L’Université de Gand (UGent) a décidé de faire cesser l’occupation par plus de 300 activistes pro-palestiniens de l’un de ses bâtiments et des alentours du rectorat. Sur demande de l’université, la police est intervenue pour faire sortir les manifestants du bâtiment mais ceux-ci ont refusé de coopérer. Une dizaine d’entre eux ont été interpellés. Plusieurs centaines d’étudiants et autres militants occupent depuis le 6 mai le bâtiment UFO à Gand et demandent à l’université de rompre tous ses liens académiques avec Israël. L’UGent entretient une vingtaine de collaborations avec des universités et des instituts de recherche israéliens. Auparavant, l’Université de Gand avait mis un terme à trois collaborations avec des institutions impliquées dans le conflit en Israël, sous la pression des activistes. Mais le boycott académique général auquel appellent les manifestants ne s’est pas concrétisé.

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Au neuvième jour du soulèvement en Nouvelle-Calédonie, 90 barrages ont été dégagés par les forces de l’ordre mais il en reste de très nombreux autres et si la police ne maintient pas une présence sur les sites dégagés, les barrages son rétablis après son départ. Le président français Macron s’est rendu sur place et très peu de temps après l’annonce de sa venue, le réseau de l’île a été la cible d’une cyberattaque d’une force inédit. Les forces de l’ordre exfiltrent les touristes bloqués sur l’île depuis plusieurs jours. Des incendies restaient visibles en plusieurs secteurs de l’agglomération de Nouméa, dont la zone industrielle de Ducos. Signe de la difficulté à reprendre en main la situation sécuritaire, l’aéroport international de l’archipel restera fermé aux vols commerciaux jusqu’à samedi matin. Les mesures exceptionnelles de l’état d’urgence sont maintenues : couvre-feu nocturne, interdiction des rassemblements, du transport d’armes, de la vente d’alcool et l’interdiction de Tik-tok. De nouveaux renforts, y compris blindés, sont attendus sur l’île. 3000 forces de sécurité et 130 membres du GIGN et du RAID sont également déployés. le dernier bilan de l’action des forces de l’ordre s’élève à 281 personnes interpellées. 

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En janvier 2024, Ecevit Piroğlu avait été libéré de la prison après 32 mois d’incarcération suite à une demande d’extradition de la Turquie (voir nos articles ici et ici). Lors de cette incarcération, Ecevit Piroğlu avait suivi une grève de la faim de 136 jours. Malgré la décision de la Cour suprême serbe selon laquelle il ne peut être extradé vers la Turquie, le 12 janvier 2024, il a de nouveau été arrêté. Celui-ci a entamé en février une nouvelle grève de la faim pour dénoncer l’acharnement politique et judicaire envers lui. Cela va faire 3 ans qu’Ecevit Piroğlu est en prison. Il entame le 100ème jour de grève de la faim et son état de santé se dégrade.

Huit jours après le début du soulèvement kanak en réaction à une réforme constitutionnelle, le gouvernement français a décidé de mobiliser « pour un temps » des militaires afin de protéger les bâtiments publics (photo) et de renforcer les policiers et gendarmes. La pays est toujours couvert de barricades. Huit jours après le début du soulèvement kanak en réaction à une réforme constitutionnelle, le gouvernement français a décidé de mobiliser « pour un temps » des militaires afin de protéger les bâtiments publics et de renforcer les policiers et gendarmes. De premiers vols d’évacuation doivent avoir lieu mardi 21 mai pour exfiltrer des touristes coincés sur l’île depuis plusieurs jours.

Le parquet de Nouméa a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête visant « des commanditaires » du soulèvement, dont certains membres du CCAT, la Cellule de Coordination des Actions de Terrain, un collectif indépendantiste créé fin 2023, pour mobiliser contre la réforme du corps électoral.

 

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Ces dernières semaines, quatre agences d’architectes parisiennes impliquées dans la contruction de prisons et CRA (centres de rétention administrative), ainsi que les halls des immeubles où vivent leurs patrons, ont été attaquées (tags, vitres brisées, serrures bloquées…).  Contre des contrats pouvant dépasser le million d’euros, ils ont dessiné les plans de CRA où, chaque année, des milliers de personnes subissent l’enfermement et tout ce qui va avec, avant de se faire expulser, pour une partie d’entre eux.

La lecture de leur site internet ou des leurs interviews est un florilège d’hypocrisie. Ainsi Valero Gadan Architectes & Associés,  met en avant leur « valeurs humanistes » alors qu’il est impliqué dans la construction du Cra d’Olivet, inauguré le 5 février, qu’il a bâti cinq commissariat et a candidaté à la construction de deux Cra, d’une prison, de quatre autres structures pénitentiaires (S.A.S. et Q.S.L.) et de quatre autres commissariats. Ainsi ACME Architecte & Conseil, impliqué dans la construction à venir du Cra de Goussainville, dont les patrons affirment que « l’architecture n’est pas une machine mais qu’elle doit fonctionner comme un être vivant ». Ainsi ECDM, impliqué dans la reconstruction du Cra de Vincennes en 2010, détruit à la suite d’une révolte des retenus, qui prétend que ce contrat aurait fait « débat » au sein de l’agence et a ébranlé leur « bonne conscience », mais qu’ils l’ont accepté parce qu’il souhaitaient « faire en sorte que les gens soumis à la rétention soient accueillis de façon décente ». Ainsi enfin  Renaud de La Noue Architecte, impliqué dans la construction du Cra de Plaisir, inauguré en 2006 qui déclare sur son site, au sujet du Commissariat-CRA de Plaisir, « Commissariat de Plaisir. Le nom nous a plu. (…) C’est un lieu où des impératifs de sécurité, explicites et parfois caricaturaux, se heurtent souvent à nos principes humanistes par nature implicites. »

La révolte du CRA de Vincennes

Un homme est mort et deux autres ont été blessés samedi 18 mai en Kanaky/Nouvelle-Calédonie dans un échange de coups de feu sur un barrage érigé par des Kanaks dans le nord de la grande île. Les tirs ont été échangés quand deux Caldoches (Calédoniens d’origine européenne) ont voulu passer un barrage érigé par des indépendantistes. L’un d’eux est mort, l’autre a été blessé, ainsi qu’un Kanak. Ce décès porte à six le nombre de morts depuis le début, lundi, du soulèvement provoqué par le vote d’une réforme électorale à Paris – deux gendarmes et quatre civils, trois Kanaks et un Caldoche.

Vendredi, 1 000 renforts sont arrivés, en plus des 1 700 déjà déployés et le dégagement de la route, d’une soixantaine de kilomètres, entre Nouméa et son aéroport international a débuté dimanche matin. Sur cet axe stratégique, l’Etat a lancé une vaste opération de 600 gendarmes, dont une centaine de membres du GIGN. La soixantaine de barrages érigés par des indépendantistes ont été percés, mais l’axe est loin d’être accessible car les épaves de voitures, le bois et la ferraille brûlés restent en place et la voirie est abîmée à plusieurs endroits.

Les mesures exceptionnelles de l’état d’urgence sont maintenues, à savoir le couvre-feu entre 18 heures et 6 heures, l’interdiction des rassemblements, du transport d’armes et de la vente d’alcool, et le bannissement de l’application TikTok. La réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres vise à élargir le corps électoral lors des scrutins provinciaux, au risque de marginaliser encore plus le peuple autochtone kanak. Adopté mercredi par les députés, après les sénateurs, le texte doit encore être voté par les parlementaires réunis en Congrès, à une date non déterminée.

Dix militants kurdes ont été arrêtés lors de descentes de polices  mobilisant une cinquantaine de policiers dans le centre de Paris mais aussi à Drancy et à Villiers-le-Bel dans la matinée du 15 mai. Ces arrestations ont été opérées dans le cadre de l’enquête sur les heurts qui ont eu lieu à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle à la fin du mois de mars. Une trentaine de personnes avaient manifesté le 27 mars au terminal 1 de Roissy contre l’expulsion d’un réfugié kurde, expulsé malgré la certitude qu’il serait arrêté en Turquie. L’intervention violente de la police contre les manifestants a provoqué des heurts (voir notre article). Le parquet de Bobigny avait confié l’enquête à la police des frontières.

L’état français a procédé ces dernières semaines à plusieurs expulsions de plusieurs réfugiés politiques kurdes qui, à leur arrivée en Turquie, ont immédiatement été emprisonnés, comme Firaz Korkmas, Mehmet Kopal (voir notre article) et Serhat Gültekin,

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Les manifestants manifestants pro-palestiniens, à l’occasion de l’anniversaire de la Nakba de 1948, ont bloqué l’usine d’armement Thales à Govan, près de Glasgow, en exigeant l’arrêt des exportations d’armes vers Israël au regard du génocide commis à Gaza. Thales produit le drone Watchkeeper, développé avec la société d’armement israélienne Elbit Systems. Alors que le blocus entrait dans sa cinquième heure, la police a déclaré qu’un petit nombre de membres du personnel de sécurité travaillant de nuit étaient bloqués sur le site. Les manifestants ont déclaré qu’ils les laisseraient partir, mais qu’ils ne laisseraient pas entrer leurs remplaçants.

Vers 10h15, les policiers sont intervenus et ont brisé le blocus de l’usine. Des policiers ont saisi des manifestants, les ont plaqués au sol et les ont repoussés du site. La première personne arrêtée par les policiers a été placée à l’arrière d’un fourgon de police avant que les manifestants ne créent une barricade humaine pour l’empêcher de partir, ce qui a entraîné d’autres heurts et arrestations. Six policiers ont été légèrement blessés et quatre manifestants ont été arrêtés et inculpés.

 

 

Le projet de réviser la Constitution afin d’élargir le corps électoral à 25 000 natifs et résidents depuis 10 ans recueille l’opposition des indépendantistes. Ce qui a donc donné lieu à deux nuits d’affrontements dans l’archipel, marquées par des tirs à balles réelles, alors que l’Assemblée nationale examinait le projet de loi relatif à cette révision constitutionnelle. Le 14 mai, après une nuit d’affrontements, le Haut-commissaire de la République, Louis Le Franc, a décrété un couvre-feu à Nouméa. Mais les affrontements se sont encore étendus et durcis.

Les forces de l’ordre sont les principales visées par les manifestants et deux gendarmes ont été tués par balle.  Des colons se sont organisés en milices et ont tués plusieurs personnes. Le président Macron a décrété l’état d’urgence à l’issue d’un Conseil de défense tenu ce 15 mai. Le Premier ministre français Gabriel Attal a annoncé mercredi le déploiement de militaires pour sécuriser les ports et l’aéroport de Nouvelle-Calédonie, confrontée à une vague de violences, ainsi que l’interdiction du réseau social TikTok. Le ministre de l’Intérieur a également annoncé l’envoi de renfort du GIGN, du RAID, des CRS, de la gendarmerie mobile.

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