À Brême en décembre 2025, la syndicaliste Ariane Müller s’est vu interdire l’accès au Klinikum Bremen-Mitte après avoir participé à une campagne électorale en faveur d’une liste syndicale de gauche lors des élections du comité d’entreprise. Ancienne salariée et élue du personnel, elle avait déjà été licenciée en 2024 par le groupe hospitalier public Gesundheit Nord pour avoir organisé, à titre privé, un rassemblement de soutien à Daniela Klette, une décision qui n’a jamais été examinée par la justice (voir notre article). Fin 2025, alors qu’elle accompagnait des collègues dans une distribution de tracts liée au scrutin interne, la direction a justifié cette décision par des motifs de sécurité et de bon fonctionnement de l’établissement.

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En Allemagne, l’Anarchist Black Cross de Dresde organise le 31 décembre 2025, pour le réveillon du Nouvel An, des rassemblements devant des prisons pour exprimer leur solidarité avec les prisonniers politiques et migrants détenus, dénonçant en particulier la répression croissante des militants antifascistes et du mouvement kurde. L’action vise notamment à soutenir les détenus Aziz et Johann, poursuivis pour leurs activités politiques, ainsi que d’autres prisonniers.

En parallèle, leur travail de collecte de dons a été interrompu par GLS Bank et d’autres établissements, qui ont fermé des comptes bancaires sans explication. Ceux-ci visaient à soutenir des prisonniers politiques en Allemagne mais aussi en Europe de l’Est. Récemment, des procédures similaires ont également touché le DKP et le Rote Hilfe (voir notre article).

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Les banques GLS et Sparkasse Göttingen ont résilié les comptes du Rote Hilfe, une organisation de soutien juridique de gauche en Allemagne, en lien avec l’inscription du groupe « Antifa Ost » sur la liste terroriste des États-Unis et sur la liste de sanctions du Trésor états-unien (voir notre article). Craignant des conséquences comme l’exclusion du système de paiement international SWIFT, les banques ont appliqué ces sanctions, après avoir interrogé le Rote Hilfe et sur la base d’une évaluation de risque jugée « élevée » par un prestataire privé, ce qui impose la fermeture des comptes sous deux mois. Cette situation rappelle celles similaires qui ont déjà eu lieu contre l’Anarchist Black Cross ou encore le DKP (voir notre article).

Thawra, un groupe internationaliste de gauche basé à Hambourg, fait face à une classification comme « organisation extrémiste avérée » par les services allemands de protection de la Constitution. Cette décision repose principalement sur des accusations d’antisémitisme liées à ses positions antisionistes et à son engagement public en solidarité avec la Palestine, notamment l’usage de termes tels que « génocide » ou « apartheid » pour qualifier la politique israélienne. Cette qualification ouvre la voie à d’éventuelles interdictions et expose les militants à la répression, y compris en matière de séjour. Thawra rejette fermement ces accusations et a engagé des recours judiciaires pour contester cette classification, estimant qu’elle s’inscrit dans une stratégie plus large de répression et de criminalisation de la solidarité pro-palestinienne en Allemagne, et que l’issue de cette affaire pourrait créer un précédent déterminant pour les libertés politiques et le débat public.

Les 30 et 31 décembre 2025, plusieurs rassemblements de solidarité sont organisés dans différentes villes d’Allemagne, où les personnes sont invitées à se rendre devant plusieurs prisons pour soutenir les cinq personnes détenues pour avoir attaqué une usine d’Elbit Systems à Ulm (voir notre article). Ils sont en détention préventive depuis trois mois, accusés d’avoir causé des dégâts matériels à ce principal fabricant d’armes israélien qui joue un rôle clef dans le génocide en Palestine.

Le 15 janvier 2026, une journée internationale de solidarité est organisée en soutien à l’antifa Maja qui est en détention depuis plus de 530 jours en Hongrie dans le cadre de l’affaire de Budapest. Le 22 janvier prochain, le verdict concernant son procès sera rendu (voir notre article). Ce jugement pourrait ouvrir la voie à de futures extraditions vers la Hongrie. Les organisateurs appellent à des manifestations et actions pour exiger la libération immédiate de Maja et de tous les antifascistes accusés.

Le 18 décembre 2025, des perquisitions simultanées ont été menées par la police allemande dans plusieurs villes, notamment au siège de l’Association des droits et libertés fondamentaux à Cologne ainsi que dans cinq domiciles privés. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’enquêtes fondées sur les articles 129a et 129b du Code pénal allemand, relatifs à la lutte contre le terrorisme. Lors des interventions à Cologne, plusieurs personnes présentes ont été maintenues sous contrainte pendant les fouilles. Les autorités invoquent des soupçons liés à des activités considérées comme relevant de ces dispositions.

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La GLS Bank a informé le Parti communiste allemand (DKP) qu’elle fermerait tous ses comptes et ceux de ses organisations affiliées d’ici la fin de 2025. Cela intervient après que l’établissement bancaire a posé plusieurs questions sur des fonds destinés à l’aide humanitaire pour Cuba. Le DKP dénonce cette fermeture comme un acte d’anticommunisme institutionnel et une tentative de restriction de son organisation et de ses activités internationales. Le parti s’inquiète du précédent établi, qui permet aux banques privées d’agir comme des censeurs politiques.

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Militante antifasciste impliquée dans l’affaire de Budapest, Nele a été transférée le 9 décembre depuis la prison de Chemnitz, sans que sa destination actuelle soit connue. Elle devrait être prochainement incarcérée à Wuppertal, mais son arrivée reste incertaine en raison d’un probable transit de plusieurs jours entre différentes prisons allemandes. Dans ce contexte, ses soutiens appellent à renforcer la solidarité. En particulier, ils dénoncent la stratégie du LKA (Office de police criminelle d’un Land) visant à affaiblir la détermination des prisonniers politiques et de leurs réseaux.

Ces derniers mois à Nuremberg, des mobilisations antifascistes ont été marquées par une intensification des violences policières, avec l’usage brutal de chevaux, de matraques et de gaz. Plusieurs organisations dénoncent en particulier des agressions à caractère sexuel visant des femmes et des personnes trans. En particulier, des policiers auraient à plusieurs reprises saisi et étranglé des manifestantes. Ces violences, attribuées de manière répétée aux mêmes agents et tolérées par leurs collègues, surviennent dans le contexte des mobilisations contre les rassemblements du groupe d’extrême droite « Team Menschenrechte – TMR », soutenus par les autorités locales.

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