Suite à la victoire juridique du Comité action Palestine au conseil d’Etat (voir notre article), le tribunal administratif de Paris a suspendu l’exécution des arrêtés du préfet de police du 18 octobre interdisant la manifestation de jeudi soir. “Le respect de la liberté de manifestation et de la liberté d’expression, qui ont le caractère de libertés fondamentales (….) doit être concilié avec l’exigence constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre public”, estime le tribunal. “Il ne résulte pas de l’instruction, et en particulier de la note des services spécialisés établie en vue de la présente manifestation, que le rassemblement projeté présenterait un risque particulier de violences, à l’encontre d’autres groupes ou des forces de l’ordre”, argue-t-il. Les arrêtés préfectoraux attaqués portent donc “une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester”, conclut le tribunal, en ordonnant leur suspension.

La décision est tombée à 18H alors que la manifestation qui avait lieu place de la République depuis 17H, avait déjà été nassée par les forces de police. Celles-ci se sont totalement retirées de la place, et la manifestation, massive, organisée par Europalestine et par le NPA, a pu se dérouler dans le calme.

A Bruxelles, après les interdictions des manifestations organisées par le Secours Rouge, une autorisation a été accordée à l’Association Belgique-Palestine et à d’autres organisation pour un rassemblement dimanche rond-point Schumann à 14H. Le Secours rouge appelle à se rendre à cette manifestation, comme il appelle à saisir toutes les occasions de manifester sa solidarité avec la résistance du peuple palestinien.

La répression de l’expression de la solidarité avec les Palestiniens ne diminue pas en Europe. En Belgique, les deux propositions  de manifestation du Secours Rouge (une à 1000 Bruxelles, une à Ixelles) ont été interdites, et le meeting de Samidoun (à Jette) est « sous enquête ». En Allemagne, la brutale répression d’une manifestation interdite a tourné à l’affrontement : 174 personnes ont été interpellées, dont 65 font l’objet d’une enquête pénale pour avoir résisté aux forces de l’ordre. Il y a eu des dizaines de blessés. En Suisse alémanique, aucune manifestation relative au Moyen-Orient sera autorisée les prochains jours. C’est en France où la répression est la plus forte: les plus petites initiatives organisées dans les plus petites localités et jusqu’à l’intérieur de locaux sont interdites et interrompues par la police. Et comme toujours dans ce genre de situation, le zèle mène au ridicule: La police municipale de Valence est intervenue mercredi soir pour faire éteindre l’enseigne du restaurant « Chamas Tacos ». En raison d’une panne d’éclairage de la première lettre, elle affichait « Hamas Tacos »…

En France cependant, le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative française s’est prononcée mercredi contre l’interdiction systématique des rassemblements propalestiniens décidée par Gérald Darmanin. Le Conseil d’État a estimé qu’il revenait aux seuls préfets d’apprécier s’il y avait localement un risque que de telles manifestation constituent des troubles à l’ordre public. Le Conseil d’Etat avait été saisi en urgence par le Comité action Palestine.

Mariam Abudaqa, 71 ans, arrivée en France de Gaza le mois passé, vient de faire l’objet d’un arrêté d’expulsion de France en raison de son appartenance au FPLP, et pour sa participation à une tournée de conférences en France sur les conditions de vie des Palestiniens de Gaza et/ou l’apartheid israélien. Pour ces raisons, Mariam constituerait, selon le gouvernement français, une menace à l’ordre public et augmenterait les « tensions entre communautés » en France. Mariam Abudaqa, née dans le village de Bani Suheila à l’est de Khan Younis (dans la bande de Gaza), a un doctorat en philosophie. Résistante à l’occupation israélienne, elle est une combattante pour les droits des femmes et un soutien aux prisonnières politiques palestiniennes. Elle vit habituellement à Gaza et y préside le conseil d’administration de l’association féministe : Palestinian Development Women Studies Association. Un recours en suspension de l’expulsion et un recours en annulation sont en cours.

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Environ un millier de personnes qui s’étaient rassemblées dimanche à Berlin n’ont pas été autorisées à manifester en solidarité avec les Palestiniens. Toutes les manifestations pro-palestiniennes sontactuellement interdite en Allemagne. La police a exigé des manifestants réunis à la Potsdamer Platz de quitter la place, puis a attaqué le rassemblement. La police a frappé et arrêté plusieurs manifestants qui refusaient de quitter la place. Des incidents ont également eu lieu à la dernière manifestation pro-palestinienne (autorisée) à Londres: des manifestants se sont affrontés aux policiers Trafalgar square.

Après la manifestation de plusieurs milliers de personnes hier, à Paris, qui a été chargé par la police (voir ici), plusieurs autres manifestations ont été interdites pour ce vendredi. A Toulouse, malgré l’interdiction et l’annulation par les organisateurs de la manifestation pro-palestinienne à Toulouse, un rassemblement s’est tenu qui a été dispersées par des gendarmes mobiles à l’aide de gaz lacrymogènes. A Saint-Nazaire, des manifestants se sont rendue au point de rassemblement quadrillé par un dispositif policier; deux d’entre elles ont été verbalisées pour « participation à une manifestation interdite ». La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a saisi le parquet après le maintien de deux manifestations pro-palestiniennes ce mardi (photo) et ce mercredi à Marseille qui étaient interdites. Mercredi, un organisateur et une manifestante avaient été arrêtés. Malgré les interdictions, d’autres manifestations ont eu lieu comme à Rennes, à Bordeaux ou à Lille, où il y a eu dix interpellations pour « rébellion » et « refus de se disperser ».

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Les machinistes grévistes du dépôt de Bus de Montesson sont dans leur cinquième semaine de grève. Une grève reconduite chaque semaine, avec 90% de grévistes, qui a contraint la direction de Keolis a fermé complètement le dépôt depuis le 11 septembre. Jusqu’à présent, Keolis refuse répondre aux revendications des grévistes, qui réclament le retour d’une prime d’intéressement supprimée lors de l’arrivée de l’entreprise en janvier 2022, ainsi que le paiement des jours de grève et de meilleures conditions de travail. Keolis a décidé vendredi dernier d’assigner en justice une dizaine de salariés sur les 80 en grève, espérant que le tribunal leur donne le feu vert pour les expulser du piquet de grève. Un rassemblement s’est donc tenu hier jeudi devant le tribunal de Versailles en solidarité avec les grévistes (photo). A l’audience, l’avocat de Keolis a demandé une astreinte financière de 1000 euros par jour et par occupant. Décision lundi 16 octobre.

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Une vague d’interdiction et de répression de la solidarité avec la Palestine traverse l’Europe depuis l’offensive du Hamas contre Israël : interdiction de Samidoun en Allemagne et interdiction de rassemblement et de manifestations en France, comme à Nantes ou à Toulouse. Au Royaume-Unis, la ministre de l’intérieur, suella Braveman, a décrété qu’arborer un drappeau palestinien serait considéré par la police comme une « offense criminelle ». Face à cette pression, par pusillanimité ou par opportunisme, plusieurs forces de gauche se sont désolidarisées de la Palestine ou des forces soutenant la résistance palestinienne.

EDIT: A Paris, malgré l’interdiction, des milliers de manifestants se sont rassemblés en soutien à la Palestine place de la République. La police est intervenue en lançant des grenades lacrymogènes et en utilisant une autopompe contre les manifestants qui ont lancé des projectiles et ont dressé des barricades. Il y a eu une dizaine d’interpellations.

 

Le 19 octobre, au Tribunal d’application des peines de Rome, aura lieu une audience concernant l’enfermement d’Alfredo en régime 41-bis. L’État, par le biais du parquet de Turin, a demandé à plusieurs reprises sa condamnation à l’emprisonnement à perpétuité avec période de sûreté illimitée. La Cour de Cassation avait émis en juillet 2022 une condamnation contre Alfredo pour un « attentat-massacre »… sans victime. Quelques mois auparavant, Alfredo Cospito avait été transféré du régime Haute sécurité à celui 41-bis, car coupable d’entretenir des rapports avec des journaux anarchistes. Le verdict de la Cour constitutionnelle du 18 avril, suivi le lendemain de la suspension de la grève de la faim d’Alfredo, a évité une condamnation à la perpétuité avec période de sûreté illimitée, ce qui était un des objectifs de la mobilisation. Pour atteindre le second objectif, la levée du 41bis, un rassemblement solidaire aura lieu à Rome jeudi 19 octobre, via Triboniano, à 9 heures.

Depuis un mois, les prisonniers luttent à travers toute la Grèce contre la nouvelle loi annoncée par le ministre de la Justice Giorgos Florídis (un vieux politicien qui a fait sa carrière au PASOK avant d’être recylclé dans le nouveau gouvernement conservateur) et contre les actes arbitraires du parquet de Lamia. Parmi les initiatives de solidarité avec cette lutte, l’incendie d’un véhicule de la mairie de Kaisarianí (banlieue est d’Athènes), le 26 septembre à minuit, un engin incendiaire ayant été allumé sur le pneu avant gauche du véhicule. L’action a également été faite en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires Dimitris Koufondinas et Nikos Maziotis ainsi qu’avec les squats.