En Iran, le citoyen kurde handicapé Yaqub Kerîmpur a été condamné à mort par la première chambre du Tribunal révolutionnaire d’Urmiye pour des motifs politiques. Détenu depuis l’arrestation par les services de renseignement iraniens après la guerre de 12 jours entre Israël et l’Iran, il aurait subi deux mois de torture et de pressions pour obtenir de force des aveux. Sa femme est également toujours en détention.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a annoncé un investissement de 110 milliards de dollars sur dix ans afin de bâtir une industrie d’armement israélienne indépendante visant à réduire la forte dépendance de l’État sioniste aux livraisons étrangères, notamment états-uniennes et européennes. Cette décision fait suite aux vulnérabilités logistiques révélées durant l’opération génocidaire à Gaza, Israël restant aujourd’hui dépendant à environ 90 % des armements fournis par les États-Unis. Ainsi, le budget de la défense atteindra 16 % des dépenses publiques en 2026.

Abdelahi Lajfauni, prisonnier politique sahraoui détenu à la prison centrale de Kénitra au Maroc, a souffert d’une intoxication alimentaire sévère provoquant vomissements sanglants, diarrhée, nausées et vertiges, sans recevoir de soins médicaux ni d’évaluation de son état. La famille dénonce une négligence délibérée et l’absence totale d’enquête de l’administration pénitentiaire, qui n’a pas pris de mesures pour déterminer les causes ni sanctionner les responsables. Après avoir exigé des comptes, Lajfauni a également subi insultes, menaces et représailles de la part du personnel de la prison, renforçant les inquiétudes sur le traitement systématique et l’impunité envers les prisonniers politiques sahraouis dans les établissements marocains.

Âgé de 46 ans et originaire de Naplouse, Wajdi Joudeh est détenu depuis le 4 août 2004 et condamné à 25 ans de prison. Actuellement en isolement à la prison de Ganot jusqu’au 16 janvier 2026, il a subi de nombreuses violences en détention, des transferts forcés et des conditions d’emprisonnement extrêmes (froid, manque de vêtements et couvertures). Ces pratiques ont provoqué une perte de 40 kg et la gale. Par ailleurs, il est victime de nombreuses restrictions sur les visites et l’accès à son avocat. Dirigeant du Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) et figure du mouvement des prisonniers, son cas illustre les pratiques d’isolement et de répression spécifiques contre les leaders de la résistance dans les prisons israéliennes.

Le vendredi 12 décembre 2025, la ville de Kairouan a été le théâtre de vives tensions après le décès d’un jeune homme suite à une intervention policière. Le drame a provoqué des protestations dans le quartier populaire de Houmet Ali Bey, où des jeunes ont bloqué des routes et incendié des pneus pour réclamer l’ouverture d’une enquête transparente. Selon les proches, la victime présentait de graves blessures au visage et au crâne et aurait succombé à une hémorragie intracrânienne après une prise en charge médicale tardive.

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Kaveh Ahmadzadeh, arrêté à plusieurs reprises pour des raisons politiques entre les années 1980 et 2008, avait récemment passé environ six ans à la prison de Bukan (province d’Azerbaïdjan occidental, Iran). Il avait été condamné à deux reprises à trois ans de prison pour « atteinte à la sécurité nationale » en raison de son appartenance au PJAK. La semaine dernière, son état de santé s’étant encore dégradé, il a été transféré à l’infirmerie de la prison, mais les autorités ne lui ont administré que des analgésiques et ont refusé de l’envoyer dans un centre médical extérieur. Le samedi 6 décembre, il a de nouveau été conduit à l’infirmerie et de nouveau ramené en cellule. Il est décédé pendant la nuit. Le régime de la République islamique d’Iran l’a assassiné en lui refusant l’accès aux soins médicaux dont il avait besoin de façon constante ces dernières années. Il s’agit de la dernière tactique employée par le régime iranien pour éliminer les prisonniers politiques résistants et révolutionnaires. Il figurait parmi les prisonniers politiques dont la famille a reçu le soutien financier récolté lors de la Soirée de solidarité avec les prisonniers politiques en Iran co-organisée par le Secours rouge à Bruxelles. Kaveh était père d’un enfant et sa famille subit depuis des années les conséquences de ses condamnations.

Cinq citoyens kurdes iraniens supplémentaires ont été arrêtés par les forces de sécurité à Mahabad et Piranshahr et emmenés vers des lieux inconnus, dans le cadre de la nouvelle vague d’arrestations qui se poursuit dans les régions kurdes. Le 8 décembre, les forces de sécurité ont arrêté Ahmad Khodadadi, originaire de Naqadeh et résidant à Piranshahr. Deux jours plus tard, le 10 décembre, les forces de sécurité ont interpellé Akam Sheikheh, du village de Qarah Qeshlaq à Mahabad, ainsi que trois habitants du village de Khorkhoreh, également à Mahabad : Hazhar Mohammadzadeh-Aghdam, Iman Mohammadzadeh et Karzan Bahmani. Il semble qu’aucune de ces arrestations n’a été effectuée sur la base d’un mandat judiciaire. Les cinq détenus auraient été transférés dans un centre de détention des services de sécurité à Orumiyeh, dans la province d’Azerbaïdjan occidental. Malgré leurs demandes répétées, les familles n’ont reçu aucune information des autorités sécuritaires et judiciaires concernant le lieu de détention ou le statut juridique des détenus. Au cours des deux dernières semaines, les forces de sécurité ont arrêté au moins 29 citoyens et militants kurdes à Marivan, Bukan, Mahabad, Oshnavieh, Piranshahr, Orumiyeh et Naqadeh. Ces arrestations ont été principalement menées par des agents de l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et du ministère du Renseignement. Tous les détenus sont incarcérés sans avoir accès à un avocat ni à leurs familles.

La justice iranienne a engagé des poursuites et arrêté deux organisateurs d’un marathon tenu sur l’île de Kish après que plusieurs centaines de participantes ont couru sans voile, en violation des règles vestimentaires imposées depuis 1979. Plus de 5 000 personnes avaient pris part à cette première course nationale, relayée sur les réseaux sociaux par de nombreuses vidéos. Les autorités dénoncent une « indécence » et un manque de contrôle, tandis que l’affaire ravive les tensions autour du hijab obligatoire, dans un contexte où de plus en plus de femmes apparaissent tête nue dans l’espace public depuis les protestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini en 2022.

En novembre 2025, au moins 260 prisonniers ont été exécutés dans les prisons iraniennes, soit une augmentation de 106 % par rapport à novembre 2024, marquant le nombre mensuel le plus élevé enregistré en Iran depuis vingt ans. La majorité des exécutions sont restées non annoncées officiellement, certaines ayant été réalisées en secret sans prévenir les familles. Parmi les prisonniers exécutés, 43 étaient Lor, 35 Kurdes, 22 Turcs et 13 Arabes, soulignant la présence de minorités ethniques parmi les victimes.

Selon une enquête de CNN, des Palestiniens portés disparus depuis l’été après avoir tenté de récupérer de l’aide humanitaire près du point de passage de Zikim, au nord de Gaza, auraient été tués par des tirs israéliens. Leurs corps auraient ensuite été enterrés dans des fosses ou abandonnés sur place, parfois dévorés par des chiens. L’analyse de centaines de vidéos, de témoignages de travailleurs humanitaires, de chauffeurs gazaouis et de deux soldats israéliens, ainsi que d’images satellites, montre une présence constante de bulldozers de l’armée israélienne dans la zone et des traces de terrassement sans justification. Ces pratiques constituent des crimes de guerre. L’armée israélienne nie avoir « retiré » des corps à l’aide de bulldozers, mais n’a pas répondu sur l’usage de ces engins pour les enterrer. Les témoins décrivent la zone comme un « triangle des Bermudes » où les corps s’accumulent sans possibilité de récupération.

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