Mardi 11 février, plusieurs milliers de libanais·es manifestaient à Beyrouth pour dénoncer le nouveau gouvernement dirigé par Hassan Diab et s’opposer au vote de confiance de celui-ci par le parlement. Des affrontements ont éclaté entre contestataires et les forces de de sécurité faisant quelque 200 blessés dont plusieurs ont été hospitalisé·es.  Les manifestant·es ont lancé des pierres sur les forces de sécurité et sur les murs protégeant le parlement. Ils ont également tenté de bloquer le chemin des députés. Les forces de sécurité ont quant-à-elle utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Plusieurs groupes de manifestant·es se sont également attaqué aux voitures des députés et des ministre qui se rendaient au parlement. Un groupe a ainsi encerclé la voiture d’un ministre, la recouvrant d’œufs et l’attaquant à coups poings avant que l’armée et des forces de police ne les repoussent. Un autre groupe a également attaqué un député dans sa voiture. Enfin, des manifestant·es ont incendié une banque dans le centre ville. On dénombre plusieurs arrestations dont, Mohamed, un membre de la direction de la jeunesse et des étudiants du Parti Communiste Libanais. Un rassemblement était prévu aujourd’hui pour exiger sa libération.

 Affrontements entre manifestant·es et forces de sécurité au Liban

Lundi 10 février, le tribunal militaire de Penza a condamné sept militants antifascistes à de lourdes peines de prison pour leur participation, selon les services secrets (FSB), à un « réseau terroriste d’extrême-gauche ». Dmitry Pchelintsev a été condamné à 18 ans de prison, Ilya Shakursky à 16 ans, Arman Sagynbaev à 6 ans, Andrei Chernov à 14 ans, Vasily Kuksov à 9 ans, Mikhail Kulkov à 10 ans et Maxim Ivankin à 13 ans d’emprisonnement. Les peines vont donc de 6 à 18 ans d’emprisonnement, conformément à ce qu’avait demandé le procureur de Saint-Petersbourg. Les militants ont tous été condamnés dans l’affaire dite de « The Network ». Cette affaire a commencé en octobre 2017, lorsque le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a arrêté six personnes à Penza les accusant de participation à une organisation terroriste « The Network » (voir notre article).

Pour soutenir les prisonniers, il est possible de :
Faire un don à l’Anarchist Black Cross via PayPal (abc-msk@riseup.net). Assurez-vous de préciser que votre don est réservé à la «Rupression».
Faire connaître l’affaire et organiser des événements de solidarité.
Si vous avez le temps et les moyens de concevoir, produire et vendre des marchandises solidaires, veuillez écrire à rupression@protonmail.com.
Concevoir une carte postale de solidarité qui peut être imprimée et utilisée par d’autres pour envoyer des messages de soutien aux détenus. Envoyez vos idées à rupression@protonmail.com.
Écrivez des lettres de soutien aux prisonniers et à leurs proches via rupression@protonmail.com. Plus d’infos ici.

Manifestation de soutien aux prisonniers accusés de faire partie de "The Network"

Les Kurdes organisent des manifestations à l’échelle européenne pour marquer le 21e anniversaire de l’emprisonnement d’Öcalan le 15 février 1999. Dans ce cadre, une marche de deux jours est organisée dans la ville de Francfort. Dimanche 9 février, la police allemande a interdit les slogans, drapeaux et banderoles représentant les valeurs du peuple kurde. La police a ensuite attaqué les militant·es participant à la marche après la fin de cette étape alors que les militant·es se dispersaient pour se rendre au centre démocratique kurde de Darmstadt. Aujourd’hui, la police allemande a également attaqué cette manifestation et arrêté trois militants venus de France. Ils ont été emmenés au poste de police. La police a également agressé les journalistes de l’ANF qui couvraient la répression. Plus d’infos ici.

La police attaque la longue marche kurde pour la libération d'Öcalan

Hier vendredi, Chuck Africa, le dernier prisonnier des Move 9 a été libéré après 42 ans passé en prison. Il avait été emprisonné peu après ses 18 ans suite à l’attaque et le siège par police d’une maison communautaire de la communauté Move à Philadelphie en 1978. À cette occasion, des centaines de policiers, des équipes des SWAT armés de mitrailleuses, de gaz lacrymogènes, de bulldozers et de canons à eau ont encerclé la propriété à la suite d’un longue confrontation avec les autorités de la ville. La police a ensuite ouvert le feu et des membres de Move auraient riposté, bien qu’ils aient nié l’avoir fait. Un policier avait été tué dans les tirs croisés. Neuf membres ont ensuite été arrêtés et tenus conjointement responsables de la mort du policier malgré les preuves médico-légales montrant qu’il a été tué d’une seule balle (peut)être tirée par la police elle-même). En 1980, les neuf ont été reconnus coupables de meurtre au troisième degré et de délits mineurs et condamnés chacun à des peines allant de 30 ans de prison à la perpétuité. Deux des neuf prisonnier, Merle et Phil Africa, sont morts en prison. Les sept autres se sont battus pendant de nombreuses années pour obtenir leur libération. Chuck Africa était le dernier prisonnier des Move 9 encore en prison (voir notre articles ici et ici).

Chuck Africa

Chuck Africa

Mercredi 4 février, le procès de Joshua Schulte commençait à New York. Joshua Schulte travaillait comme ingénieur logiciel à la CIA. Il est accusé d’avoir divulgué à WikiLeaks des milliers de documents de l’agence, connus sous le nom de «Vault 7», en 2018. Ces documents ont notamment révélé au public des programmes et des outils de la CIA capables de pirater à la fois les téléphones portables Apple et Android. Il est donc en procès pour violation de la loi sur l’espionnage. Le procès devrait durer environ quatre semaines.

Joshua Schulte

Joshua Schulte

Jeudi 30 janvier, un tribunal israélien a prolongé la détention de Jonathan Pollak, un des co-fondateur du groupe « Anarchistes contre le mur ». Ce collectif lutte depuis 2003 contre le mur de séparation construit par Israël. Jonathan Pollak avait été arrêté le 6 janvier 2020, il refusait de se présenter devant le tribunal pour répondre d’accusations relayant une plainte de 2018 du groupe d’extrême droite israélienne Ad Kan qui l’accusait d’avoir attaqué des soldats de Tsahal lors de manifestations en Cisjordanie. Au cours de l’audience du tribunal d’instance de Jérusalem jeudi, le militant anticolonialiste israélien refusant de reconnaître l’autorité des tribunaux et de verser une caution, sa détention provisoire a été prolongée de trois mois jusqu’au 27 avril. Elle pourrait l’être de nouveau, et ce jusqu’au mois de juillet. Plus d’infos ici.

La tour de surveillance israélienne surplombant le village Beit Ummar (archive)

Mercredi 29 janvier, trois militant·es anarchistes Giannis Michailidis, Konstantina Athanasopoulou et une femme non-identifiée ont été capturé·es dans une voiture qui aurait été volée dans la banlieue d’Athènes, à Agia Paraskevi. La police antiterroriste prétend avoir trouvé un fusil Kalachnikov, un pistole-mitrailleur, une arme de poing, des plaques d’immatriculation volées et d’autres objets à l’intérieur du véhicule. Les militant·es ont jusqu’à présent été inculpé·es de quatre crimes et de six délits, dont « appartenance à une organisation criminelle » et « détention illégale d’armes ». Giannis Michailidis s’était évadé de la prison agricole de Tyrintha en juin 2019 (voir notre article). Il a été initialement arrêté en février 2013 pour un double hold up. Il purgeait également une peine pour une attaque contre la police à Pefki en mai 2011. Konstantina Athanasopoulou était quant à elle passée à la clandestinité après avoir été libérée sous caution, suite à son arrestation pour ses liens avec l’organisation « Lutte Révolutionnaire ». Elle avait été condamnée par contumace en 2019 à 35 ans et 6 mois (voir notre article). Plus d’infos ici.

Deux anarchistes en fuite capturé·es par la police antiterroriste

Après un an et demi de clandestinité, samedi 25 janvier, Gabriel Pombo da Silva a été arrêté au Portugal, la région de Monção. La police portugaise aurait bénéficié de l’aide des polices espagnole et italienne. Gabriel était sorti de prison en 2016 (voir notre article), mais il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international, l’Espagne voulant lui faire purger un supplément de peine de dix ans de prison pour des faits datant des années ’90. Dans la clandestinité, Gabriel a continué à se battre et à apporter sa propre contribution à la lutte anarchiste notamment via ses textes. La cour d’appel de Guimarães dispose désormais de 60 jours pour décider de le libérer ou de le remettre en Espagne. En attendant, il est enfermé à titre préventif dans une prison du nord du pays.

Gabriel Pombo da Silva

Mercredi 22 janvier, deux militant·es syndicaux de  CGT-Energie employés à Enedis (ex-ERDF) en Dordogne ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur une coupure d’électricité. Ils auraient coupé le courant le 10 janvier dans l’entreprise Neuvic Interspray (qui conditionne des cosmétiques, aérosols, laques), pour protester contre la réforme des retraites. Cette entreprise étant classée Seveso (chargée du stockage de produits dangereux), les militant·es syndicaux sont accusés de «mise en danger de la vie d’autrui». L’enquête faisait suite à deux plaintes déposées par cette entreprise et par Enedis. Une soixantaine de personnes, syndicalistes CGT principalement mais FO aussi, étaient rassemblées en mi-journée mercredi devant la gendarmerie de Neuvic (où les militants sont emprisonnés) en soutien de leurs deux collègues. Plus tôt dans la matinée une nouvelle coupure avait été effectuée dans la même entreprise en solidarité avec les deux prisonniers.

Deux militants syndicaux en garde à vue pour voir coupé l'électricité dans une entreprise

Deux militants syndicaux en garde à vue pour voir coupé l’électricité dans une entreprise