Le prisonnier anarchiste Alfredo Cospito est toujours en grève de la  faim contre le régime d’isolement total 41 bis (voir nos précédents articles). Le Secours rouge international a appelé ses sections et les forces amies à une journée d’action de soutien le 17 décembre.

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Recueil en français de textes d’Alfredo Cospito

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21 personnes ont été arrêtées dans le quartier d’Exarchia, dans le centre d’Athènes, lors des commémorations du 14e anniversaire de la mort d’Alexandros Grigoropoulos, cet adolescent de 15 ans abattu par un policier. Des milliers de manifestants sont partis des Propylées et ont défilé dans les principales rues d’Athènes, s’arrêtant à Syntagma, en criant des slogans contre la répression de l’État et la pauvreté. Les affrontements ont commencé peu avant 20h30 à Exarchia, avec la mise en place de barricades incendiaires. Les manifestants ont lancé des cocktails Molotov sur la police anti-émeute qui a utilisé des produits chimiques et des gaz lacrymogènes. Trois policiers ont été légèrement blessés lors de ces affrontements. Neuf des personnes arrêtées ont fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

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Mardi 6 décembre au café L’Itinéraire Bis, une trentaine de personnes ont participé à la troisième projection toulousaine du film « Rien à déclarer » organisée avec la présence de militant-e-s du Secours Rouge Toulouse et d’Extinction Rebellion. À la suite de la diffusion de ce film, de nombreux échanges ont eu lieu sur la nature de la police, le rôle des avocat-e-s, l’importance de se préparer à la répression et de construire la solidarité face à elle. Chacun a pu témoigner de ses expériences en garde à vue et corroborer les propos tenus dans le documentaire qui démontrent que la seule réponse viable durant un interrogatoire est de dire « rien à déclarer ». La soirée s’est terminée avec la distribution à chaque personne d’un Petit guide légal des manifestant-e-s.

N’hésitez pas à nous contacter si vous voulez organiser une projection.

Le demandeur d’asile kurde Mahmut Tat, qui a migré en Suède en 2015, était un membre actif du Parti démocratique des peuples (HDP). Il a été jugé et condamné à six ans et dix mois de prison en Turquie il y a sept ans. « Le terrorisme est mentionné à de nombreuses reprises tout au long de votre dossier. Le PKK est également une organisation terroriste pour nous. La République de Turquie vous a jugé équitablement. Vous êtes une menace pour notre pays et vous ne pouvez pas rester ici », lui ont déclaré les institutions suédoises. Le 22 novembre, elles l’ont placé en détention, puis l’ont emmené au centre de détention de Märsta le 1er décembre, d’où il a été transféré en Turquie.

L’extradition de Tat vers la Turquie a eu lieu au milieu des négociations de l’OTAN entre la Turquie, la Suède et la Finlande. Après l’invasion de l’Ukraine, les deux pays scandinaves ont demandé à adhérer à l’OTAN. Toutefois, Erdoğan avait déclaré qu’il gèlerait le processus d’adhésion si les deux pays ne prenaient pas de mesures contre l’exil politique kurde. Le nouveau Premier ministre suédois, qui s’est récemment rendu à Ankara, a promis de respecter toutes les obligations que son pays a contractées envers la Turquie, notamment l’extradition de dissidents, en échange de l’approbation de la candidature de son pays à l’OTAN. Le parlement suédois a également annoncé un vote le 16 novembre sur des amendements constitutionnels qui pourraient conduire à un renforcement des lois antiterroristes, une autre étape vers le respect des exigences de la Turquie. La Suède accueille une diaspora kurde dont les estimations varient entre 85 000 et 100 000 personnes, soit 1% de la population suédoise.

Alfredo Cospito poursuit sa grève de la faim au finish contre la mise au régime d’isolement total 41bis (voir nos précédents articles). Les manifestations, occupations et actions directes se multiplient en Italie, mais la solidarité est aussi internationale. Le 30 novembre, de la peinture a été jetée et des slogans peints sur la Chambre de commerce italo-grecque à Athènes. Le 1er décembre, deux véhicules de police ont été incendiés devant un commissariat de Berlin (phpto). Et hier 3 décembre la voiture d’un diplomate italien a été incendiée à Athènes

Le 29 octobre dernier, des milliers de personnes convergeaient à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres contre le projet de mégabassine avait été confrontée à  2500 gendarmes. Des milliers de grenades tirées faisant plusieurs des blessés graves (voir notre article). La répression se poursuit sur le plan judiciaire. Un procès avait lieu ce lundi 28 novembre à Niort. Les avocats des 5 manifestants demandent un report : certains avocats sont absents et l’un de prévenus, Robin, n’a pu se déplacer. Il avait été gravement blessé par un tir de LBD dans la tête, il a des séquelles et ne pouvait donc pas assister au procès. Le juge refuse le report : il veut juger un homme en son absence, absence causée par les blessures infligées par les forces de l’ordre. Les prévenus et les avocats présents quittent la salle. Le jugement a donc lieu dans une salle vide. Le juge mène une audience à charge alors qu’aucun fait concret n’est reproché aux prévenus: ils sont poursuivis pour «participation à un groupement en vu de commettre des violences ou dégradations de biens». 5 personnes parmi 8000 autres, pour l’exemple.

Dans la salle, le procureur demande une peine «d’avertissement» : 4 mois de prison avec sursis et une interdiction de séjour sur le territoire des Deux-Sèvres de 5 ans. Le juge rend sa décision dans la foulée.  Pour deux prévenus : 2 mois de sursis et 3 ans d’interdiction de séjour dans le département pendant 3 ans, 3 mois sursis pour les deux autres, dont celui qui a été blessé. Cette parodie de procès fait suite à une circulaire du gouvernement. Le Ministre de la Justice a demandé le 9 novembre aux procureurs une «réponse pénale systématique et rapide» contre les anti-bassines. La circulaire donnait des consignes aux magistrats concernant «le traitement judiciaire des infractions commises dans le cadre des contestations de projets d’aménagement du territoire»:  usage systématique de comparutions immédiates, des «interdictions de paraître ou de participer aux manifestations» et des «interdiction de séjour dont la violation est sanctionnée d’une peine de deux ans d’emprisonnement.», ainsi des investigations poussées sur les opposants.

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Le parquet de Turin a ouvert une enquête, soutenue par les bureaux territoriaux de Bologne, Bergame et Nuoro, pour « incitation au crime », contre le groupe P38-La Gang. Les carabiniers et la police ont effectué des perquisitions chez les quatre membres du groupe, saisissant du matériel informatique « utile pour la poursuite de l’enquête ». Les noms des membres du groupe ne sont pas connus du public car ils se produisent sur scène en cagoule. Le groupe a été formé en 2020, et ses vidéos et paroles font parfois référence aux Brigades rouges. À la suite d’un concert organisé le 1er mai dernier, la police politique (Digos) de Reggio Emilia avaient ouvert une enquête contre le président du club d’Arci qui avait accueilli le concert. Les dénonciations et les enquêtes ne pouvaient produire des conséquences judiciaires qu’en recourant aux délits d’opinion hérités du code pénal fasciste du Rocco. C’est ce qu’a fait le parquet de Turin, le parquet le plus zélé d’Italie,  qui a tenté toutes les actions judiciaires les plus douteuses contre le mouvement No Tav,

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Dans un rapport de 83 pages annexé au projet de loi d’orientation et de programmation (Lopmi), adopté le 22 novembre à l’Assemblée nationale, le ministère de l’Intérieur dévoile les grandes lignes de sa « trajectoire » pour 2030. S’il n’a pas de valeur législative, ce texte donne une idée des ambitions à long terme du gouvernement en matière de sécurité : « transformer l’institution », en misant toujours davantage sur la technologie et les dispositifs de surveillance numérique.

Selon le rapport, les policiers et les gendarmes de demain seront « augmentés » grâce à des « technologies de pointe » . Les textiles intelligents dont ils seront vêtus seront capables de thermoréguler leur corps et pourront donner en continu des indications sur leur état physiologique. Les capacités physiques des agents seront décuplées grâce à des exosquelettes, qui seront interconnectés avec les moyens numériques « présents et à venir ». Des caméras légères seront également déployées à grande échelle sur la poitrine et dans les voitures des forces de police. Ces dernières recourront de manière accrue à l’intelligence artificielle pour analyser les données. Les forces de police, selon les souhaits du gouvernement, y seront dotées de moyens mobiles adaptés à l’environnement, comme des motoneiges ou des buggys, ainsi que de moyens de surveillance tels que des drones à vision nocturne, des caméras infrarouges et thermiques, ou encore des systèmes de lecture automatisée des plaques d’immatriculation. Le document promeut l’utilisation de lunettes ou de casques de réalité augmentée, permettant aux forces de police de consulter des fichiers en direct lors de leurs interventions.

(image d’illustration: Artstation)

Le 20 octobre, l’anarchiste Alfredo Cospito a annoncé avoir commencé une grève de la faim contre le régime de détention 41 bis, auquel il est soumis, et contre la peine de perpétuité incompressible (voir nos précédents articles). Une bataille qu’Alfredo n’a pas l’intention d’interrompre avant son décès. Alfredo, qui est en régime 41 bis depuis le 5 mai dernier, suite à un décret signé par la ministre de la Justice de l’époque, est actuellement détenu dans la prison de Bancali, en Sardaigne. Depuis, Juan Sorroche, Ivan Alocco et Anna Beniamino se sont joints à cette grève. De nombreuses initiatives solidaires ont eu lieu dans plusieurs pays: réunions, manifestations, tags et accrochages de banderoles, mais aussi actions directes (distributeurs de billets détruits, lignes de train sabotées, antenne 5G incendiée…)

Rassemblement vendredi 25 novembre à 18h devant le Consulat d’Italie
5 Boulevard Émile Augier Paris 16e

La police d’Athènes a lancé une grande opération mardi matin dans un lotissement squatté de l’avenue Alexandras. Officiellement, l’opération était lancée pour arrêter un occupant recherchhé pour l’attaque des locaux du groupe de médias Real en juillet. Ce complexe d’habitation est appelé « Prosfygika » car il a été construit à l’origine pour loger les réfugiés d’Asie Mineure dans les années 1930 et était à la fois un lieu de vie et d’activités politiques.

Après l’arrestation de l’homme recherché, l’opération policière s’est poursuivies le reste de la journée, avec des contrôles aux domiciles, des brimades et un cordon encerclant la zone pour tenir à distance la foule de qui s’était rassemblée en solidarité dans un endroit voisin. Des groupes de personnes se sont rassemblés sur les lieux, sont montés sur le toit et ont jeté des objets – pierres, matériaux de construction et autres – sur les agents. Finalement, les policiers ont procédé à l’arrestation de 79 personnes, qui, le lendemain, seront traduites en justice pour leur défense militante de la communauté occupée.

 

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