Les familles de quatre prisonniers politiques condamnés à mort ont rejoint la grève de la faim que leurs proches suivent maintenant depuis 66 jours. Les prisonniers kurdes Hamed Ahmadi, Kamal Molaï, Jamshid et Jahangir Dehghani ont commencé leur grève à la prison de Ghezel-Hessar à Karadj, dans l’ouest de Téhéran, début novembre. M. Molaï, Jamshid et Jahangir Dehghani ont tous été transférés à la clinique de la prison après être tombés dans le coma le 6 janvier, tandis que M. Ahmadi et Jamshid Dehghani souffrent également de graves hémorragies abdominales internes. Les quatre prisonniers ont perdu entre 17 et 30 kg et le médecin de la prison a signalé l’état extrêmement critique de leur santé.

Leurs familles ont lancé leur propre grève de la faim devant la prison après avoir rendu visite à leurs proches et ont continué leur mouvement de protestation à leur retour au Kurdistan. Le 14 novembre 2010, les prisonniers ont été condamnés à mort par la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran et ont été privés d’avocat pendant leur procès. Ils avaient été reconnus coupables d’infractions formulées de manière floue, notamment l’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et la « corruption sur terre » (ifsad fil-arz).

La réitération des soulèvements populaires de 2009 et 2011 est une hantise du régime islamique qui se prépare à réprimer tout nouveau soulèvement. Les Pasdarans (“Gardiens de la révolution”) ont ainsi annoncé que leurs “régiments sécuritaires” vont prochainement participer à des manœuvres à Téhéran pendant lesquelles il y aura des simulations de répression des révoltes urbaines. La principale mission de ces régiments sécuritaires » est de faire face aux manifestations antigouvernementales. Leur commandant a déclaréqu’ « assurer la sécurité dans les grandes villes c’est la responsabilité de la Police, mais en cas de besoin, les pasdarans et les Bassidjis interviendront aussi. » La date exacte des manœuvres n’a pas été officiellement annoncée. Selon certaines sources, ces manœuvres auront lieu au mois en février 2014.

pasadarans

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Frotos, c’est son nom, est un drone qui a un rayon d’action de 2000 kilomètres et qui peut voler à une altitude de 25.000 pieds avec une durée de vol de 16 à 30 heures. L’engin a été dévoilé par les autorités iraniennes après avoir été testé avec succès, ont-elles affirmé. Le ministre de la Défense a déclaré, ‘Il peut mener des opérations de reconnaissance ou emporter des missiles air-sol pour des opérations militaires’. Frotos vient s’ajouter à Shahed 233 (rayon d’action de 1700 kilomètres, capacité de huit missiles, durée de vol de 24 heures), à Yassir (rayon d’action de 200 kilomètres et vol à une altitude de 4500 mètres) et au drone d’attaque Rad-85.

Frotos, drone iranien

Frotos, drone iranien

Les autorités du régime iranien ont intensifié la sécurité dans les villes et les prisons dans l’ouest suite à une vague de protestations contre l’exécution de trois prisonniers politiques. Dans la prison de Saghez, où le prisonnier politique Chirkou Moarefi a été exécuté, les prisonniers ont organisé une commémoration en défiant l’interdiction faite par les gardiens de tenir la moindre cérémonie.

La présence de la police anti-émeute a également été intensifiée dans les villes, instaurant un quasi état de siège. À Saghez, Baneh et Marivan, dans la province du Kurdistan, les forces de sécurité patrouillent dans les villes à moto, et les réseaux de téléphonie mobile ont été brouillés. Trois prisonniers politiques kurdes ont été pendus sans aucun préavis ces derniers jours, dont Chirkou Maarefi qui a été mis à mort le 4 novembre après son arrestation cinq ans plus tôt et son inculpation de guerre contre Dieu, d’atteinte à la sécurité nationale et de coopération avec le groupe Komaleh. Habibollah Golparipour et Reza Ismaïli ont également été pendus le 25 octobre dans les villes d’Oroumieh et de Salmas (nord-ouest de l’Iran), accusés d’appartenance à des groupes kurdes d’opposition au régime.

L’état de santé de Reza Shahabi, membre de la direction du syndicat des conducteurs de bus de la Régie des transports de Téhéran est inquiétant. Détenu dans la prison d’Evine, il a été transféré à l’hôpital, car il souffrait d’une douleur aigue aux reins et une insensibilité du pied gauche. Dans une lettre adressée aux autorités pénitenciers, les médecins de l’hôpital ont souligné que M. Shahabi doit être soigné à l’extérieur de la prison, mais Reza Shahabi a été ramené en prison. Les médecins ont dit que s’il ne bénéficie pas de soins adéquats, il risque de perdre l’usage de la moitié gauche de son corps. Reza Shahabi a été arrêté en juin 2011. Accusé d’« activités anti-régime », il a été condamné à 6 ans de prison. En mai 2012, il avait été opéré à la colonne vertébrale. Pour protester contre le refus de lui accorder une permission de sortie de prison pour motif médical, Reza Shahabi a observé une grève de la faim.

Iran: Reza Shahabi privé de soin

Selon plusieurs agences de presse gouvernementales officielles, 16 prisonniers politiques condamnés pour “Moharebeh” (le fait d’être l’ennemi de Dieu) et pour “terrorisme” ont été pendus dans l’enceinte de la prison de Zahedan (au sud-est de l’Iran). Ces prisonniers appartiendraient à une minorité ethnique et religieuse du Baluchestan.
Leurs identités n’ont pas été communiquées. Un 17e prisonnier politique, le militant kurde Habibollah Golparipour, a également été exécuté. Il avait été transféré de la prison d’Urmia vers un lieu inconnu. Le 15 mars 2009, Habibollah Colparipour avait été condamné à mort par un tribunal de Mahabad (dans la province de l’ouest d’Azerbaijan) lors d’un procès qui n’avait duré que quelques minutes. Il avait été condamné à mort pour “Moharebeh” et appartenance à “un groupe dissident”.

Habibollah Golparipour

Quatre autres prisonniers politique kurdes, actuellement détenus dans la prison de Ghezel Hesar (proche de Téhéran), et deux autres condamnés à mort kurdes, Zanyar et Loghman Moradi, sont en danger. Ils ont tous été condamnés à mort pour “Moharebeh”.

Habibollah Golparipour

Djaber Kalibi s’est établi au Canada en 2005 en compagnie de Parvaneh et de ses filles. Militant communiste de longue date, il a pris part au renversement du Chah d’Iran, puis à la résistance contre le régime de la République islamique. Exilé en France, il est condamné à 4 ans d’emprisonnement pour ses activités politiques. Après des années d’acharnement judiciaire, il finit par obtenir la citoyenneté française.

Mais son arrivée en sol canadien pose problème. Le gouvernement ne sait pas s’il doit le considérer comme un ennemi ou un ennemi de ses ennemis. Après huit ans de tergiversation, il rend sa décision : interdiction du territoire et expulsion vers la France. Le cas de Djaber expose d’importantes contradictions: comment peut-on considérer un gouvernement terroriste et responsable de crime de guerre contre l’humanité et en même temps vouloir expulser les personnes qui auraient essayé de le combattre?

Assemblée pour Djaber Kalibi

Une assemblée publique sera une occasion d’en discuter avec Djaber et des militantes et militants qui le soutiennent, et de réfléchir à des moyens concrets pour renverser la décision d’expulsion. Un repas léger sera servi. Garderie disponible. 21 octobre 2013 à 19h00 au Café L’Artère, 7000 Avenue du Parc, Montréal.

Le site du comité de soutien au Canada

Assemblée pour Djaber Kalibi

5e Conférence Internationale sur le massacre des opposants et prisonniers politiques de 1981 à 1988 en République Islamique d’Iran.

Lire la déclaration de la commission pour un Secours Rouge International – format PDF

5e Conférence Internationale sur le massacre des opposants et prisonniers politiques de 1981 à 1988 en République Islamique d'Iran.

Il y a quelques jours, nous avons publié un article concernant Djaber Kalibi,une figure historique de la résistance communiste révolutionnaire contre le régime du Shah puis contre le régime de la République islamique, car les autorités canadiennes lui ont confisqué son passeport.

Nous avons reçu un message de sa part précisant qu’il ne risque pas une expulsion vers l’Iran puisqu’il est toujours titulaire d’un passeport français. Contrairement à ce que nous avons écrit, Djaber n’était pas membre de l’Organisation des guérilleros Fedayins du Peuple d’Iran (Minorité) mais bien des Guérilleros Fedayins du Peuple d’Iran jusque 1983, puis du “Nouveau Mouvement communiste d’Iran” jusqu’à son arrestation en 1986. Depuis sa libération il se définit comme militant du mouvement communiste international, c’est-à-dire luttant pour le socialisme là où il se trouve.

Contestation de la décision du gouvernement du Canada – format PDF

Le 14 juillet dernier, Djaber Kalibi, une figure historique de la résistance communiste révolutionnaire contre le régime du Shah puis contre le régime de la République islamique, s’est vu confisquer son passeport par les gardes-frontières de l’aéroport de Montréal alors qu’il revenait d’un voyage de deux semaines en France. Deux jours plus tard, il a été interrogé par le ministère de l’Immigration sur ses activités politiques de 1986. A cette époque, avec d’autres membres et sympathisants de l’Organisation des guérilleros Fedayins du Peuiple d’Iran (Minorité) qui organisaient le soutien à la résistance armée contre la république islamique, Djaber avait été emprisonné en France.

Le statut actuel de Djaber au Canada, qui le protégeait d’une expulsion vers l’Iran, est menacé, l’examen du dossier prendra plusieurs mois, durant lesquels il devra pointer chaque semaine au ministère de l’Immigration.