Pola Roupa a été transférée dans la prison de femmes parce qu’elle a mené à la prison de Korydallos une mobilisation contre le surpeuplement des prisons et l’adoption de mesures contre l’épidémie dans les prisons. Il y a une possibilité que Niko Maziotis soit transféré à la prison de haute-sécurité de Domokos, sa prison d’attache. Nikos était arrivé à Korydallos en 2015 pour les nombreuses audiences des procès contre « Lutte révolutionnaire », audiences qui se sont succédées pendant 5 ans. Sa détention à Korydallos va prendre fin puisque le 4e procès contre LR se termine. Le verdict de ce procès (concernant les attaques de banque qui ont été attribuées à LR) sera rendu le 28 avril 2020, si il n’est pas reportée pour cause d’épidémie. Le verdict prononcé, Nikos sera probablement transféré à Domokos. Nikos pourraient revenir à Korydallos en 2021, pour la cour d’appel du 5e procès contre LR (concernant la tentative d’évasion par hélicoptère tentée par Pola Roupa en 2015 et deux attaques de banques). Après la verdict d’avril, les 155 ans de condamnations accumulées par Nikos seront fusionnées en 20 ans selon le nouveau code pénal.

Nikos sdet Pola à leur procès, avec une délégation solidaire du SR

Ces derniers jours, plusieurs mouvements de révoltes des prisonniers ont éclaté dans différentes prisons de France d’Italie et de Belgique dans le cadre de la crise liée au Coronavirus. Voici un compte-rendu non-exhaustif des événements.

En Italie, depuis l’annonce, le 7 mars, de la suspension des visites de proches, des troubles majeurs ont éclatés dans 49 prison du pays sur un total de 189. En date du 11 mars, on comptait : 6 000 prisonnier révoltés, 600 lits détruits, ainsi que des dégâts matériels estimés à 35 millions d’euros. Dimanche 8 mars, des mutineries ont éclaté dans quatre prisons du pays. Au moins six prisonniers y sont morts. À Modène, la révolte, particulièrement intense, a fait au moins un mort parmi les détenus alors que 20 gardiens ont été blessés et que le reste du personnel a du être évacué. Les prisonniers sont parvenus à se barricader et à s’emparer d’armes. Dans la prison de Frosinone (sud de Rome), une centaine de prisonniers se sont barricadés dans une section de l’établissement, et la police est intervenue pour réprimer la mutinerie. Les prisonniers ont dressé une liste de revendications, dont la possibilité de visites de leurs proches, et tentent de négocier avec la direction. À la prison Torre del Gallo à Pavie, les prisonniers sont parvenus à prendre deux agents de la police pénitentiaire en otage, et à libérer des dizaines de leurs camarades. Par ailleurs, les familles sont venues soutenir dans la rue la fronde des prisonniers dans plusieurs prisons du pays. Enfin, à la prison de Poggia, dans les Pouilles, plusieurs prisonniers étaient parvenus à s’échapper avant d’être rattrapé par la police.

Des révoltes similaires ont également eut lieu cette semaine en France. Dans les région Alpes-Maritimes, une mutinerie a éclaté à la prison de Grasse, après une révolte de prisonniers inquiets face au coronavirus. Un groupe de six à sept hommes sont notamment montés sur le toit d’un des bâtiments de la prison et ont jeté des projectiles sur les gardiens. Le Raid est intervenu pour réprimer la mutinerie. La lendemain, on dénombrait une dizaine de mouvements de révolte dans tout le pays, principalement des refus par les prisonniers de réintégrer leur cellule après la promenade. Une mutinerie a cependant éclaté au centre de détention de Val-de-Reuil. Les corps d’intervention d’élite de l’administration pénitentiaire (Eris) étaient débordés par le nombre d’incidents et n’ont pas pu intervenir en même temps pour réprimer tous les mouvements.  Jeudi 19 mars, une autre mutinerie a également éclaté à la prison d’Argentan (Orne) avant d’être réprimée par les Eris. Une quinzaine de prisonniers révoltés sont montés sur le toit de la prison et refusaient d’en descendre.

En Belgique, une mouvement de révolte a éclaté à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles) lorsqu’une vingtaine de prisonniers sont montés sur le toit pour protester contre la réduction de leur temps de préau.

Révolte de prisonniers en Italie dans le cadre de la crise du Coronavirus

Révolte de prisonniers en Italie dans le cadre de la crise du Coronavirus

Esmail Abdi, président du syndicat des enseignants en Iran, condamné en 2016 à six ans de prison pour « organisation et participation à des rassemblements illégaux », découlant de ses activités syndicales. Après une grève de la faim en 2017 (voir notre article), il avait été libéré provisoirement début 2018, mais renvoyé à la prison d’Evin le 20 janvier 2018. Il a été libéré provisoirement le mardi 17 mars.

Esmail Abdi

Aujourd’hui, la police grecque a mené une série de raids sur des bureaux et des appartements dans le quartier d’Exarcheia à Athènes. Ces raid visaient le Comité de solidarité pour les prisonniers politiques en Turquie et au Kurdistan et le Front anti-impérialiste. Entre 26 et 35 personnes ont été arrêtées. Ces arrestations, visant des opposant·es au régime fasciste en Turquie, ont été menée sous prétexte de « lutte antiterroriste ». Plus d’infos ici.

Vague d'arrestations contre le Comité de solidarité pour les prisonniers politiques en Turquie et au Kurdistan ainsi que le Front anti-impérialiste

Le 10 mars, le juge de la surveillance pénitentiaire a décidé de réduire la semi-dédention (“tercer grado”, permission de quitter la prison la journée, les week-ends plus autres autorisations) de Lisa, et de ne plus permettre que des sorties pour des raisons professionnelles. Cette décision fait suite à l’appel interjeté par le parquet de l’Audience Nationale en novembre dernier qui demandait le retour au « segundo grado » (c’est-à-dire: sortie interdite) du fait que Lisa n’avait pas renié ses idées anticapitalistes et anarchistes. Son avocat a interjeté appel, car la rétrogradation pour des raisons idéologiques n’est pas envisagée dans le droit pénitentiaire. Lisa est une prisonnière anarchiste arrêtée en 2016 pour une action d’expropriation de banque à Aix-la Chapelle en 2014 (voir nos articles ici, ici et ici)

Banderole de solidarité avec Lisa

Un juge a ordonné jeudi 12 mars la libération de l’ex-informatrice de WikiLeaks, Chelsea Manning qui, la veille, avait tenté de se suicider depuis la prison où elle était détenue en raison de son refus de témoigner devant un grand jury. Ce grand jury ayant été dissous, « le tribunal considère que la comparution de Mme Manning n’est plus nécessaire et que son maintien en détention ne répond plus à un objectif de coercition », a décidé le juge Anthony Trenga. Les pénalités financières qui avaient été fixées pour la forcer à témoigner sur WikiLeaks et son fondateur Julian Assange restent néanmoins valables, et elle devra payer 256 000 dollars d’amendes.

Chelsea Manning, 32 ans, a tenté de se suicider mercredi. Les autorités étaient intervenues à temps et elle a été transférée à l’hôpital. En 2010, le soldat Manning, alors connu sous le prénom de Bradley, avait fait fuiter plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, dont plus de 250 000 câbles diplomatiques qui avaient plongé les Etats-Unis dans l’embarras. L’ex-analyste du renseignement avait été condamnée en 2013 à trente-cinq ans de prison par une cour martiale, mais sa peine avait été commuée par le président Barack Obama. Elle avait été libérée en mai 2017 après sept ans de prison, durant lesquels elle avait entamé sa transition vers le sexe féminin. En mars 2019, elle avait de nouveau été incarcérée parce qu’elle refusait de témoigner sur Julian Assange devant un grand jury.

Chelsea Manning

En décembre 2018, dans le cadre des actions des Gilets Jaunes, des cocktails Molotov avaient été jetés contre la préfecture qui a en partie brûlé. Sept personnes seront inculpées, dont trois mineurs qui passeront en procès le 8 avril. Le procès des quatre autres inculpés âgés de 21 à 37 ans s’est tenu ce lundi 9 mars. Ils ont été condamnés à des peines allant de deux à trois ans de prison, dont 6 mois à trois ans fermes. Plusieurs dizaines de personnes solidaires se sont relayées devant le tribunal tout au long de la journée autour d’une banderole affichant : « l’incendie, on l’a tou.te.s allumé ».

Solidarité avec les inculpés de l'incendie de la préfecture du Puy-en-Velay

Solidarité avec les inculpés de l’incendie de la préfecture du Puy-en-Velay

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Helin Bölek, la chanteuse, et İbrahim Gökçek le guitariste du groupe Yorum, sont en grève de la faim depuis le 16 mai 2019. İbrahim Gökçek a été emprisonné sur les déclarations d’un témoin “secret”. Il risque la prison à vie, et attends depuis 2 ans, que son dossier soit complété, qu’il puisse enfin connaitre les chefs d’accusation, et préparer sa défense.Une première audience n’est toujours pas annoncée. Les membres du Grup Yorum, sont accusés d”appartenance à une organisation terroriste”, en l’occurence au Parti-Front révolutionnaire populaire de libération (DHKP-C). Six membres du groupe, İnan Altın, Selma Altın, Ali Aracı, İbrahim Gökçek, Emel Yeşilırmak, İhsan Cibelik, sont recherchés par le ministère de l’intérieur turc qui propose aux délateurs potentiels une prime de 46.000 euros “par tête”.

Les persécutions que le groupe Yorum sont permanentes. Les concerts du groupe sont interdits depuis 2015. Leur local, le Centre Culturel İdil, situé dans le quartier Okmeydanı à İstanbul, a été violemment perquisitionné par la police en octobre et novembre 2016, en mai et septembre 2017 et en octobre et novembre 2018. Lors de ces descentes, leurs instruments de musique ont été cassés. 30 personnes au total ont été arrêtées lors de ces raids. Les grévistes de la faim revendiquent : L’arrêt des perquisitions et descentes ciblant le centre culturel. La suppression de l’interdiction des concerts de Grup Yorum et l’abandon des poursuites engagées contre les membres du groupe…

https://youtu.be/Qwbh6ZHEiUc

La bonne nouvelle … L’an passé Mumia souffrait d’une perte de la vue très inquiétante, au point qu’il n’était plus en capacité de lire et d’écrire. Diagnostic : cataracte aux deux yeux plus un glaucome. Pas suffisant pour préoccuper l’Administration pénitentiaire de Pennsylvanie Mais la mobilisation internationale a imposé une première opération de la cataracte en août 2019 et une deuxième programmée pour fin septembre … Elle a finalement été réalisée, avec succès, cinq mois plus tard, le 22 février dernier.

Saisie par Maureen Faulkner, veuve du policier assassiné dont le meurtrier désigné fut Mumia Abu-Jamal, la Cour suprême de Pennsylvanie vient de suspendre le droit d’appel accordée à ce dernier en décembre 2018 au terme d’une très longue procédure judiciaire (voir notre article). Ainsi la Cour donne-t-elle crédit à une prétendue partialité en faveur de Mumia dont le procureur de Philadelphie Larry Krasner ferait preuve au lieu de s’opposer à la procédure d’appel, comme le demandent Maureen Faulkner et le syndicat mafieux de la police (FOP). Dans l’attente de se prononcer définitivement, la Cour suprême a décidé de nommer un magistrat enquêteur pour examiner le présumé conflit d’intérêt dont se serait rendu coupable le procureur Krasner, ce qui dans ce cas, comme le réclame Maureen Faulkner, pourrait conduire à le dessaisir de l’affaire Mumia pour la confier au procureur général de Pennsylvanie, assurément plus enclin à suivre les recommandations de la police que de rendre justice.

Un rassemblement de protestation contre la décision de la Cour suprême a eu lieu à Philadelphie vendredi 28 février. Le prochain rassemblement à Paris pour la libération de Mumia aura lieu mercredi 4 mars à proximité de l’ambassade des Etats-Unis place de la Concorde (angle rue de Rivoli / Jardin des Tuileries).

Mumia Abu-Jamal

Mumia Abu-Jamal

Aujourd’hui, l’armée et la police colombienne ont arrêté Hernán Jaramillo Orozco, alias « Guadalupe » dans la municipalité d’Anserma du département de Caldas. Il s’agit l’un des présumés dirigeants d’un réseau de soutien « Bolcheviques de Líbano » (Libano est une municipalité du département de Tolima) de l’ELN. Il aurait également soutenu plusieurs réseaux des dissidents des FARC.

Combattantes de l'ELN