En Tunisie, la police antiterroriste a arrêté à Sidi Bou Saïd cinq organisateurs de la Global Sumud Flotilla : Jawaher Channa, Wael Nouar, Sana Msahli, Mohammed Amin Bannour et Nabil Channoufi. Selon l’organisation, ces arrestations, ainsi que l’interdiction répétée de rassemblements publics liés à cette initiative (voir notre article), marquent une escalade préoccupante de la criminalisation de la solidarité avec la Palestine dans ce pays. Les responsables de la flottille exigent des explications sur les circonstances de ces interpellations et la libération des personnes arrêtées, tout en affirmant maintenir leur projet de nouvelle mission maritime vers Gaza au printemps pour dénoncer le siège du territoire.

Un rassemblement organisé le 4 mars dans le port de Sidi Bou Saïd par la Global Sumud Flotilla a été dispersé par la police tunisienne, avec plusieurs participants plaqués au sol et arrêtés selon les organisateurs. L’événement visait à remercier les travailleurs du port ayant soutenu une précédente expédition humanitaire vers Gaza, mais il a été interrompu malgré une autorisation initiale. L’incident intervient alors qu’une nouvelle flottille d’aide à destination de l’enclave palestinienne est en préparation pour avril 2026.

Selon des enquêtes, les services de renseignement israéliens auraient infiltré pendant plusieurs mois le réseau de vidéosurveillance routière de Téhéran afin de cartographier les déplacements des plus hauts responsables du régime iranien, dont le guide suprême Ali Khamenei. Cette surveillance aurait permis de connaître en détail ses itinéraires, heures d’arrivée, composition des cortèges et fréquences des réunions, ouvrant la voie à l’opération qui a tué le dirigeant. L’infiltration ne se serait pas faite par satellites, mais directement via les caméras de circulation de la ville, avec interception et transfert des vidéos vers des serveurs contrôlés depuis Israël. Les informations révèlent notamment qu’une caméra près de la rue Pasteur, proche du complexe du guide suprême, aurait été cruciale pour observer les allées et venues des gardes, chauffeurs et visiteurs, fournissant des données précises aux services israéliens.

Après dix années de détention politique dans les prisons marocaines, le membre du groupe des compagnons du martyr El Ouali et militant sahraoui Mohamed Dada a été libéré. Son arrestation faisait partie d’une politique répressive ciblant les étudiants sahraouis en raison de leur engagement pour le droit à l’autodétermination de leur peuple. Cette libération rappelle que d’autres prisonniers politiques sahraouis demeurent incarcérés et que les poursuites contre les défenseurs des droits légitimes se poursuivent.

La situation des prisonniers politiques en Iran, notamment au Rojhelat (Kurdistan d’Iran), suscite de vives inquiétudes alors que des coupures massives d’internet, des perturbations téléphoniques et des pannes d’électricité dans certaines villes compliquent fortement toute communication avec les détenus. De nombreux militants civils, journalistes, défenseurs des droits des femmes, syndicalistes et membres de minorités ethniques et religieuses purgent déjà de lourdes peines pour des accusations liées à la « sécurité nationale ». L’isolement accru, l’absence d’informations sur leurs proches et le climat sécuritaire tendu exerceraient une pression psychologique intense sur les prisonniers. Des informations font également état de frappes ayant visé des sites liés aux Gardiens de la révolution et au ministère du Renseignement, notamment à Sanandaj (Sine), faisant craindre pour la sécurité de certains détenus récemment arrêtés. Aucune modification officielle des conditions de détention n’a toutefois été confirmée à ce stade. Depuis le début de l’offensive, les frappes militaires états-uniennes et israéliennes ont fait plus de 550 morts. Lors de la guerre des 12 jours, plusieurs prisonnières politiques avaient déjà dénoncé l’agression impérialio-sioniste et ses conséquences (voir notre article).

Les journalistes Ahmed Polad, rédacteur pour Kurdistana Azad et animateur sur Özgür TV, et Eva Maria Michelmann, journaliste internationale, sont portés disparus après des affrontements à Raqqa impliquant des cellules dormantes de Daesh et des groupes armés liés à HTŞ. Présents dans la ville pour couvrir la situation, ils auraient été encerclés avec une quarantaine de civils dans un bâtiment affilié à l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie. Ahmed Polad a transmis des vidéos faisant état de tirs nourris et d’attaques contre leur position avant que les coupures d’électricité et d’internet ne mettent fin aux communications. Malgré des négociations ayant permis l’évacuation d’une partie des civils vers les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), les deux journalistes ne figuraient pas parmi les rescapés arrivés à proximité de la prison d’El Aqtan. Des témoignages évoquent leur possible enlèvement par des groupes armés, sans confirmation officielle. À ce jour, aucune information fiable ne permet de déterminer s’ils ont été capturés, remis à d’autres acteurs ou tués.

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Le prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, condamné à trente ans de prison au Maroc après le démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, affirme poursuivre « le combat pour la liberté et la dignité » malgré quinze années d’incarcération. Dans un entretien téléphonique avec le quotidien algérien La Patrie News, il souligne qu’ils sont « pleinement engagés dans la lutte pour la libération nationale et la résistance […] Pour moi, quinze années de détention font partie des cinquante années de lutte du peuple sahraoui ». Il dénonce également les pressions psychologiques exercées sur les détenus sahraouis et défend la légitimité de la lutte pour l’autodétermination du Sahara occidental. Son procès a été critiqué par plusieurs ONG internationales pour irrégularités. Par ailleurs, les autorités marocaines empêchent depuis 2018 les visites de son épouse, la militante française Claude Mangin, tandis que des instances onusiennes ont appelé à garantir son intégrité physique et psychologique.

À la suite des vastes manifestations ayant secoué l’Iran, notamment dans le Rojhelat, plus de 2 000 Kurdes auraient été arrêtés par les forces de sécurité, selon plusieurs ONG, qui n’ont pu identifier formellement que 470 d’entre eux. Ces arrestations massives, menées par le ministère du Renseignement, la police et les services liés au Corps des gardiens de la révolution islamique, se seraient souvent déroulées sans mandat et avec violences, dans un contexte de coupure d’internet et de pressions sur les familles. Des enfants figurent parmi les personnes arrêtées, tandis que des blessés auraient été interpellés dans des hôpitaux ou privés de soins par crainte d’arrestation, alimentant de vives inquiétudes sur le sort des détenus et la poursuite de la répression.

En Iran, le prisonnier politique kurde Mehrab Abdollahzadeh, arrêté lors des manifestations de 2022 « Femme, Vie, Liberté », risque une exécution imminente. Condamné à mort pour « propagation de la corruption sur terre » après son implication présumée dans le meurtre d’un membre du Basij, la force paramilitaire chargée de réprimer les opposants au régime, sa demande de nouveau procès a été rejetée et l’exécution n’a pas été suspendue. Son avocat dénonce de graves irrégularités : arrestation sur son lieu de travail, 38 jours de torture, absence de défense efficace, procès expéditif et condamnation prononcée sans preuves tangibles. Mehrab, né le 15 mars 1998, a toujours nié toute implication dans le meurtre.

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La militante marocaine Zineb El Kharroubi, membre du mouvement GenZ 212 et résidant en France, a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport de Marrakech. Elle est poursuivie pour « incitation à commettre des délits via internet » et comparaitra en liberté le 23 février 2026 à Casablanca. La solidarité se poursuit pour exiger l’arrêt des poursuites, en particulier un rassemblement est organisé le 23 février 2026 à 19h30, place de la République à Paris, pour soutenir Zineb et tous les autres prisonniers politiques détenus au Maroc.

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