Un document interne de la police antiterroriste britannique suggère que de nombreux manifestants arrêtés après l’interdiction de Palestine Action l’ont été à tort. Daté du 28 août 2025, ce guide tactique de sept pages précisait que des actions comme brandir un dessin de Private Eye ou tenir des pancartes avec des messages tels que « Genocide in Palestine, Time to Take Action » ne devaient pas constituer un motif d’arrestation (voir notre article). D’autres formes de protestation, comme afficher des slogans Palestine Action à domicile ou porter des t-shirts humoristiques, étaient également jugées acceptables. Pourtant, depuis l’interdiction du groupe en juillet (voir notre article), plus de 2 000 personnes ont été arrêtées pour soutien présumé au groupe, dont certaines selon le guide n’auraient pas dû l’être. Ce document, jusqu’ici tenu secret et obtenu via une procédure judiciaire, révèle la confusion des forces de l’ordre et souligne le manque de transparence du gouvernement sur l’application de l’interdiction.

Près de trois mois après le placement en détention provisoire des Ulm 5, cinq personnes poursuivies pour une action visant une usine d’armement d’Elbit Systems, plusieurs rassemblements de solidarité ont eu lieu les 30 et 31 décembre devant les différents établissements pénitentiaires où elles sont incarcérées (voir notre article). Portées depuis Berlin avec le soutien de collectifs locaux, ces mobilisations se sont déployées sur deux jours devant cinq prisons, dans le but de dénoncer le rôle d’Elbit Systems dans l’industrie de l’armement et de rompre l’isolement carcéral. Elles s’inscrivent dans un mouvement plus large de soutien aux prisonniers politiques et de dénonciation de la répression des luttes internationalistes, avec également des expressions de solidarité envers Daniela Klette, des antifascistes poursuivis et plusieurs militants kurdes emprisonnés.

A l’occasion du réveillon du 31 décembre 2025, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la prison de Pentonville, sur Caledonian Road à Londres, pour soutenir les détenus pro-palestiniens en grève de la faim qui poursuivent leur mobilisation à l’entrée de la nouvelle année. La police a été déployée en nombre et a empêché à deux reprises les manifestants de marcher, avant de les repousser vers l’enceinte de la prison. Selon plusieurs témoignages, des arrestations ont eu lieu et des protestataires ont été encerclés par la police devant les grilles de la prison jusque tard dans la nuit.

Les grévistes de la faim ont entamé leur mouvement depuis plusieurs semaines : Heba Muraisi en est à son 62ᵉ jour, Teuta Hoxha à son 56ᵉ jour et Kamran Ahmed à son 55ᵉ jour de grève de la faim, poursuivant leur action malgré l’aggravation des risques pour leur santé. Ils se mobilisent pour exiger que le Royaume-Uni rompe ses liens avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems, mette fin à l’interdiction de Palestine Action, garantisse la libération sous caution immédiate des 33 prisonniers britanniques pour leur engagement pro-palestinien et la fin de la censure en détention.

Le 30 décembre 2025, le tribunal de Béjaïa a rejeté la demande de libération provisoire de Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), arrêté le 14 décembre 2025 et détenu depuis plus de deux semaines (voir notre article). Cette décision s’inscrit dans une répression plus large menée par le régime d’Abdelmadjid Tebboune : interdiction des manifestations, restrictions du droit de grève, arrestations de militants, mais aussi la suspension administrative du PST. Face à cette situation, les appels se multiplient pour exiger sa libération immédiate et l’abandon des poursuites.

Le 31 décembre 2025, Pavel Krisevich a pu quitter la Russie après avoir été libéré d’une nouvelle arrestation administrative, la énième depuis sa sortie de prison le 24 janvier 2025 (voir notre article). Inscrit en novembre 2025 au registre des « agents étrangers », il avait été menacé par le FSB de nouvelles détentions s’il ne partait pas immédiatement. Depuis sa détention, Krisevich poursuivait son travail artistique en prison, créant dessins, livres et projets solidaires pour d’autres détenus. Il décrit son départ comme un moment d’euphorie en quittant « la dictature et l’absence de liberté ».

Les autorités espagnoles et l’Institut Gogora recherchent les familles pour recueillir l’ADN des prisonniers républicains décédés dans la prison franquiste d’Orduña entre juillet 1937 et juillet 1941. Depuis 2021, plusieurs campagnes d’exhumation ont permis de retrouver 93 corps, dont l’identité de 23 victimes a déjà été confirmée. Parmi eux, Miguel Fuentes Molina, mort en mai 1941 de malnutrition à 26 ans, après avoir été envoyé à Orduña pour avoir soutenu la République. Les restes de Miguel et d’autres victimes ont été restitués à leurs familles à Badajoz et Ciudad Real. Gogora poursuit l’identification des 70 corps restants et appelle les familles à fournir leur ADN.

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Depuis octobre 2023, les autorités allemandes poursuivent massivement les militants solidaires de la Palestine (voir notre article), ciblant notamment l’expression « From the river to the sea ». Selon les avocats berlinois Jessica Grimm et Benjamin Düsberg, cette criminalisation résulte d’une volonté politique d’interdire cette opinion, assimilée à tort à un symbole du Hamas après une décision du ministère de l’Intérieur en novembre 2023. Bien que des expertises démontrent que le slogan existe depuis les années 1960 et n’est pas exclusivement utilisé par la Hamas, la justice berlinoise a initié des milliers de procédures, parfois transférées à la chambre de sûreté de l’État du Landgericht Berlin.

Un nouvel expert nommé par cette chambre, Dr Guido Steinberg, spécialiste en islamisme et terrorisme au sein de la fondation Science et Politique, a présenté une analyse biaisée, affirmant que le slogan « From the river to the sea » serait presque exclusivement utilisé par des personnes favorables à la « violence », sans fournir de preuves concrètes ni s’appuyer sur des sources primaires récentes. La défense conteste cette partialité dans le cadre d’un procès visant un militant poursuivi pour avoir crié ce slogan lors d’une manifestation de solidarité avec la Palestine après le 7 octobre 2023. Pour démontrer que le slogan est largement utilisé dans des contextes politiques divers et ne constitue pas un emblème d’organisation, la défense a fourni au tribunal un dossier de 2 500 textes, totalisant plus de 7 000 pages.

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Depuis octobre 2023, plus de 9 000 procédures judiciaires ont été ouvertes à Berlin contre des personnes exprimant leur solidarité avec la Palestine, selon plusieurs groupes de soutien et observateurs. Les arrestations portent sur des slogans, drapeaux, autocollants et autres, souvent qualifiés d’« antisémites » par les autorités. Par ailleurs, de nombreuses violences et brutalités policières sont régulièrement signalées lors des interpellations. En dépit de cette situation, de nombreux procès se soldent par des relaxes ou l’abandon des charges, notamment pour les slogans et symboles, grâce à des preuves vidéo démontrant la brutalité policière. Les observateurs dénoncent une persistance des arrestations arbitraires et une application discriminatoire de la loi, reflétant le racisme et l’impunité dont jouit la police, même devant les tribunaux.

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À Brême en décembre 2025, la syndicaliste Ariane Müller s’est vu interdire l’accès au Klinikum Bremen-Mitte après avoir participé à une campagne électorale en faveur d’une liste syndicale de gauche lors des élections du comité d’entreprise. Ancienne salariée et élue du personnel, elle avait déjà été licenciée en 2024 par le groupe hospitalier public Gesundheit Nord pour avoir organisé, à titre privé, un rassemblement de soutien à Daniela Klette, une décision qui n’a jamais été examinée par la justice (voir notre article). Fin 2025, alors qu’elle accompagnait des collègues dans une distribution de tracts liée au scrutin interne, la direction a justifié cette décision par des motifs de sécurité et de bon fonctionnement de l’établissement.

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