Plusieurs organisations dénoncent des conditions de détention inhumaines généralisées dans les centres de détention de l’Autorité palestinienne : mauvaises conditions d’hygiène, coups, violences psychologiques et privation de sommeil, de nourriture et de ventilation. Certains détenus ont développé des symptômes de gale, liés à un confinement insalubre prolongé, témoignant de négligences similaires que celles observées dans les prisons israéliennes.

C’est le cas d’Ibrahim Abu Al-Rish qui est un homme palestinien de 35 ans originaire du camp d’Al-Aïn en Cisjordanie occupée. Il est détenu depuis le 28 septembre 2025 par les services de l’Autorité Palestinienne sans inculpation claire. Ancien prisonnier souffrant d’une tumeur à l’estomac et ayant subi des interventions chirurgicales, il serait dans un état critique en raison des tortures subies et d’hémorragies gastriques non traitées.

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Évoquant la surpopulation carcérale, les prisons ne nourrissent pas correctement les détenus. Très surpeuplées, elles signalent des problèmes de carences alimentaires, des insuffisances, des problèmes de qualité ainsi que de ponctualité dans la distribution. Les budgets n’ont pas été adaptés à cette situation et les infrastructures des cuisines ne permettent pas de répondre aux volumes nécessaires. Le budget des cantines pénitentiaires varie selon les types de prisons. Dans celles dites classiques, le prix journalier pour l’alimentation est d’environ 7,5 euros par détenu. « Le budget est calculé sur la capacité théorique des prisons et non sur la capacité réelle », confirme l’administration pénitentiaire.

Prison de Saint-Gilles

Prison de Saint-Gilles

Après leur interception dans les eaux internationales par l’armée israélienne (voir notre article), les 443 membres de la Global Sumud Flotilla ont été arrêtés, transportés au port d’Ashdod puis finalement placé en détention dans la prison israélienne de Ketziot. Elle est située dans le désert du Naqab, près de la frontière égyptienne. Considéré comme le plus grand établissement pénitentiaire d’Israël, il est décrit comme un « enfer carcéral » par les prisonniers palestiniens.

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En 2022 et 2023, l’Administration Pénitentiaire (AP) a censuré les numéros 55 et 56 du journal anticarcéral L’Envolée qui est envoyé gratuitement à de nombreux prisonniers. La raison évoquée est que ces publications comporteraient des passages diffamatoires et injurieux pour l’institution et ses agents. Le comité éditorial de la revue conteste cette décision et dénonce un détournement de procédure. L’AP s’appuie sur un article du Code pénitentiaire qui lui permet d’« interdire l’accès des personnes détenues aux publications contenant des propos ou signes injurieux ou diffamatoires à l’encontre des agents et collaborateurs du service public pénitentiaire » alors qu’une censure de la presse doit être prononcée par une autorité judiciaire. Jeudi 25 septembre, la cour administrative d’appel de Paris examinait un recours déposé par l’Envolée contre ces interdictions, la décision a été mise en délibéré au 9 octobre prochain.

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Le prisonnier révolutionnaire Ayberk Demirdöğen est en grève de la faim depuis le  11 mars 2025, qu’il a transformé en jeûne jusqu’à la mort le 27 août 2025, pour dénoncer les prisons de « type puits » qui sont connues pour leurs conditions de détention inhumaines. Il a annoncé qu’il intensifierait ses protestations en arrêtant de boire de l’eau et du sucre à partir du 1er octobre. Il mène cette lutte au côté de Serkan Onur Yılmaz, également en jeûne jusqu’à la mort depuis plus de 300 jours (voir notre article), mais aussi plusieurs prisonniers révolutionnaires en grève de la faim illimitée.

Le 22 et 23 septembre à Paris, plusieurs audiences de comparution immédiate se tenaient pour des personnes interpellées dans le cadre de la mobilisation du 18 septembre dernier. Après 48H en garde à vue, elles ont été déférées au tribunal. Pour la plupart d’entre elles, leur procès a été reporté à mi-décembre. Pour deux autres qui avaient passé plusieurs jours en détention provisoire, les manifestants sont jugés le jour même. L’un d’entre eux est condamné à quatre mois d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences », « violences exercées envers un fonctionnaire de police » ou encore « dissimulation du visage ». C’est une peine particulièrement lourde au regard des chefs d’inculpation et de la faiblesse du dossier qui souligne la nature politique de ces procès.

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Une puissante explosion provoquée par un engin explosif a secoué le quartier d’Analipsis à Thessalonique aux premières heures du samedi 26 juillet, causant d’importants dégâts matériels. L’explosion s’est produite vers 2H du matin à l’entrée d’un immeuble dans lequel vit le président de la Fédération panhellénique des agents pénitentiaires et gardien en chef de la prison de Diavata. Plusieurs semaines plus tard, un groupe a revendiqué l’action soulignant que « les prisons sont en ébullition ; il est temps de mettre fin à l’appauvrissement et au mécanisme répressif, avec des attaques, des émeutes, des grèves et toute forme de lutte, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons » (voir ici).

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Prisonnière de la cause palestinienne dans le cadre de l’affaire dite des 24 de Filton (voir notre article), Heba a reçu le 16 septembre dernier l’ordre de retirer son keffieh. Elle n’a plus le droit de le porter, même dans sa cellule. Comme seule raison, l’administration pénitentiaire a affirmé que ce n’était pas autorisé et que la même règle s’appliquerait à toutes les détenues. De la même manière, elle a également contraint Qesser (également poursuivie dans l’affaire des 24 de Filton – à droite sur la photo) à retirer son keffieh, menaçant d’annuler sa visite si elle refusait de le retirer. À son retour en cellule, Qesser a constaté que tous ses hijabs à motif keffieh ont été confisqués, la laissant sans rien pour la prière.

Le gouvernement turc construit une nouvelle prison de haute sécurité dans la province de Muş. Les travaux ont discrètement commencé dans la ville d’Ewran (Yeşilova). La nouvelle prison s’étendra une superficie d’environ 400 ares. Cette construction a lieu, malgré l’engagement des autorités turques d’établir un changement de lois dans le cadre du processus de paix entre le leader kurde Abdullah Öcalan et le pouvoir turc, pour résoudre la question kurde par des moyens pacifiques, l’une de ses priorités est la libération des prisonniers politiques et des prisonniers malades.

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Samedi 6 septembre, le prisonnier révolutionnaire Serkan Onur Yılmaz est en jeûne jusqu’à la mort depuis 300 jours contre les prisons dites de type « puits » en Turquie. Afin de le soutenir et exiger la satisfaction de ses revendications, de nombreuses actions ont lieu ces derniers jours, en particulier devant les consulats et ambassades de Turquie comme en France, Angleterre, Suisse, Hollande, Belgique ou Grèce. Dans le même temps, Ali Araci, membre emprisonné de Grup Yorum, a remporté une victoire après 199 jours de grève de la faim. Il a été transféré hors des nouvelles prisons d’isolement maximal, conformément à sa demande. Plus que jamais, la mobilisation continue dans les prisons turques où plusieurs révolutionnaires sont toujours en grève de la faim (voir notre article).

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