Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) ont revendiqué la double attaque kamikaze visant hier soir la police anti-émeute turque à Istanbul près du Vodafone Arena, le stade de l’équipe de football de Besiktas. La double explosion qui a tué 38 personnes dont 30 policiers anti-émeutes, et blessé 160 personnes. De 300 à 400 kilos d’explosifs ont été utilisés dans le premier véhicule piégé qui a explosé dans le dispositif policier qui restait près du stade après la fin du match. La seconde explosion a eu lieu 45 secondes plus tard dans un parc tout proche, quand un second kamikaze s’est fait sauter au milieu d’un groupe de policiers.

Une fourgonnette de police dévastée par l’explosion

EDIT 12/12: Le bilan s’est alourdi à 44 morts dont 36 policiers et 8 civils.

Une fourgonnette de police dévastée par l'explosion

Le prisonnier politique Kurde Syrien Mostafa Ali Ahmad, originaire de la ville de Kobane, a été transféré le 23 novembre dernier dernier vers le Quartier du centre de détention réservé aux étrangers de la prison centrale d’Orumiyeh en Iran, où il avait purgé une peine d’emprisonnement de 11 ans et 6 mois pour son appartenance présumée au PKK. Il a été transféré le 27 depuis ce Centre vers l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran pour être déporté vers la Syrie. Des responsables de l’administration pénitentiaire iranienne ont annoncé à Mostafa Ali Ahmad qu’il serait déporté vers Damas parce que le gouvernement syrien exigeait son extradition après qu’il ait fini de terminer de purger sa peine de prison en Iran.

Les forces de sécurité iraniennes avaient arrêté Mostafa Ali Ahmad en juillet 2005 dans village près d’Orumiyeh. Après cette arrestation il avait été immédiatement transféré dans un centre de détention secret des service de renseignements des Gardiens de la Révolution de la ville Orumiyeh, où il a été interrogé et torturé pendant plus d’un mois. Quelques mois plus tard, une branche de la Cour du « Tribunal Révolutionnaire » d’Orumiyeh l’avait fait condamner à mort pour des accusations d’appartenance au PKK. Mostafa Ali Ahmad avait appel de la décision et son affaire avait été renvoyée devant la Cour suprême Iranienne qui avait finalement commuée la peine initiale, en une peine de 11 ans de prison.

Mostafa Ali Ahmad,

Mostafa Ali Ahmad,

A l’automne, l’OCML Voie Prolétarienne à interviewé deux volontaires révolutionnaires français partis se battre au Rojava, André et Jacques. Les deux ont combattu dans le Bataillon international de libération (IFB), et André également dans les Unités de protection du peuple (YPG).

Lire l’interview sur le site de Voie Prolétarienne.

Bataillon International de Libération

Bataillon International de Libération

Quelque 700 personnes s’étaient rassemblées hier dimanche, dans l’après-midi, place de la République pour soutenir le gouvernement turc et dénoncer le soutien donné au PKK et aux YPG en Europe et en France. Un groupe de quelque dizaines de contre-manifestants était venu dénoncer la guerre imposée par Erdogan aux Kurdes. Des affrontements ont eu lieu, provoquant l’intervention de CRS (qui ont tiré des grenades lacrymogènes) et l’arrestation d’une quinzaine de personnes. Deux policiers auraient été blessés.

Arrestation d’un contre-manifestant hier dimanche

Arrestation d'un contre-manifestant hier dimanche

Miroslav Farkas et Marketa Vselichova, deux internationalistes d’origine tchèque ont été arrêtées en Turquie car ils sont accusées d’avoir combattu Daesh aux côtés des YPG/YPJ, les Unités de Protection du Peuple du Rojava. Markéta Všelichová est une étudiante de 24 ans, Miroslav Farkas est un travailleur humanitaire et ancien soldat (il aurait été sniper pour les YPG). Ils ont tous deux été arrêtés à Sirnak en tentant de passer la frontière turco-irakienne. Ils transportaient, selon la police turque, des preuves de leur participation dans les YPG/YPJ. La Turquie a transmis la nouvelle de leur arrestation dés le 13 novembre. Ils sont accusés de participation à une organisation terroriste (le PKK, que l’état turc ne distingue pas des YPG) ainsi que d’avoir transporté des armes vers le Rojava.

Les deux internationalistes tchèques

Les deux internationalistes tchèques

Quelques milliers de manifestants (moins des 10.000 attendus) ont participé à la manifestation d’opposition au président Erdogan aujourd’hui jeudi à Bruxelles. L’appel à manifester a été lancé par le HDP, qui a obtenu 10% des voix aux dernières élections législatives turques en novembre 2015. Mais les groupes alévis, arméniens et assyriens sont également mobilisés, et surtout les principales organisations de la gauche révolutionnaire turque (à l’exception du DHKP-C). Une délégation de notre SR était également présente.

Les manifestants ont quitté la gare de Bruxelles-Nord vers 11h00 pour rejoindre le quartier européen. Vers 12h00, deux petites bagarres, montée en épingle dans la presse, ont éclaté sur le parcours de la manifestation entre de jeunes kurdes et quelques provocateurs pro-Erdogan. Les manifestants sont arrivés vers 13h30 rue de la Loi, entre le rond-point Schuman et le parc du Cinquantenaire. Après une minute de silence, des discours ont été prononcés jusqu’à 16h00.

La manifestation de cet après-midi

La manifestation de cet après-midi

Des dizaines d’actions directes ont été menées ces dernières dans toute l’Europe, mais particulièrement en Allemagne, contre des intérêts de l’état ou des organisations fascistes et islamistes turcs. Le vidéo ci-dessous montre l’attaque qui a eu lieu à Londres le 8 novembre contre le Diyanet İşleri Başkanlığı (Direction des Affaires Religieuses) et la Société Islamique Turque. Une trentaine de jeunes kurdes tirent des engins pyrotechniques, brisent les vitres et taguent « Turquie = ISIS (DAESH) » sur les murs. La photo est celle de l’incendie à Kassel, le 4 novembre,de la voiture du responsable du club Ülkü Ocagi affiiliée à l’organisation fasciste « Loups Gris ».

Voiture incendiée à Kassel

Voiture incendiée à Kassel

Les Forces Démocratiques Syriennes (QSD) semblent avoir perdu la course vers Al-Bab puisque Fatah Haleb (Conquête d’Alep, les islamistes soutenus par la Turquie) ne sont plus qu’à 3km de la ville, ils bénéficient finalement d’un appui aérien turc. Les progrès des QSD sur le front ouest (Afrin) semblent se figer à présent, de nombreuses pertes humaines ont été rapportées ces derniers jours face à Daesh. Le front oriental (venant de la ville de Manbij et du Canton de Kobané), s’est lui remis en mouvement et a encerclé la ville d’Arima au nord-ouest de Al-Bab. La course n’est clairement pas terminée. Nous avions expliqué dans un précédent article les importants enjeux que représentent la ville d’Al Bab, tant pour les QSD que pour les islamistes soutenus par la Turquie.

Le front oriental venant de Manbij se remet en mouvement

Le front oriental venant de Manbij se remet en mouvement

L’armée turque mène une opération contre les forces du PKK, dans la région frontalière de Zap, au Kurdistan irakien. Des bombardements aériens appuient cette opération. Dans le Kurdistan turc, d’autres opérations ont lieu. Certaines zones ont été proclamées « zone de sécurité spéciale » en raison des opérations qui sont en cours dans les districts de Cukurca, Semdinli et Yuksekova à Hakkari. Un couvre-feu a été décrété pour huit villages rattachés à Diyarbakir, suite auquel une opération a été lancée dans la zone rurale des districts de Lice, Hani et Kocakoy.

L’opération de l’armée turque

L'opération de l'armée turque

Des dizaines de milliers de personnes, essentiellement membres des communautés kurdes et alaouites, se sont rassemblées dans la ville allemande de Cologne pour protester contre la politique du président Erdogan et la complicité de l’Union Européenne. Le rassemblement organisé non loin du centre-ville était initialement organisé par l’Association Alaouite européenne, mais il a plus tard été rejoint par la communauté kurde qui avait appelé à sa propre manifestation à Dusseldorf, puis décidé de rallier les Alaouites à Cologne.

Lors de la manifestation, un Kurde a tenté d’allumer un engin pyrotechnique. Lorsque les policiers ont voulu l’interpeller, environ 120 Kurdes ont repoussé la police en lançant des bouteilles et des pierres. Un autre groupe de manifestants a essayé de se joindre à la bagarre. La police a utilisé des matraques et du gaz au poivre pour disperser la foule. L’homme a finalement été embarqué par la police et a été placé en garde à vue.

La manifestation de Cologne

La manifestation de Cologne