Romaine “Chip” Fitzgerald est décédé en prison à l’âge de 71 ans, après avoir été enfermé pendant plus de 51 ans en Californie. Il était le membre le plus longtemps emprisonné du Black Panther Party. Pendant des décennies, les autorités californiennes ont refusé de lui accorder une libération conditionnelle, même après qu’il ait eu un accident vasculaire cérébral qui l’a cloué sur un fauteuil roulant. Fitzgerald avait été condamné deux fois, d’abord pour une fusillade avec la police dans laquelle lui et un policier avait été blessés, et une seconde fois pour la mort d’un vigile à l’issue d’un procès manifestement truqué et monté de toute pièce pour obtenir une condamnation pour meurtre en raison de son appartenance au BPP et de sa fusillade avec la police.

Le vote pour ou contre la création d’un syndicat dans un entrepôt Amazon dans l’Alabama, qui serait une première aux États-Unis, s’est achevé ce lundi 29 mars. Les 5800 employés du site de Bessemer doivent voter pour que puisse exister un syndicat dans l’entreprise, en l’occurrence le RWDSU, le syndicat de la distribution. Amazon a multiplié les manoeuvres pour éviter cela. Elle a fait constituer de faux comptes Twitter de prétendus travailleurs d’Amazon pour décourager les travailleurs de se syndiquer. Le décompte des votes envoyés par la poste doit commencer mardi, sous la houlette de l’agence fédérale chargée du droit du travail. Les résultats ne sont pas attendus avant la fin de la semaine, au mieux, en fonction du nombre de bulletins disputés (signature au mauvais endroit, profession incorrecte, etc). Les syndicalistes s’attendent à des complications légales: Amazon va certainement essayer de retarder l’issue par tous les moyens possibles.

Mercredi, la ville de Los Angeles avait affiché des avis indiquant que le parc Echo Park Lake serait fermé pour “entretien” et que les centaines de SDF qui y dormaient n’avaient que 24 heures pour partir. Cela a provoqué une situation tendue pendant deux nuits alors que les défenseurs des sans-abri affrontaient le LAPD. Les manifestants ont utilisés des lasers et des projectiles divers, la police a tiré des balles non léthales. Plus de 180 manifestants ont été arrêtés. En janvier 2020, il y avait plus de 41000 sans-abri dans la ville de Los Angeles. Le décompte annuel a été annulé pour 2021 en raison de la pandémie de coronavirus.

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Le palais de justice fédéral de Portland, dans l’Oregon a été attaqué par des manifestants jeudi. Des militants révolutionnaires ont réussi à pénétrer de force dans le palais de justice. Des affrontements les ont opposés aux policiers fédéraux du Département de la sécurité intérieure qui essayaient de les dégager du bâtiment. Plus tard dans la soirée, des militants ont mis le feu devant l’entrée du palais barricadé.

Après 30 ans dans le couloir de la mort, et après avoir échappé par deux fois à la peine capitale grâce à la mobilisation internationale, l’ancien militant des Panthères Noires Mumia Abu-Jamal est aujourd’hui détenu à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle au centre pénitencier de Mahanoy en Pennsylvanie. Il souffre de difficultés respiratoires et de douleurs dans la poitrine. Le centre où Mumia Abu-Jamal est incarcéré depuis des décennies refuse catégoriquement de considérer ses symptômes comme une potentielle infection covid-19 et va jusqu’à refuser de le soumettre à un dépistage. Voir notre dossier sur l’affaire Mumia

Mumia Abu-Jamal

Mumia Abu-Jamal

 

 

La police de Beverly Hills utilise une astuce pour éviter l’enregistrement et le partage sur les réseaux sociaux de vidéos sur leurs activités. Ses agents diffusent, lorsqu’ils sont filmés, des musiques protégées par des droits d’auteurs. Si la vidéo est placée sur Youtube ou Instagram, elle est automatiquement supprimée par les dispositifs de protection des droits d’auteur. Les policiers de Beverly Hills ont été surpris utilisant cette technique aussi bien en rue que dans les commissariats.

Ce policier fait jouer un morceau des Beatles sur son téléphone pendant qu’il est filmé

 

 

Les prisonniers de Saint-Louis ont se sont révoltés samedi. Ils ont déclenché des incendies, provoqué des inondations, éclaté les fenêtres du quatrième étage et jeté du mobilier à l’extérieur pour protester contre les conditions de détention liées au Coronavirus. Les prisonniers déclarent craindre les infections, protestent contre les restrictions qui ont limité les visites ainsi que contre procédures judiciaires bloquées. L’émeute a été réprimée par des dizaines de policiers qui ont pris plusieurs heures pour reprendre le contrôle de la situation. Ces derniers ont parlé au bureau du procureur et en conséquence certains prisonniers risquent des accusations supplémentaires. Enfin, 65 prisonniers ont été transféré dans une autre prison appelée le “Workhouse”, connue pour ses mauvaises conditions de détention.

Les mutineries sont courantes dans les prisons depuis l’apparition du Coronavirus et l’aggravation des conditions de vie des prisonniers qui en découle (voir nos articles).

Révoltes de prisonniers contre les conditions de détention liées au Coronavirus

Révoltes de prisonniers contre les conditions de détention liées au Coronavirus

À Portland, des manifestants révolutionnaires, portant des pancartes contre Biden et contre la police, ont manifesté hier mercredi dans les rues du centre de la ville et endommageant au passage le siège du Parti démocrate de l’Oregon (tags, vitres brisées, etc.). L’une des pancarte disait “Nous ne voulons pas de Biden, nous voulons nous venger!” en réponse aux meurtres de la police et aux guerres impérialistes.

En soirée plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment de l’ICE (United States Immigration and Customs Enforcement), qui a été le théâtre de plusieurs affrontements entre les manifestants et la police fédérale au cours de l’année écoulée, en particulier après la mort de George Floyd. Les manifestants demandent depuis longtemps l’abolition de l’ICE, l’agence qui applique de manière agressive les lois sur l’immigration, enfermant et déportant les enfants en séjour irrégulier. Le rassemblement a été déclaré illégal et les agents fédéraux ont utilisé massivement des gaz lacrymogènes et des munitions non-létales.

Lundi 18 janvier, 29 personnes ont été arrêtées dans le Lower Manhattan alors que des centaines de personnes participaient à une marche pour l’anniversaire de Martin Luther King organisée par des groupes d’activistes noirs. La police anti-émeute, équipée de matraque, de bouclier et de colson, est intervenue pour tenter de disperser les manifestant·es qui s’étaient rassemblé·es dans les rues et les trottoirs près de l’hôtel de ville. Des affrontements se seraient également déroulés.

Répression d'une manifestation en hommage à Martin Luther King

Répression d’une manifestation en hommage à Martin Luther King

La procureure démocrate de l’État de New York a attaqué jeudi au civil la police new-yorkaise pour usage de force excessive contre les manifestations Black Lives Matter qui ont suivi la mort de George Floyd. “Il n’y a aucun doute que le NYPD a utilisé de façon répétée une force excessive, brutale et illégale”, a déclaré la procureure après avoir enquêté sur plus de 1300 plaintes reçues par son bureau. Selon elle, de mai à décembre 2020, les policiers new-yorkais ont, « de façon flagrante », procédé à des interpellations injustifiées et utilisé matraques, sprays au poivre, et techniques d’encerclement face à des manifestants largement pacifiques.

La plainte, enregistrée au tribunal fédéral de Manhattan, vise Dermot Shea et Terence Monahan, les deux principaux responsables du NYPD – plus grosse force policière des États-Unis avec quelque 35.000 agents – mais aussi le maire démocrate de New York, Bill de Blasio. La procureure affirme qu’ils n’ont “pas formé, pas encadré, pas stoppé les agents impliqués dans ces méfaits”. Elle demande des réformes structurelles et la mise en place d’un contrôleur extérieur pour vérifier la gestion des manifestations à l’avenir. Beaucoup de polices municipales se sont retrouvées sous le feu des critiques après la mort de George Floyd à Minneapolis. À travers les États-Unis, de nombreux manifestants ont scandé le mot d’ordre “Defund the police”.

Répression de manifestants par le NYPD

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