Edit à 00h25 : Les YPG viennent de confirmer que l’armée turque a bombardé des zones sous le contrôle des YPG/YPJ et de la FSA vers 22h (heure locale), dans le canton de Kobané. Il y a plusieurs blessés.

Alors que le gouvernement régional du Kurdistan irakien s’est bien maladroitement abstenu (voir notre précédent article) de condamner les bombardements contre les positions du PKK au Kurdistan du Sud, une quatrième esquade de F-16 turcs se sont envolés ce dimanche soir vers 20h (heure locale) de la base militaire de Diyarbakir (Amed) pour frapper à nouveaux les zones de guérilla en Irak.

D’abord accusé de ne pas réagir, puis accusé de soutenir l’antiterrorisme turc, Massoud Barzani, président du gouvernement régional kurde irakien, est maintenant accusé d’avoir communiqué les positions des camps du PKK et d’avoir été au courant que les frappes allaient avoir lieu avant qu’elles ne commencent.

Camps du PKK en Irak bombardés par la Turquie, juillet 2015.

Suite aux bombardements de l’armée turque contre le PKK à Dohuk et à Kandil (voir notre précédent article),qui ont coûté la vie à Şervan Varto (un commandant du PKK) et blessé trois civils, le président du Kurdistan Autonome irakien, Massoud Barzani (du parti libéral PDK) a téléphoné au premier ministre turc sans lui reprocher quoi que ce soit. Les communiqués des deux gouvernements diffèrent : le communiqué turc déclare “Mr. Barzani exprime sa solidarité avec la Turquie, notant que les opérations contre […] le PKK sont justifiées” et qu’il “contribuerait à toute initiative contre le terrorisme”.

Suite à ces déclarations, des centaines de personnes ont manifesté dans les grandes villes du Sud-Kurdistan contre l’état turc et contre le PDK. A Erbil, la police a empêché les manifestants d’accéder au Consulat turc, à Kelar les manifestants ont scandé des slogans contre le PDK (le parti de Barzani). Enfin, une marche a lieu de Silêmanî à Kandil (zone de guérilla du PKK).

Du coté syrien, la police du PDK a de nouveau empêché un cortège funéraire de passer la frontière entre le Rojava et le Kurdistan Autonome irakien, au checkpoint de Sêmalka. 13 combattants des YPG/YPJ morts au combat doivent passer par là pour être enterrés en Turquie. Le PDK a précisé qu’il refusait le passage du cortège sur demande de la Turquie. Des manifestations ont eu lieu dans l’est du Rojava pour protester contre ce nouvel acte d’allégeance à la Turquie.

Enfin, du coté turc, Abdullah Özdal, 21 ans, est mort hier soir après avoir été blessé par balle par la police suite à une manifestation contre les frappes aériennes.

Manifestation à Erbil contre le PDK.

Manifestation à Erbil contre le PDK.

Le KDP (Parti Démocrate Kurde, parti libéral au pouvoir dans le Kurdistan autonome irakien) a tenté d’empêcher le passage de 11 corps à travers le checkpoint de Sêmalka, de combattants des YPG/YPJ qui sont tombés aux fronts de Kobané et de Hasaké. Les funérailles doivent avoir lieu dans la partie turque du Kurdistan, le cortège funèbre passait donc de la Syrie à l’Irak et se dirige à présent vers la frontière turco-irakienne. Finalement, devant les milliers de manifestants réunis, le KDP a autorisé le passage du cortège.

Les relations entre le KDP et les factions du PKK ne sont pas toujours bonnes. L’année dernière, le KDP avait réprimé des militants du PCDK (parti frère du PKK et du PYD en Irak) à travers des perquisitions et des arrestations. Le KDP vient également d’annoncer qu’aucune milice n’aurait le droit d’opérer dans la région du Sinjar (en Irak) si elle n’est pas sous le commandement du Ministère des Peshmergas (les Peshmergas sont l’armée officielle du Kurdistan irakien, et donc la branche armée du KDP).

L’accord fait au début de la guerre entre le KDP et le PYD prévoyait de ne pas disputer la souveraineté politique des régions conquises par les Kurdes en Syrie jusqu’à la tenue d’élections, après la guerre. Mais vu l’énorme ancrage populaire et l’implication massive de la population dans les milices YPG/YPJ, cet accord n’est dans les faits pas respecté. Les drapeaux des YPG/YPJ sont accrochés aux sommets des villages libérés plutôt que le drapeau officiel du Kurdistan. De son coté, lors des tensions qui avaient eu lien au printemps 2014, le KDP avait remplacé le drapeau kurde du checkpoint de Sêmalka par son propre drapeau, tout en creusant une nouvelle frontière entre les parties syrienne et irakienne du Kurdistan et en ouvrant le feu sur des manifestants des Jeunesses Révolutionnaires.

La frontière entre le Rojava et le KRG, délimitée par le Tigre.

La frontière entre le Rojava et le KRG, délimitée par le Tigre.

Un agent des services secrets turcs a été capturés par les combattants kurdes alors qu’il combattait dans les rangs de l’Etat islamique. C’est le 24 avril qu’une unité de combattants kurdes a défait une unité de l’Etat islamique suite à un violent combat dans le village de Sehelil (district d’İyaziye, région de Mossoul). Les combats pour le village ont duré deux jours. 17 combattants kurdes et 35 islamistes sont mort dans ce combat. Parmi les prisonniers, un agent du service secret turc MIT originaire de la région d’Erzurum. L’homme avait été condamné à 30 de prison pour meurtre en Turquie, mais avait été relaché à condition qu’il rallie l’Etat islamique comme agent du MIT.

L’agent du MIT capturé près de Mossoul

L'agent du MIT capturé près de Mossoul

En plus des nombreux combattants communistes et anarchistes venus de Turquie et du Moyen-Orient, les Unités de Défense du Peuple (YPG) peuvent compter sur de nombreux combattants venus des paix occidentaux (Allemagne,Pays-Bas, Etats-Unis,…) pour prêter main forte à la libération du Rojava (Kurdistan occidental, nord de la Syrie) face aux forces islamistes. Des sources proches des YPG viennent d’annoncer que le premier de ces combattants occidentaux avait été tué lors d’un assaut contre l’État Islamique près de Sinjar (Kurdistan irakien). Il se faisait appeler Heval Bagok Serhed, les YPG n’ont pas dévoilé sa véritable identité pour des raisons de sécurité. Il a été tué alors que son esquade de 8 hommes, transportés en camion ait été attaqué par un groupe d’islamistes lors de la libération d’un village près de la ville yézidi de Sinjar.

Édit: on sait à présent que le combattant s’appelait Ashley et était Australien. Les YPG communiqueront dans la journée après avoir contacté sa famille.

Heval Bagok Serhed

Heval Bagok Serhed

Hier, le 17 décembre, le Hamas a été retiré de la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne pour ‘vice de procédure’, l’argument étant que la désignation du Hamas comme organisation terroriste était basée “non pas sur des faits examinés et retenus dans des décisions d’autorités nationales compétentes, mais sur des imputations factuelles tirées de la presse et d’Internet”. Le Conseil de l’UE qui a précisé que “ceci ne remet pas en cause le fait que l’UE considère toujours le Hamas comme une organisation terroriste” a précisé qu’il ferait appel de cette décision Tribunal de l’UE. Les avoirs du Hamas en Europe resteront gelés 3 mois, le temps pour l’UE de faire appel ou cassation. Cette décision a bien évidemment été condamnée par les autorités états-uniennes et israéliennes. On peut donc difficilement voir dans cette décision un éclaircissement qui verrait des groupes révolutionnaires comme le FPLP et le FDLP être également retirés.

De l’autre coté de l’Atlantique, les Etats-Unis ont retiré le PDK (Parti Démocratique du Kurdistan, parti social-démocrate kurde irakien), et l’UPK (Union Patriotique du Kurdistan, parti libéral kurde irakien) de leur propre liste anti-terroriste. Cette décision vise surtout à désigner certains représentants kurdes plutôt que d’autres. Si les membres du PDK et de l’UKP pourront désormais se déplacer et se réfugier aux Etats-Unis, il est peu probable de voir des mouvements progressistes comme le PKK ou le PYD retirés de cette liste.

Ces deux événements de ‘sorties de liste’ sont pourtant assez rares que pour être signalés.

Vingt-neuf balles dans une voiture, treize dans une seconde : un expert du FBI a témoigné hier jeudi de l’ampleur du massacre de Bagdad, qui avait fait quatorze morts parmi les civils irakiens en 2007, lors du procès de quatre anciens de la société Blackwater. Ceux-ci comparaissent pour meurtres devant un tribunal fédéral de Washington. Le massacre du 16 septembre 2007, sur la place Nisour de Bagdadavait fait au total 17 morts, des Irakiens non armés, selon l’enquête irakienne (14 selon l’enquête américaine). Dix-huit autres avaient été blessés. Les mercenaires de la société privée Blackwater étaient ce jour-là chargés de protéger un convoi du département d’État. Six d’entre eux avaient déclenché cette tuerie.

Les quatre accusés ont plaidé non coupable. En 2009, un juge américain avait prononcé un non-lieu, car certaines déclarations des accusés juste après la fusillade n’auraient pas dû être utilisées contre eux par le ministère public. Mais deux ans plus tard, une cour d’appel avait rétabli l’inculpation des quatre hommes et le parquet fédéral avait poursuivi l’un d’eux pour assassinat. Un de leurs collègues a plaidé coupable et un autre a bénéficié d’un non-lieu.

USA-Irak: Procès de mercennaires de Blackwaters

Azad Ahmed a été assassiné. On l’a retrouvé mort dans sa voiture incendiée, le 30 octobre sur la route entre Kirkuk et Sulaymania, au Kurdistan d’Irak. Né en 1971, c’était un militant, depuis plus de vingt ans. Il avait participé à la création du parti communiste-ouvrier d’Irak en 1993, et siégeait au bureau politique. De même, il était membre du bureau politique du Parti communiste-ouvrier du Kurdistan depuis sa création. Il avait membre du conseil central du Congrès des libertés en Irak dès sa création. C’était aussi un militant des droits des enfants, directeur du centre de défense des droits des enfants à Bagdad, où il s’occupait des jeunes refugiés, refusant les clivages ethniques et confessionnels.

Irak: Un communiste kurde assassiné

Des avions turcs ont frappé plus de cinquante cibles du PKK dans le nord de l’Irak où, selon les autorités, plus de 2000 guérilleros seraient actuellement basés. Seize F-16 ont décollé de leur base à Diyarbakir vers 20h mardi soir et ont bombardé leurs objectifs dans les monts Qandil, à environ 90 kilomètres de la frontière turque. L’opération a duré plus de trois heures, et pour la première fois, des bombes perforantes capables de percer les murs de bâtiments blindés ont été utilisées. Un élu local a déclaré que dans la région de Senkasar, les forces armées avaient visé deux villages vers 23h, détruisant au moins cinq maisons. De leur côté, les autorités n’ont communiqué aucun bilan de cette opération aérienne de grande envergure.

Le commandement des forces spéciales turques, mieux connu sous le nom de ‘Maroon Berets’ a exécuté une opération commando contre des camps du PKK à cinq kilomètres à l’intérieur de la frontière irakienne. Se basant sur des renseignements militaires, deux bataillons des Maroon Berets ont effectué une opération contre diverses cibles de la région. Les troupes sont ensuite rentrées en Turquie avec l’aide des forces aériennes turques. Le bilan de cette action de contre-guérilla n’a pas été communiqué.

Maroon Beret

Maroon Beret