Cinq militants kurdes (Sharyar Rostami, Farzad Seferah, Foad Mozafari, Arsalan Abbasi et Rasoul Sayadian Manesh) ont été libérés sous caution samedi 16 septembre. Un sixième militant, Shahryar Tahmasebi, ne pouvant payer la caution, serait toujours en prison. Les activistes, accusés de « tentatives d’agitation », ont été torturés (torture à électricité) lors de leur détention à la prison de Kermanshah. Ceux-ci s’étaient rassemblés pour protester contre le meurtre de kolbers. Les kolbers sont des kurdes qui traversent la frontière entre l’Irak et l’Iran avec des marchandises (à pied ou à dos d’animaux). Ils transportent essentiellement des objets électroniques, du tissu, du thé qui seront revendus par la suite par les kassebkars dans des centres commerciaux des villes iraniennes

Le lundi 4 septembre, la mort de deux Kolbars à l’une des frontières de Baneh y a provoqué des manifestations qui se sont, par la suite, propagées à Sanandaj, Mahabad et Kermanshah. Le jeudi 7 septembre, cinq militants ont été arrêtés par les forces de sécurité iraniennes et transférés à la prison de Kermanshah. Le dimanche 10 septembre, un sixième activistes kurdes, Rasoul Sayyadan Manesh, a été arrêté dans le village de Sayadyan (préfecture de Gilan-Gharb). Les forces de sécurité ont également attaqué les maisons des activistes et ont saisi des effets personnels tels que les téléphones portables, les livres, les écrits…

Depuis 2011, au moins 224 kolbers et kassebkars ont été abattus par l’armée iranienne et 203 ont été blessés. 

Manifestation à Sanandaj

Manifestation à Sanandaj

Un rassemblement a été réprimé ce mercredi, devant le siège de l’Assemblée des Représentants du Peuple (Parlement), suite à un appel lancé par le Collectif Manich Msameh, pour réclamer le retrait immédiat du projet de loi sur la « réconciliation administrative ». Il s’agissait du deuxième mouvement de protestation en moins de 24 heures. Les forces de l’ordre sont intervenue contre les manifestants qui voulaient accéder à l’Assemblée. Des incidents s’en sont suivis, avec jets de bouteilles et de pierres, ont duré un bon moment.

L’Assemblée entamait l’examen du projet de loi, qui prévoit d’amnistier les faits de corruption sous le régime Ben Ali, alors que le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas encore donné son avis consultatif, jugé jusque-là nécessaire. Tout cela indique la volonté du pouvoir de faire passer cette loi en force et de fait, la loi a été votée a une majorité écrasante des parlementaires.

Devant le parlement mercredi

Devant le parlement mercredi

Les forces israéliennes ont effectué un raid dans la ville d’Abu Dis, dans le district occupé de Jérusalem dimanche matin, et ont noyé le secteur de gaz lacrymogènes sur les étudiants de l’Université Al Quds. Plusieurs étudiants, ainsi que des écoliers qui étaient également sur le campus, souffrent d’inhalation de ces gaz.

L’Université Al-Quds, ainsi que d’autres universités palestiniennes, ont été soumises à de nombreux raids militaires israéliens dans le passé. Six étudiants de l’Université d’Al Quds ont été abattus et blessés avec des balles en acier revêtues de caoutchouc pendant les manifestations d’avril. L’année dernière, l’armée a détruit les biens de l’école, blessé des étudiants pendant les affrontements, confisqué le matériel et les documents de l’école, et a même organisé un raid au cours d’une foire de livres pour les étudiants à faible revenus, confisquant tous les livres.

Le raid israélien de dimanche

Le raid israélien de dimanche

Les autorités iraniennes s’emploient à détruire la fosse commune dans la ville méridionale d’Ahvaz, où sont enterrés des dizaines de prisonniers qui ont été massacrés en août et septembre 1988, dans une vague d’exécutions extrajudiciaires massives (voir notre dossier sur le massacre de 1988). La construction près de la zone a commencé au début de cette année. Le site est progressivement enterré sous des tas de déchets de construction, ce qui détruit les preuves qui pourraient être utilisées pour traduire en justice les responsables des exécutions extrajudiciaires massives de 1988. Cela priverait également les familles des victimes de leurs droits à la vérité, à la justice et à la réparation, y compris le droit d’enterrer leurs proches dans la dignité.

Famille se recueillant sur la fosse commune à Ahvaz

Famille se recueillant sur la fosse commune à Ahvaz

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Les forces d’occupation israéliennes continuent de refuser de remettre le corps du prisonnier palestinien Assad Raed Salhi, mort à 21 ans ce 3 septembre en détention. Salhi est décédé des suites des blessures qui lui avaient été infligées lors de son arrestation il y a un mois, lors d’une violente perquisition menée par les forces d’occupation avant l’aube au camp de réfugiés de Dheisheh. Salhi était un militant actif du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), il a pris 5 balles dans l’abdomen et a été laissé à l’agonie durant 1h30 avant d’être emmené. Il n’était pas armé. Il a ensuite été détenu à l’hôpital Hadassah avec une lourde garde armée et avec interdiction de visites familiales alors même qu’il était dans le coma et nécessitait une assistance respiratoire pour survivre. A ce moment, sa détention a été prolongée plusieurs fois par le tribunal militaire d’Ofer en même temps que celle d’Abdel-Aziz Arafa, un autre jeune homme arrêté et blessé par balle (au pied et à la jambe) lors de la même descente, ce dernier a comparu au tribunal dans un lit d’hôpital.

A l’annonce de la mort de Salhi, de grandes manifestations spontanées ont éclaté dans le camp de Dheisheh afin d’honorer le prisonnier et de soutenir sa famille. Un grand chapiteau de deuil a été planté à l’extérieur de la maison familiale par de jeunes camarades de Salhi. Plutôt que de rendre le corps à la famille, les autorités israéliennes l’ont transféré à l’hôpital de Rishon Lezion. L’état israélien retient régulièrement les corps des martyrs et impose des conditions particulières afin d’empêcher les manifestations et le deuil lors des funérailles.

Assad Raed Salhi

Assad Raed Salhi

Au cours des derniers mois, des prisonniers politiques iraniens ont fait passer clandestinement des lettres décrivant les conditions cruelles dans différentes prisons. Certains ont réclamé justice pour les familles de prisonniers politiques exécutées par le régime, notamment les 30 000 victimes du massacre de 1988. Le régime a réagi avec de nouvelles mesures de répression. Le 30 juillet, 50 prisonniers politiques de la salle 12 du quartier 4 de la prison de Gohardacht ont été transférés de force dans la salle 10, qui est complètement isolée et surveillée en permanence par 40 caméras en circuit fermé et 64 dispositifs d’écoute. Toutes les fenêtres sont scellées avec des plaques métalliques, empêchant toute ventilation, et la salle manque d’eau courante.

Il y a actuellement environ 25 prisonniers en grève de la faim qui exigent leur retour à la salle 12 et la restitution de tous leurs effets personnels (tout a été confisqué lors du transfert, y compris les médicaments). Après quatre semaines, la condition physique de nombreux détenus s’est véritablement détériorée. Ils peuvent à peine marcher et souffrent de maladies cardiaques, pulmonaires et rénales tout en étant privé de tous médicaments.

La prison de Gohardacht

La prison de Gohardacht

Les forces d’occupation israéliennes se sont affrontées à des manifestants palestiniens alors qu’elles escortaient, mardi matin dans la ville de Naplouse, plusieurs autobus de colons israéliens qui ont envahi le site dit du tombeau de Joseph. Deux Palestiniens ont été blessés et l’un d’eux a été arrêté dans les affrontements qui ont duré plusieurs heures et au cours desquels les militaires on tirés des balles en acier revêtues de caoutchouc et des grenades lacrymogènes.

Les affrontements dans la nuit de mardi à mercredi, à Naplouse

Les affrontements dans la nuit de mardi à mercredi, à Naplouse

L’ancien prisonnier franco-palestinien et militant pour les droits des prisonniers palestiniens Salah Hamouri a de nouveau été capturé par les forces d’occupation israéliennes lors d’un raid à son domicile à Jérusalem-Est dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 août 2017. Le 29 août dernier, Salah Hamouri a été placé en détention administrative, sans charge ni procès, pour une durée initiale de 6 mois (renouvelable à l’infini).

Liberté pour Salah Hamouri !

Liberté pour Salah Hamouri !

Laroui et Imzouren ont samedi et dimanche derniers, des manifestations dites de «loyauté aux détenus» et préalablement interdites par les autorités. Dans la commune de Laroui relevant de Nador, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont poursuivis jusqu’aux premières heures du dimanche 13 août. A Imzouren, une manifestation similaire, bien qu’interdite par les autorités, a eu lieu et une autre a même été annoncée pour le 27 août. Une dizaine d’arrestations de jeunes par des membres des forces de l’ordre habillés en civil auraient été opérées avant le départ de la manifestation. Les manifestants ont saisi l’occasion pour réclamer la libération de tous les prisonniers du Hirak détenus à Al-Hoceima et à Casablanca, l’annonce des résultats de l’enquête sur le décès de Mourad El Attabi et réitérer les revendications économiques, sociales et culturelles pour la région. Les autorités locales maintiennent leur décision d’interdire tout mouvement de protestation dans la région.

Arrestation le wee-end passé dans le rif

Arrestation le wee-end passé dans le rif

Jeudi soir, l’armée israélienne a lancé une opération, visant à des perquisitions et des arrestations, à Beit Rima, dans le nord de Ramallah, . Comme souvent lorsque ces raids agressifs sont menés, des affrontements ont éclaté entre les jeunes palestiniens qui jettent des pierres et se rencontrent en réponse à un feu direct, des balles en acier revêtues de caoutchouc et des gaz lacrymogènes, entraînant souvent des blessures graves, parfois mortelles. Cette fois-ci, ce sont cinq jeunes manifestants qui ont été blessés. Les blessés sont arrivés à l’hôpital gouvernemental de Salfit, tous avec des blessures par balle dans leurs membres inférieurs. Le tir mutilant dans les jambes avec des balles de petits calibres ou des balles acier-caoutchouc semble être devenue une pratique systématique des forces d’occupations.

Le raid israélien à Beit Rima

Le raid israélien à Beit Rima