Rédigée par le militant anarchiste Luca « Stecco » Dolce depuis sa cellule de prison en Italie, cette déclaration propose une analyse du génocide à Gaza à travers le prisme de la lutte des classes et de l’anti-autoritarisme. L’auteur dénonce le « complexe techno-industriel » : un système où la guerre, la surveillance des frontières et l’exploitation des travailleurs sont interconnectées. Par ailleurs, il appelle à transformer l’émotion collective en action directe et en auto-organisation, tout en dénonçant l’hypocrisie et la complicité des États européens et des institutions internationales (lire en intégralité).

[…] Les anarchistes, et pas seulement eux, n’attendent pas qu’une révolution se produise d’elle-même ; ils la vivent ardemment, en étudiant et en s’organisant.

Saboter et attaquer le système de domination ne suffit certainement pas à préparer un changement radical, mais cela nous en rapproche, et nous permet de regarder en face la vie que nous désirons, en agissant contre un ennemi qui nous lie à son système, dont nous voulons nous libérer. Cette vie libre nous est de plus en plus refusée ; nous ne sommes pas éduqués à la capacité de choisir, à réfléchir et à activer une volonté libre qui dicte les lignes directrices et les règles sociales qui brisent celles, autoritaires, actuelles, en choisissant consciemment les voies et les méthodes qui évitent un système meurtrier, toxique et injuste.

Nous devons détruire l’idée moraliste de la « confrontation démocratique » : elle nous éloigne de certaines possibilités de lutte, et je crois que le meilleur exemple de fracture insurrectionnelle se manifeste à travers les émeutes indonésiennes de ces derniers mois. En réponse aux revendications du peuple, à leurs propositions d’auto-organisation et de communisme anti-autoritaire, l’autorité s’est montrée arrogante et violente. La réponse subversive a été claire et précise : la mise en scène démocratique a été réduite en cendres dans les incendies des maisons des politiciens. Leur arrogance s’est retournée contre eux et ils sont devenus, pour une fois, les cibles matérielles, la proie d’une fureur libératrice. […]

Un étudiant sans papiers, militant à la Fédération Syndicale Étudiante et au Comité Sans Papier 59, fait l’objet d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) depuis mai 2024 après un refus de renouvellement de son titre de séjour, et a récemment été interpellé par la Police aux Frontières alors qu’il se rendait en cours à Lille. Lors de cette arrestation, il a subi des pressions et des tentatives d’intimidation liées à son engagement militant, ainsi que des menaces de placement en centre de rétention. Malgré son parcours universitaire reconnu, la préfecture justifie la mesure par un prétendu manque de sérieux de ses études. Cette situation est un cas de répression administrative ciblant un étudiant engagé, et une mobilisation est en cours pour obtenir la levée de l’OQTF, soutenir les démarches juridiques et financer les frais d’avocat afin de défendre son droit à étudier et à vivre en France (voir ici).

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Suite à l’occupation de l’école et à une évacuation policière (voir notre article), la direction d’AgroParisTech, représentée par Laurent Buisson, a prononcé l’exclusion de deux semaines pour plus de trente étudiants militants du collectif « Agro En Lutte ». Les manifestants, qui dénoncent la complicité de l’établissement avec l’agro-industrie et revendiquent le soutien de plus de 500 signataires internes ainsi que de diverses organisations (Confédération paysanne, Soulèvements de la Terre), contestent ces sanctions devant le tribunal administratif. Malgré ces mesures de « neutralité institutionnelle » qu’ils jugent répressives, les étudiants appellent à poursuivre le mouvement et à investir les réunions officielles pour faire entendre leur voix.

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Un appel est lancé à se rassembler mercredi 28 janvier à 16h au palais de justice de Paris pour soutenir Gino, convoqué devant la Cour d’appel dans le cadre de l’affaire de Budapest (voir notre article). Après l’échec de la demande hongroise, c’est désormais l’Allemagne qui réclame son extradition, dans un contexte de coopération judiciaire européenne visant les militants antifascistes. Ses soutiens dénoncent une nouvelle tentative de criminalisation politique et appellent à une présence massive pour empêcher l’extradition et contester l’acharnement judiciaire contre Gino.

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À Londres, des dizaines de militants ont été arrêtés après une action de solidarité menée dans l’enceinte de la prison de Wormwood Scrubs en soutien à Umer Khalid en grève de la faim (voir notre article). La police a procédé à l’arrestation de 86 personnes, invoquant une intrusion et des troubles au fonctionnement de l’établissement, tandis que le ministère de la Justice a dénoncé l’action comme « préoccupante ». Cet épisode s’inscrit dans un contexte de durcissement répressif marqué par l’interdiction de Palestine Action au titre de la législation antiterroriste, la criminalisation des actions de soutien à la Palestine et l’emprisonnement prolongé de militants avant jugement.

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Un rassemblement est appelé à Marseille le mercredi 28 janvier 2026 à 17h30, place de la Joliette, devant les consulats d’Allemagne et d’Angleterre, contre la criminalisation de l’antifascisme et du soutien au peuple palestinien. L’initiative met en avant la solidarité avec les camarades emprisonné·es et poursuivi·es dans plusieurs pays européens, notamment dans les affaires liées aux mobilisations antifascistes et aux actions contre la guerre, avec les mots d’ordre « Free All Antifas » et « Free the Filton24 ». L’appel vise à dénoncer la répression transnationale et à affirmer un soutien politique aux personnes poursuivies, en faisant du rassemblement un point de convergence local contre le durcissement autoritaire en cours.

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Dimanche 25 janvier à Toulouse, une manifestation déclarée et autorisée en soutien au peuple kurde du Rojava a été réprimée par les forces de l’ordre, qui sont intervenues après les prises de parole alors que les participant·es se dispersaient calmement. Selon des témoignages, la police a frappé et gazé des manifestant·es alors que la situation était en cours de régulation par les organisateurs, provoquant des tensions qui trouvent leur origine dans l’intervention policière elle-même. Cela s’inscrit dans le cadre d’une série d’interdictions, d’arrestations et de provocations policières dans plusieurs villes de France à l’occasion des mobilisations en faveur du peuple kurde.

Présent au sein d’un cortège internationaliste, le Secours Rouge Toulouse a également pris la parole au début de la manifestation. À cette occasion, nous avons souligné que : « De par ses alliances militaires, diplomatiques et économiques, par son soutien à l’État fasciste turc et par sa normalisation avec le régime syrien, la France, comme l’ensemble des puissances occidentales, porte une responsabilité politique directe dans l’écrasement des projets progressistes et révolutionnaires au Moyen-Orient. Il faut être clair : la France n’a pas d’alliés dans la région. Elle n’a que des intérêts à défendre, quoi qu’il en coûte aux peuples, qui sont toujours les premiers sacrifiés de ses calculs iniques. »

Samedi 24 janvier, plus de 1 000 personnes ont manifesté dans les rues de Genève en solidarité avec le Rojava, dont un bloc internationaliste rassemblant différents activistes, notamment des membres du Secours Rouge Genève. La mobilisation a été marquée par une forte pression policière, avec des contrôles d’identité autour de la manifestation, une présence massive et ostensible des forces de l’ordre tout au long de l’action, puis un nassage en fin de rassemblement de plusieurs dizaines de personnes, y compris des familles avec enfants, restées autour des organisateurs. Même si aucune interpellation ne semble avoir eu lieu, ce dispositif illustre la criminalisation croissante de la solidarité avec le Rojava en Europe.

À l’occasion de la réunion des 26 et 27 janvier de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen, deux rassemblements sont organisés à Bruxelles par la Campagne internationale d’urgence contre l’opération Kagaar, avec le soutien de l’ATIK, du TSP, du Secours Rouge et d’autres organisations, pour dénoncer l’opération de contre-insurrection Kagaar lancée par le gouvernement fasciste de Modi en janvier 2024 dans le centre de l’Inde, dans les États du Chhattisgarh, du Telangana, de l’Odisha, de l’Andhra Pradesh et du Jharkhand, visant à éradiquer la guerre populaire prolongée menée par le PCI (maoïste). En réalité, cette offensive vise largement les populations adivasis et s’inscrit dans une politique de répression systématique marquée par des exécutions extrajudiciaires, des arrestations d’activistes et des attaques contre des médias progressistes et révolutionnaires. Le rassemblement exige l’arrêt immédiat de l’opération, dénonce le caractère fasciste du régime indien et affirme sa solidarité avec les luttes révolutionnaires en Inde.

Le mardi 27 janvier à Bruxelles, rassemblements dès 10H place du Luxemboug puis à 14H devant l’ambassade indienne (Chau. de Vleurgat 217, 1050 Bruxelles).

La police espagnole a investit la raffinerie Repsol et l’usine FERTIBERIA à Puertollano pour arrêter 16 travailleurs qui auraient participé à la dernière grève de la métallurgie, en novembre dernier. Les travailleurs qui effectuaient leur travail dans l’entreprise ont été menottés devant leurs collègues et emmenés au poste de police. Pendant la grève, des travailleurs avaient bloqué les accès au complexe pétrochimique de Repsol et de FERTIBERIA, et la police avait répondu avec des charges. Les 16 travailleurs sont accusés de délits environnementaux, pour avoir brûlé des pneus et du chaume aux portes de l’usine.  Selon les services de police, l’opération n’est pas clôturée et de nouvelles arrestations pourraient encore survenir.

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