Plusieurs centaines de personnes ont participé à une manifestation non autorisée aujourd’hui samedi en fin de journée, dans les rues de Bayonne, à quelques kilomètres de Biarritz qui accueille le sommet du G7. Les manifestants scandaient des slogans anticapitalistes ou hostiles à la police, parcourant les rues de Bayonne, jusqu’à se retrouver face à un barrage de police qui bloquait l’accès à un pont sur le fleuve Adour. Vers 19h, la police a brièvement utilisé des canons à eau et procédé à quelques tirs de gaz lacrymogène, forçant les manifestants à se replier vers des rues piétonnes du centre. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques avait renforcé vendredi soir le périmètre de protection, par rapport à ce qui avait été envisagé mi-août, l’étendant à une grande partie du centre de Bayonne (50.000 habitants), avec pouvoir de contrôle accru et fouilles de la police dans cette zone. En milieu de journée, en revanche, une manifestation anti-G7, autorisée par les autorités celle-là, s’était déroulée dans le calme, depuis Hendaye jusqu’à la ville frontalière d’Irun, rassemblant 15.000 personnes.

A Bayonne aujourd'hui

Lorentxa Beyrie, 44 ans, originaire de Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) purge trente ans de prison (la peine maximale en France), après plusieurs condamnations pour appartenance à ETA. Détenue depuis 18 ans et malade, elle ne sortira pas de prison, malgré la décision du tribunal d’application des peines, ce jeudi, de lui accorder une libération conditionnelle avec placement sous surveillance électronique, qui a été aussitôt suspendue après appel du parquet antiterroriste de Paris. Elle purge actuellement sa peine au centre de détention de Roanne (Loire). Cette demande de libération conditionnelle était la troisième déposée par ses avocats. Après deux refus, c’était la première à être accordée.

Le 5 juillet dernier, une demande de libération conditionnelle pour Frédéric «Xistor» Haramburu, incarcéré depuis trente ans et condamné à la perpétuité par la cour d’assises spéciale de Paris, avait été accordée par le tribunal d’application des peines puis immédiatement suspendue par l’appel du parquet antiterroriste.

Rassemblement de solidarité avec Lorentxa Beyrie

Rassemblement de solidarité avec Lorentxa Beyrie

La Cour européenne des droits de l’homme a condamné ce mardi la Belgique pour ne pas avoir suffisamment motivé son refus de livrer à la justice espagnole une militante présumée de l’ETA , accusée d’avoir participé à des actions de l’organisation ayant coûté la vie en 1981 à deux militaires, deux policiers et deux Gardes Civils. Maria Natividad Jauregui Espina, qui vit à Gand depuis de nombreuses années, avait été arrêtée en 2013 (voir notre article), mais la chambre des mises en accusation de Gand a refusé d’exécuter le mandat d’arrêt, arguant du risque qu’elle soit détenue en Espagne dans des conditions inhumaines ou dégradantes (voir notre article). Le refus a été confirmé en Cassation, puis lors d’une nouvelle procédure en 2016 (voir notre article).

La Cour européenne des droits de l’homme a reconnu à la Belgique son droit de ne pas appliquer le mécanisme de reconnaissance mutuelle de manière automatique et mécanique, au détriment des droits fondamentaux. Mais a aussi décrété que le constat d’un risque de traitements inhumains ou dégradants reposait sur des bases factuelles suffisantes. Elle condamné la Belgique à indemniser les enfants du lieutenant-colonel Ramón Romeo, abattu à Bilbao en 1981, à hauteur de 5.000 euros pour dommage moral et 7.260 euros conjointement pour frais et dépens. Cependant les autorités belges n’ont toujours pas l’obligation de remettre Maria Natividad à l’Espagne.

Natividad Jauregui Espina

Natividad Jauregui Espina

Après les arrestations de 3 militants en mai ([voir notre article>article16311]), ce jeudi 20 juin, la police espagnoles a arrêté cinq autres militants pour avoir porté des photos de prisonniers basques durant la Korrika. La justice les accuse « d’apologie du terrorisme ». Les cinq ont été libérés quelques heures après leur arrestation.

Photos des prisonniers de l’ETA portées sur le parcours de la Korrika

Photos des prisonniers de l'ETA portées sur le parcours de la Korrika

Marina Bernadó était une des deux dernières prisonnières politiques catalanes incarcérées pour avoir prit part à la lute d’ETA. Clandestine en France entre 2001 et 2006 , puis incarcérée jusqu’à la fin de la semaine dernière à la prison des femmes de Rennes , elle a été extradée vers l’Espagne qui vient de la relâcher sans peine supplémentaire. Il ne reste qu’une prisonnière catalane détenue pour avoir participé à l’action d’ETA, Dolores « Lola » López Resina, toujours détenue à la prison de Brieva (Àvila).

La libération de Marina Bernadó


Le comité d’accueil à Barcelone

La libération de Marina Bernadó
Le comité d'accueil à Barcelone

Le tribunal pénal d’Iruñea (Pampelune) a condamné un syndicaliste du syndicat LAB (syndicat de travailleurs du courant de la gauche séparatiste basque) à 21 mois de prison pour une action syndicale menée durant l’été 2018 dans le cadre de manifestations de soutien à plusieurs travailleurs d’un restaurant italien. Le juge a acquitté le deuxième accusé, un ouvrier de cet établissement.

Dans le restaurant La Sangiovesa, un grand nombre d’heures n’étaient pas rémunérées, certains employés travaillaient sans contrats, les libertés syndicales étaient violées. Entre autre, le restaurant proposait l’option de « rémunérer » quelques heures de travail par une pizza. Suite à l’organisation d’élections syndicales, l’entreprise a licencié des travailleurs. Après plusieurs manifestations contre l’entreprise, le LAB est parvenu à un accord pour l’ensemble des travailleurs qui prévoyait la réintégration des travailleurs licenciés et le respect des droits des travailleurs. Dans le cadre de cet accord, la société a accepté le retrait de toute plainte pour les mobilisations effectuées pendant le conflit. Cependant, le bureau du procureur a maintenu les demandes de sanction à l’encontre de deux syndicalistes du LAB qui étaient entrés dans le restaurant de manière pacifique, se concentrant à l’extérieur, collant plusieurs autocollants et scandant des slogans au mégaphone. En fin de compte, le juge Emilio Labella a condamné un des syndicalistes à 21 mois de prison et acquitté le second. Le syndicat a décidé de faire appel au jugement. Le LAB organise une conférence de presse ce lundi 3 juin à 11h30 sur la Plaza del Castillo à Iruñea.

Manifestation devant le restaurant La Sangiovesa

Manifestation devant le restaurant La Sangiovesa

Le prisonnier politique basque Iñaki Bilbao ‘Txikito’, qui purge une peine dans la prison de Puerto III, se voit obligé de mettre des menotte lors des visites. ‘Txikito’ a fait savoir qu’il n’irait plus aux visites tant que les autorités ne renonçaient pas à cette mesure. ‘Txikito’, de la ville de Lezama dans la région de Bizkaitarra, est le prisonniers basque qui a passé plus d’années en prison. Il a déjà passé 35 années en prison, en deux fois. Il a déjà purgé 12 années de son dernier lot de condamnations qui s’élève au total
à 68 ans et 7 mois, de sorte qu’il ne sera libéré de prison qu’en 2070.

Les autorités judiciaires et carcérales espagnoles s’acharnent particulièrement contre lui en raison de ses positions critiques envers l’abandon de la lutte armée par ETA.

Iñaki Bilbao ‘Txikito’

Iñaki Bilbao 'Txikito'

La garde à vue de six militants de Bizi! a été levée ce mercredi 29 mai. La septième personne arrêtée hier soir près d’une mairie est toujours retenue dans un commissariat dont le lieu est gardé au secret. Leurs arrestations ont eu lieu suite au décrochage de cinq portraits du président Macron dans les mairies d’Arcangues, Bidart, Guéthary, Saint-Jean-de-Luz et Saint-Pée-sur-Nivelle, ce mardi 28 mai. Ces six militants ont été arrêtés vers 12 heures et la septième personne, qui ne serait pas de Bizi! selon un responsable du mouvement, à 20 heures. Ils ont passé plus de 24 heures de garde à vue pour un « vol en réunion ». Le procureur doit à présent décider s’il engage ou non des poursuites en citant les militants à comparaître devant le tribunal.

Rassemblement mardi soir devant le commissariat de Saint-Jean-de-Luz en soutien aux interpellés

Rassemblement mardi soir devant le commissariat de Saint-Jean-de-Luz en soutien aux interpellés

Six ans après une première opération policière contre l’association Herrira (association de soutien aux prisonniers de la gauche indépendantiste basque) (voir notre article), le procès de 47 personnes accusées par l’Etat espagnol de former le « front prisons d’ETA » seront jugées à l’Audience nationale de Madrid le 16 septembre. Parmi les accusés donc, des membres d’Herrira, de Jaiki Hadi et d’Etxerat. Mais aussi des observateurs et des avocats de prisonniers basques. Emilie Martin, ancienne membre d’Herrira au Pays Basque Nord, fait partie de la liste, mais la justice française a rejeté le mandat d’arrêt européen ordonné par la justice espagnole à son encontre.

Ils risquent tous entre huit et 21 années d’enfermement, toutes peines confondues, 601 années de prison. 117 600 euros d’amendes sont également demandées. Le procès devrait durer environ trois mois. Ces dernières années, ils ont eu obligation de pointer tous les quinze jours au commissariat, et ils n’ont pas pu quitter le territoire espagnol.

Quelques inculpé.e.s d’Herrira

Quelques inculpé.e.s d'Herrira

Gorka Lupiañez, membre de l’ETA, a été arrêté par la Garde civile à Berriz, province de Vizcaya, au Pays basque, en décembre 2007. Il sera détenu 5 jours au secret dans un commissariat de Madrid. Lupiañez dénoncera les actes torture, de sévices et de viol subit lors de sa détention au secret. En 2007, il porte plainte, mais l’affaire sera classée en 2009. Il fera appel et une enquête sera lancée, mais finalement suspendue en 2011. Après la Cour constitutionnelle espagnole, Gorka Lupiañez, fera appel à la Cour européenne des droits de l’homme qui n’examinera pas l’affaire. Finalement, ce lundi 20 mai, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a déclaré que Gorka Lupiáñez avait bien été torturé lors de sa détention au secret en 2007.

Le Comité demande que les autorités compétentes procèdent à une enquête sur les allégations de torture et attend que l’exécutif espagnol l’informe dans les 180 jours des mesures qu’il prendra en réponse à son avis, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Espagne en 1985. Depuis 2010, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’Espagne pour les actes de torture commis sur dix prisonniers basques: Mikel San Argimiro (2010), Aritz Beristain (2011), Martxelo Otamendi (2012), Oihan Ataun (2014), Beatriz Etxeberria (2014), Patxi Arratibel (2015). , Xabier Beortegi (2016), Igor Portu (2018) et Mattin Sarasola (2018).

Gorka Lupiañez

Gorka Lupiañez