Une manifestation antiraciste a eu lieu jeudi soir à Athènes au cours de laquelle quatre personnes ont été arrêtées et un policier a été blessé lors des jets de cocktails Molotov contre les forces de l’ordre. Cette manifestation fait suite à la mort de Mohamed Kamran Asik, 37 ans, de nationalité pakistanaise, dans le commissariat de police d’Agios Pantéléïmon, dans le centre d’Athènes samedi. Mohamed Kamran Asik disposait d’un permis de séjour et travaillait en Grèce depuis 20 ans. Selon le Mouvement antifasciste et contre le racisme (Keerfa), il a été torturé à mort par la police avant de succomber à ses blessures. Sur des photos publiées en Une du quotidien Efsyn vendredi, la victime portait des blessures et des ecchymoses sur tout son corps.

 

Dossier(s): Grèce Tags:

Fin août 2024, une trentaine de personnes (étudiantes et non-étudiantes) ont été convoquées par la police. Les convocations, remises par huissier ou déposées en main propre, ont lieu dans le cadre d’une enquête sur le mouvement étudiant, en particulier sur l’occupation d’un bâtiment de l’ULB renommé Walid Daqqa. Cette occupation revendiquait la suppression de tout lien entre l’ULB et l’Etat colonial israélien ( voir article ici ).

Les 9 et le 10 septembre, une seconde vague de convocation élevant le nombre de personnes ciblées à 60 ont été distribuées. Quelques jours plus tard, une vingtaine d’autres convocations ont été envoyées, portant le nombre total à plus de 80 personnes. Cette enquête d’envergure, mobilise des outils de lutte contre le « radicalisme », pour laquelle beaucoup de moyens financiers, humains et technologiques ont été alloués très rapidement.

Dossier(s): Belgique Tags: , ,

Vendredi, deux militantes écologistes du groupe  » Just Stop Oil  » ont été condamnées à des peines de prison ferme pour avoir jeté un bol de soupe tomate sur l’œuvre  » Les tournesols  » de Vincent Van Gogh à la National Gallery à Londres le 14 octobre 2022, à l’époque,  » Just Stop Oil  » demandait l’arrêt immédiat de tout nouveau projet pétrolier ou gazier au Royaume-Uni. Phoebe Plummer a été condamnée à une peine de deux ans de prison ferme et Anna Holland a écopé d’une peine de 20 mois de prison. Elles avaient mené cette action spectaculaire qui n’avait pas endommagé l’œuvre protégée par une vitre,  mais avait dégradé très légèrement  le cadre entourant cette dernière.

l’ONG Greenpeace a dénoncé des peines de prison disproportionnées pour une manifestation qui a causé des dommages mineurs au cadre d’un tableau  et aucun à la toile. Ces condamnations sont une nouvelle étape dans la répression des manifestations pacifiques pour l’écologie. En juillet, cinq militants de la même organisation, qui avaient mis en place le blocage d’une autoroute, avaient été condamnés à quatre ans de prison par la justice britannique, le fondateur, Roger Hallam, avait lui été condamné à cinq ans pour avoir préparé cette action ( voir article ici ).

Pour protester contre ces condamnations, toujours ce vendredi, des militants de  » Just Stop Oil  » ont à nouveau aspergé de soupe deux tableaux de Vincent Van Gogh à la National Gallery de Londres. Les peintures ont été retirées, elles sont en cours d’examen, elles ne sont pas endommagées. Les trois activistes ont été arrêtés.

Dossier(s): Europe Tags: , ,

Le slogan « From the River to the Sea », le cas échéant avec l’ajout « Palestine will be free » est mentionné comme motif d’exclusion possible de la nationalité allemande. Incompatible avec la constitution du pays, cela inclus le like, le partage ou le commentaire du slogan sur les réseaux sociaux.

Le nouveau droit de la nationalité est entré en vigueur: les personnes qui travaillent en Allemagne, qui sont bien intégrées, devraient pouvoir obtenir la nationalité allemande après cinq ans au lieu de huit ans jusqu’à présent. Les exigences d’engagement démocratiques ont été renforcées : «Le racisme, l’antisémitisme ou toute autre forme de misanthropie excluent la naturalisation».

Les « notes d’application provisoires » du ministère de l’Intérieur à la loi sur la nationalité pour les Länder n’ont en principe pas de caractère contraignant, cependant, la pratique de ces dernières années a montré que les autorités compétentes s’orientent sur les instructions du ministère fédéral de l’Intérieur.

Le militant propalestinien Elias d’Imzalène sera jugé le 23 octobre prochain, dans l’attente, il a été placé sous contrôle judiciaire avec une interdiction de paraître dans le centre de Paris et devra s’astreindre à un pointage hebdomadaire au commissariat. Cette mesure est mise en place après avoir passé 48 heures en garde à vue dans les locaux de la direction de la police judiciaire de Paris où il a été soumis à plusieurs interrogatoires, portant notamment sur son engagement en faveur de la Palestine mais également sur son idéologie religieuse.

Dans les faits, il est accusé d’avoir appelé « au soulèvement armé » lors d’une manifestation qui s’est tenue le 8 septembre dernier.  » Est-ce qu’on est prêt à mener l’intifada dans Paris ?  » avait-il scandé lors de sa prise de parole. Ses propos ont immédiatement fait l’objet d’un signalement au procureur par le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Gérald Darmanin. L’ex-ministre estimait qu’Elias d’Imzalène s’est rendu coupable de « provocation à s’armer contre l’autorité de l’Etat ou contre une partie de la population, provocation aux atteintes volontaires à la vie et à l’intégrité des personnes, en l’occurrence ici les personnes de nationalité israélienne ou de confession juive, ainsi que les personnes dépositaires de l’autorité publique. »

Deux rassemblements se sont tenus mardi et mercredi soir en présence de soutiens venus dénoncer « la répression subie par ceux qui dénoncent le génocide à Gaza ». Pour rappel, de nombreux internautes, militants et figures médiatiques font l’objet de poursuites pénales en France pour leurs prises de positions en lien avec la guerre menée par Israël contre la Palestine

Dossier(s): France Tags: , ,

Ce mercredi, une centaine de militants du logement ont été rejoints par des groupes environnementaux et des syndicats devant les portes de l’enceinte de la Gran Vía de la Fira de Barcelone pour protester contre la tenue d’un salon immobilier baptisé « The District », où la participation de plus de 12 000 personnes était attendue. Les manifestants dénoncent le caractère spéculatif de certaines des entreprises présentes dans ce salon dédié à l’investissement immobilier. La hausse des prix de l’immobilier est au cœur de leurs préoccupations ainsi que le manque de logement. Parmi des participants au salon, figurent les fonds d’investissement controversés Blackstone et Goldman Sachs, qui sont les principales cibles des attaques. Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants porteurs d’imperméables colorés et masqués alors que ces dernier tentaient de s’approcher du parc des expositions, les militants ont riposté par des jets de poudre colorées et ont finalement réussi à entrer dans le complexe malgré la répression.

Edit: Un manifestant arrêté pour dégradation , suspecté d’avoir brisé une porte vitrée, 64 identifications par les forces de l’ordre .

Dossier(s): Europe Tags: , ,

Des affrontements ont eu lieu en Martinique et en Guadeloupe où la colère contre la vie chère ne cesse de monter depuis le 18 septembre ( voir article ici ) , des mesures ont été prises par les autorités, elles sont renforcées ou étendues à de nouveaux secteurs.

En Martinique: le couvre-feu partiel avait été instauré depuis le 18 septembre, celui-ci devient général depuis lundi 23 septembre de 21h30 à 5h du matin jusqu’au 26 septembre. L’interdiction de vente d’essence aux particuliers ou d’achat et de vente de produits explosifs resteront en vigueur jusqu’au 30 septembre à 18h. Une compagnie de CRS ( Compagnie Républicaine de Sécurité ) a été déployée, cette dernière est spécialisée dans le rétablissement et le maintien de l’ordre et dans la lutte contre les violences urbaines. La décision de faire intervenir la CRS 8 en Martinique n’avait plus été prise depuis 65 ans, lors des émeutes meurtrières de 1959 où trois jeunes avaient perdu la vie durant trois jours de protestation.

En Guadeloupe: lundi 23 septembre mise en place d’un couvre-feu pour les mineurs dans les secteurs des communes de Pointe-à-Pitre, des Abymes, du Gosier et de Sainte-Rose. Les quartiers concernés par ce couvre-feu sont les secteurs de la Boucan et Bébel à Sainte Rose, les quartiers Poucet et Marie-Gaillard au Gosier, les quartiers Lauricisque et Changy à Pointe-à-Pitre et le quartier Boisripeaux aux Abymes. Les mineurs ont l’interdiction de circuler sans être accompagnés d’un adulte référent entre 22h et 5h du matin jusqu’au 28 septembre.

Telegram, cette application qui sert à de nombreux réseaux de solidarité et de luttes, plateforme permettant de contourner les censures des réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, collaborera avec la justice, ceci fait suite à l’arrestation de Pavel Durov par les autorités françaises (voir ici). L’entreprise a annonce ce lundi 23 septembre qu’elle partagera les adresses IP et les numéros de téléphone avec les autorités, cette pratique encouragée par le DSA (Digital Service Act) s’applique à toutes les plateformes en ligne depuis février 2024 dans l’Union Européenne.

La messagerie Telegram créer en 2013 s’était engagée à ne pas diffuser d’informations sur ses utilisateurs. Cette application permet notamment de créer des canaux de diffusions et d’échanger en groupe public ou privé. La décision de Pavel Durov de se plier à la pression de la justice française pourrait faire jurisprudence. Depuis des mois, les autorités françaises s’attaquent aux moyens d’expression en ligne (voir ici). Après Telegram, Signal est aussi dans le viseur du DSA qui souhaite faire interdire le chiffrement de bout-en-bout, pratique sur laquelle repose cette messagerie qui empêche les autorités d’avoir accès au contenu des messages.

Vendredi 20 septembre, une dizaine d’ONG (dont Amnesty International Belgique, le CNCD – 11.11.11 ou encore la Ligue des droits humains) et le syndicat socialiste FGTB-ABVV ont dénoncé dans un communiqué l’intensification de la répression contre le mouvement propalestinien en Belgique.

Ces organisations citent notamment comme exemple les menaces de poursuite contre les quelques 70 étudiant·es et soutiens accusés de « appartenance à un groupe prônant la haine et la ségrégation raciale » dans le cadre de l’Université Populaire de Bruxelles (une occupation d’un bâtiment de l’ULB pour dénoncer la collaboration de celle-ci avec les universités israéliennes).

Les auteures citent également les sanctions administratives communales infligées à plusieurs dizaines de personnes en raison de leur participation à des manifestations en soutien à la Palestine, à Bruxelles, à Gand et à Louvain. Enfin, elles dénoncent les pressions policières exercées sur des personnes portant des signes de soutien à la Palestine (drapeau palestinien et keffieh) dans l’espace public (ces personnes sont priées d’enlever ces signes, sous peine d’arrestation).

Le lendemain de la publication du communiqué, Denis Ducarme, ministre MR participant aux négociations pour la formation du nouveau gouvernement fédéral, a annoncé qu’il réclamerait l’introduction d’un loi permettant l’interdiction de l’organisation palestinienne Samidoun qu’il accuse d’être lié au « terrorisme ». Une formulation intéressante lorsqu’on se rappelle que, quelques jours avant, Israël perpétrait un attentat au bipeur piégé, qui a tué au moins 12 personnes, dont 2 enfants, et fait près de 3000 blessés au Liban. Les pressions pour interdire cette organisation, basées sur les demandes de la droite israélienne, ne sont pas nouvelles (voir notre article).

Menace d'interdiction contre Samidoun en Belgique

Menace d’interdiction contre Samidoun en Belgique

Les députés italiens ont approuvé le 18 septembre un « paquet sécurité ». Ce projet de loi, qui doit encore être voté au Sénat en deuxième lecture, comporte une mesure surnommée « règle anti-gandhi ».  Actuellement, en Italie, bloquer une route en faisant barrage de son corps est passible d’une amende. Si ce projet de loi est entériné, la peine pourra aller jusqu’à un mois de prison. Et si plusieurs personnes se réunissent pour bloquer une voie routière ou ferrée, les faits seront passibles de 6 mois à 2 ans de prison. Les militants écologistes sont clairement visés (notament les militants No-TAV) parce que la loi spécifie que sont concernés les blocages avec son “corps” pour éviter d’interférer avec d’autres blocages fréquents en Italie, comme celles des chauffeurs de taxi ou des transporteurs routiers.

Dans ce projet de loi, s’opposer à une infrastructure stratégique est considéré comme un facteur aggravant en cas de menace, de violence ou de résistance face à un représentant de l’État. Sont notamment concernés les projets du pont entre la Sicile et le reste de la péninsule, ainsi que les projets de ligne à très grande vitesse. Le projet de loi comporte aussi des mesures « anti-terroritstes » et contre les révoltes en prison (y compris, là aussi, contre les résistances passives), il prévoit la fin du renvoi automatique des peines de prisons pour les femmes enceintes et les jeunes mères, et l’interdiction de vente des cartes SIM aux sans-papiers.

Dossier(s): Italie Tags: ,