Le ministre de l’Intérieur a critiqué aujourd’hui la décision de la justice de libérer hier un groupe de personnes qui sont été accusés de collaborer avec le PCP-SL dans la vallée des fleuves Apurimac Ene et du Mantaro ( Vraem ). 16 inculpés (qui restent inculpés) ont été mis en liberté provisoire par la seconde cour provinciale national. L’accusation a fait appel, mais cet appel n’est pas suspensif.

Des heurts ont opposé mardi soir à Rio des manifestants et la police, à l’issue d’une manifestation d’enseignants d’écoles publiques en grève depuis plus de deux mois. C’est 45 minutes après que le syndicat des professeurs a annoncé la fin de la manifestation (qui avait réuni 10.000 personnes) que le Black Bloc a attaqué avec des pierres et des cocktails Molotov la police qui a riposté avec des tirs nourris de bombes lacrymogènes et sprays de poivre pour les disperser. Trois manfirestants ont été arrêtés, une voiture de police a été incendiée et une agence bancaire saccagée.

La grève dure depuis 61 jours. Les professeurs exigent la reprise des négociations avec la municipalité qui gère les écoles et le retrait d’un plan carrière qui ne concerne que ceux qui travaillent 40 heures par semaine dans la même école, soit 7% d’entre eux. Actuellement, ils gagnent à peine 25 réais (8 euros) de l’heure. Les écoles publiques sont fréquentées par les couches pauvres de la population. Les enfants des classes plus aisées sont scolarisés dans le privé.


A Sao Paulo, une manifestation de paysans sans terre a dégénéré en saccages de banques et affrontements violents de manifestants masqués avec la police. Elle avait été précédée d’une manifestation d’étudiants réclamant la «démocratisation» de l’université.

Jets de pierres contre canons à eau… Une manifestation a tourné en affrontement à Santiago du Chili. Les manifestants soutenaient la cause des Indiens Mapuches, lesquels marchaient un peu plus tôt pour dénoncer une loi anti-terroriste. Les Indiens Mapuches du Chili, qui réclament la restitution de leurs terres depuis plus d’un siècle, sont régulièrement victimes de répression.

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Le membre présumé du PCP-SL Gonzales Rolando Rivera (38 ans), alias « camarade Rolando », a été arrêté à une gare routière de Lima. Il était recherché depuis 2010 pour une embuscade dans le village de Kiteni, (Cusco) qui avait coûté la vie à trois policiers. Selon l’anti-terrorisme péruvien, « Rolando » venait à Lima pour chercher des armes et des munitions pour la guérilla maoïste de la vallée de l’Apurimac Ene et du Mantaro.

Plus de 10.000 personnes, selon la police, ont manifesté lundi soir dans le centre de Rio pour soutenir les enseignants des écoles publiques en grève depuis 53 jours pour des augmentations de salaire et un nouveau plan de carrière. Au cri de « Ce gouvernement va tomber! », les milliers de manifestants, professeurs et sympathisants dont un petit black blocs, ont marché dans l’avenue Rio Branco jusqu’à la place Cinelandia où se trouve le Conseil municipal. Certains en ont tagué les murs avec la phrase « + de livres et – de bombes » (lacrymogènes) mais contrairement aux manifestations précédentes la présence policière était discrète. Peu après 20H00 locales des heurts ont éclaté entre un groupe de manifestants masqués et un groupe de policers qui a lancé des gaz lacrymogènes.

manifestation à rio en soutien aux enseignants grévistes

manifestation à rio en soutien aux enseignants grévistes

Dans la cadre des récentes opérations dirigées contre les guérillas maoïstes de la région VRAEM, les forces armées péruviennes ont ouvert de nouvelles bases de contre-guérilla à Pucyura et à Quillabamba (province de La Convention). D’ici décembre, huit autres bases doivent être aménagées à Incahuasi Yuveni, Kepashiato Llochegua , Mazángaro et Union Mantaro. Ces bases de contre-guérilla sont équipées des dernières technologies, y compris des caméras haute résolution pour repérer des cibles la nuit ou dans des conditions météorologiques défavorables. Ces caméras fonctionnent à 360 degrés.

Lors des précédentes opérations de contre-insurrection» dans la province de La Convention, faute de base, les militaires ont improvisés des installations dans des locaux municipaux et dans une école de la ville, s’attirant les critiques de la population. Après un an et quatre mois , l’armée a finalement évacué ces lieux pour occuper leurs propres bases. L’opération commencée le 27 septembre se poursuit. deux nouvelles personnes ont été arrêtées, ce qui porte à 25 le nombre des membres présumés des réseaux logistiques du PCP-SL capturés.

La base de contre-guérilla de Pucyura

La base de contre-guérilla de Pucyura

Le président du Pérou, Ollanta Humala, a rappelé sa promesse de mettre fin aux guérillas du PCP-SL « dans les trois ans » suite aux 23 arrestations de personnes présumées liées au PCP-SL dans la région de la vallée de l’Apurimac Ene et du Mantaro (VRAEM). A peu près au même moment, deux colonnes de guérilleros maoïstes ont pris le contrôle de la localité de Paucarbamba(département de Huancavelica, région VRAEM). L’une d’elle s’est déployée autour de la localité, l’autre y a pénétré, vidant au passage les coffres de l’agence locale de la Banco de Nacion.

Mercredi, plus de 1000 tribaux indiens s’étaient réunis devant le bâtiment du Congrès à Brasilia. A travers le pays, des centaines d’autochtones ont bloqué des autoroutes et ont occupé des bâtiments officiels pour s’opposer à la diminution de leurs droits sur leurs terres ancestrales. Ces droits sont continuellement menacés par des agriculteurs (soutenus par des politiciens locaux) mais aussi par les récentes propositions législatives du Congrès visant à faciliter l’investissement privé dans les régions tribales. Les tensions se sont ravivées depuis que le gouvernement a expulsé 7000 fermiers et leurs familles d’un territoire indien dans l’état de Mato Grosso plus tôt cette année. Mercredi, la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les centaines d’Indiens qui tentaient de prendre d’assaut le bâtiment du Congrès.

L’EPP, Armée du Peuple Paraguayen, est active dans les provinces pauvres de San Pedro et de Concepcion depuis 2007 où elle lutte, entre autre, pour les paysans sans terre. Sur ordre du nouveau président Horacio Cartes, l’ensemble de la zone a été militarisé il y a environ un mois. A la tombée de la nuit mardi, un groupe de présumés guérilleros a pris d’assaut un convoi de formateurs venus donner une conférence aux soldats et aux policiers stationnés à Tacuati, une petite ville située à 400 kilomètres au nord d’Asuncion. L’embuscade a eu lieu dans une zone boisée à proximité de la ville. L’officier de police qui conduisait le véhicule a été abattu. Les sept passagers ont quant à eux été légèrement blessés suite aux tonneaux effectués par la camionnette après le décès du conducteur.

Cela fait aujourd’hui 47 jours que les enseignants de Rio mènent un vaste mouvement de grève. Ils s’opposent à la récente proposition salariale du maire de la ville dont le vote devait avoir lieu hier à l’hôtel de ville. Ils dénoncent le fait que celle-ci ne rencontre pas l’ensemble de leurs revendications et demandent son retrait avant de recommencer de nouvelles négociations. Dans l’après-midi d’hier, les grévistes s’étaient réunis devant le bâtiment. Lorsqu’ils ont tenté d’y pénétrer afin de faire entendre leur voix lors du vote, la police est intervenue pour les en empêcher en utilisant des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des projectiles en caoutchouc. Plus tôt dans la journée, elle était déjà intervenue de la même manière pour tenter de disperser le rassemblement des grévistes.

Gaz lacrymogènes contre enseignants à Rio