Lundi 13 avril, les prisonniers la prison de Yaoundé Kondengui se sont révoltés, juste après le décès de six personnes soupçonnées malades du coronavirus. Les prisonniers ont dénoncé l’absence de mesures sanitaires pour les protéger du Coronavirus. Ils affirment que l’infirmerie est pleine à craquer avec une centaine de malades. Des militaires se sont déployés en nombre autour de la prison. Il s’agit principalement des éléments du Groupement Spécial d’Opérations (Gso). Prévue pour moins de 800 prisonniers, la prison de Yaoundé-Kondengui en accueille au moins 5000.

Prison Centrale de Yaoude Kondegui

Prison Centrale de Yaoude Kondegui

Samedi 11 avril, le prisonnier anarchiste Ilya Romanov est sorti de prison suite à la décision du tribunal de Zubovo-Polyanski (de la République de Mordovie) de le libérer pour raison de santé. En 2015, il a été condamné à 10 ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « préparation d’un attaque terroriste ». Il avait été arrêté au petit matin du 26 octobre 2013 dans la ville de Nijni-Novgorod après l’explosion prématurée d’un engin artisanal près de la commission militaire de la ville. Cette explosée lui avait couté son poing gauche qui avait du être amputé (voir notre article).

Ilya Romanov à sa sortie de prison

Samedi 11 avril , les migrants emprisonnés du Centre de Rétention Administrative 2 du Mesnil-Amelot (CRA ont occupé la cour du bâtiment et ont bloqué la promenade aux cris de “liberté !”. Ils ont ensuite jeté leurs matelas dans la cours afin d’occuper celle-ci mais, la police les a confisqué. Depuis le début de l’urgence sanitaire les personnes enfermées demandent à être libérées face à la fermeture des frontières. Ils dénoncent le fait qu’aucune mesure sanitaire ne soit prise pour empêcher la propagation du virus à l’intérieur du camp et que les policiers de la Police Aux Frontières (PAF) entrent et sortent de la prison pour sans-papiers au risque d’y amener le virus. La révolte a été réprimée par un dispositif policier important (100 policiers mobilisés dont des CRS) et 8 migrant·es prisonniers, considérés comme meneurs, ont été transféré dans d’autre CRA. Parmi eux, 3 personnes ont été transférées au CRA de Oissel où les migrants prisonniers ont entamé une grève de la faim. Plus d’infos ici.

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot

Le centre de rétention administrative (CRA) du Mesnil-Amelot

Samedi 11 avril, les prisonniers de la prison de Tuminting dans la ville de Manado se sont révoltés et ont incendié des bâtiments. Des centaines de policiers et de soldats ont ensuite pris d’assaut la prison et ont tiré des balles réelles sur les prisonniers en touchant au moins un à la poitrine. Les prisonniers réclament des tests pour dépister le Coronavirus ou leur libération. Une source anonyme à l’intérieur de la prison a déclaré que les responsables de celle-ci tentaient de cacher le début d’une épidémie.

Une prison en Indonésie

Une prison en Indonésie

Mostafa Salimi, un prisonnier politique kurde de 51 ans, condamné à mort, s’était évadé de la prison de Saqez, au Kurdistan iranien, le 27 mars dernier après une émeute (voir notre article). Il avait déjà purgé 17 années dans les prisons iraniennes. Après son évasion, Mostafa Salimi a pu traverser la frontière et arriver dans la région autonome du Kurdistan irakien. Mais les services de sécurité du Kurdistan irakien l’ont arrêté dans la ville de Pnjwyn et l’ont livré aux agents de sécurité iraniens à la frontière de Pnjwyn, alors qu’ils savaient qu’il allait être exécuté. Il a été effectivement exécuté par les bourreaux de la République islamique hier matin, dimanche 11 avril.
Mostafa Salimi

Jeudi 9 et vendredi 10 avril, une révolte a éclaté à la prison n° 15 de la ville d’Angarsk dans la région d’Irkoutsk. Des affrontements ont éclaté entre gardiens et prisonniers dont plusieurs se sont ouvert les veines pour protester contre les violences qu’ils subissent. Les forces spéciales sont intervenues. Elles auraient tiré sur les détenus avec des armes automatiques et les aurait gazés. Par ailleurs, dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie d’envergure a détruit huit bâtiments d’une superficie de 30 000 m2 sur le territoire de la prison. Samedi, le corps d’un prisonnier a été découvert samedi dans les décombres de la prison.

Les prisonniers se sont ouvert les veines

Les prisonniers se sont ouvert les veines

Jeudi 9 avril, une émeute a éclaté à la prison La Victoria à Saint-Domingue. Les prisonniers ont notamment tenter d’ouvrir une porte par la force avant d’être repoussés par des gardiens qui tiré des grenades lacrymogènes. Les prisonniers se sont révoltés car elles accusent les autorité de cacher des cas d’infection et de décès du Coronavirus parmi les détenus. Ils dénoncent également les mensonges qui autorités qui prétendent que des mesures sont prises pour respecter la distance sociale parmi les prisonniers alors que ces derniers sont entassés.

La prison La Victoria

La prison La Victoria

Aujourd’hui, une rébellion a éclaté à la prison d’Eleonas à Thèbes, après la mort d’une femme de 35 ans, qui avait été signalée comme présentant tous les  symptômes du Coronavirus. La révolte est partie de l’aile C de la prison et s’est maintenant répandue dans toute la prison, tandis que les forces de police sont présentes en nombre à l’extérieur. Selon les prisonnières, rien n’a encore été fait pour préparer la pandémie malgré les promesses de soulager les prisons surpeuplées. Elles affirment que les hôpitaux n’acceptent pas les patients des prisons et qu’il n’y a pas de médecin à Thèbes. Enfin, elles s’insurgent contre le fait que les groupes vulnérables n’aient pas été libérés. Selon elles, maintenir une telle situation revient à les condamner à mort. La prison de Thèbes est la prison où est enfermée Pola Roupa, militante du groupe armé anarchiste « Lutte Révolutionnaire ». Elle y avait été transférée de force à cause de son rôle dans l’organisation de révoltes de prisonnières à la prison de Korydallos, également à propos du Coronavirus (voir notre article). Pola Roupa a rendu public un document sur la crise sanitaire du coronavirus: voir ici

Pola Roupa

En décembre 2019, le père (Paul Newie) et le plus jeune frère (Sam Newie) d’un volontaire YPG présent au Rojava (Dan Newie), étaient arrêtés et mis en garde à vue pour « soutien à un groupe terroriste » (voir notre article). Parallèlement, Daniel Burke, membre du YPG en 2017-2018 ayant combattu Daech lors de l’offensive de Deir-ez-Zor, passait devant le tribunal de Westminster suite à son arrestation le 7 décembre. Le système judiciaire britannique souhaite maintenant coupler les deux affaires et poursuivre Paul Newie, Sam Newie et Daniel Burke ensemble. Le procès devrait commencer le 1er mai sous réserve que l’épidémie de Coronavirus ne le reporte pas. Une campagne de soutien est en cours.

Daniel Burke

Daniel Burke