Entretien avec la sociologue, militante féministe et abolitionniste pénal Gwenola Ricordeau à l’occasion de la sortie de son dernier livre « Tant qu’il y aura des prisons » (Le passager clandestin) à propos de l’abolitionnisme pénal et des perspectives révolutionnaires.
Le Secours Rouge organise une soirée « Faisons Front #7 » se tiendra le mercredi 11 mars à 19h autour d’une rencontre avec Camille Sofer, co-coordinatrice de l’ouvrage Justice partout : Outils féministes pour répondre par nous-mêmes aux violences (Le Passager clandestin). L’événement abordera la justice transformatrice, une approche féministe née dans les années 1990 au sein de communautés noires états-uniennes, qui vise à répondre aux violences en se centrant sur les besoins des victimes et en transformant les conditions qui les rendent possibles, plutôt qu’en s’appuyant sur le système pénal. À travers des témoignages et textes militants, les autrices proposent des outils concrets pour construire une justice féministe, antiraciste et abolitionniste, en rupture avec les logiques punitives et carcérales.
Un rapport de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), publié en février 2026, dénonce une dégradation systémique des libertés associatives à Toulouse, qualifiant la gestion municipale « d’illibéralisme ». L’enquête, documentant 34 cas avec l’appui de chercheurs en sciences sociales, révèle des pratiques de pressions financières, de censures et des restrictions d’accès à l’espace public ou aux locaux municipaux. Par ailleurs, la politique de criminalisation de la solidarité avec la Palestine organisée par la mairie de Toulouse est également dénoncée en soulignant le rôle de la municipalité dans la dissolution du Collectif Palestine Vaincra (voir notre article).
À Toulouse, samedi 21 février, la communauté kurde et des militants internationalistes se sont rassemblés à la sortie du métro Jean Jaurès pour soutenir la résistance au Rojava et au Rojhelat. Des drapeaux du Kurdistan, des YPG/YPJ et d’autres symboles de défense du Rojava ont été déployés, accompagnés d’une banderole proclamant « Solidarité révolutionnaire avec le Rojava » et des messages de soutien au Parti socialiste des opprimé·es (ESP) de Turquie face à la vague d’emprisonnement de plus de 80 de ses membres. Par ailleurs, le Secours Rouge Toulouse a souligné sa solidarité suite à l’arrestation et l’expulsion d’une délégation internationale venue observer les conditions de détention inhumaines pratiquées dans les prisons de dites de « type puits » (voir notre article).
A l’occasion de la soirée co-organisée par le Secours Rouge Toulouse et l’AFA Tolosa le 14 janvier dernier, le militant antifasciste Zaid revient sur son parcours et le sens de son engagement révolutionnaire. Mercredi 18 février, les antifas Gino et Zaid comparaîtront devant la Cour d’Appel de Paris pour statuer sur les demandes d’extradition : la Hongrie réclame Zaid, tandis que l’Allemagne demande Gino, malgré le refus de la justice française d’appliquer le mandat d’arrêt hongrois l’an dernier (voir notre article).
Le samedi 14 février, plus de 130 personnes se sont réunies à l’Université Toulouse Jean Jaurès pour une discussion autour de l’abolition de la prison et du système pénal en lien avec la construction de perspectives révolutionnaires avec la sociologue et militante Gwenola Ricordeau à l’occasion de la sortie de son livre « Tant qu’il y aura des prisons ». La soirée a débuté par un hommage à Frédéric Grochain, détenu Kanak déporté en France après le soulèvement populaire de mai 2024 en Kanaky, décédé le 6 février dernier à la prison de Varennes-le-Franc. Les participant·es ont exprimé leur solidarité avec sa famille, ses proches et ses camarades, notamment en participant à une caisse de soutien pour financer ses obsèques (voir ici).
La soirée a permis de poursuivre la discussion initiée lors de l’ACAB Party organisée en décembre dernier à la Chapelle par le Secours Rouge Toulouse, interrompue par l’interdiction du maire Jean-Luc Moudenc (voir notre article). Gwenola Ricordeau a abordé les slogans abolitionnistes et la critique des catégories traditionnelles de « crimes » et « criminels », dans une réflexion sur la manière de transformer l’intuition que la prison n’est pas la solution en une critique structurée et révolutionnaire du système pénal. Par ailleurs, elle est revenue sur la nécessité de construire un féminisme anticarcéral et de lier la remise en cause de la prison à la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme.
Le mercredi 11 février à 19h, le film de Lise Baron, Dans nos prisons, histoire d’une lutte (52’), sera projeté au Chat Noir à Toulouse (270 avenue de Muret). Le documentaire retrace les mobilisations des années 1970, quand détenues, familles et militants, dont le Groupe d’information sur les prisons, ont mené mutineries et actions collectives pour dénoncer les conditions de détention inhumaines. Ces luttes ont permis de mettre en lumière la « question carcérale », un enjeu toujours d’actualité dans le débat sur la justice et les droits des prisonniers.
À l’occasion de la sortie de son livre Tant qu’il y aura des prisons, la sociologue, militante féministe et abolitionniste pénale Gwenola Ricordeau interviendra lors d’une rencontre publique organisée par le Secours Rouge Toulouse le samedi 14 février à partir de 18h30 à l’amphi E de l’Université Toulouse Jean Jaurès (métro Mirail Université). Dans cet ouvrage accessible et incisif, elle démonte méthodiquement les justifications classiques de l’institution carcérale (punir, dissuader, réhabiliter, protéger) pour en révéler la violence sociale, montrant que la prison est un pilier d’un ordre façonné par le capitalisme, le racisme et le patriarcat. En s’adressant autant à celles et ceux qui « croient » à la prison par défaut qu’à ceux qui sentent intuitivement qu’elle n’est pas la solution, elle invite à imaginer un monde libéré de l’enfermement.
En pleine campagne pour les municipales de 2026, le maire sortant de Toulouse, Jean Luc Moudenc, place la sécurité au cœur de son programme en proposant d’assister le réseau de vidéosurveillance par l’intelligence artificielle sans recours à la reconnaissance faciale, interdite pour le moment dans l’espace public. Il promet également l’installation d’au moins une caméra par rue, ce qui impliquerait de doubler voire de quadrupler le parc actuel de 710 caméras pour couvrir les 3 801 voies de la ville. Selon les estimations fondées sur les coûts actuels, cette extension représenterait un investissement compris entre 30 et près de 80 millions d’euros, ou entre 20 et 53 millions pour la commune après subventions, sans compter les frais de maintenance, de gestion des données et la création d’un centre de supervision centralisé. Cette orientation sécuritaire, au coût massif et à l’efficacité contestée, contraste avec les fortes réductions budgétaires opérées dans les politiques sociales locales.