Mercredi 18 mai, une nouvelle audience a eu lieu contre les anarchistes de la Conspiration des Cellules de feu (CCF) et leurs proches pour le projet d’évasion (qui prévoyait de faire sauter le mur de la prison de Korydallos) découvert par la police en janvier 2015. Au début de l’audience, un avocat était absent. Dans ce cas le tribunal est tenu de désigner un nouvel avocat, mais le président du tribunal a ordonné qu’il soit jugé sans la présence d’un avocat. Les membres de la CCF Gerasimos Tsakalos, Olga Ekonomidou et Christos Tsakalos présent(e)s dans la salle interrompirent l’audience en criant et en maudissant le juge pour les pratiques fascistes, finissant par lui jeter des objets. Les gardes sont intervenus pendant que le président de la cour se cachait dans un bureau.

Un des avocats demanda l’arrêt du procès en raison des machinations du juge. Ch. Tsakalos fit ensuite référence aux condamnations que risquent les proches (sa mère, l’épouse de Gerasimos et le frère de Giorgio Polydoro), accusé(e)s d’ «appartenance à une organisation terroriste» avec circonstances aggravantes, ce qui est passible de 20 ans de prison. Les membres de la CCF et Aggeliky Spyropoulou revendiquèrent le plan d’évasion, signalant qu’aucun(e)s des accusé(e)s restant(e)s n’y était lié. Ils ont ensuite quitté la salle en disant qu’il était sûr que le juge demanderait leur expulsion, ce qui a eu effectivement lieu: G. Tsakalos, O. Ekonomidou et Ch.Tsakalos sont exclus(e)s indéfiniment des audiences. Prochaine audience demain mardi.

La prison de Korydallos

La prison de Korydallos

Manon, étudiante inscrite en licence de Science politique à l’Université de Picardie, a participé le jeudi 28 avril à l’occupation de l’Hôtel de Ville d’Amiens contre la loi Travail, occupation qui s’est terminée par une intervention brutale des forces de police. Alors qu’un manifestant se faisait matraquer, Manon a voulu le défendre et a lancé un micro en direction des forces de l’ordre, sans occasionner la moindre blessure. Elle a été convoquée le 12 mai au commissariat, où après avoir été gardée à vue pendant toute une après-midi et une nuit entière, elle a été déférée devant le Procureur de la République qui a requis 5 ans de prison ferme. Elle a été placée sous contrôle judiciaire, après une perquisition menée à son domicile. Pour ces faits, l’étudiante est accusée de « violence à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique » et de « dégradation de bien public ». Jugement prévu le 10 juin.

L'occupation de la mairie d'Amiens

L’occupation de la mairie d’Amiens

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A 6 h 40, ce lundi matin, 70 gendarmes mobiles ont procédé au déblocage du dépôt de carburant de Cournon d’Auvergne (Puy-de-Dôme) occupé depuis six jours par des syndicalistes de la CGT et des militants de Nuit Debout. Après les sommations d’usage, les gendarmes mobiles ont entamé l’évacuation du site et repoussé les opposants à la loi Travail sur un parking voisin. Le déblocage s’est fait sans heurts. Les barricades ont été démontées pour libérer l’accès du site, paralysé depuis mardi dernier.

Intervention des gendarmes à Cournon-d’Auverne

Intervention des gendarmes à Cournon-d’Auverne

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Les militants anti-loi Travail qui bloquaient des dépôts de carburant près de Rouen, ont été évacués sous la pression des forces de l’ordre. En milieu d’après-midi ce vendredi, une quinzaine de fourgons de CRS se sont d’abord rendus à l’église Saint-Nicaise de Rouen, avant de partir vers les dépôts Rubis Terminal, au Grand-Quevilly. Sous la pression de nombreux CRS déployés autour du barrage, près de la première entrée du dépôt, les militants ont quitté le point de blocage. Le second point de blocage, rue de l’Ancienne Mare au Petit-Quevilly, a été évacué en début de soirée, sans recourir à l’usage de la force. Lors de l’intervention des CRS, une importante fumée noire, déclenchée par les grévistes, était visible à des kilomètres dans l’agglomération de Rouen.

Près de Saint-Nazaire, les salariés de la raffinerie Total de Donges ont également voté un arrêt de la production de leur entreprise et ce jusqu’au vendredi 27 mai. Même chose, à Feyzin, près de Lyon, où les salariés ont également voté l’arrêt de la raffinerie. Cela signifie que trois des raffineries Total de France, sur quatre, seront à l’arrêt. La dernière, celle de Grandpuits-Bailly-Carrois, près de Melun, est pour sa part bloquée par des manifestants, au moins jusqu’à lundi 23 mai.

Le piquet de grève à la raffinerie Total

Le piquet de grève à la raffinerie Total

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La justice française a enfin libéré Nezif Eski, ce militant franco-turc détenu en France pour son soutien au DHKP-C. Le 20 décembre 2012 dernier, le Tribunal correctionnel de Paris l’avait condamné à cinq ans de prison dont quatre ans ferme. Il avait mené une longue grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention, notamment les fouilles à nu continuelles (voir notre article). il est atteint d’une maladie incurable extrêmement douloureuse.

Rassemblement à Bruxelles en 2013 en soutien à Nezif Eski

Rassemblement à Bruxelles en 2013 en soutien à Nezif Eski

Avec internet et les réseaux sociaux, la police doit faire face à une masse toujours plus conséquente d’informations. Comme cette information demeure fragmentée et n’arrive dans les systèmes centraux qu’une fois validée, la première étape du plan pluriannuel iPolice (« intelligent policing ») est de mettre en place de nouvelles applications qui lient les données entre elles et rendent le cloud working possible. La rédaction des procès-verbaux ne devra plus se faire à domicile pour les agents, mais aura lieu sur le terrain. Les données seront alors directement disponibles sur le serveur central. iPolice disposera également d’un puissant système de recherche. Combiné avec les fonctions d’alarme, il devrait devenir un dispositif interactif capable d’évaluer le risque, de détecter les réseaux criminels et de relier de nouveaux éléments à d’anciennes requêtes visant des suspects ou des véhicules. Il permettra à la police à engager plus rationnellement ses moyens.

Le coût de iPolice est évalué à 95 millions d’euros, puisés dans l’enveloppe de 400 millions d’euros dégagée par le gouvernement fédéral à la suite des attentats de Paris. La mise en place du système ne sera probablement pas terminée d’ici la fin de l’actuelle législature en 2019.

Quinze millions d’euros supplémentaires seront également consacrés à la modernisation du procédé de partage d’informations au sein de la police. A côté du travail opérationnel de la police, d’autres données circulent également. C’est aujourd’hui principalement le cas via l’intranet de la police. Le système « Enterprise Cloud Solution » concernera toute la police intégrée. La police fédérale procède déjà à l’implémentation de cette nouvelle manière de travailler, tandis que les fonds supplémentaires doivent élargir le déploiement de cette technologie aux zones de police locale.

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A Rennes, plusieurs dizaines de policiers étaient positionnés, hier jeudi, dès l’aube, pour surveiller étroitement l’ensemble des stations de métro de la ville, dans l’intention de surprendre sur le fait un groupe de personnes ayant l’intention de saboter le métro de la ville. À 6h30, 14 hommes et 5 femmes ont été interpellés en flagrant délit. Le sabotage, qui s’est déroulé simultanément dans six stations de métro, était bien coordonné: des groupes de trois à quatre personnes encagoulées avec, à chaque fois, des guetteurs placés aux abords des stations pendant que le groupe neutralisait les bornes de contrôle des titres de transport à l’aide de mousse expansive.

Ce coup de filet fait suite à une enquête ouverte le 12 mai dernier à l’initiative du parquet et confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire. Depuis le début de leur garde à vue de 48 heures, les 19 personnes refusent de décliner leur identité et de procéder aux prises d’empreintes. Ils sont accusés d’«association de malfaiteurs et dégradations volontaires de biens destinés à l’utilité publique par des personnes agissant en réunion et dissimulant leur visage pour ne pas être reconnues», un délit passible de sept années d’emprisonnement. Au cours de la manifestation contre la loi Travail qui s’est déroulée plus tard dans les rues de Rennes, cinq autres personnes ont été interpellées, dont deux pour des tirs de projectiles.

Une des bornes visées par le sabotage d'hier

Une des bornes visées par le sabotage d’hier

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Le Conseil des ministres a approuvé à la mi-mars un projet relatif à la révision de la loi sur les méthodes spéciales de renseignement. Celui-ci élargit les outils à disposition de la Sûreté de l’Etat et des services militaires de renseignement. La commission de la protection de la vie privée ne formule pas de réserves sur la plupart des éléments sensibles. Six points sont cependant critiqués, notamment l’interception massive de communication via les câbles de fibre de verre. Le SGRS souhaite entamer celle-ci endéans les deux ans. Tous les fournisseurs de services concernés seront dans l’obligation de collaborer. La commission « s’oppose à une telle méthode qui permettrait au SGRS d’intercepter un flux de données excessif à la lumière de l’objectif et qui commence à ressembler fortement à de la surveillance de masse ». Son avis est non contraignant.

Le lieutenant-général Eddy Testelmans, patron du SGRS

Le lieutenant-général Eddy Testelmans, patron du SGRS

Dossier(s): Archives Belgique

Un petit millier de manifestants a défilé ce jeudi après-midi dans les rues de Nantes, malgré l’interdiction préfectorale. Un important dispositif policier avait été mis en place, jeudi après-midi dans le centre-ville de Nantes. Selon la préfecture, 500 policiers, CRS ou gendarmes mobiles étaient mobilisés. Peu après 17 h, 8 personnes parmi les manifestants avaient été interpellées quai de la Fosse et place de Jacksonville. À 20 h 30, 66 interpellations pour vérification d’identité et d’éventuels placements en garde à vue sont à signaler. Une importante vague d’arrestations s’est tenue rue Lamoricière, entre le Mémorial de l’esclavage et la place Mellinet. Au total 66 personnes ont été interpellées.

Interpellations à Nantes

Interpellations à Nantes

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Un homme de 26 ans a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Lille à dix mois de prison, dont cinq ferme, pour avoir violenté un policier lors d’une manifestation contre la loi Travail, le 31 mars. Le jeune homme, un travailleur précaire, était accusé d’avoir balancé une barrière lors d’une charge de la police. La barrière avait touché un policier, qui s’était vu délivrer une incapacité temporaire de travail de un jour. Le manifestant comparaissait pour « violences volontaires sur agent de la force publique », en récidive car il y a bientôt cinq ans, il avait bousculé un contrôleur dans le métro lors d’une vérification des titres de transport.

Arrestation à Lille lors de la manifestation du 31 mars

Arrestation à Lille lors de la manifestation du 31 mars

Par ailleurs, un homme de 28 ans a été condamné mardi, à Rennes, en comparution immédiate à six mois de prison ferme. Intérimaire, l’homme avait été interpellé pour « violences avec armes sur agent de la force publique » samedi, lors d’une brève tentative de manifestation dans le centre historique de Rennes (voir notre article). Il a été placé sous mandat de dépôt. L’arme en question est une canette de bière…

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