Sept militants mapuches avaient été arrêtés et jugés sur base de la loi antiterroriste en 2003 pour avoir en vertu de la loi sur le terrorisme pour avoir détruit des camions. Le mercredi, la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a rendu sa décision dans l’affaire des militants mapuche a décrété que le gouvernement chilien devait annuler leurs condamnations pour terrorisme. Avec cette résolution, le gouvernement chilien doit libérer et indemniser les militants condamnés « en violation des obligations internationales. » Le Ministre de la Justice du Chili a déclaré mercredi que le Chili respectera ces décisions. Il devra payer 50.000 US$ à chaque militant et 29.000 US$ de frais de procédure.

Lors de ses nombreuses opérations de surveillance et de répression contre le mouvement anarchiste brésilien à l’occasion de la Coupe du Monde, la police de Rio de Janeiro a inscrit Mikhaïl Bakounine dans une liste de 18 suspects potentiels de violences lors des émeutes anti-Coupe. La police brésilienne ne s’est rendue compte que trop tard qu’elle n’avait peu de chance de mettre la main sur cet anarchiste mort il y a 138 ans. Bakounine s’est retrouvé dans cette liste de suspects après avoir été cité dans une conversation téléphonique de Camila Jourdan, professeure de philosophie mise sur écoute et détenue pendant 13 jours. La police politique du Brésil avait commis une gaffe similaire pendant la dictature en listant Karl Marx parmi une liste de personnes subversives à surveiller. Les internautes brésiliens moquent donc la police brésilienne en diffusant des avis de recherche fictifs « Recherché pour actes de vandalisme lors de manifestations ».

Un avis de recherche fictif moquant la police de Rio

Un avis de recherche fictif moquant la police de Rio

A l’aube du 11 juillet, le commissariat n°44 de Lo Prado, avenue San Pablo (à l’ouest de Santiago) qui a fait l’objet d’une attaque à la bombe. L’engin composé de TNT a causé des dégâts contre la porte, la structure métallique, une partie du mur et plusieurs vitres. Cette attaque n’est pas la première visant les forces de répression chiliennes: la nuit du 30 juin, des engins incendiaires avaient été posés à la Coopérative de consommateurs des carabiniers, en plein centre de Santiago; à l’aube du 5 juin, une engin composé de TNT avait endommagé le Centre de Réinsertion pour Délinquants; le 31 mai, un incendie a consumé la totalité des installations destinées à l’enfermement nocturne dont disposent les carabiniers à Valparaiso.

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Vendredi 11 juillet à Barranquilla, au nord de la Colombie, une opération d’expulsion visant un squat a été menée notamment par les policiers anti-émeute de l’ESMAD (Escuadrón Móvil Antidisturbios). Les habitants ont érigés des barricades qu’ils ont défendu en lançant des projectiles divers sur les policiers. Au moins trois policiers auraient été brûlés par des lancers d’eau bouillante, et un autre par une balle. Cinq personnes auraient été arrêtées, et la personne suspectée du coup de feu était toujours recherchée en fin de journée…

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Les policiers de la Direction contre le terrorisme (DIRCOTE) ont arrêté samedi 19 quatre membres présumés du Comité régional de Huallaga du PCP-SL. Maria Bautista Rojas (54 ans) était sous le coup d’un mandat d’arrêt pour « terrorisme » et aurait au Comité régional de Huallaga du PCP-SL pour les localités de San José, San Antonio, San Juan et Las Palmas. Elle était aussi recherchée pour la mort d’un milicien de la contre-guérilla. Arostegui Mario Sabino (44 ans), était également recherché pour les mêmes affaires. Anita Flores Rojas America (48) et José Antonio Rubina Arnao (41 ans) étaient également recherché pour « terrorisme ».

Le 20 juillet, la DIRCORE est parvenu à arrêter à Chiclayo, Jose VJT (58 ans) alias camarade « Octaviano » ou « Roberto », qui a combattu dans le détachement Maray, la principale unité de guérilla du PCP-SL dans le Huarmaca. Parmi les attaques attribuées à « Octaviano », l’embuscade qui avait coûté la vie à 17 policiers le 3 février 1993.

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Treize guérilleros ont été tués au cours d’un bombardement d’une base des FARC le week-end dernier, dans le nord-ouest de la Colombie, a dans le cadre d’une opération soutenue et continue contre le bloc nord-occidental des FARC. Les militaires auraient aussi récupérés huit fusils d’assaut, des munitions et des équipements divers. L’opération, déclenchée par l’armée la veille de la reprise des négociations de paix, visait Félix Antonio Muñoz Lascarro alias « Pastor Alape », un vieux guérillero (il a 68 ans), toujours membre de la direction des FARC et très actif sur le terrain. Pastor Alape n’est pas du nombre des victimes du bombardement.

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Dernière Avril, les autorités péruviennes ont arrêté des dizaines de dirigeants du mouvement pour l’amnistie et les droits fondamentaux (Movadef) à Lima et dans les provinces, y compris les dirigeants de l’organisation comme les avocats Alfredo Crespo et Manuel Fajardo, les défenseurs d’Abimael Guzman, le Président Gonzalo, fondateur du PCP-SL, qui purge une peine depuis 1992 l’emprisonnement à vie.

Un tribunal de Lima a ordonné lundi 14 juillet de nouvelles poursuites contre les dirigeants emprisonnés PCP-SL, au motif qu’ils seraient les dirigeants effectifs du Movadef. Ces dirigeants sont Abimael Guzmán, Elena Yparraguirre, Osman Morote, Maria Pantoja, Victoria Trujillo, Atilio Cahuana, Margie Clavo, Zulma Peña et Florentino Flores Hala. Le Movadef fait son apparition publique lors des élections générales de 2011, il a essayé de présenter plusieurs candidats mais son inscription a été rejetée.

Le 9 juillet, un groupe de manifestants masqués a bloqué la rue devant le lycée Manuel Barros Borgoño avec une barricade qu’il ont défendue contre la police avec des pierres, de la peinture et des cocktails Molotov. L’action et le combat de rue se sont fait en solidarité avec les prisonniers anarchistes (voire notre article) Juan Aliste, Freddy Fuentevilla et Marcelo Villarroel condamnés pour de multiples expropriations bancaires et de la mort d’un policier – et en solidarité avec l’anarchiste Sol Vergara, qui est en détention accusée d’avoir tiré sur un vigile d’une banque. Dix personnes ont été arrêtées suite à ces affrontements dont 3 ont été inculpé-es pour possession de cocktail Molotov et assignées à résidence.

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Le gouvernement péruvien vient d’adopter des « mesures économiques pour relancer les investissements » visant à éliminer tous les obstacles réglementaires et institutionnels qui pouvaient encore freiner l’ouverture des exploitations minières et pétrolières des multinationales, et notamment le très controversé projet « Conga » d’extraction du cuivre et de l’or de la région de Cajamarca. La justice péruvienne, après avoir arrêté les poursuites contre des militaires ayant abattu 5 manifestants opposés au projet « Conga », poursuit une paysanne qui a refusé de céder ses terres à une multinationale minière et a mis en détention prison préventive pour 14 mois du Président élu de la région de Cajamarca opposant au projet « Conga ». 46 paysans sont aussi menacé d’un procès.

Ces mesures, appelées « licence pour contaminer » par les défenseurs de l’environnement, suivent l’adoption de la loi 30151 qualifiée de « licence pour tuer ». En effet, cette loi introduit l’impunité pour les forces armées et policières « dans l’accomplissement de leur devoir, et l’utilisation de leurs armes et autres moyens de défense qui cause lésions ou mort » Un nouveau ministre de l’Intérieur a été nommé, un général à la retraite, non seulement dénoncé pour son action répressive contre la population de Madre de Dios (Amazonie péruvienne du sud) luttant contre un projet pétrolier, mais de plus poursuivi pour l’élimination d’un journaliste abattu par des militaires alors qu’il enquêtait sur l’assassinat d’un paysan.

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La veille de la finale du Mondial, la police brésilienne a arrêté 19 activistes accusés d’avoir commis des « actes de vandalisme » à Rio de Janeiro au cours de manifestations anti-Coupe du monde depuis les mouvements sociaux de juin 2013. Neuf autres personnes, considérées comme « fugitives », sont également recherchées. Toutes sont accusées d’avoir formé « un groupe criminel et armé » qui « envisageait de commettre des actes violents ». Les interventions policières ont eu lieu dans les villes de Rio, Buzios et Porto Alegre. L’enquête aurait commencé en septembre. Elle a notamment été réalisée à l’aide d’écoutes téléphoniques. Les mandats d’arrêts ont été émis ce vendredi.

Deux des personnes incarcérées sont des mères avec des enfants à charge. L’activiste Elisa de Quadros Pinto, 28 ans, connue sous le nom de « Sininho », fait également partie des détenus. Elle avait déjà été interpellée le 11 juin, à la veille du coup d’envoi du Mondial. Elle a été immédiatement transférée samedi, avec les dix-huit autres militants, dans la prison de Bangu, située à l’ouest de Rio. Le Comité populaire, un réseau de militants installé dans les douze villes hôtes de la Coupe du monde, a dénoncé une volonté de criminalisation et de répression des mouvements sociaux. La Commission des droits de l’Homme de l’Ordre des avocats du Brésil a dénoncé de son côté des « arrestations totalement arbitraires, basées sur des arguments perfides et ridicules ».

Une manifestation a été convoquée ce dimanche trois heures avant la finale, à Tijuca, à proximité du stade. La police de Rio a du affronter avec des gaz lacrymogènes quelque 300 manifestants qui tentaient de forcer un cordon de sécurité pour s’approcher du stade Maracana.

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