Cela fait plusieurs semaines maintenant qu’un bras de fer est engagé entre la direction générale de la société navale guinéenne (SNG) et la section syndicale de cet établissement public. Ce bras de fer vient de prendre une autre tournure avec la mise aux arrêts par la gendarmerie guinéenne, le 29 août dernier, d’Ibrahima Sory Kaba, un syndicaliste agent au service consignation de la SNG. Depuis, le syndicaliste est au cachot.

société navale guinéenne

En grève depuis dimanche pour réclamer de meilleures conditions de travail, près de 450 ouvriers bangladais se sont violemment affrontés avec la police anti-émeute mardi en début de soirée aux alentours de leur usine implantée à la Tour Koenig, à la Pointe-aux-Sables (Nord).

Des pierres ont été lancées sur les forces de l’ordre qui ont répliqué en utilisant du gaz lacrymogène. Plusieurs blessés ont été transportés à l’hôpital. Les policiers ont pu rétablir l’ordre au bout d’une heure d’échauffourées. 14 ouvriers bangladais, considérés comme les principaux meneurs du mouvement de protestation, risquent d’être expulsés du territoire mauricien par les autorités. La veille les ouvriers bangladais avaient manifesté dans les rues de Port-Louis et s’étaient rendus au ministère du Travail pour soumettre leurs revendications, Mais le ministre mauricien du travail a prévenu les ouvriers « de ne pas menacer la paix industrielle » de l’île sous peine de les expulser dans leur pays d’origine s’ils ne reprenaient pas leur travail.

répression des ouvriers bangladais à l'île Maurice

Au moins 25 personnes ont été blessées ce mardi dans des heurts entre des ouvriers et les forces policières à Chashara, dans le district de Narayanganj, à proximité de Dhaka. Les travailleurs de la Fuji Knitwear Sweater Factory avaient installé un barrage sur un rond-point pour dénoncer la fermeture de leur usine. En outre, les syndicats réclament le versement des salaires impayés des ouvriers. Les affrontements ont éclaté lorsque la police a utilisé des matraques contre les manifestants qui refusaient de libérer le passage. Pour les disperser, la police a utilisé du gaz lacrymogène et a tiré des balles en caoutchouc. Parmi les blessés figurent le président du Bangladesh Trade Union Center, un dirigeant du Communist Parti et deux leaders du parti Gonoshonghoti Andolan. Selon plusieurs dirigeants syndicaux présents sur place, la police est intervenue à la demande de la direction de l’usine qui, de son côté, dément toute implication dans l’attaque policière.

Ouvrier réprimé au Bangladesh

Les travailleurs de la société marocaine Plat form, filiale du groupe français Paris-Texas (qui possède plusieurs usines en Egypte et au Maroc de confection de pantalons en jeans destiné à l’export), ont occupé l’usine de Aïn Sebaâ en raison du renvoi de leur délégué syndical de l’UNMT (centrale proche du PJD). L’entreprise a saisit le tribunal correctionnel pour «insoumission à l’ordre d’évacuation» et «entrave à la liberté de travail» et procède au renvoi de tous les ouvriers grévistes.

Aïn Sebaâ

Des représentants du parti Marcha Patriótica et du syndicat Central Unitaria de Trabajadores ont dénoncé l’arrestation d’Hubert Ballesteros, dirigeant syndical et promoteur de la grève nationale agricole, pour crime de « rébellion et de terrorisme ». Une manifestation a été organisée pour exiger la relaxe de ce dirigeant syndical (il est membre du comité exécutif de la CUT) accusé de liaison avec les FARC.

manifestation pour Hubert Ballesteros

Depuis plus d’une semaine, les paysans colombiens, rejoints par des mineurs indépendants et plusieurs syndicats de chauffeurs routiers et d’employés des secteurs de la santé et de l’éducation, mènent un mouvement social illimité. Ils demande à être reçu par les autorités pour obtenir des aides et un meilleur accès à la propriété foncière. Concrètement, ils demandent notamment l’établissement de prix planchers pour certains produits, la baise des prix des intrants agricoles, une politique favorable aux mineurs des petites exploitations, de meilleurs services publics dans les campagnes, des garanties en matière d’accès à la terre,… Depuis lundi dernier, ils organisent manifestations, rassemblements et barrages routiers dans onze provinces à travers le pays. Toutes les mobilisations ont été diversement réprimée par les forces de l’ordre. D’après un bilan officiel publié hier soir, deux personnes sont mortes, plus d’une centaines ont été blessées et au moins 175 interpellées. Les forces anti-émeutes font usage de gaz lacrymogène (gaz qui a causé un des deux décès), mais selon plusieurs sources sur place, elles tireraient régulièrement à balles réelles sur les foules de paysans, ce qui aurait provoqué le second décès.

Emeutes paysannes en Colombie

Les travailleurs du Centre Hospitalier-Universitaire Gabriel Touré, à Bamako, ont entamé une mouvement de protestation pour toucher leurs ristournes et indemnités. Le directeur général de l’hôpital a fait appel aux forces de l’ordre pour déloger les syndicats lors d’un sit-in dans la cour de l’établissement. Plusieurs syndicalistes ont été arrêtés et emprisonnés.

Centre Hospitalier-Universitaire Gabriel Touré

90% des travailleurs d’Algérie Poste sont en grève depuis six jours pour exiger le versement du rappel des augmentations de salaires décidées par le gouvernement. Les grévistes tiennent un sit-in quotidien devant la Grande-Poste, à Alger. En plus de la revendication salariale, les grévistes réclamaient la levée des sanctions contre certains receveurs de poste. Des fonctionnaires ont été suspendus et des intimidations ont eu lieu: un directeur régional de la capitale a carrément menacé les travailleurs de licenciement s’ils ne mettent pas un terme au mouvement.

La police est intervenue ce 20 août avec du gaz lacrymogène et des canons à eau contre un défilé organisé par des membres de la Confederation of Public Sector Trade Unions (KESK). La manifestation était composé de quatre groupes différents qui avaient commencé à marcher vers Ankara le 16 août dernier pour dénoncer un accord collectif conclu entre le gouvernement et le Civil Servants’ Trade Union (Memur-Sen). Après la lecture d’une déclaration publique devant le Ministère de l’Intérieur, le groupe a tenté de rejoindre le centre-ville via la Calal Baya Avenue. C’est là que les forces anti-émeute sont intervenues pour disperser la foule.

Marche du KESK réprimée à Ankara

Limogés pour « abandon de poste », 500 salariés City Bus manifestent régulièrement depuis mai dernier à Fès. La société veut imposer l’UGTM comme seul syndicat représentatif alors que ces travailleurs ovulaient opter pour l’UMT. Les travailleurs dénoncent aussi un complot qui aurait conduit l’opérateur public RATUF à une faillite orchestrée pour la concéder finalement à un opérateur privé via un marché douteux.

Le conflit avait éclaté le 13 mai, les dirigeants ayant été un moment séquestrés, ce qui a provoqué une intervention policière. De nombreuses manifestations et grèves se sont succédées. En juillet, une vague de violences policières et d’arrestations avaient frappé les manifestants lors des sit-in organisés sur la voie publique. Après avoir limogés les grévistes, City Busa recruté plus de 300 jaunes.

grévistes licenciés au maroc