Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le district de Sur, au centre de Dyarbakir (Amed), a été un des secteurs où l’insurrection urbaine des Kurdes a été la plus forte. Le district était resté longtemps inaccessible aux forces de sécurité, protégés par des milices populaires ayant érigé des barricades et creusé des tranchées. Les forces de sécurité ont appliqué un couvre-feu meurtrier, les sniper de l’armée abattant toute personne se risquant dans la rue, avant de prendre le quartier d’assaut rue par rue. De nombreuses maisons ont été démolies. Les habitants kurdes ont été déplacés de force et leurs maisons ont été pillées pendant le couvre-feu. Les camions de la municipalité et de la Direction de l’administration générale d’assainissement (diski) ont jeté les débris, y compris des parties de corps humains, dans la rivière Tigris pendant plusieurs semaines.

Sur demande du ministère de l’Environnement et de l’urbanisation, une décision prise par le cabinet du premier ministre turc a exigé l’expropriation « urgente » des districts de Sur et de Silopi. Après cette décision publiée au Journal officiel, les forces de l’Etat ont commencé à déterminer les maisons à démolir dans le district.

Le district de Sur après sa reconquête par les forces de sécurité

Le district de Sur après sa reconquête par les forces de sécurité

Le procureur de la Colombie a mis en accusation cinq dirigeants de l’ELN, à savoir Nicolas Rodríguez Bautista, Eliecer Herlinton Chamorro Acosta, Antonio García; Israel Ramírez Pineda, Rafael Sierra Granados, et Gustavo Anibal Giraldo Quinchia. Le dossier porte essentiellement sur les attaques contre les oléoducs mais, mais le procureur étudie également un certain nombre d’autres faits attribués à l’ELN, avec 15.741 enquêtes ouvertes. Cette mise en accusation est interprétée comme une volonté d’une partie de l’appareil d’état de torpiller les négociations de paix entre l’ELN et le gouvernement colombien, alors qu’un premier accord était annoncé pour les semaines à venir.

Propagande de l’ELN

Propagande de l'ELN

Des groupes de manifestants masqués porteurs de drapeaux rouges et noirs ont provoqué des incidents au cours de la marche à Córdoba, en commémoration du 40e anniversaire du coup d’Etat militaire du 24 mars 1976. Les manifestants ont dévasté un McDonald, endommagé des succursales bancaires, caillassé des policiers, tiré des engins pyrotechniques et mis le feu à un drapeau américain.

Les incidents à Córdoba

Les incidents à Córdoba

Dans la nuit du 25 au 26, une manifestation d’opposants à la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin se sont dirigés vers le chantier de la galerie de reconnaissance de la Maddalena, à Chiomonte, près de Suse. Ils ont lancé des pétards sur les forces de l’ordre (police, carabiniers, armée) qui veillent jour et nuit sur la zone, entièrement clôturée. Les policiers ont répondu à l’aide gaz lacrymogènes. Les militants No TAV ont mis eux-mêmes en ligne une vidéo des affrontements. Ils revendiquent d’ailleurs cette « attaque » contre le chantier. Un conseiller régional du Piémont a déclaré que « Ces fauteurs de troubles font dépenser des millions d’euros au contribuable italien pour maintenir un dispositif de sécurité qui est totalement absent à quelques dizaines de kilomètres de là, sur le chantier français ».

Affrontements de Pâques en Val de Suse

Affrontements de Pâques en Val de Suse

Les YBŞ (Unités de Résistance du Shengal, milices yézidies proches des YPG) progressent vers Mossoul, toujours détenues par l’État Islamique. Elles ont lancé le 20 mars la « Campagne de Mossoul » destinée à nettoyer les abords de la ville des gangs islamistes. Les 1.600 combattants YBŞ sont appuyés par les HPG et les YJA-Star, les guérillas du PKK. Les YBŞ luttent comme les YPG et HPG pour la libération du Kurdistan mais également pour libérer les milliers de Yezidis kidnappés et réduits en esclavage par les islamistes.

Un guerillero YBŞ

Un guerillero YBŞ

Une réunion au Centre de crise avec l’ensemble des autorités et services impliqués et un Conseil national de sécurité se sont tenus jeudi à la suite de la nouvelle évaluation de l’Ocam (Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace) abaissant le niveau de la menace de 4 à 3. Cela signifie que le danger n’est plus estimé imminent, mais reste cependant vraisemblable et possible. Les mesures de contrôle dans les gares, métros et aéroports ont en conséquence été diminuées. La présence des services de police et des militaires reste renforcée en certains lieux stratégiques dans l’ensemble du pays. Les militaires déployés sont désormais autorisés à contrôler les bagages et les sacs à dos.

Dans les gares, seuls des contrôles aléatoires seront maintenus aux entrées des grandes gares sur l’ensemble du pays, notamment celles de l’axe Nord-Sud à Bruxelles. Une présence militaire sera maintenue aux entrées des stations de métro ouvertes, tandis qu’une présence policière sera assurée dans le métro et en surface. Des contrôles aléatoires seront également organisés dans les stations. Des contrôles seront effectués aux accès des aéroports. Des chiens seront déployés pour détecter d’éventuels explosifs.

1000 militaires sont déployés à Bruxelles

1000 militaires sont déployés à Bruxelles

Jeudi à Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, deux Palestiniens qui venaient de poignarder et légèrement blesser un soldat israélien. Ils avaient été blessés.
Ils gisaient sur le sol, remuant faiblement. Un soldat a alors achevé un des blessés. Deux officiers qui était présents lors de l’incident et ont vu le soldat tirer. Un premier rapport indiquait que « les deux terroristes avaient été mortellement touchés par des tirs de riposte ». Mais un vidéo de l’incident filmée par l’organisation Betselem a montré qu’il s’agissait d’une nouvelle exécution extra-judiciaire.

[Voir la vidéo
->http://www.btselem.org/firearms/20160324_soldier_executes_palestinians_attaker_in_hebron]

Le Palestinien blessé qui sera achevé un instant plus tard

Le Palestinien blessé qui sera achevé un instant plus tard

Dimanche, jour du Nouvel An iranien, un groupe de mères et de membres des familles des prisonniers politiques ainsi que leurs partisants se sont rassemblés devant la prison d’Evin. Dr Mohammad Maleki, le premier doyen de l’université de Téhéran post-révolution, a pris part au sit-in. Les forces de sécurité du régime ont attaqué et frappent les familles pour les obliger à se disperser.

Le père d’Atena Faraghadani, une jeune dessinatrice détenue à Evin, était parmi les personnes battues par la police. Atena Farghadani a été arrêté une première fois en août 2014 pour avoir dessiné une bande dessinée représentant les parlementaires du régime iranien comme des animaux passant des lois misogynes. Cette bande dessinée a été publiée après que des lois aient été adoptées pour que le Guide suprême décide de tout pour la population. Elle a été remise en liberté sous caution deux mois après. Après sa libération, elle a posté une vidéo sur YouTube dans laquelle elle dénonçait les mauvais traitements et les agressions contre les femmes dans les prisons du régime. Elle a été de nouveau arrêtée en janvier 2015 pour « complot contre la sécurité nationale », « activité de propagande contre le système » et « insulte au Guide suprême, au président, aux parlementaires, et aux agents de Pasdaran de la section 2A pendant son interrogatoire » et elle a été condamnée à 12 ans et 9 mois de prison.

Parents des prisonniers politiques devant la prison d’Evin

Parents des prisonniers politiques devant la prison d'Evin

Des manifestations étudiantes contre une réforme du droit du travail ont tourné en affrontements jeudi en France. A Paris et Nantes, les forces de l’ordre ont répliqué à des jets de projectiles en faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser des jeunes, dont certains étaient cagoulés. Vingt-quatre personnes ont au total été interpellées en marge de ces rassemblements ayant rassemblé des milliers de personnes, selon les autorités.

Deux voitures ont été incendiées dans la capitale tandis qu’à Nantes du mobilier urbain était incendié ou dégradé. Des incidents se sont également produits à Rouen. Depuis début mars, des centaines de milliers de personnes se sont déjà mobilisées lors de journées d’action contre ce texte avalisé dans la matinée par le Conseil des ministres. Des dizaines de lycées en France et l’emblématique Institut d’études politiques de Paris (Sciences-Po) ont été bloqués. « Loi travail, loi du capital », « Luttes sociales grève générale », scandaient notamment les manifestants. A Marseille, des lycéens avaient écrit sur une banderole: « Un grand bond en avant vers le 19e siècle ».

Affrontements lors des manifestations contre la loi Travail

Affrontements lors des manifestations contre la loi Travail