Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Jeudi 12 juillet, Red Fawn Fallis, une militante qui protestait contre le projet de pipeline à Standing Rock (Dakota du Nord), a été condamnée à 4 ans et 9 mois de prison. Elle était accusée d’avoir tiré au pistolet alors que des policiers tentaient de l’arrêter.

Red Fawn Fallis est membre du clan Oglala (un des clans formant la tribu des Lakotas) présent sur la réserve de Standing Rock. Beaucoup de personnes étaient présentes à l’audience pour la soutenir.

Les Lakota luttent depuis 2016 contre la construction d’un pipeline pétrolier, par la société Energy Transfer Partners, qui menace de polluer l’approvisionnement en eau de la réserve. Plus de 700 avaient été arrêté dans le cadre de cette lutte. Les manifestants avaient obtenu une modification du trajet du pipeline mais celui-ci a tout de même été construit il y a un an (voir notre article).

Face à face à Standing Rock

Face à face à Standing Rock

Une proposition de loi appelée, “Unmasking Antifa Act of 2018”, a récemment été déposée à la commission judiciaire de la chambre des représentants des Etats-Unis (“House House Judiciary Committee”). Cette loi prévoit jusqu’à 15 ans de prison pour toute personne qui aurait des comportements classés comme typique des antifascistes (par exemple : porter un masque lors d’actions violentes ou radicales contre des suprémacistes blancs). Cette loi a été saluée par Mike Cernovich, une figure de l’ALT right (une mouvance néo-fasciste).

Les antifascistes états-uniens se sont fait connaitre ces dernières années en s’opposant et en s’affrontant aux néo-fascistes. Au cours d’une de ces contre-manifestations un fasciste avait foncé avec sa voiture sur les antifascistes et avait tué une militante. (voir notre article)

Richard Spencer fondateur de l’ALT-Right

Richard Spencer fondateur de l'ALT-Right

Le 20 juin dernier, la police allemande a perquisitionné les domiciles de plusieurs administrateurs de “Zwiebelfreunde” (“Les amis des ognons”) une organisation sans but lucratif qui soutient des projets défendant la vie privée et l’anonymat sur le net et maintient plusieurs nœuds de sortie de Tor. Plusieurs domiciles, un hackerspace, un centre social et un cabinet d’avocats ont ainsi été perquisitionnés et les ordinateurs, téléphones, paperasses et disques durs ont été emportés. Zwiebelfreunde n’est ni accusé ni inculpé mais considéré comme témoin dans une affaire: les administrateurs d’un site internet anonyme appelant à des actions contre le congrès du parti d’extrême-droite AfD (Alternative pour l’Allemagne) ont utilisé une adresse e-mail @riseup.net, un fournisseur d’adresse e-mails qui offre une certaine protection à la vie privée de ses utilisateurs. Et Zwiebelfreunde permet (ou permettait selon les cas) de faire des dons à Riseup, ainsi qu’à Tails et à d’autres fournisseurs de services respectueux de la vie privée.

Ainsi les données des personnes qui seraient passées par Zwiebelfreunde pour faire des dons à Tails (avant le 18 octobre 2017) ou à riseup (jusqu’à la perquisition) et en utilisant un compte en banque européen sont entre les mains de la police allemande (numéro iban, nom, montant transféré et date). La police pourrait se servir de ces données pour identifier des réseaux de personnes, mais les dons faits à ces associations n’ont en soi rien d’illégal. Dans le cas de Tails, ils ont changé de sponsor depuis le 18 octobre 2017 et ne sont donc plus concernés. La police a saisi de très nombreux documents qui n’étaient pas visés par le mandat: ce mandat n’était censé concerner que les liens avec riseup.net (dont le seul lien avec Zwiebelfreunde est la récolte de fonds par les derniers) mais ce sont surtout des informations sur les noeuds Tor et Tails qui ont été saisies.

Le communiqué officiel (en anglais) avec la liste de tout ce qui a été saisi et de tout ce qui n’a pas été saisi est ici.

Une bombe atomique imprimée en 3D, saisie lors de la perqui.

Une bombe atomique imprimée en 3D, saisie lors de la perqui.

2.000 manifestants se sont réunis dans les rues de Bruxelles pour protester contre la venue de Donald Trump et le sommet de l’OTAN. À cette occasion, nous avons manifesté avec nos camarades de l’EÖC (Front du Travail et de la Liberté), du Front Populaire (Halk Cephesi), du Iranian Youth Committee et de l’Organisation des Femmes “8 mars” (Iran-Afghanistan) contre l’impérialisme et pour la libération des dizaines de prisonniers politiques détenus dans les prisons US, parfois depuis des décennies.

Liberté pour tous les prisonniers politiques aux USA

Liberté pour tous les prisonniers politiques aux USA

L’entreprise américaine PepperBall a récemment annoncé qu’elle venait d’obtenir un contrat d’une valeur de 650.000 dollars pour livrer à l’US Army des armes non-létales. Le VKS tire des projectiles de la même nature que ceux utilisés pour le paintball. Sauf que, à la place de la peinture, ces cartouches contiennent de la nonivamide [ou vanillylamide de l’acide pélargonique – PAVA], c’est à dire une substance naturellement présente dans les piments. Une fois qu’ils ont été tirés, ces projectiles dégagent un « nuage débilitant » qui affecte les yeux et le système respiratoire. D’une portée d’environ 50 mètres, ce VKS a la même ergonomie qu’une carabine M4 ou qu’un fusil M16. En outre, il peut tirer jusqu’à 180 cartouches.

Un VKS

Un VKS

Les manifestants d’extrême-droite du mouvement Patriot Prayer (dont le chef de file, Joey Gibson, est candidat au Sénat), les contre-manifestants antifas et la police se sont affrontés dans le centre-ville de Portland hier samedi. Divers projectiles, dont des pétards et des bombes fumigènes, ont été lancés tandis que la police utilisait des grenades-flashs pour disperser les manifestants qui s’affrontaient. Plusieurs arrestations ont eu lieu, tant parmi les manifestants que parmi les contre-manifestants antifascistes. Ces incidents sont similaires à ceux qui ont eu lieu le 3 juin près de la mairie de Portland (voir notre article).

Une arrestation ce samedi à Portland

Une arrestation ce samedi à Portland

Le secrétaire à la Sécurité intérieure, John Kelly qu’il était possible qu’on demande à certains d’entre eux, dans un avenir rapproché, de dévoiler les mots de passe permettant d’accéder à leurs comptes sur des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Instagram. Le gouvernement américain a déjà commencé en décembre à recueillir des informations sur l’utilisation des réseaux sociaux en introduisant une question dans un formulaire utilisé par les ressortissants d’une quarantaine de pays pour réclamer une exemption de visa par voie électronique, une demande officiellement “optionnelle”

Le formulaire en ligne actuel, avec la demande

En fait, dans la foulée de l’adoption d’un décret controversé du président Donald Trump sur l’immigration, des douaniers ont exigé à plusieurs reprises les codes d’accès de téléphones portables pour pouvoir explorer leur contenu. Des demandes relatives aux réseaux sociaux ont aussi été relevées. En principe, l’accès au contenu d’un téléphone est étroitement balisé aux États-Unis, et un mandat est requis pour que la police puisse y accéder, mais les douaniers disposent d’une grande latitude dans la conduite de fouilles.

La meilleure façon pour les voyageurs de se protéger par rapport aux demandes abusives de douaniers est de laisser leur appareil à la maison ou de s’assurer avant de partir qu’il ne contient pas d’information sensible. Les risques qu’un individu soit bloqué à la frontière et se voie demander des informations qu’il ne devrait pas avoir à fournir sont plus élevés que jamais. Au cours des dernières semaines, deux ressortissants québécois, incluant un athlète rattaché à l’Université de Sherbrooke, ont indiqué qu’ils avaient été refoulés à la frontière américaine après avoir été sommés de donner le code d’accès de leur téléphone.

A la frontière des USA

Le formulaire en ligne actuel, avec la demande
A la frontière des USA

Spenser Rapone, un cadet de l’académie militaire américaine West Point a été viré de l’armée pour deux photos sur lesquelles il apparaissait et qui avaient fait le tour d’internet à l’époque de leur publication. Les images étaient apparues sur Twitter en septembre 2017, et avaient été prises en mai 2016, sur la première photo on voyait le cadet ouvrir sa veste pour révéler un t-shirt à l’effigie de Che Guevara, dans la seconde, un message dissimulé sous sa casquette révélait que le “Communisme vaincra”. L’enquête ouverte par la suite contre le “commie caddet” avait révélé que Spencer faisait l’apologie d’une révolution socialiste violente sur internet. Loin de se repentir, Spenser a tweeté lundi dernier “un dernier salut” à savoir un bras d’honneur tourné vers la base américaine de Fort Drum. Spenser dit être devenu communiste lorsqu’il était en Afghanistan avant de tenter sa chance à West Point alors qu’il était “encore idéaliste et pensait changer les choses de l’intérieur”. Pour réponse à son éviction, Spenser a déclaré “Je me considère comme un socialiste révolutionnaire, j’encourage tous les soldats conscients à poser les armes, à me rejoindre et à rejoindre tant d’autres qui ont cesser de soutenir les agents de l’impérialisme, dans un mouvement révolutionnaire”.

Spenser Rapone

Spenser Rapone

Spenser Rapone
Spenser Rapone

Debbie Africa, l’une des plus anciennes prisonnières politiques des États-Unis, a quitté la prison, samedi. Elle était détenue depuis le 8 août 1979, quand les policiers ont fait irruption au sein de la communauté africaine-américaine écologiste Move de Philadelphie. Ils y arrêtèrent neuf membres, qui seront condamnés à des peines de trente à cent ans de prison, accusés du meurtre d’un policier. Aucune preuve de leur culpabilité ne sera pourtant jamais apportée devant la justice. Fondée par John Africa, Move dérangeait le maire conservateur de Philadelphie par sa défense de l’égalité des droits, et par son action sociale concrète auprès des sans-voix. Mumia Abu-Jamal s’était fait connaître comme journaliste en suivant l’actualité de cette communauté. Sa couverture du procès des “Neuf de Move” lui valut l’inimitié de la police.

Debbie Africa est la première des membres de Move à bénéficier de la liberté conditionnelle. Six autres sont toujours derrière les barreaux. Deux personnes ne sortiront, elles, jamais de prison : Merle et Phil Africa, décédés en 1998 et 2015. La communauté pacifiste Move fut décimée une nouvelle fois en 1985, quand les autorités attaquèrent leur immeuble en larguant des explosifs par hélicoptère et en tirant 10.000 coups de feu.

Debbie Africa et son fils, Mike, né en détention, qui est venu la chercher à sa libération

Debbie Africa et son fils, Mike, né en détention, qui est venu la chercher à sa libération

Fin mai 2018 l’entreprise Amazon avait vendu son logiciel de reconnaissance faciale “Rekognition” à la police d’Orlando. Ce logiciel peut identifier les objets, les personnes, le texte, les scènes et les activités, ainsi que détecter tout contenu dit “inapproprié”. Il est ainsi capable de reconnaître un individu parmi des milliers de clichés ou vidéo (voir notre article).

Ce vendredi, un groupe d’employés d’Amazon ont écrit une lettre au chef de l’entreprise Jeff Bezos, pour lui demander d’arrêter de vendre ce type de logiciels à la police. Ces employés estiment que, au vu de la militarisation de la police états-unienne; des attaques contre les militants noirs et les déportations des migrants, il serait dangereux de mettre un tel outil de surveillance entre les mains du gouvernement.

Ces employés espèrent obtenir les mêmes résultats que les employés de Google qui avaient obtenus la fin du partenariat entre leur entreprise et le Pentagone concernant l’amélioration de drones (voir notre article).

caméra vidéosurveillance

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