Le 12 janvier, l’audience concernant la demande d’asile de la révolutionnaire turque Zehra Kurtay s’est tenue devant le tribunal administratif, la décision sera rendue le 19 janvier. Une forte mobilisation de soutien a rassemblé des personnes venues de toute la France et de l’étranger. Ils ont tous souligné les graves risques qu’une extradition vers la Turquie ferait courir à Zehra. Lors de l’audience, le représentant de l’État a présenté la militante et journaliste comme une menace, allant jusqu’à des comparaisons choquantes avec l’attentat terroriste du Bataclan et l’accusant d’une supposée récidive pour ne pas s’être présentée une fois à la gendarmerie, en raison du décès de sa mère. La défense a insisté sur les violations massives des droits humains et les risques de torture en Turquie, citant notamment le cas d’Ayten Öztürk (voir notre article). À l’extérieur de l’audience, les soutiens ont partagé un moment de solidarité et de détermination, tandis que Zehra Kurtay a remercié chaleureusement tous ceux qui la soutiennent. Cela intervient alors que Zehra en est à plus de 190 jours de grève de la faim illimitée pour exiger de pouvoir vivre en France.

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La militante révolutionnaire Zehra Kurtay est en grève de la faim depuis le 3 juillet 2025 pour le rétablissement de son titre de séjour en France (voir notre article). Sa situation administrative sera à nouveau examinée le 12 janvier, dans le cadre de son troisième procès contre la préfecture, qui a fait appel de deux verdicts favorables précédents. Cette audience doit statuer sur son titre de séjour, délivré en France par la préfecture pour des durées variables, mais la reconnaissance officielle de réfugiée et la protection contre l’expulsion ne sont accordées qu’après décision d’Ofpra. Le processus a été retardé depuis le 15 décembre, et sa deuxième demande auprès d’Ofpra a été annulée. Des avocats et associations appellent les autorités et la justice à accélérer la procédure, compte tenu de l’urgence de sa situation médicale, en organisant un rassemblement devant l’OFPRA le 8 janvier à 11 h (201 rue Carnot, Bâtiment A, Fontenay-sous-Bois) et un autre devant la Cour administrative d’appel de Paris le 12 janvier à 10 h (86 rue François Miron). Parallèlement, un appel est lancé pour un twitterstorm sur X le 8 janvier à 20 h (voir photo).

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En Tunisie, plusieurs travailleurs humanitaires de l’ONG française Terre d’asile, détenus depuis plus de 20 mois pour avoir prétendument « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier. Parmi eux figure Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, condamnée à deux ans de prison avec sursis, tout comme ses collègues incarcérés. La décision judiciaire, saluée par leurs soutiens, intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et de tensions politiques accrues sous la présidence de Kaïs Saïed, tandis que le tribunal doit encore statuer sur le sort des autres accusés laissés en liberté.

Le 30 décembre 2025, la direction du centre fermé de Merksplas, sur ordre de l’Office des étrangers, a mené des fouilles répressives et placé 15 détenus au cachot après avoir eu connaissance de projets d’actions collectives contre l’enfermement. En réaction, une vingtaine de personnes détenues ont entamé une grève de la faim. Elles dénoncent des conditions de détention inhumaines : nourriture déplorable, absence de soins médicaux, violences, isolement, présence de mineurs cachés, enfermement prolongé de personnes malades, âgées ou ayant une vie familiale en Belgique, ainsi que des atteintes linguistiques et à la dignité. Les grévistes exigent un traitement digne et respectueux de leurs dossiers, rappelant que ces centres fermés sont des prisons pour des personnes innocentes.

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La crise migratoire à la frontière polono-biélorusse a révélé que la Pologne a contourné le droit européen en créant une zone d’exception de trois kilomètres où les ONG, journalistes et avocats étaient interdits, permettant des expulsions immédiates vers la Biélorussie. Ces pratiques violent le principe de non-refoulement, la CEDH et la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Le cas polonais montre comment le droit européen, inefficace et sans moyens coercitifs, se plie aux intérêts nationaux, sacrifiant les droits fondamentaux au nom de la sécurité et du contrôle migratoire.

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Aux États-Unis, l’administration Trump a profité des fêtes de Noël pour renforcer sa politique migratoire répressive, en diffusant une campagne de communication provocatrice du département de la Sécurité intérieure (voir photo) et en augmentant temporairement la prime au « départ volontaire » des personnes en situation irrégulière de 1 000 à 3 000 dollars. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large d’intensification des arrestations, détentions et expulsions menées par la police de l’immigration, qui touche désormais aussi des personnes présentes légalement sur le territoire.

La grève de Zehra Kurtay se poursuit depuis plus 170 jours contre les violations de ses droits et les manœuvres des autorités françaises, notamment après la clôture de son dossier de demande d’asile par l’OFPRA (voir notre article). Son comité de soutien appelle à une mobilisation le lundi 22 décembre devant l’OFPRA à 11H30, puis devant la Cour nationale du droit d’asile à 14H, afin de protester contre le report de l’audience d’appel de la préfecture au 12 janvier. Par ailleurs, ils appellent également à être présent le 12 janvier 2026 pour l’audience finale, afin d’exiger que son droit au séjour en France soit respecté.

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Le 8 décembre 2025, les 27 États membres de l’Union européenne ont approuvé un durcissement significatif du pacte asile et migration, visant notamment à accélérer le retour des migrants irréguliers et à permettre leur envoi vers des pays tiers jugés sûrs, même si ce ne sont pas leurs pays d’origine. Le texte prévoit aussi une répartition plus importante des migrants entre États membres pour réduire leur présence dans les pays d’entrée principaux. Une mesure clé concerne les « plateformes de retour », c’est-à-dire des centres situés dans des pays tiers où seraient accueillis les migrants dont la demande d’asile a été refusée avant leur éventuel renvoi vers l’UE. Malgré plusieurs contestations, y compris sur le terrain juridique, cette pratique pourrait s’étendre à d’autres pays. Ces mesures doivent encore être adoptées par le Parlement européen, avec une possible mise en œuvre en 2026.

Le gouvernement belge veut faire adopter une loi autorisant des « visites domiciliaires », c’est-à-dire des intrusions policières dans les logements de personnes sans papiers ou de leurs hébergeurs, afin de procéder à des arrestations, détentions et expulsions. La police pourrait forcer l’entrée entre 5H et 21H avec une simple autorisation d’un juge d’instruction, tandis que les recours des personnes arrêtées ne seraient pas suspensifs. Le Premier ministre Bart De Wever présente la mesure comme ciblant des individus qui menaceraient l’ordre public, cependant les critères retenus touchent une grande partie des personnes sans papiers.

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La Cour de cassation a annulé un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles qui jugeait légale la détention administrative d’un manifestant palestinien retenu depuis le 6 octobre au centre fermé de Merksplas, estimant que les juges n’avaient pas répondu à deux arguments essentiels de la défense concernant l’absence de preuve d’une menace à l’ordre public et une possible violation de l’article 5 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Malgré cette décision, l’Office des étrangers refuse de libérer l’intéressé, dont la demande d’asile est toujours en cours d’examen, et sollicite même une prolongation de détention.

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