C’est avec une grande joie que nous avons à nouveau rencontré Pola Roupa et Nikos Maziotis, combattant.e.s emprisonné.e.s de l’organisation Lutte Révolutionnaire, ce matin à Athènes. Deux secrétaires du Secours Rouge International ont témoigné à la barre pour défendre “Lutte Révolutionnaire”, la légitimité de son projet stratégique politico-militaire, et les moyens que l’organisation s’est donnée pour mettre en œuvre ses objectifs. Nos délégué.e.s ont souligné que la révolution n’avait rien d’une utopie puisqu’elle est déjà une réalité au Rojava. À la question de la juge “Quand la violence cessera-t’elle?”, notre déléguée a retourné la question “Quand est-ce-que la violence de votre classe cessera-t’elle?”

Notre délégation aux côtés de Nikos et Pola

Notre délégation aux côtés de Nikos et Pola

Pour la deuxième fois en une semaine, la police grecque a utilisé des gaz lacrymogènes pour dissuader une manifestation de 3.000 enseignants qui tentaient de percer un cordon de police protégeant le parlement à Athènes. Les enseignants – qui sont en grève – s’opposent à un projet de loi sur l’embauche dans le secteur public inacceptable pour eux après des années de restrictions. Les enseignants grévistes ont par deux fois affronté la police à l’issue dee leur manifestation à Athène après des années sans nouveaux emplois en raison de la crise économique. Une femme a été blessée dans les affrontements.

Enseignants contre policiers à Athènes

Enseignants contre policiers à Athènes

Alors que la fin du mandat d’Alexis Tsipras en Grèce approche, pour la première fois, Angela Merkel lui a rendu visite en Grèce. Créditrice féroce de la Grèce et gardienne de la discipline budgétaire dans l’UE, l’Allemagne est associée dans l’esprit des Grecs aux politiques d’austérité meurtrière imposées pour parer à la crise de la dette, à l’origine d’une hostilité entre les deux pays. Alexis Tsipras, leader de la gauche Syriza et fervent opposant de l’austérité lors de son arrivée au pouvoir en janvier 2015, a fait volte-face, ou masque-bas, six mois. Des manifestations hostiles à la visite de Merkel ont tourné en affrontements avec les forces de l’ordre dans les rues d’Athènes.

Incvidents à Athènes pour la visite de Merkel

Incvidents à Athènes pour la visite de Merkel

Le 4e procès (voir notre précédent article) contre les membres de Lutte Révolutionnaire se poursuit à Athènes. La première partie (lecture des pièces de procédure et d’instruction) n’est pas encore terminée. Pour le mois de janvier, le tribunal se réunira les 7, 8 et 22 janvier. Le tour des témoignages de la défense viendra au plus tôt le 22 janvier, sinon en février. Quand au procès pour la tentative d’évasion commencé il y a deux mois, il n’en est encore qu’au début. Cinq témoins ont été entendus jusqu’à présent, dont le pilote d’hélicoptère détourné, qui était un ex-policier.

Pola Roupa et Nikos Maziotis

Pola Roupa et Nikos Maziotis

Manifestations et incidents ont marqué en Grèce le dixième anniversaire de la mort d’un lycéen, tué à l’âge de 15 ans par un policier, une bavure qui avait alors soulevé la jeunesse grecque pendant des semaines. Au début de l’après-midi un rassemblement à Athènes a été émaillé par de brèves échauffourées : un groupe d’une centaine de jeunes a lancé des pierres et divers projectiles contre les forces de l’ordre, qui ont lancé des gaz lacrymogènes. Un rassemblement similaire jeudi après-midi sans d’incidents majeurs, d’environ 2.000 personnes, a eu lieu à Thessalonique.

A Athènes en début de soirée environ 1.700 sympathisants des partis et groupes de l’extrême gauche ont manifesté dans le centre-ville, dans le calme. Mais des groupes de jeunes cagoulés ont dressé des barricades et affrontés la police dans le quartier d’Exarchia. La police a procédé à plus d’une vingtaine d’interpellations. En même temps, à l’occasion d’une nouvelle manifestation à Thessalonique jeudi soir, de nombreux cocktails Molotov ont été lancés contre les policiers. D’importants dégâts ont été signalés sur le chantier du métro, où un incendie a éclaté.

La manifestation d’Athènes

La manifestation d'Athènes

Le lundi 3 décembre une audience du 4ème procès de l’organisation “Lutte Révolutionnaire” s’est tenue au tribunal de la prison de Korydallos. Elle était consacrée aux affaires de “vol” imputés à l’organisation, et des employés de banques comparaissant en tant que témoins. L’accusation a combiné environ 9 affaires d’expropriation de banques (datant de 2008-2015). Les membres des “Luttes révolutionnaires”, Pola Roupa et Nikos Maziotis, ont auparavant assumé la responsabilité politique des expropriations de banques effectuées pour financer et poursuivre les actions de l’organisation.

Dans ce procès, ceux qui sont accusés d’implication ou qui font l’objet d’une enquête pour expropriation sont accusés d’avoir enfreint l’article 187P.K pour appartenance à une organisation criminelle et 187A pour avoir financé une organisation criminelle. Les accusés et jugés en première instance sont les suivants: N. Maziotis (LR), Maria Theofilou, G. Petrakakos, Themistocles et Fotis Assimakapolulos, Marios Seisidis, Kostas Sakkas, Panagiotis Argyros, Grigoris Tsiron et Spyros Christodoulou.

Nikos Maziotis

Nikos Maziotis

Samedi, à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement étudiant du 17 novembre 1973, des affrontements ont opposé la police à des manifestants à Athènes, à Patras et à Thessalonique jusque dans la nuit.

Environ 6 000 policiers supplémentaires étaient présents à Athènes pour surveiller la marche du site universitaire du soulèvement, l’Université polytechnique, à l’ambassade américaine. Plusieurs centaines de manifestants masqués ont érigé des barricades et lancé des bombes incendiaires et des pierres sur les policiers, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. D’autres affrontements ont eu lieu à Thessalonique et à Patras. Une vingtaine de manifestants ont été arrêtés par la police à Athènes, une dizaine à Tessalonique et 5 à Patras.

Les affrontements de la nuit de samedi à dimanche, à Exarchia

Les affrontements de la nuit de samedi à dimanche, à Exarchia

Samedi 20 octobre à 19h, le film « L’amour et la révolution » de Yannis Youlentas sera projeté au Mundo-B (26 rue d’Edimbourg 1050 Ixelles). Organisé par le réseau ADES, cette projection se fera au profit du groupe anarchiste grec Rouvikonas qui fait face à de nombreux procès (voir notre article) et d’autres initiatives solidaires en Grèce. Elle se fera en présence du réalisateur Yannis Youlountas !

L’Amour et la Révolution, un film de Yannis Youloutas :

Dix ans après les premières émeutes, les médias européens prétendent que la cure d’austérité en Grèce a réussi et que le calme est revenu. Ce film prouve le contraire. À Thessalonique, des jeunes empêchent les ventes aux enchères de maisons saisies. En Crète, des paysans s’opposent à la construction d’un nouvel aéroport. À Athènes, un groupe mystérieux inquiète le pouvoir en multipliant les sabotages. Dans le quartier d’Exarcheia, menacé d’évacuation, le cœur de la résistance accueille les réfugiés dans l’autogestion. Un voyage en musique parmi celles et ceux qui rêvent d’amour et de révolution.

Plus d’infos ici : https://bxl.indymedia.org/spip.php?article21975

Affiche de soutien aux inculpés de Rouvikonas

Affiche de soutien aux inculpés de Rouvikonas

Des manifestations commémorant hier le 5e anniversaire de l’assassinat de Pavlos Fyssas par les fascistes d’Aube Dorée ont eu lieu dans plusieurs villes de Grèce, et ont débouché sur des affrontements à Athènes et Salonique. Les manifestants ont affrontés la police avec des pierres, des engins pyrotechniques et des cocktails Molotov. Les policiers ont usé de gaz, d’autopompes et de grenades de désencerclement. Deux personnes ont dû être hospitalisées. Des vitrines de banques ont été brisées et taguées, et des poubelles incendiées.

Policiers anti-émeutes ayant essuyé un jet de cocktail Molotov à la commémoration de Pavlos Fyssas

Policiers anti-émeutes ayant essuyé un jet de cocktail Molotov à la commémoration de Pavlos Fyssas

La police grecque est venue arrêté hier Giorgos Kalaitzidis pour l’attaque de la veille menée par Rouvikonas contre le ministère grec des affaires étrangères en solidarité avec les Palestiniens. Une foule solidaire du quartier d’Exarcheia est intervenue et l’a protégé de la police et l’a sorti du guépier. Giorgos Kalaitzidis a ainsi pu quitter la Grèce pour la France et l’Italie ou il est attendu pour une série de conférence.

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