après le coup d’Etat. Les incidents se sont prolongés tard dans la soirée. Un jeune homme a été blessé d’une balle à la cuisse.

Ces commémorations interviennent alors qu’une décision de justice agite le Chili depuis le mois de juillet: trois magistrats de la Cour suprême ont remis en liberté conditionnelle sept ex-agents de la dictature emprisonnés pour crimes contre l’humanité, au grand dam des ONG et des familles de disparus. L’armée et la justice étant aux mains des pinochetistes, il y a plus de 1.500 affaires en cours qui n’ont toujours pas été éclaircie, l’armée refusant toujours d’ouvrir ses archives.

Les affrontements de Santiago

Les affrontements de Santiago

Vendredi 31 août, Oliver Herrera Camacho, président du comité d’action communautaire de Brisas del Guayabero, a été abattu à son domicile. Le dimanche soir, 2 septembre, Alirio Antonio Arenas, président du conseil municipal de la Convention, est, lui, assassiné dans le quartier de Belén par des hommes armés qui ont également blessé un autre homme sur les lieux de l’attaque.

Ces deux morts font monter à 158 le nombre de leaders sociaux assassinés depuis le début de l’année.

Alirio Antonio Arenas

Alirio Antonio Arenas

Tomas Rojas Márquez, alias « Tomas », 72 ans, commandant militaire de la Base d’appui 21 de la guérilla maoïste dans les années ’80 et ’90, a été capturé hier après-midi par des agents de la direction anti-terroriste (DIRCOTE) dans le centre-ville de Titimina (district de San José de Ticllas, Ayacucho).

La base d’appui 21 faisait partie du Comité Zonal Centre, couvrant Ayacucho et Huancavelica, longtemps commandé par Oscar Ramirez Durand « Feliciano », capturé en juillet 1999. Tomas Rojas était recherché depuis longtemps, et sa tête avait été mise à prix par les autorités. Il est notamment accusé d’avoir commandé, le 22 janvier 1991, l’embuscade à l’IED et à l’arme automatique qui avait coûté la vie à 11 policiers sur la route reliant les villes de Rancha et de Huascahura (Ayacucho), lors d’une grève armée décrétée par le PCP-SL dans cette région.

Arrestation de Tomas Rojas Márquez

Arrestation de Tomas Rojas Márquez