La détention de Booker Ngesa Omole, secrétaire général du Parti Communiste Marxiste du Kenya, est dénoncée par de très nombreuses organisations dans le monde comme une persécution politique après son arrestation violente par la police kényane à Isiolo (voir notre article). Selon des déclarations officielles du parti, il aurait été enlevé sans mandat, battu, torturé, transféré à la prison de détention de Kitengela avec le bras cassé, privé de soins médicaux urgents, de libération sous caution et d’accès à ses avocats, sa famille ou ses camarades . Les accusations à son encontre incluent tentative de meurtre sur policiers, liens fantaisistes avec un « cartel de drogues » et possession d’armes déjà légalement enregistrées, des motifs que ses soutiens qualifient de fabrications visant à criminaliser la dissidence, mobilisation et solidarité internationale pour exiger sa libération immédiate.

Fin février 2026 au Népal, plusieurs cadres et partisans du Communist Party of Nepal (Bahumat) (CPN Bahumat) ont été arrêtés dans un contexte de fortes tensions politiques. Son secrétaire général, Dharmendra Bastola, a été interpellé à Katmandou après l’annonce d’une grève nationale, aux côtés de responsables locaux dont Bishnu Timalsina et Binod Marasini, arrêté à Butwal. D’autres militants, parmi lesquels Yukendra Shretha de la Communist Youth Organisation et Basudev Budhal, dirigeant étudiant lié à l’All Nepal National Independent Students’ Union (Revolutionary), ont également été placés en détention, tout comme « Sajak », présenté comme responsable du parti pour avoir contesté la légitimité des élections.

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Une opération policière menée le 20 février 2026 contre des membres du Frente Nacional de Lucha por el Socialismo (FNLS) à Ocosingo, dans l’État du Chiapas, lors d’une commémoration près de Río Florido, a été le théâtre de violents affrontements. Des forces des trois niveaux de gouvernement auraient procédé à une offensive avec gaz lacrymogènes, véhicules blindés et appui aérien d’un hélicoptère Black Hawk, entraînant des blessés et le déplacement forcé de communautés rurales.

Le Comité central du Parti Communiste Marxiste du Kenya affirme que son secrétaire général, Booker Ngesa Omole, a été violemment enlevé à Isiolo par des agents de police, puis battu et torturé avant d’être abandonné au commissariat de Mlolongo. Depuis, il n’a pas accès à un avocat. Son parti dénonce un kidnapping visant à intimider le mouvement ouvrier et les forces progressistes.

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En Espagne, le comité de soutien à Lola López Resina réclame sa libération à l’occasion de son 75ᵉ anniversaire, alors qu’elle est incarcérée à la prison de Zaballa (Álava). Révolutionnaire catalane engagée pour le communisme et l’autodétermination des peuples, elle a été arrêtée en 1980 avec des militants du Parti Communiste d’Espagne (internationaliste), a subi des tortures et a été condamnée à neuf ans de prison. Après sa libération, elle a rejoint ETA puis elle est arrêtée de nouveau en 2001 en France. Elle a été extradée vers l’État espagnol en 2018, où elle purge une peine dépassant vingt ans. Détenue depuis 25 ans entre la France et l’Espagne, elle pourrait sortir en 2031 après révision de peine, alors que sa libération était initialement prévue pour 2046. Ses soutiens invoquent des raisons juridiques et humanitaires, soulignant son âge, la dissolution d’ETA et ses conditions de détention, et poursuivent mobilisations et campagnes pour obtenir sa remise en liberté.

Harry Azaryan, étudiant en sciences politiques à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg et membre du grupe trotskyste « Pouvoir ouvrier », a été libéré de détention provisoire sous interdiction de certaines activités. En mai dernier, il avait été accusé d’« incitation au terrorisme via Internet » après qu’un agent infiltré dans son groupe ait transmis aux autorités des informations sur les membres, les réunions et une vidéo de son discours en ligne (voir notre article). Dans cette allocution, Azaryan théorisait la destruction du capitalisme par la révolution et évoquait la possibilité d’éliminer les « exploiteurs », qu’il désignait comme ennemis des masses populaires.

Malgré la neige et le froid, plus de 15 000 personnes ont défilé à Berlin pour commémorer Lénine, Liebknecht et Luxemburg. Ces deux dernières années, ces manifestations ont été marquées par une répression policière intense. Cette année,  les forces de l’ordre ont encadré strictement les cortèges, déployant environ 500 agents. En particulier, elles avaient annoncé intervenir si le slogan « From the river to the sea » était scandé. Peu avant d’atteindre le mémorial dédié aux socialistes du cimetière central de Friedrichsfelde, un groupe de jeunes a été brièvement intercepté par la police. Par ailleurs, huit manifestants ont été arrêtés. Parmi les motifs invoqués figuraient la suspicion d’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles ou terroristes, ainsi que des insultes envers les forces de l’ordre. Un agent a été blessé lors des arrestations.

Depuis le 1er janvier 2026, un amendement du Code pénal tchèque assimile explicitement la propagande communiste à la propagande nazie, interdisant toute promotion publique de ces idéologies, y compris l’usage de symboles tels que l’étoile rouge ou le marteau et la faucille, et prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. La mesure est toutefois critiquée par plusieurs universitaires et politologues, qui estiment que le communisme constitue un courant idéologique pluriel, distinct par nature du nazisme, et que cette assimilation dénature l’histoire et criminalise un courant politique et idéologique hétérogène. L’impact concret de cette réforme reste incertain, aucune condamnation pour propagande communiste n’ayant été prononcée depuis 1989.

Dimanche 4 janvier, des prisonniers membres et/ou sympathisants du DKP (Parti Communard Révolutionnaire) ont annoncé un jeûne d’avertissement de trois jours, simultanément dans les prisons de Kocaeli, Tekirdağ et Marmara, pour affirmer leur volonté contre ce qu’ils qualifient de système de torture d’État. En particulier, ils dénoncent les prisons de type « puits » qui sont des lieux où la répression s’exerce le plus brutalement, avec des violations systématiques des droits des prisonniers politiques révolutionnaires, notamment par l’isolement. Les grévistes de la faim réclament la restitution immédiate de leurs droits fondamentaux, l’amélioration des conditions de vie en prison et la fermeture de toutes les prisons de type « puits ».

Les prisonniers politiques révolutionnaires Fergil Fırat et Celal Punar ont obtenu gain de cause à l’issue de leur grève de la faim entamée pour dénoncer les conditions inhumaines des prisons de type « puits ». Selon leur avocat, Umut Vedat Açar, cette action, commencée le 5 décembre 2025 après le rejet prolongé de leurs demandes de transfert, n’a été prise en compte par l’administration pénitentiaire et le ministère qu’une fois la grève annoncée publiquement. À la suite de l’examen de leurs revendications, les deux détenus ont suspendu leur action (voir notre article), et le 2 janvier 2026, leurs demandes ont été satisfaites : Celal Punar a été transféré à la prison de type F n°1 de Tekirdağ et Fergil Fırat à la prison de type F d’Edirne.

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