Le 31 décembre avait été déclaré journée internationale contre les prisons. Un énorme rassemblement s’est tenu devant la prison d’Athènes.

À Londres, une centaine de manifestants de divers mouvements anti-répression (Free Mumia, Right to protest, LDMG,…)
ont participé à un rassemblement bruyant devant la prison pour femmes
d’Holloway. En Allemagne, des rassemblements ont eu lieu à Berlin, Bremen,
Köln, Stuttgart et Hamburg. À Bruxelles, les prisons ont été taggées et à
Nantes, des feux d’artifices ont été lancés et de la musique balancée dans
un centre de rétention pour mineurs. Près de Genève, des émeutes avaient
éclaté dans la prison pour les derniers jours de décembre.

À Bristol, des manifestants se sont réunis, la police a attaqué à coups de
gazs CS et de mattraques dés son arrivée, a tenté de confisquer la sono et
a fait 4 arrestations. Alors que les manifestants reculaient, les
prisonniers ont scandé « All Coppers Are Dead Coppers » en solidarité avec
les manifestants. Le premier janvier au soir, les 4 manifestants n’avaient
toujours pas été libérés.

Dans la nuit du 31 décembre au 1 janvier, les murs des prisons de
Saint-Gilles et Forest ont été recouverts de graffitis contre les prisons
et en solidarité avec les inculpés de Labège. Les inculpés en question
sont accusés d’avoir attaqué la Protection Judiciaire de la Jeunesse à
l’aide d’excréments, d’extincteurs, de graffitis et de gaz lacrymogène.

Action pour les inculpés de Labège

Action pour les inculpés de Labège

Des appels à se rassembler devant toutes les prisons à travers le monde le
31 décembre sont relayés par des mouvements anti-carcéraux. Des
manifestations sont annoncées au Royaume-Uni, en Grèce, en France, en
Italie et dans d’autres pays. Le même appel avait été fait il y a un an en
Amérique du Nord.

Manifestation devant les prisons du monde

Manifestation devant les prisons du monde

La Cour des comptes vient de publier les résultats d’un audit consacré à la surpopulation dans les prisons. Sur base de ses calculs, celui-ci révèle des taux de surpopulation de 18% en 2008, de 21,8% en 2009 et de 17,7% en 2010. La légère diminution de ce taux en 2010 est essentiellement du à l’ouverture de places à la prison de Tilburg, aux Pays-Bas. La Cour des comptes constate qu’en 2008, la capacité moyenne des prisons belges était de 8384 places, de 8404 en 2009 et de 8949 en 2010. Elle note enfin une augmentation journalière moyenne (déterminée par les entrées, les sorties de prison et la durée de la détention) de 500 détenus chaque année.

Une cinquantaine de personnes ont manifesté sauvagement dans les quartiers populaires de Bruxelles ce 17 décembre. Les manifestants ont distribué des tracts en 4 langues contre les prisons, les frontières, le capitalisme, l’état, les lois et pour l’autogestion, l’autonomie, la liberté et l’anarchie. Quelques tags « Feu aux prisons » ont fleuris le long du trajet et le rassemblement s’est auto-dissout sans avoir même croisé la police.

Le ministre de la justice a annoncé la création d’un nouveau service spécial dont la fonction sera le ‘profilage’ de tous les détenus des prisons belges. A l’heure actuelle, la police, le parquet et l’administration disposent chacun de leurs dossiers respectifs, mais il n’existe aucun document commun. Le nouveau service se chargera de rassembler un maximum d’information sur l’histoire de chaque prisonnier afin d’établir un profil précis qui sera utilisé par tous les départements judiciaires. Ce profil tiendra compte des risques d’évasion, mais dressera aussi un compte-rendu du passé médical, des relations,… du détenu. Le dispositif devrait être mis en place en 2012.

Les sans-papiers qui protestent et résistent à leur enfermement dans des centres, en vue de leur expulsion, seront bientôt susceptibles d’être transférés vers un centre fermé spécifique, a indiqué le secrétaire chargé de l’Asile et des Migrations Melchior Wathelet. Un projet en ce sens sera prochainement soumis au Conseil des ministres. Il en coutera 4 millions d’euros au budget. 160 places seront prévues pour les perturbateurs et 40 places pour des personnes avec un « profil difficile » (?).

Au Canada, le nouveau projet de loi du gouvernement conservateur en matière de lutte à la criminalité coûtera quelque 5 milliards de dollars canadiens. Les coûts pourraient même augmenter jusqu’à 15 milliards de dollars d’ici 2015! On prévoit que la population carcérale augmentera de 30% à la suite de sa mise en vigueur.

Plus de 2.500 cellules supplémentaires seront construites au sein des institutions existantes; cela aura pour effet que des établissements à sécurité moyenne seront convertis en établissements hybrides. En général, les prisons dans lesquelles on retrouve plusieurs niveaux de sécurité sont gérées comme si elles étaient à sécurité maximale. Les personnes qui devraient être détenues dans des conditions de sécurité minimale sont alors soumises à un environnement faits de fils barbelés et de miradors. Ce sont les pauvres, les personnes marginalisées et les «fauteurs de trouble» qui osent prendre la parole qui se retrouveront dans ces nouvelles cellules.

Après qu’une ONG danoise ait découvert et dénoncé que G4S assurait des prestations pour, entre autres, les prisons et les check-points israéliens avec ses technologies de sécurité, la société a annoncé que « pour veiller à ce que nos activités commerciales soient conformes avec la politique d’éthique qui est la nôtre, nous devions nous employer à nous retirer d’un certain nombre de contrats dans la région ».

Les activités en question concernent notamment la maintenance des équipements de sécurité aux check-points sur le mur, dans les prisons (système de protection pour l’enceinte de la prison d’Ofer, tout le système de sécurité de la prison de Keztiot, un centre de commande de la prison de Meggido) et les postes de police en Cisjordanie. G4S (anciennement Group 4 Securicor) est un groupe international anglo-danoise de services de sécurité. Leader mondial, il exerce ses activités sur plus de 110 pays et emploie 625 000 salariés.

Palestine: Le Groupe 4S et les prisons israéliennes

Oliver, Alex et Florian, les trois militants condamnés en octobre 2009 à trois ans et trois ans et demi de prison pour une série d’actions incendiaires (dont de nombreux véhicules de l’armée) revendiqués par le Militante Gruppe sont entrés en prison après avoir épuisés tous les recours.

Action incendiaire du MG

Action incendiaire du MG