Le procès en appel du leader syndicaliste et enseignant Ghislain Dugarry Assi, responsable du Mouvement des enseignants pour la dynamique de la dignité (MEDD), est terminé. La cour d’appel d’Abidjan a confirmé, hier mercredi 16 juillet, la condamnation à deux ans de prison ferme, sans mandat de dépôt du syndicaliste accusé d’avoir incité à la grève dans un établissement scolaire pour réclamer, entre autres, la revalorisation des primes trimestrielles. Une grève qualifiée d' »illégale » par les autorités du pays (voir notre article).

Arrêté dans la nuit du 2 au 3 avril, Ghislain Duggary Assy avait été condamné cinq jours plus tard à deux ans de prison ferme, notamment pour « entrave au fonctionnement du service public ». En mai, il avait été mis en liberté provisoire.

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Le tribunal pénal n° 1 de Gijón (Xixón) a ordonné l’emprisonnement de six syndicalistes (cinq hommes et une femme). Ces syndicalistes asturiens avaient lutté contre le harcèlement et l’exploitation d’une travailleuse enceinte dans La Suiza, une entreprise de boulangerie-pâtisserie de la ville. Les « 6 de Xixón » ont été condamné·es à trois ans et demi de prison (et 125 428 € d’amende en faveur de l’employeur) pour « harcèlement », malgré une importante campagne de solidarité (10 000 manifestants à Gijon le 29 juin),  après sept années de procédure.

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Ce mercredi 9 juillet, en Inde, plus de 250 millions de personnes se sont mobilisées dans une grève nationale contre des réformes du code du travail, bientôt étudiées au Parlement. Cette grève massive a été appelée par dix syndicats et rejointe par de très nombreux travailleurs, organisés ou non, de plusieurs secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des services publics, et soutenue par des organisations du mouvement étudiant et féministe. Dans certaines régions, toute activité économique était à l’arrêt complet.

La réforme combattue est une nouvelle attaque contre le code du travail indien. Les changements permettaient alors aux employeurs et au gouvernement d’augmenter la charge de travail, de licencier facilement les travailleurs, de réduire la couverture d’assurance maladie et de rendre plus difficile la création de syndicats. Plusieurs affrontements ont eu lieu avec les forces de sécurité, notamment lorsque les partisans du Parti communiste indien (marxiste) ont bloqué les voies ferrées dans différentes régions et se sont heurtés à la police de l’état et à la Force de protection des chemins de fer (RPF).

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Après plus de 10 ans de procédure, cinq postiers et syndicalistes de SUD PTT 92 ont été condamnés à plusieurs milliers d’euros d’amende pour des « dégradations », deux d’entre eux ont été condamnés pour « violations de domicile » et l’un d’entre eux, Gaël Quirante, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour des faits de « violence ». Deux d’entre eux ont d’ors et déjà annoncé faire appel de la procédure. Afin de les soutenir, des centaines de personnes se sont rassemblées le 10 juillet devant le Tribunal de Paris, mais aussi devant les locaux de la Poste à Grenoble, Bordeaux ou encore Toulouse.

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Jonas est un syndicaliste de la CGT qui est salarié à Carrefour Portet. Il est convoqué le samedi 12 juillet à 8h00 à un entretien préalable au licenciement. Afin de le soutenir, l’Union Locale CGT Mirail et la CGT Commerce et Services appelle à se rassembler au même moment devant l’entreprise boulevard Europe, 31120 Portet sur Garonne.

Vendredi 4 juillet à Toulouse, près d’une centaine de personnes se sont rassemblées à l’occasion de la tenue de l’audience aux Prud’hommes de Nadia, syndicaliste licenciée par le sous-traitant en ingénierie Magellium-Artal en raison de son engagement militant. À l’appel de plus de 40 organisations, la mobilisation a été l’occasion de dénoncer la répression anti-syndicale de toutes celles et tous ceux qui s’opposent aux politiques patronales, mais aussi qui dénoncent la participation de leurs entreprises au militarisme et au génocide en Palestine. La décision finale sera rendue par le tribunal le 25 juillet prochain.

15 salariés d’EDF-PEI (EDF Production électrique insulaire), grévistes à l’époque du black-out, ont été placés en garde à vue puis relâchés, entre lundi soir et mardi soir. Cela fait suite à une enquête ouverte pour « mise en danger de la vie d’autrui et dégradations de biens d’utilité publique », après la coupure généralisée qui avait touché l’archipel, le 25 octobre 2024. La veille, le 24, les alarmes ont été déclenchées dans la salle de contrôle du système électrique central de Jarry en Guadeloupe, et les moteurs thermiques ont été brutalement arrêtés, de sorte que les deux autres groupes électriques ont été désactivés, privant d’électricité l’ensemble du Département de Guadeloupe pendant plus 24 heures. La gendarmerie avait alors pris le contrôle de la salle des commandes.

La Grande Marche des Enseignants du Syndicat des Enseignants du Secteur Privé est arrivée à Ankara le 1er juillet. Le 25 juin, elle était partie d’Istanbul pour réclamer des droits salariaux de base, des contrats à durée indéterminée ou encore l’égalité des droits avec le secteur public. Arrêtés par la police rue Ziya Gökalp, les travailleurs de l’éducation ont été bloqués pendant de longues heures. Certains d’entre eux ont été menottés dans le dos et d’autres frappés.

Syndicaliste à la CGT et employée de Magellium-Artal, Nadia a été licenciée pour avoir osé parler, s’organiser et dénoncer des conditions de travail dégradées. La direction a utilisé des mesures particulièrement brutales pour imposer son éviction rapidement. Avec le soutien de l’UL CGT Toulouse Sud, Nadia a saisi les prudhommes en référé pour exiger sa réintégration. Après une première mobilisation unitaire devant le site de l’entreprise (voir notre article), un rassemblement de soutien est organisé ce 4 juillet à 8H30 devant le Conseil des Prud’hommes (6, rue Antoine Deville à Toulouse) à l’appel de 44 organisations politiques, syndicales et associatives.

En Tunisie, un rapport d’Amnesty International publié le 17 juin dénonce la répression envers des militants syndicalistes et écologistes. Contrairement au discours politique du président Kaïs Saïed qui s’est engagé à défendre la justice économique et sociale et les plus marginalisés, des militants et des syndicalistes sont arrêtés et parfois détenus sur la base de l’article 136 du Code pénal « entrave au travail » et l’article 107 « obstacle à un service public ». La répression a notament eu lieu dans les régions de Sfax, Siliana, Tunis et Kairouan. Les militants sont détenus pendant des périodes allant de trois jours jusqu’à vingt mois. Près de 90 personnes font l’objet de poursuites judiciaires. La répression dissuade les gens d’aller manifester et les médias traditionnels couvrent de moins en moins les protestations sociales et environnementales.

Parmi les mouvement réprimées, le mouvement Stop Pollution, un mouvement écologique dans le sud tunisien qui milite contre la pollution de la ville de Gabès, où se trouve le complexe industriel du Groupe chimique tunisien, et le syndicat des agents de la société Tunisie Autoroutes qui avait organisé une grève en mai 2023.