Florian Soto, délégué CGT de la centrale de Gardanne, dans les bouches du Rhône, a été placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie d’Aix en Provence. C’est un nouveau cas de répression visant à briser la grève de ces travailleurs, une semaine après que l’un d’entre eux ait été convoqué par la direction à un entretien en vue de sanctions. Le lendemain de l’arrestation, les locaux syndicaux étaient été visés par la police, qui a encerclé la centrale pour y faire une perquisition. Cette répression à l’égard des grévistes intervient à un moment particulier. En effet, alors que ces derniers sont en lutte depuis 2018 contre l’annonce de la fermeture de la centrale à charbon (promesse de campagne d’Emmanuel Macron), le contre-projet présenté par la CGT pour sauver le site a réussi son étude de faisabilité. Face à cette double attaque les grèvistes ont appelé à des rassemblements de soutien à leur camarade et ont envahi les voies de la gare Saint-Charles de Marseille et paralysant une partie du trafic.

La grève à la centrale de Gardanne

 

Mercredi 12 février, un délégué CGT, salarié de la centrale de Gardanne, a été placé en garde à vue. Il est accusé d’avoir menacé le directeur du site et a été interrogé durant trois heures dans les locaux de la gendarmerie d’Aix-en-Provence. En réaction à son placement en garde à vue, des représentants de la CGT et des travailleurs de la centrale ont bloqué les voies de la gare ferroviaire de Gardanne pour réclamer la libération de leur camarade. Le lendemain, un militant syndical a été interrogé par la police Blocage du dépôt des éboueurs à Pau du 31 janvier. En réaction, une manifestation, regroupant de nombreux syndicalistes et Gilets Jaunes, a été organisée non loin du commissariat. Le même jour, des étudiants qui souhaitez manifester à l’université de Tolbiac (Paris) contre la précarité étudiante ont été nassés par la police.

Ce samedi 15 février, se tenait l’acte 66 des Gilets Jaunes. À Rennes la manifestation était interdite, ce qui n’a pas empêcher un millier de personnes de se rassembler. Des affrontements ont eut lieu avec la police qui ont utilisé une autopompe, des gaz lacrymogène et ont chargé la manifestation à plusieurs reprise. Sept manifestants ont été arrêtés. Cinq manifestants ont été conduite au CHU Pontchaillou, pour des plaies contuses au visage, après avoir essuyé des coups de matraque. À Paris, un parcours sur les trois prévus a été interdit.

Charge policière lors de l'acte 66 des Gilets Jaunes à Rennes

Jeudi 23 janvier, des agents d’Enedis passaient devant le tribunal de Vannes pour avoir bloqué avec leurs collègues de GRDF la plateforme de stockage logistique Serval (ex-ErDF) de Ploërmel. Ce blocage avait commencé le 10 janvier dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites. Mardi 14 janvier, 19 militant·es ont reçu·es une assignation à comparaître jeudi devant le tribunal de Vannes. Le jugement a été rendu ce vendredi 31 janvier, déboutant la direction et ne prononçant aucune condamnation à l’encontre des grévistes. Lundi 27 janvier, un procès dans le cadre d’une affaire similaire se tenait à Bordeaux. Six militant·es étaient assignés devant le Tribunal Judiciaire par Serval pour avoir bloqué la plateforme d’Enedis à Floirac pendant deux semaines. Ils s’étaient montrés solidaires envers les autres professions grâce à des actions coups de poings, avec des coupures électriques et gazières notamment dans les lycées. Plusieurs centaines de personnes sont venues les soutenir en scandant des slogans faisant du bruit jusque dans la salle même. Le juge a décidé de ne pas renvoyer l’affaire. Plus d’infos sur le procès de Bordeaux ici.

rassemblement de soutien aux six travailleurs d'Enedis

Vendredi 31 janvier, 10 salariés de l’entreprise Enedis passaient en référé pour “occupation illégale” d’une plate forme logistique à Castelnau-D’Estretefond où les grévistes y tenaient leur pique de grève. Plus de 150 personnes se sont rassemblées devant le Tribunal de Grande Instance à Toulouse pour exiger l’arrêt des poursuites. Le rendu du procès aura lieu mercredi 5 février.

 

Rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance à Toulouse.

Mercredi 22 janvier, deux militant·es syndicaux de  CGT-Energie employés à Enedis (ex-ERDF) en Dordogne ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur une coupure d’électricité. Ils auraient coupé le courant le 10 janvier dans l’entreprise Neuvic Interspray (qui conditionne des cosmétiques, aérosols, laques), pour protester contre la réforme des retraites. Cette entreprise étant classée Seveso (chargée du stockage de produits dangereux), les militant·es syndicaux sont accusés de «mise en danger de la vie d’autrui». L’enquête faisait suite à deux plaintes déposées par cette entreprise et par Enedis. Une soixantaine de personnes, syndicalistes CGT principalement mais FO aussi, étaient rassemblées en mi-journée mercredi devant la gendarmerie de Neuvic (où les militants sont emprisonnés) en soutien de leurs deux collègues. Plus tôt dans la matinée une nouvelle coupure avait été effectuée dans la même entreprise en solidarité avec les deux prisonniers.

Deux militants syndicaux en garde à vue pour voir coupé l'électricité dans une entreprise

Deux militants syndicaux en garde à vue pour voir coupé l’électricité dans une entreprise

Mardi 7 janvier, la Cour de cassation a confirmé la condamnation du président de la FGTB d’Anvers, Bruno Verlaeckt, par la Cour d’appel d’Anvers pour violation de l’article 406 du Code pénal (« entrave méchante à la circulation »). Elle confirme ainsi la condamnation prononcée contre un militant et le président de la FGTB d’Anvers en 2016 suite à une action syndicale de blocage dans la zone portuaire (voir notre article). C’est la première fois que l’article 406 est invoqué pour réprimer des actions sociales. Ce jugement pourrait donc marquer l’utilisation plus systématique de l’article 406 du Code pénal contre les actions syndicales. La FGTB envisage de porter l’affaire devant les juridictions internationales et annonce qu’elle ne laisserait pas cette condamnation dicter comment ses actions seront menées.

Bruno Verlaeckt (en noir à droite)

Bruno Verlaeckt (en noir à droite)

 

Partie un peu tardivement, la manifestation contre la réforme des retraites a été un succès de mobilisation hier jeudi à Lyon, avec un important renfort de gilets jaunes, de lycéens et d’étudiants. Quelques affrontements ont éclaté lors du cortège. Des manifestants ont lancé des cailloux et des bombes de peinture en direction de l’Hôtel-Dieu et des forces de l’ordre. Réponse immédiate : la police a chargé en direction du cortège. Les heurts n’auront pas duré très longtemps. La manifestation a pu reprendre sur la place Bellecour.

Les heruts à Lyon

 

Alors que le mouvement de protestation contre la réforme des retraites atteint ce mercredi son 42e jour de blocage, la Chambre de commerce et d’industrie du Havre (CCI) a été le théâtre d’affrontements. Ce mercredi soir, vers 18 heures, la CCCI a dû annuler in extremis sa cérémonie de vœux, en arguant de raisons de sécurité. Plus d’une centaine de manifestants, parmi lesquels on comptait majoritairement des dockers et des syndicalistes de la CGT, se sont rassemblés devant la CCI, alors que des policiers étaient postés à l’intérieur. Les manifestants ont essayé de pénétrer dans le bâtiment. Ils ont réussi abîmer une porte et à envoyer dans le hall des fumigènes et des pétards artisanaux de forte puissance. Un commissaire présent sur place a ramassé un pétard qui lui a explosé dans la main. Il a eu un doigt arraché. Vendredi dernier, la mairie avait fait l’objet d’une manifestation sauvage lors d’une cérémonie de vœux. L’édile a annoncé avoir déposé plainte, après que des dizaines de personnes opposées à la réforme avaient envahi l’hôtel de ville et consommé les petits fours et champagne prévus pour la soirée.

Les opposants massés devant la CCI du Havre, mercredi 15 janvier

Vendredi 10 janvier à Albi, plusieurs dizaines de manifestants en lutte contre la réforme des retraites ont fait un barrage filtrant à la sortie d’un centre de tri postal. Un jeune syndicaliste de 20 ans a été interpellé et placé en garde à vue pendant 4 heures pour « obstruction de la voie publique ». Dès l’interpellation, une cinquantaine de militants solidaires ont manifesté devant le commissariat jusqu’à la libération du militant. Celui-ci a refusé de signer le procès verbal et de donner son ADN.

 

Rassemblement de soutien à Albi au militant interpellé.

En grève depuis plus d’un mois contre la réforme des retraites, les différentes organisations syndicales de cheminot·e·s organisent un concert de soutien jeudi 9 janvier à partir de 16H (20 avenue de Lyon 31500 Toulouse). Au programme restauration chaude, buvette et plusieurs groupes de musique.

Par ailleurs, le syndicat Sud Rail Midi Pyrénées a mis en place une caisse de grève en ligne pour soutenir les cheminot·e·s grévistes (voir ici).