Les militants anti-loi Travail qui bloquaient des dépôts de carburant près de Rouen, ont été évacués sous la pression des forces de l’ordre. En milieu d’après-midi ce vendredi, une quinzaine de fourgons de CRS se sont d’abord rendus à l’église Saint-Nicaise de Rouen, avant de partir vers les dépôts Rubis Terminal, au Grand-Quevilly. Sous la pression de nombreux CRS déployés autour du barrage, près de la première entrée du dépôt, les militants ont quitté le point de blocage. Le second point de blocage, rue de l’Ancienne Mare au Petit-Quevilly, a été évacué en début de soirée, sans recourir à l’usage de la force. Lors de l’intervention des CRS, une importante fumée noire, déclenchée par les grévistes, était visible à des kilomètres dans l’agglomération de Rouen.

Près de Saint-Nazaire, les salariés de la raffinerie Total de Donges ont également voté un arrêt de la production de leur entreprise et ce jusqu’au vendredi 27 mai. Même chose, à Feyzin, près de Lyon, où les salariés ont également voté l’arrêt de la raffinerie. Cela signifie que trois des raffineries Total de France, sur quatre, seront à l’arrêt. La dernière, celle de Grandpuits-Bailly-Carrois, près de Melun, est pour sa part bloquée par des manifestants, au moins jusqu’à lundi 23 mai.

Le piquet de grève à la raffinerie Total

Le piquet de grève à la raffinerie Total

Esmail Abdi, secrétaire de l’Association Syndicale des Enseignants Iraniens, a été libéré de la prison d’Evin le 14 mai sous caution. Il reste en sursis jusqu’à la finalisation de sa peine. Esmail Abdi et Jafar Azimzadeh, président de l’union libre des travailleurs iraniens, ont entamé une grève de la faim le 29 avril dernier (voir notre article). Jafar Azimzadeh est toujours en prison où son état de santé se serait fortement dégradé.

Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi

Le syndicaliste en grève de la faim Mahmoud Behechti Langaroudi, qui était à l’article de la mort après 22 jours de grève de la faim en Iran et plusieurs jours de grève de la soif, vient d’être libéré ce 11 mai de prison. Il se trouve chez lui dans un état de santé vraiment critique. Deux autres syndicalistes restent emprisonnés et en grève de la faim: Ismaël Abdi et Jafar Azim Zadeh, président de l’union indépendante des travailleurs iranien (voir notre article https://secoursrouge.org/Iran-Deux-syndicalistes-emprisonnes-vont-entrer-en-greve-de-la-faim).

Mahmoud Behechti Langaroudi

Mahmoud Behechti Langaroudi

Environ 16 militants syndicaux Kurdes ainsi que membres du Syndicat libre des travailleurs Iraniens ont été arrêtés au cours des derniers jours du mois d’avril 2016, dans les villes de Sanandaj et Saqqiz situées dans le Kurdistan iranien. Ils auraient été arrêtés dans le cadre d’une opération lancée par les forces répressives iraniennes, censées empêcher des actions et des protestations qui avaient été organisées précédemment pour le 1er Mai. Dans le Kurdistan Iranien comme dans le reste de l’Iran, les travailleurs se plaignent constamment des bas salaires et des retards de paiements de ceux-ci, des dégradations de leurs conditions de travail, des normes de santé et de sécurité jamais respectées par le patronat local, leurs protestations se concentrent également sur leurs droits à la retraite et leurs droit a pouvoir bénéficier d’assurance sociales correctes et équitables, droits qui ont été plus que rognés au cours de ces dix dernières année par les programmes économiques ultra libéraux régime des Mollahs.

Syndicalistes kurdes iraniens arrêtés

Syndicalistes kurdes iraniens arrêtés

Une manifestation avait lieu ce samedi 14h à Clermont-Ferrand, en solidarité avec Antoine, un militant de la CARA (Cellule Antifasciste Révolutionnaire d’Auvergne) et de la CGT. Antoine avait été arrêté le 29 avril lors de l’occupation du conseil municipal de Clermont-Ferrand, lorsque la police avait évacué la salle à coups de matraques, de gaz et de taser. Il a refusé de passer en comparution immédiate et restera donc emprisonné jusqu’à son procès le 26 mai prochain. La manifestation s’est entourée d’un service d’auto-défense pour se protéger de la police.

France: Succès de la manifestation pour Antoine à Clermont-Ferrand

Fabrice Roulliaux, militant CGT de Peugeot SA Rennes, a été condamné à deux mois ferme et Yann Tavernet, militant CGT de Peugeot SA à Tremery, a été condamné à 500 € d’amende. Ils ont été accusés de rébellion suite à une manifestation contre la loi Travail, ce qu’ils contestaient. Fabrice Roulliaux écope d’une peine de prison ferme car il refuse d’accepter la peine de 120 heures de TIG (Travaux d’Intérêt Général). Il est aussi condamné à 600 € d’amende pour avoir refusé de donner son ADN. Ils vont tous deux en appel.

Délégation CGT Tremery

Délégation CGT Tremery

Ce 20 avril, la police est rentré de force dans le local de la CNT à Lille, détruisant le rideau de fer de la fenêtre et saccageant l’intérieur du local et tout le matériel qu’il contenait. Plusieurs militants ont été arrêtés et de nouvelles scènes de brutalité policière ont eu lieu. Cette brutalité s’est étendue aux habitants du quartier et au rassemblement de soutien qui a spontanément eu lieu.

Meubles et affiches saccagés.

Meubles et affiches saccagés.

Le 3 août 1981, les 13.000 contrôleurs aériens affiliés au syndicat PATCO (la Professional Air Traffic Controllers Organization) entreprenaient une grève contre l’agence fédérale de l’aviation pour demander une réduction des heures de travail, le recrutement de nouveaux employés et des augmentations de salaire.

Manifestation des contrôleurs grévistes

Manifestation des contrôleurs grévistes

Le jour même , le président Ronald Reagan passait à la télévision pour dénoncer les grévistes, évoquer un péril pour la « sécurité nationale » et lancer un ultimatum : où bien ils reprenaient le travail dans les 48 heures, où ils étaient licenciés et interdits de façon permanente de tout emploi fédéral. Reagan invoquait la Taft-Hartley de 1947. il s’agissait d’une législation anti-syndicale qui rendait illégaux les débrayages spontanés et obligatoire des préavis de grève de 60 jours, qui retirait le droit de grève aux fonctionnaires fédéraux, aux fonctionnaires d’états et aux fonctionnaires des collectivités locales, qui donnait le droit au gouvernement fédéral d’interdire une grève mettant en danger la sécurité nationale, et qui obligeait les responsables syndicaux à prêter serment de non-communisme (cette dernière disposition sera décrétée inconstitutionnelle en 1965).

Reagan, flanqué du ministre des transports, annonce le 5 août le licenciement des grévistes

Reagan, flanqué du ministre des transports, annonce le 5 août le licenciement des grévistes

Le 5 août, Reagan licenciait les 11.359 contrôleurs qui avaient défié l’ordre de retour au travail et les faisait remplacer en partie par des militaires. Commença alors une opération antisyndicale radicale, qui se termina par la création d’une liste noire et le licenciement permanent des travailleurs, la saisie des finances de la PATCO et la révocation de l’accréditation syndicale du syndicat. Des agents du FBI sont intervenus contre les piquets de grève. Des dirigeants de la PATCO furent arrêtés et emmenés en prison avec les fers aux pieds, entourés d’agents du FBI l’arme au poing. Quatre membres de la PATCO ont été emprisonnés par le gouvernement fédéral au printemps et à l’été 1983. Ron May, Gary Greene, Lee Grant et Dick Hoover avaient été ciblés pour leur militantisme lors de la grève. Accusés de délit majeur de grève contre le gouvernement, ils seront emprisonnés, frappés d’amende et privés de façon permanente de leurs droits civiques.

1983: Les syndicalistes Lee Grant, Ron May et Gary Greene devant un tribunal fédéral

1983: Les syndicalistes Lee Grant, Ron May et Gary Greene devant un tribunal fédéral

Les attaques de Reagan contre les grévistes de la PATCO ont provoqué une opposition massive des travailleurs tant aux Etats-Unis qu’ailleurs dans le monde. Un mois après que Reagan eut congédié les grévistes de la PATCO, plus de 500 000 travailleurs ont convergé sur Washington, DC, lors d’une « journée de solidarité » — la plus grande manifestation jamais organisée aux Etats-Unis.

19 septembre 1981: Journée de solidarité avec les grévistes de PATCO

19 septembre 1981: Journée de solidarité avec les grévistes de PATCO


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Mais les grandes centrales syndicales — l’AFL-CIO, les Travailleurs unis de l’automobile, les Teamsters, etc.— n’ont pas soutenu la PATCO. Suite à l’ultimatum de Reagan adressé aux grévistes de la PATCO, l’AFL-CIO a ordonné à ses affiliés (pilotes, machinistes et agents de bord) de franchir les piquets de grève pour se rendre au travail.
La défaite de la PATCO a été le signal d’une vague antisyndicale, de compressions salariales et de licenciement de masse menée par les grandes entreprises dans tous les secteurs de l’économie américaine. Le modèle était posé: Thatcher allait âtre la première à le suivre en Angleterre, les autres gouvernements européens suivant rapidement. La fin de la grève des contrôleurs aériens a marqué la fin des politiques du réformisme et des compromis de classe qui ont prédominé dans la période de l’après-guerre et le déclenchement de l’offensive néo-libérale qui se poursuit toujours aujourd’hui.

Une intervention brutale des forces de sécurité algérienne a délogé les enseignants contractuels en grève de la faim pour leur intégration, qui avaient organisé un campement de protestation à la cité 950-Logements de Boudouaou. Les grévistes ont été surpris par un impressionnant dispositif sécuritaire qui les a évacués de force à 3h hier matin alors que la plupart des grévistes sombraient dans un sommeil profond des suites de la fatigue. Des blessés ont été enregistrés parmi eux qui ne s’attendaient pas à une si impressionnante intervention à une heure tardive de la nuit. L’un des enseignants serait grièvement blessé.

Encerclés depuis deux jours par un large et impressionnant dispositif sécuritaire, les enseignants grévistes étaient coupés hier de tout contact notamment avec la presse empêchée d’accéder sur le lieu de la grève de la faim. Les services de sécurité avaient également dépêché des véhicules équipés de brouilleurs rendant impossible toute communication téléphonique avec l’extérieur. Des enseignants venus de Tébessa soutenir les grévistes ont été, eux aussi, empêchés d’approcher. Plusieurs contractuels ont observé un sit-in devant la direction de l’éducation de Boumerdès pour réitérer leurs revendications et dénoncer l’intervention des forces de l’ordre contre le camp des grévistes de la faim.

Les enseignants grévistes de la faim cernés par la police

Les enseignants grévistes de la faim cernés par la police

Esmail Abdi, secrétaire de l’Association Syndicale des Enseignants Iraniens, a été arrêté le 27 juin. Il purge actuellement une peine de dix ans sur les accusations de «organisation et participation à des rassemblements illégaux », découlant de ses activités syndicales. Jafar Azimzadeh, président de l’union libre des travailleurs iraniens, un des organisateurs d’une pétition signée par plus de 4.000 travailleurs demandant des améliorations des conditions de travail et des hausses de salaire, a été condamné en mars 2015 à une peine de cinq ans de prison pour activités syndicales. Les juges lui ont également interdit de parler de son affaire aux médias étrangers comme nationaux et de toute appartenance à des groupes politiques ou syndicaux pendant deux ans à compter du premier jour de la fin de cette peine. Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi commenceront une grève de la faim le 29 avril.

Jafar Azimzadeh et Esmail Abdi