Les tensions étaient vives mardi entre le gouvernement et les dizaines de milliers de manifestants, essentiellement des femmes, peut-être 100.000, dénonçant une proposition de loi interdisant totalement l’avortement en Pologne. Le plus grand rassemblement a eu lieu au centre-ville de Varsovie, où la mairie a dénombré 30.000 manifestants. À Poznan, à la fin de la manifestation, des groupes d’opposants ont marché sur la place où se situe le siège local du parti PiS au pouvoir. Des affrontements ont eu lieu avec la police. Cinq policiers ont été blessés, dix manifestants ont été interpelés et trois d’entre eux – une femme et deux hommes – sont restés en détention. Lors de la manifestation de Varsovie, la police a également arrêté quatre personnes qui auraient jeté des projectiles sur les forces de sécurité s’interposant entre eux et un groupe de contre-manifestants réunis sous la colonne de Zygmunt. Face à cette mobilisation, les députés polonais ont rejeté définitivement le texte en session plénière aujourd’hui jeudi 6.
Le 31 décembre 2015 le Procureur Régional de Katowice avait envoyé au Tribunal de 1ère instance de Dabrowa Gornicza un acte d’accusation dirigés contre des militants du Parti Communiste Polonais contenant l’accusation suivante: „Vous avez publiquement fait l’apologie d’un système politique totalitaire en tant que membre du comité de rédaction du magazine „Brzask” et dans ce cadre vous y avez publié des contenus lié directement aux idées communistes, marxistes et léninistes, publications qui sont accessibles sur le site internet www.kompol.org ce qui dans le contexte des expériences historiques est contraire aux valeurs démocratiques”…
Le 31 mars dernier quatre militants ont été condamnés sur cette base à 9 mois de prison ferme ou à des travaux d’intérêt général ainsi qu’à une forte amende pour avoir « propagé l’idéologie communiste”. Le tribunal a jugé les militants selon une procédure spéciale appliquée dans les cas de délits dans lesquels „la culpabilité de l’accusé ne pose pas de doute”, en se basant uniquement sur l’acte d’accusation. De ce fait, les accusés ont été privés du droit à la défense. L’article 256§1 du code pénal polonais vise notamment : « Qui publiquement fait la propagande pour un système totalitaire”.
Trois anarchistes polonais, âgés de 17 à 35 ans, ont été arrêtés lundi dans la nuit alors qu’ils tentaient, selon l’accusation policière, de placer des engins incendiaires sous deux voitures de polices parquées devant le commissariat de Włochy, un district de Varsovie.
Après avoir été arrêté en janvier dernier en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Turquie, Erdal Gökoglu est passé en cour d’extradition le 6 avril dernier. Le tribunal a finalement décidé de laisser Erdal rentrer en Belgique. Des dizaines de manifestants étaient rassemblés devant la cour.
Erdal Gökoglu a été incarcéré comme prisonnier politique e juin 1995, alors qu’il était étudiant. A Ulucanlar, le 26 septembre 1999, dix de ses compagnons de chambrée ont été massacrés par les militaires. Erdal a été blessé par les balles. Les militaires l’ont cru mort et ont mis son corps avec celui des détenus tués dans les douches de la prison. Après avoir découvert qu’il était vivant, ils l’ont déporté vers la prison de Burdur. Le 5 juillet 2000, l’armée intervient cette fois à la prison de Burdur avec des bulldozers après que les prisonniers politiques aient refusé de comparaître à leur procès en raison des mauvais traitements qu’ils subissaient sur le chemin du tribunal. Erdal Gökoglu a une nouvelle fois été blessé.
Lorsque le gouvernement a annoncé l’ouverture de prisons d’isolement, Erdal a participé au vaste mouvement de grève de la faim qui s’est soldé par la mort de dizaines de détenus. Le 19 décembre 2001, l’armée est intervenue dans 20 prisons pour mater la grève. Erdal Gökoglu, a été gravement blessé mais a malgré tout poursuivi sa grève de la faim. Après plusieurs mois de grève de la faim, Erdal Gökoglu a été alimenté de force. Aujourd’hui encore, il souffre de séquelles de cette intervention. En 2001, il est libéré plus mort que vif suivant une loi qui prévoit une remise en liberté de six mois (éventuellement renouvelable) pour raisons médicale. Erdal est exfiltré du pays par ses amis pour qu’il puisse recevoir des soins médicaux adéquats. En 2002, Erdal introduit une demande d’asile politique en Belgique, demande reconnue en 2007. Erdal a participé à plusieurs des activités du CLEA en Belgique et a figuré parmi les intervenants du Festival du film d’Attac.
Il a été arrêté le 24 janvier dernier à la frontière germano-polonaise alors qu’il se rendait au mariage de l’un de ses amis. Il est menacé d’extradition vers la Turquie sur base d’un mandat d’arrêt international turc pour son appartenance présumée au DHKP-C. Il est jugé dans la ville de Gorzow Wielkopolski ou il comparaît dans une cage en verre, menottes aux poignets et chaînes aux pieds. Il est détenu à la prison de Goleniow. Erdal Gökoglu est en grève de la faim. Il demande la fin de ses mauvais traitements et son rapatriement en Belgique.
Manifestation pour Erdal Gökoglu devant l’ambassade de Belgique à Berlin
Manifestation pour Erdal Gökoglu devant l'ambassade de Belgique à Berlin
Le matin du 20 avril, les unités antiterroristes de la police polonaise sont rentrés brutalement dans une maison squattée par des activistes, rue Mariacka à Katowice. La police a utilisé des balles en caoutchouc, des gaz et des grenades assourdissantes. Au total, 21 personnes ont été battues puis arrêtées, 3 d’entre elles ont dû être hospitalisées, et l’une a même fait une crise d’épilepsie. Immédiatement, les prisonniers ont déclaré le commencement d’une grève de la faim contre leur emprisonnement. La raison de l’arrestation est d’avoir ‘brisé la tranquillité publique’, dans l’immeuble auparavant vide que constituait le squat.
Les activistes s’étaient réunis dans cette maison pour organisé un ‘Forum Economique Alternatif’, un contre-sommet envers le Congrès Economique Européen qui devait entre autres discuter du traité TTIP. Ce contre-sommet s’est fait dans l’une des nombreuses maisons vides en attente de démolition pour être transformé en immeuble de bureaux. Sur la façade, les anarchistes et syndicalistes avaient accroché une banderole « Le capital humain résiste ! ».
Pologne : 21 anarchistes et opposants au TTIP arrêtés lors d’une opération antiterroriste
Une trentaine de prisonniers politiques grecs sont en grève de la faim depuis le 2 mars dernier, cela fait donc un mois. Certains d’entre eux sont très affaiblis et ont dû être hospitalisés. Hier soir, des dizaines de manifestants en mobylette ont sillonné Athènes en scandant sous leurs casques. La manifestation s’est rendue jusqu’à l’hôpital où plusieurs prisonniers ont été transférés.
A Varsovie, de la peinture a été lancée sur l’ambassade grecque en solidarité avec la grève de la faim.
Une manifestation spontanée contre la violence policière a eu lieu à Varsovie, le 19 mars. Les manifestants ont pu marcher près de 2 km, puis ont été pris dans un kessel par la police. Certains manifestants ont été arrêtés pour « participation à un rassemblement illégal ». À l’heure actuelle tous les détenus sont libérés.
Pologne: Manifestation contre les violences policières
Le 12 février, le tribunal a décidé que la grève de plusieurs milliers de mineurs de la Compagnie charbonnière de Jastrzebie (Jastrzebska Spolka Weglowa, JSW), au sud de la Pologne, est illégale. Le même jour, la ville a été traversée par une manifestation des femmes et des enfants des mineurs, en soutien à leurs proches en lutte. Cette grève qui dure depuis 16 jours. Envoyées contre les mineurs, des forces spéciales de la police ont tenté d’écraser la protestation avec une brutalité inouïe, utilisant sans aucun prétexte les canons anti-émeute de 37 mm à balles en caoutchouc, les canons à eau et les gaz lacrymogènes. Plus de 20 mineurs ont été blessés, certains gravement.
Dans le même temps, les procureurs ont ouvert les poursuites contre les organisateurs de la protestation, les menaçant de conséquences financières liées aux pertes de la compagnie touchée par la grève. Parmi les poursuivis, il y a le syndicaliste Krzysztof Labadz, un des dirigeants de la grève de la mine « Budryk », qui a duré 46 jours il y a sept ans. Les mineurs grévistes exigent le renvoi du PDG de la Compagnie dont la gestion a conduit la compagnie au bord du gouffre. Le gouvernement, qui possède plus de la moitié des actions de la compagnie, ne veut pas céder.
Tomasz Slusarczyk a été condamné à 10 ans de prison pour avoir porté des coups de couteau à un fasciste au cours d’un affrontement.
Tomasz purge sa peine dans la prison de Strzelce Opole. Il est en bonne forme physique et morale. On peut lui écrire à l’adresse ci-dessous: