Des manifestations ont eu lieu ce samedi 4 janvier partout en France pour demander le retrait de la réforme des retraites, à l’appel des unions départementales CGT, FO, Solidaires et FSU.  A Paris, après l’arrivée du cortège sur la place de la Bastille, des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Les manifestants ont ensuite repris leur route, en direction de la place de la République où des grenades lacrymogènes ont à nouveau été tirées. Les manifestants ont une nouvelle fois repris leur route en direction de la gare de l’Est. Là, des manifestants vêtus d’un gilet jaune ont tenté de forcer le portail pour entrer dans le hall de la gare, avant d’être repoussés par les forces de l’ordre. Des gendarmes mobiles barraient les accès de la gare, tandis que des manifestants jetaient des projectiles et déplaçaient des barrières de chantier. Des grenades lacrymogènes ont à nouveau été tirées. Les personnes massées devant la grille – environ une centaine – ont par la suite été encerclées par des CRS. Alors que la manifestation était terminée, des manifestants sont entrés dans la gare de du Nord peu après 17h. Comme pour l’épisode de la gare de l’Est, les forces de l’ordre sont rapidement intervenues, comme le montrent des vidéos postées sur les réseaux sociaux. Dans les rues alentours, quelques poubelles ont été renversées, et d’autres mises à feu. Des grenades lacrymogènes ont été tirées par les forces de l’ordre.

Des manifestations ont eu lieu dans d’autres villes (Marseille, Rouen, Le Havre, Rennes, Caen, Nimes, Strasbourg, etc.). A Toulouse, plusieurs dizaines de « gilets jaunes » sont entrés dans la gare Matabiau et certains ont bloqué des rails en soutien aux cheminots grévistes. Des opérations « péages gratuits » ont eu lieu samedi matin dans plusieurs villes : Vinci Autoroutes a fait état de manifestations au péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines, mais aussi à Perpignan, Nîmes, Béziers et Carcassonne.La grève dans les transports, SNCF et RATP, est entrée ce samedi dans son deuxième mois, une durée inégalée qui a dépassé le précédent record de 28 jours consécutifs, établi en 1986-87. Une intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU demande le retrait de la réforme des retraites, qui prévoit la fusion des 42 régimes existants en un seul, universel et par points. Une prochaine manifestation est prévu le 9 janvier, ainsi qu’une autre, deux jours plus tard, le samedi 11 janvier.

Manifestants de la RATP à Paris hier samedi

La lutte  contre la réforme des retraites en était, ce samedi, à son 24e jour. Plusieurs syndicats avaient appelé à des manifestations samedi, rejoints par les Gilets Jaunes, notamment dans la capitale. Un cortège est ainsi parti de la place de la Bourse peu avant 12h30 pour rejoindre la gare du Nord et la manifestation interprofessionnelle des unions régionales de la CGT, FO, Solidaires et de la FSU qui s’est ensuite dirigée vers Châtelet. Des pancartes proclamaient «Âge pivot, âge tombeau », en écho à l’ « âge d’équilibre » assorti d’un bonus-malus que le gouvernement veut fixer à 64 ans en 2027, ou encore « Grève, blocage, Macron dégage ». Près du centre Georges-Pompidou, devant le théâtre du Renard des manifestants cagoulés, ont dressé des barricades avec des barrières de chantiers et mis le feu à des poubelles. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et ont essuyé des jets de projectiles. Les forces de l’ordre ont également utilisé des drones pour visualiser les mouvements de foule dans les rues étroites entre le centre Pompidou et l’hôtel de ville. Six personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police. D’autres manifestations ont eu lieu en province, et notamment à Nancy (Meurthe-et-Moselle) où les manifestants ont été repoussés par les forces de l’ordre place de la République.

Incidents à Päris hier samedi

Des centaines de militants et de grévistes de trois syndicats, en lutte contre la réforme des retraites, se sont rassemblés lundi devant la gare de Lyon à Paris. Ils ont déclenché des fusées éclairantes et des feux d’artifice, et se sont affrontés aux policiers qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Des manifestants ont bloqué la circulation sur la ligne 1 du métro parisien en envahissant les quais de la station Gare de Lyon. Automatique, la ligne 1 est l’une des deux lignes du métro parisien qui fonctionne normalement depuis le début de la grève. Elle a été interrompue entre Châtelet et Nation en raison des manifestants à Gare de Lyon. La ligne 14, deuxième ligne automatisée, passe également par la station Gare de Lyon. La manifestation a été une première fois nassée, elle a pu rompre la nasse (provoquant un large usage de gaz par les CRS) avant d’être une seconde fois nassée.

Le rassemblement devant la gare de Lyon

 

Un arrêté publié mercredi 18 décembre au Journal officiel va permettre, voire contraindre (selon les pressions des employeurs) les chauffeurs de bus à ne plus respecter les durées de temps de repos et de conduite. Cet arrêté s’appuie sur le caractère “urgent” de la situation et autorise le dépassement de la durée maximale de conduite journalière dans la limite de deux heures, et le dépassement de la durée maximale de conduite hebdomadaire dans la limite de six heures. Il devrait normalement s’arrêter après le 24 décembre. Selon l’arrêté, le gouvernement a pris cette décision “considérant qu’un mouvement social national perturbe les conditions de circulation sur le réseau routier national dans son ensemble et que ce mouvement engendre de fréquents ralentissements”. Cette “situation, qui constitue un cas d’urgence (…), justifie la mise en œuvre d’une dérogation temporaire aux règles en matière de temps de conduite et de repos”. Deux opérateurs contrôlent aujourd’hui le marché des autocars interurbains, l’Allemand Flixbus et BlaBlaBus, émanation de BlaBlaCar. La seule logique de ce décret est de casser la grève à la SNCF, la RATP, mais aussi dans les centaines d’entreprises de transports par bus. Le gouvernement prend volontairement le risque de provoquer des accidents de transports en commun suite à l’extrême fatigue imposée aux conducteurs.

La grève des chauffeurs de bus en France

Lire l’arrêté

Gaël Quirante, dirigeant syndical de Sud PTT 92, passait en procès mercredi 18 décembre suite à des plaintes de cadres de La Poste pour des faits de “violence” (voir notre article). Accompagné de plus de 300 manifestants et de nombreuses personnalités devant les portes du tribunal de Nanterre, Gaël a finalement été condamné à 3 mois de prison avec sursis (et une mise à l’épreuve de 5 ans) ainsi qu’à 269€ d’amende à La Poste, 1000€ d’amende pour préjudice moral d’une cadre et 700€ d’amende de préjudice moral pour une autre cadre. Le leader syndical a annoncé à la sortie du tribunal qu’il a immédiatement interjeté appel et que son syndicat continuera à se battre sur tous les terrains, judiciaires comme dans la rue ou l’entreprise.

[PROCES DE GAEL QUIRANTE : IL FAUDRA UNE RÉPONSE DE CLASSE À LA HAUTEUR]Le verdict : relaxe sur les faits de violence…

Posted by Sudposte Hauts de Seine on Miðvikudagur, 18. desember 2019

La manifestation de soutien se rendant au tribunal.

Gaël Quirante, dirigeant syndical de Sud PTT 92, passe deux fois en correctionnelle le 18 décembre prochain à Nanterre suite à des accusations de cadres de La Poste de “violence” et “vol avec violence”. Ce nouveau procès s’inscrit dans la politique d’acharnement répressif de la direction de l’entreprise contre les dirigeants syndicaux combatifs (voir notre article). Gaël Quirante risque 5 ans de prison et 75 000 euros d’amendes dans chacun de ses procès. Un rassemblement de soutien pour exiger sa relaxe est organisé mercredi 18 décembre devant la Préfecture des Hautes-Seines à Nanterre dès 08H.

En France, le mouvement contre la réforme des retraites bat son plein depuis le 5 décembre dernier. Pour qu’il dure, l’argent est le nerf de la guerre. Le Secours Rouge Toulouse appelle à organiser la solidarité financière avec les secteurs avancés de la mobilisation. Une liste (non exhaustive) de caisses de grève :

Mercredi 11 décembre, lors d’une action de soutien au dépôt RATP d’Aubervilliers dans la banlieue Nord de Paris, un enseignant de Seine-Saint-Denis avait interpellé. Ce matin là une cinquantaine de soutiens étaient venus renforcer le piquets de grève des agents RATP. L’objectif était d’empêcher les bus de sortir du dépôt. La garde à vue de cet enseignant solidaire a été prolongée et il sera renvoyé devant un tribunal. Cela s’inscrit dans la suite des actes de répression observés pour débloquer les piquets de grèves. A Ivry, à Pavillon-sous-Bois, et à Malakoff, la police est intervenue de façon violente pour déloger le piquet de blocage.

Intervention de la police au dépôt d'Ivry

 

 

La police de Harare ont arrêté les fonctionnaires et les travailleurs du secteur public qui manifestent contre les mesures d’austérité qui ont conduit à un resserrement de leurs conditions de vie au Zimbabwe. Les travailleurs veulent que l’administration leur paye leur salaire indexé en dollars pour les protéger contre une inflation à trois chiffres. Ainsi, le travailleur le moins payé gagnerait 7.309 dollars zimbabwéens (475 USD), soit sept fois plus que les 1.023 dollars zimbabwéens qu’il reçoit actuellement. Des dizaines de policiers ont refoulé les travailleurs qui voulaient manifester, les nassant devant les bureaux du Conseil Apex, le principal syndicat des travailleurs du secteur public à Harare. Pour tenter de briser une grève du personnel médical, qui souhaite également une augmentation de salaire, le gouvernement avait licencié 77 médecins plus tôt cette semaine.

Manifestant au Zimbabwe

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Esman Bakhshi a été libéré contre une lourde caution, de la prison d’Evin à Téhéran, capitale de l’Iran. Porte parole d’une série de grève, son engagement lui a valu une arrestation en novembre 2018. Le militant syndical et représentant des travailleurs de la canne à sucre dans le Sud Ouest de l’Iran a été transféré à la prison d’Evin après avoir été condamné à 14 ans de prison et 74 coups de fouet. Il est accusé de “répandre des mensonges”, “d’insulte au Guide suprême” ou encore d’organiser des “rassemblement en vue de commettre des crimes contre la sécurité naitonale.” Il a actuellement fait appel de ce jugement et est en attente d’un nouveau verdict.

 

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Le militant syndical iranien Esman Bakshki sortant de prison à Téhéran.