Le lendemain de la manifestation animée du 15 mars 2012 contre la brutalité policière à laquelle des milliers de gens ont participé, le maire de Montréal a déclaré qu’il voulait interdire le port des masques dans les manifestations. Il a ordonné à la Commission de sécurité publique de la Ville de réviser «tous les règlements municipaux» en lien avec les manifs pour éviter les «débordements» et mieux les réprimer.

Le port du masque dans les manifs découle de nombreuses raisons de se masquer, comme pour garder l’anonymat ou pour ajouter un élément artistique et festif à une dénonciation. Surtout quand on dénonce un système qui criminalise les gens par association, car le seul fait d’être présent dans une manif déclarée illégale par la police peut mener à des condamnations. Il existe déjà un article du Code criminel du Canada qui interdit de se «déguiser» dans le but de commettre un crime, donc un règlement municipal contre les masques ne serait un outil spécifique de répression politique.

Le comité Opposé à la Brutalité Policière appelle donc demain lundi 16 avril 2012 à 18h à la Place Vauquelin (à l’Ouest de l’Hôtel de Ville, 275 Notre-Dame E.) à un « Bal masqué » pour la liberté de manifester masqué et sans permis.

Canada: « Bal masqué » pour la défense du port du masque

Une centaine de militants ont manifesté samedi leur soutien au Libanais Georges Ibrahim Abdallah devant la prison de Fresnes (Val-de-Marne), où il est momentanément détenu après avoir déposé une 8e demande de libération conditionnelle. Ikls ont a fait le tour du grillage d’enceinte en criant des slogans. La manifestation a coïncidé avec l’heure de la promenade du détenu, qui a pu appeler de la cabine et communiquer avec les manifestants par téléphone. Notre délégation n’a hélas pas pu participer à la manifestation, la voiture venant de Belgique étant hélas tombé en panne à Senlis…

Plusieurs dizaines de militants pro-palestiniens étaient arrivés dès 5 heures au terminal 1 de Roissy-CDG, souhaitaient embarquer, pour certains, à bord de vols Lufthansa et Swiss à destination de Tel Aviv, afin de se rendre à Bethléem dans le cadre de l’opération « Bienvenue en Palestine ». Ils ont été refoulés avant leur embarquement, conformément à une demande en ce sens faite par les autorités israéliennes. « Aujourd’hui, le check-point est à Paris! », ont scandé les manifestants, encadrés par plusieurs dizaines de CRS, avant de se diriger vers le comptoir de la compagnie Lufthansa pour demander une « attestation écrite officielle » leur expliquant les raisons de leur interdiction de vol.

Au moins 60 Belges et près de 40 Français munis d’un ticket d’embarquement valable n’ont pas pu monter à bord des avions pour Tel Aviv dimanche matin à Bruxelles. Dans le hall des départs de Brussels Airport, quelque 150 personnes ont manifesté aux comptoirs de Brussels Airlines, Swissair et Lufthansa. Aux alentours de 07h00, une dizaine de manifestants ont bloqué des guichets de Brussels Airlines en s’asseyant au sol. Ils ont été écartés brutalement et au moins deux d’entre eux ont été emmenés par la police.

L’opération « Bienvenue en Palestine », mise en place pour la troisième année consécutive, consiste pour 1.500 militants, dont 100 Belges et de 500 à 600 Français, à se rendre à Bethléem, dans les territoires palestiniens, pour inaugurer une école internationale.

Samedi 14 avril 2012, la Campagne internationale pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah se mobilise :
– à FRESNES à 14h30, un rassemblement de soutien aura lieu devant la prison de Fresnes (Bus 187 depuis Porte d’Orléans : « Maison d’arrêt » ou RER B : « Parc de Sceaux »).
– à BEYROUTH, un rassemblement de soutien aura lieu devant l’ambassade de France à 16h (heure locale).
Georges Abdallah est le plus ancien prisonnier politique en France. Il est actuellement au Centre national d’évaluation (CNE) de la prison de Fresnes, où, dans le cadre de la loi sur la rétention de sûreté, des médecins devront examiner la « dangerosité » de son engagement politique.

Lire notre dossier « qui est Georges Abdallah? »

Les jugements de manifestants anti-Poutine arrêtés la semaine dernière, se poursuivent dans le tribunal de Saint-Pétersbourg. Commencées mardi, et malgré un rythme soutenu, les 480 audiences n’avaient pu se dérouler dans la journée de mercredi comme prévu. Ils comparaissent pour « infraction aux règles établies d’organisation des manifestations » et « refus d’obtempérer aux forces de l’ordre ». Mardi, les magistrats avaient demandé des repentirs et condamné à la chaîne à des peines en l’absence d’avocat. Les peines sont légères (généralement des amendes) comparées à celle de décembre dernier.

Les prévenus ont été entassés dans les cellules commissariat au point de devoir se relayer pour pouvoir s’asseoir tant ils étaient serrés Quelques policiers ont fait du zèle en maintenant huit personnes sous pression jusqu’à trois heures du matin: impossibilité de dormir, interrogatoire de plusieurs heures dans le but de leur faire signer un document reconnaissant leur « résistance à la police ». L’un de ces hommes fait alors une crise d’hypertension. Il est évacué en ambulance. Depuis l’élection de Vladimir Poutine, dimanche 4 mars, la répression est intense en Russie: plus de 800 personnes ont été arrêtées lundi. A titre de comparaison, 600 manifestants avaient été arrêtés en décembre. A Saint-Petersbourg près d’un quart des manifestants jugés avaient été violemment interpelés à l’occasion d’une réunion publique du KPRF, le parti communiste russe et de Yabloko, un parti libéral à tendance écologiste.

Ce samedi, le collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah organise un rassemblement de solidarité devant la prison de Fresnes. Le prisonnier y a été transféré dimanche pour six semaines au cours desquelles des experts vont juger s’il est ‘guéri de son engagement politique’. Il avait déjà subi une série de tests dans ce même CNE (Centre National d’Evaluation) en 2008, tests qui avaient révélé que son engagement était intact et avait entraîné un refus de libération conditionnelle. Rassemblement de soutien ce samedi à 14h30 devant la prison de Fresnes – avenue de la Liberté (Bus 187 depuis Porte d’Orléans: ‘Maison d’arrêt’ – RER B: ‘Parc des Sceaux’)

Une manifestation était organisée à Tunis ce lundi pour marquer l’anniversaire de la Fête des martyrs. Quelque 2.000 manifestants avaient commencé à défiler sur l’avenue Habib-Bourguiba, la grande artère de la capitale, interdite récemment à toute manifestation pour cause de « troubles à l’ordre public ». Arrivés devant le ministère de l’Intérieur, ils ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre. Pourchassés par les policiers anti-émeutes, les manifestants ont fui vers les rues avoisinantes. Les rues étaient jonchées de pierre, emplies de l’odeur asphyxiante du lacrymogène, et les voitures de police sillonnent la capitale. Le 9 avril 1938 des martyrs étaient tombés sous les balles des forces françaises pour revendiquer une Constitution. Sur l’avenue Mohammed V, toute proche, des affrontements entre manifestants et policiers ont fait plusieurs blessés.

Tunisie: Affrontements pour la ‘Fête des martyrs’

Un poste de police a été incendié dimanche dans le gouvernorat de Gafsa (sud-ouest) après la publication la veille des résultats d’un concours d’embauche à la CPG (Compagnie des Phosphates de Gafsa), principal employeur dans la région. De jeunes chomeurs s’estimant injustement écartés du programme de recrutement ont incendié un poste de police à El Ktar, à environ 7 km de la ville de Gafsa, dans la nuit de samedi à dimanche. D’autres ont coupé la route menant de Gafsa à Gabès (sud), où sont traités les phosphates, et ont renversé un camion de phosphates sur la chaussée, avant d’être dispersés à coup de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre. La publication en novembre d’un premier concours de recrutement avait entraîné des violences dans le bassin minier qui s’étaient poursuivies plusieurs jours.

Plusieurs personnes ont été blessées samedi lors d’une manifestation de diplômés chômeurs dispersée par la police dans le centre de Tunis. Pour empêcher l’accès à l’avenue centrale Habib Bourguiba, interdite aux manifestations depuis plusieurs mois, la police a tiré des gaz lacrymogènes et a donné des coups de matraques. Une vingtaine de manifestants ont été blessés et ont dû être évacués en ambulance. Les autorités ont signalé que six policiers avaient également été blessés par des jets de pierre.

Gaz lacrymogène à Tunis

Gaz lacrymogène à Tunis

Jeudi, la police de Calcutta a violemment réprimé une manifestation d’habitants de taudis de la ville qui ont été expulsés de leurs cabanes la semaine dernière à Nanadanga, dans le sud de la métropole. Nonadanga est la zone où les pauvres expulsés d’autres quartiers de Calcutta ont été réinstallés ces cinq dernières années en vertu d’un projet de services de base à destination des pauvres des villes. Ces projets de relocalisation ont été dirigé par la KMDA (Kolkata Metropolitan Development Authority) et le KEIP (Kolkata Environmental Improvment Project) qui possèdent les terrains de la zone, sans qu’aucun service ni aménagement de base (écoles, services de santé,…) pour les familles ‘relogées’ ne soient fournis. Au fil du temps, Nonadanga est également devenu l’endroit où de nombreuses autres familles, fuyant leurs villages en raison de mauvaises récoltes et de leur surendettement, se sont installées. Ce sont ces gens qui ont été expulsés la semaine dernière, leurs cabanes démolies et incendiées par la KMDA et la police, ceux-ci les qualifiant de ‘squatteurs’. La véritable raison derrière cette expulsion est que la terre occupée par les famille se situe à proximité d’un axe routier important et est récemment devenu la cible de promoteurs immobiliers. Afin de rendre cette terre disponible au développement, plus de 200 baraques ont été détruites au bulldozer et les biens de toutes ces familles brûlés.

Avant-hier, tous ces expulsés ont tenté de se rendre en cortège vers l’axe routier en question afin de protester contre leur éviction, mais la police les en a empêché avant de charger la foule avec des bâtons. Le rassemblement, comptant de nombreuses femmes et enfants, a été disloqué de manière brutale, les forces de l’ordre faisant beaucoup de blessés. Une femme enceinte a dû être hospitalisée, et un jeune garçon de trois ans a eu le crâne fracassé. De nombreux militants solidaires ont également été victimes de coups.