À Recife, des militants ont dénoncé la répression policière et judiciaire après le placement en détention préventive de Mateus Galdino, étudiant arrêté lors d’une manifestation anti-impérialiste, malgré l’absence de preuves et son interpellation loin du rassemblement. Des protestations ont eu lieu devant le tribunal lors de son audience. Le même jour, un ciné-débat militant a réaffirmé la solidarité avec les prisonniers politiques et les mouvements de résistance au Brésil et à l’international.

Dans l’État de Rondônia, au Brésil, la Ligue des paysans pauvres (LCP) fait face à une nouvelle vague de criminalisation, portée par la presse locale, peu après l’assassinat du dirigeant paysan Adeildo Gonçalves Calheiro (voir notre article). Des médias accusent la LCP d’être une organisation criminelle armée, alimentant un discours sécuritaire qui occulte les violences des grands propriétaires terriens et des groupes paramilitaires déjà impliqués dans des attaques contre les communautés rurales. Les organisations paysannes dénoncent une stratégie visant à justifier la répression des luttes agraires et rappellent que Flecha était un leader reconnu, engagé dans la défense des terres et des droits des paysans.

Le dirigeant paysan Adeildo Gonçalves Calheiro, surnommé « Flecha », a été exécuté le 23 janvier dans le lotissement Pari, à Mato Grosso, lors d’une opération menée par le BOPE de Mato Grosso en coordination avec les forces répressives de Rondônia. La Commission nationale de la Ligue des Paysans Pauvres (LCP) conteste la version officielle et dénonce les auteurs comme étant « au service du latifundio, responsables de milliers de meurtres de paysans, indigènes et quilombolas ». Adeildo « Flecha », reconnu pour son engagement historique en faveur de la révolution agraire et pour avoir contribué à faire reculer les intérêts de l’État et des grands propriétaires terriens, était devenu un symbole et une cible pour le pouvoir. Cette exécution est dénoncée comme un acte de terrorisme d’État visant à intimider la lutte paysanne et les dirigeants populaires qui s’opposent au latifundio.

Mauricio Hernández Norambuena, alias « Ramiro », militant communiste et membre du Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR), est soumis depuis les années 1990 à une politique systématique de répression et d’isolement par l’État chilien, puis brésilien. Tortures physiques et psychologiques, isolement prolongé, restrictions extrêmes aux contacts humains et traitements inhumains ont marqué son incarcération dans des prisons de haute sécurité au Chili et au Brésil, constituant une torture psychologique soutenue. Devant l’absence de recours internes, son cas a été porté devant le Système interaméricain des droits humains, avec des audiences devant la Commission et la Cour interaméricaine, dénonçant la torture, la persécution politique et la violation des droits fondamentaux. La Cour vient de reconnaitre la gravité de ces traitements et la dimension systématique de cette politique d’État.

Le 14 janvier, une opération de la police de Rio de Janeiro au Complexo do Salgueiro (São Gonçalo) a fait 22 morts et un blessé, selon les habitants, alors que la police n’en reconnaît que quatre. Cette action, dans le cadre de l’Opération Contenção, est dénoncée comme un massacre ciblant les populations pauvres et faveladas sous prétexte de la « guerre à la drogue », épargnant les véritables trafiquants.

Régis Braguin, commandant général de la police militaire de l’État de Rondônia et autoproclamé « ennemi numéro 1 » de la Ligue des paysans pauvres (LCP), a été démis de ses fonctions le 14 janvier 2026 après un mandat marqué par une forte répression du mouvement paysan. Sous son commandement, la létalité de la police militaire aurait augmenté de 400 % en 2025, avec au moins 35 morts recensés, faisant de Rondônia l’État le plus touché par les meurtres policiers. Braguin a dirigé plusieurs opérations contre la LCP, dont l’« opération Godos », au cours de laquelle le paysan Elias a été tué (voir notre article), ainsi que des interventions ayant conduit à l’exécution de Raimundo Nonato. Il a assumé une stratégie policière fondée sur une rhétorique de « lutte contre le terrorisme », bien que ce cadre n’existe pas légalement, et a soutenu un programme de « sécurité rurale » accusé de servir les intérêts des grands propriétaires fonciers. Son éviction intervient également dans un contexte de scandales personnels, notamment des accusations de violences conjugales et de conduite en état d’ivresse.

Le 20 novembre, une opération de la Police militaire de Rondônia (PM-RO) était organisée pour expulser trois camps installés sur le domaine des « Maroins » à Machadinho D’Oeste. Cela a abouti à la mort de quatre paysans et à l’expulsion d’environ 400 familles de ces trois campements, ainsi que des accusations de vols de vêtements, médicaments et objets personnels. La police justifie l’opération en évoquant un prétendu “échange de tirs”, une version contestée par des organisations paysannes. Selon des observateurs locaux, l’expulsion a été menée en violation des procédures légales obligatoires. L’intervention, mobilisant des véhicules blindés, s’inscrit dans une escalade plus large d’actions répressives contre les mouvements de lutte pour la terre (voir notre article).

L’arrestation de l’avocate populaire Lenir Correia, le 12 novembre 2025 à Ji-Paraná, s’inscrit dans une escalade de la répression visant les défenseurs des travailleurs ruraux et les mouvements de lutte pour les droits fonciers à Rondônia. Cette opération, liée à « l’opération Godos » visant la Ligue des paysans pauvres (voir notre article), criminalise le travail légal d’une avocate défendant des familles engagées dans des litiges fonciers. Plusieurs organisations dénoncent une attaque contre le droit à la défense, d’autant plus grave que Lenir Correia souffre de problèmes de santé incompatibles avec la détention. Ce cas intervient dans un contexte de conflits violents entre paysans et forces de sécurité depuis 2020, marqué par des décès, des opérations policières contestées et une alliance renforcée entre secteurs ruraux et forces armées.

Le ministère public de Rondônia a lancé l’opération « Godos » contre la Ligue des paysans pauvres (LCP). L’opération, présentée comme l’une des plus importantes de la région, mobilise 500 policiers civils et militaires. Elle a déjà conduit à l’arrestation de 20 personnes, au meurtre d’un paysan dans la zone Tiago Campin dos Santos, et 50 autres personnes sont recherchées. Parmi les détenus figure l’avocate populaire Lenir Correia, de l’Association brésilienne des avocats du peuple (ABRAPO), connue pour sa défense des paysans.

Mardi 11 novembre, des dizaines de manifestants autochtones et leurs soutiens ont tenté de forcer l’entrée de la COP30, à Belém, au Brésil. Ils venaient dénoncer l’intensification de la déforestation et les conséquences qui lui sont liées. Ils ont été repoussés par les agents de sécurité, qui ont érigé des barricades pour bloquer l’accès à la zone bleue de la conférence, où se tiennent les débats entre délégations.