Le 30 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a rejeté la demande de libération provisoire de Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), arrêté le 14 décembre 2025 et détenu depuis plus de deux semaines (voir notre article). Cette décision s’inscrit dans une répression plus large menée par le régime d’Abdelmadjid Tebboune : interdiction des manifestations, restrictions du droit de grève, arrestations de militants, mais aussi la suspension administrative du PST. Face à cette situation, les appels se multiplient pour exiger sa libération immédiate et l’abandon des poursuites.

Des manifestations spontanées contre la cherté de la vie se poursuivent en Iran depuis plusieurs jours et gagnent de nombreuses villes, donnant lieu à des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre. Selon les agences de presse iraniennes, au moins six personnes ont été tuées, dont des civils dans l’ouest et le sud-ouest du pays ainsi qu’un membre des forces du Bassidj, et plusieurs dizaines d’autres ont été blessées. Les autorités font état d’attaques contre des bâtiments publics et de l’usage de gaz lacrymogène par la police, tandis qu’une trentaine de personnes ont été arrêtées à Téhéran pour troubles à l’ordre public. Sur fond de forte inflation et de dépréciation du rial, le gouvernement affirme tolérer les manifestations pacifiques mais promet une réponse ferme à toute dérive violente ou tentative de déstabilisation.

À partir du 1er janvier 2026, Israël suspend plusieurs organisations humanitaires internationales travaillant à Gaza pour non-respect de ses nouvelles règles de contrôle. Parmi les ONG concernées figurent des acteurs majeurs comme Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Action Against Hunger, Oxfam ou Caritas. Les autorités israéliennes justifient ces suspensions par la crainte que des organisations palestiniennes opèrent sous couvert humanitaire, ce que les ONG contestent, dénonçant des règles arbitraires pouvant mettre leur personnel en danger.

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En Tunisie, des partis d’opposition, la Ligue tunisienne des droits de l’homme et des familles de détenus ont organisé trois jours de mobilisation en solidarité avec les prisonniers politiques, à l’appel de l’avocat Ayachi Hammami (voir photo), en grève de la faim depuis son arrestation début novembre. Cette initiative vise à empêcher l’oubli des détenus d’opinion après la vague récente d’arrestations et à coordonner les actions de soutien. Les organisateurs dénoncent également les restrictions croissantes imposées aux avocats et aux organisations de défense des droits humains, privées d’accès aux prisons, alors que plusieurs détenus poursuivent des grèves de la faim pour faire entendre leurs revendications.

Militante marocaine des droits humains détenue depuis le 1er juillet 2025 pour « outrage à magistrat » et « diffusion de fausses allégations » liées à ses critiques publiques, Saïda El-Alami a entamé le 26 décembre 2025 sa sixième grève de la faim ouverte pour protester contre les sévices et humiliations subis en détention, notamment coups, blessures, vêtements et effets personnels endommagés. Sa famille accuse les autorités et l’administration pénitentiaire de mettre en danger sa santé, rappelant qu’elle souffre de maladies chroniques.

Des manifestations de la minorité alaouite ont éclaté dimanche 27 décembre en Syrie après l’attaque meurtrière d’une mosquée alaouite à Homs, revendiquée par un groupuscule extrémiste sunnite et ayant fait huit morts. Organisés pour dénoncer les violences visant leur communauté depuis la prise de pouvoir du groupe islamiste HTS fin 2024, les rassemblements ont été le théâtre de violences, notamment à Lattaquié, où des affrontements avec les forces de sécurité ont fait au moins trois morts et une soixantaine de blessés. Les autorités affirment avoir rétabli l’ordre et accusent des partisans de l’ancien président Bachar al-Assad, tandis que des responsables alaouites dénoncent une répression et réclament davantage d’autonomie politique, la fin des violences, la libération de détenus et un système fédéral pour éviter une nouvelle escalade, dans un contexte marqué par des massacres ayant déjà causé plus de 1 700 morts en mars.

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Arrêté le 14 décembre 2025 et placé en détention préventive, le dirigeant du Parti socialiste des travailleurs (PST) et activiste Lyes Touati fait l’objet de poursuites après une publication Facebook critiquant ironiquement le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), une organisation sécessionniste et pro-sioniste interdite en Algérie. Accusé à tort d’y appartenir, il risque jusqu’à dix ans de prison, dans un contexte de répression accrue contre les militants depuis le Hirak de 2019. Déjà ciblé par un harcèlement judiciaire et policier et condamné par le passé à six mois de prison ferme sans incarcération effective (voir notre article), Lyes Touati est aujourd’hui au cœur d’une large campagne de solidarité internationale lancée fin décembre 2025, réclamant sa libération et l’abandon des poursuites.

Le 25 décembre 2025, le tribunal de première instance de Sefrou a condamné le rappeur marocain Pause Flow (Jawad Asradi) à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 2.000 dirhams pour outrage à une instance organisée et à des fonctionnaires publics. Interpellé le 18 novembre 2025, ces accusations sont en lien avec plusieurs chansons publiées au cours des huit dernières années.

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En Iran, le citoyen kurde handicapé Yaqub Kerîmpur a été condamné à mort par la première chambre du Tribunal révolutionnaire d’Urmiye pour des motifs politiques. Détenu depuis l’arrestation par les services de renseignement iraniens après la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, il aurait subi deux mois de torture et de pressions pour obtenir de force des aveux. Sa femme est également toujours en détention.