Après ceux de Bruxelles, Paris, New-York, Chicago,… ce sont les activistes australiens qui ont été dispersés ce dimanche à Sidney. Depuis huit jours, un campement avait été établi devant la Banque Centrale d’Australie, sur le modèle de celui de ‘Occupons Wall Street’. A 5 heure du matin hier, la police est brutalement intervenue pour déloger les campeurs. Les autorités parlent quant à elles d’une violence mesurée face aux réfractaires. 40 manifestants ont été interpellés. 29 d’entre eux se sont vus infligés une amende pour infraction au règlement municipal, sept seront présentés au tribunal et quatre sont accusés de violences à l’encontre des forces de l’ordre.

Tous les deux ans, les chefs d’états des pays du Commonwealth se réunissent afin de discuter et de mettre en place des politiques communes de gouvernance. Cette année, ces trois jours de congrès auront lieu à Perth. Hier, les autorités australiennes ont dévoilé le centre de commandement depuis lequel la police surveillera la ville durant toute la durée de l’événement. Environ cent officiers seront continuellement en fonction dans les installations. Ils regarderont les trente mètres de mur recouverts d’écrans vidéos qui projetteront en continu les séquences filmées par les dispositifs fixes et mobiles de CCTV (close-circuit television) disposés à travers la ville. Les officiers auront également connaissance de tous les mouvements des avions et auront accès aux renseignements open-source en provenance des réseaux nationaux, mais aussi étrangers. Selon le porte-parole de la police, les équipements rassemblent les meilleures capacités de l’Australie et du Royaume-Uni dans le centre de commandement le plus avancé que tout ce dont disposent toutes les forces de police ailleurs en Australie. Celui-ci, qui a coûté cinq millions de dollars (environ quatre millions d’euros) sera réutilisé lors d’autres événements majeurs dans la ville tels que le nouvel an, la fête nationale, mais aussi pour mener des enquêtes de grande ampleur.

Centre de surveillance policière à Perth

Centre de surveillance policière à Perth

Douze personnes ont été arrêtées par la police dans une manifestation contre la construction d’une installation gazière au nord de Broome, dans l’Etat d’Australie occidentale. La police continue à procéder à des arrestations de manifestants qui bloquent la route menant au site où la compagnie pétrolière australienne Woodside Petroleum envisage de construire une installation gazière. Jeudi au parlement d’Etat à Perth, les propriétaires aborigènes, la compagnie Woodside et le gouvernement de l’Etat d’Australie occidentale ont signé un accord autorisant l’accès aux terrains concernés par le projet gazier. Le chef de l’exécutif de l’Australie occidentale, a annoncé à cette occasion que les manifestants ne seraient plus autorisés à continuer à bloquer la route et qu’ils seraient déplacés de force s’il le fallait.

Manifestation écologiste/aborigène en Australie

Manifestation écologiste/aborigène en Australie

Une vidéo, où des policiers sont filmés dans un commissariat administrant des décharges de Taser à un Aborigène, a été dévoilée, lundi 4 octobre, déchaînant une vague d’indignation en Australie. L’incident, qui a eu lieu dans la ville de Perth en 2008, a été rendu public dans le cadre d’un rapport de la commission criminelle de l’Etat d’Australie-Occidentale présenté au Parlement sur l’usage des Taser par la police.

Ce cas a été cité comme exemple de la mauvaise utilisation des pistolets à impulsion électrique par la police et a relancé le débat en Australie. La veille, un homme était mort à Sydney après avoir reçu une décharge de Taser dans la poitrine. Sur la vidéo rendue publique, un homme aborigène non armé se voit administrer huit décharges de Taser dans un commissariat, après avoir refusé de se soumettre à une fouille au corps. On le voit à l’agonie après les décharges. Selon le rapport, l’homme, dont les actes précédant l’incident semblaient traduire un désordre mental ou un abus de drogue, a été soumis à cinq décharges supplémentaires hors caméra. Après enquête interne, deux agents ont été condamnés à payer des amendes de 1 200 et 750 dollars australiens (environ 840 et 525 euros) pour utilisation excessive de la force.

Il y a moins d’un an, l’Australie lançait une batterie de tests autour d’un système de filtrage d’Internet. Cette semaine, le gouvernement a confirmé qu’il serait bel et bien mis en place. Le mécanisme a été conçu pour interdire l’accès à un certain nombre de sites depuis le territoire australien. Pratiquement, les fournisseurs d’accès Internet du pays devront bloquer l’accès au sites inscrits sur une ‘liste noire’ élaborée par l’Australian Communications and Media Authority. Au départ, le projet, imaginé par le ministre des télécommunications Stephen Conroy, a été présenté comme un moyen de lutter contre les sites pédopornographiques. Mais finalement, il englobera un spectre beaucoup plus large. En mars dernier, le gouvernement avait préparé une ébauche de classification de sites classés RC (Refused Classification) censée rester secrète. Suite à des fuites, elle avait été rendue publique et on avait pu constater que cette liste comportait, outre les sites pédopornographiques, des sites jugés pour des raisons d’incitation au terrorisme, de violence excessive ou d’apologie des drogues.

Le gouvernement australien conduira mi-janvier les premiers tests qui doivent aboutir à la mise en place d’un gigantesque système de filtrage d’Internet, présenté comme la pierre angulaire d’un projet de 125 millions de dollars australiens (62 millions d’euros) pour la ‘sécurisation du Web’. Un système nécessaire pour ‘protéger les enfants‘ et ‘bloquer l’accès à des sites hébergés à l’étranger mais dont le contenu est illégal en Australie‘, selon le ministre des communications, Stephen Conroy. Les fournisseurs d’accès à Internet australiens devront bloquer l’accès aux sites inscrits sur une liste noire tenue par l’Australian Communications and Media Authority, qui dispose déjà de pouvoirs étendus en matière de régulation de la Toile. Au moins 1.300 sites seront bloqués au lancement du filtre, pour des raisons allant de la pédo-pornographie à l’incitation au terrorisme, en passant par la ‘violence excessive’ et l’apologie des drogues. Le gouvernement prévoit également de mettre en place un système de filtrage des réseaux d’échange de fichiers peer to peer tels que BitTorrent.