Ce samedi 4 avril, le corps d’Helin Bölek, décédée le 3 avril (voir notre article), devait être transporté de la “maison de la résistance” à Küçük Armutlu, où Ibrahim Gökçek et elle menaient leur grève de la faim à Cemevi, lieu de culte alévi à Okmeydani. À Nurtepe (quartier d’Okmeydani), le convoi avec le cercueil a été bloqué par la police, celle-ci exigeant que le corps soit transféré directement au cimetière de Feriköy. Les conducteurs du convoi, les proches et les avocats de Helin Bölek ont tous été arrêtés. Toutes les routes d’accès au Cemevi et au centre culturel Idil à Okmeydani ont été fermées par la police dans la matinée. Des centaines de personnes sont malgré tout arrivées devant le Cemevi protestant contre le blocus de la police et chantant des chansons de Grup Yorum avant de poursuivre vers le cimetière. Face à la police les empêchant d’entrer dans le cimetière, le cortège organisera un sit-in qui sera vite attaqué par la police avec entre autre des gaz lacrymogènes. De nombreuses personnes seront arrêtés à ce moment-là.

Arrestation le jour des obsèques d'Helin Bölek

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Ce matin, Helin Bölek, musicienne au sein du Grup Yorum, est décédée après 288 jours de grève de la faim. Le 16 mai 2019, Helin Bölek avait commencé une grève de la faim au côté d’İbrahim Gökçek pour dénoncer les persécutions contre le groupe (voir notre article). En raison des chants politiques de Grup Yorum, le gouvernement turc a emprisonné plusieurs membres du groupe pour « appartenance à une organisation terroriste ». D’autres membres de Yorum se sont réfugiés à l’étranger pour échapper à la prison.

Helin Bölek est décédée ce matin

Helin Bölek est décédée ce matin

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Dans la semaine du 9 mars, 40 personnes ont été arrêtées dans plusieurs villes du Nord-Kurdistan, dans le cadre d’une enquête lancée par le parquet d’Urfa. A ce jour, 52 personnes, dont 12 prisonniers, sont poursuivies dans le cadre de cette procédure engagée en 2018. Elles sont accusées d’avoir établi un lien entre les coordinations intérieures et extérieures du “Comité des prisons du PKK/KCK”. Sur la liste des 40 arrêté·es figure l’avocate Sevda Çelik Özbingöl, l’écrivain kurde Halil Çay et Ilyas Yeşilçay qui ont été envoyés en détention provisoire mercredi, alors que les 17 autres personnes arrêtées étaient libérées sous contrôle judiciaire. Les autres personnes placées en garde à vue, dont Berivan Kutlu, co-maire HDP de Cizre, ont été déférées devant le tribunal jeudi. Mme Kutlu qui avait été démise de son mandat de Maire en octobre dernier et remplacée par un administrateur d’Etat, a été libérée sous contrôle judiciaire, de même que 5 autres personnes.

Par ailleurs, le gouvernement turc a prit le contrôle, lundi, des municipalités kurdes de Batman, Silvan, Lice et Ergani, et désigné des administrateurs pour remplacer les co-maires destitué·es. Les co-maires de Silvan, Naşide Toprak, et d’Ergani, Ahmet Kaya, ont été placés en garde à vue, tandis que les deux autres maires sont en liberté. La police a encerclé les municipalités dont les accès ont complètement été interdits au public. Des actions de protestation ont été menées devant les mairies.

Les municipalités kurdes de Batman, Silvan, Lice et Ergani saisies par le gouverment turc

Le rédacteur en chef du site du journal Haberimizvar.net, İdris Özyol, et la rédactrice en chef de la publication, Ebru Küçükaydın, ont été arrêtés le samedi matin 14 mars suite à la publication d’un article traitant du coronavirus dans le district de Demre à Antalya. Les journalistes ont été arrêté.e.s chez eux et relaché.e.s après leur audition. L’accusation décidera s’il y a lieu d’engager des poursuites. Les motifs de l’arrestation sont de provoquer la « panique du public et de publier les informations sur le coronavirus sans l’explication des responsables ».

İdris Özyol et Ebru Küçükaydın

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Helin Bölek et İbrahim Gökçek, deux musiciens du Grup Yorum en grève de la faim depuis 265 jours, ont été enlevés cette nuit par la police turque à leurs domiciles. Ils sont dans l’hôpital d’Ümraniye pour qu’on leur administre de forces des aliments. Helin Bölek et İbrahim Gökçek, sont en grève de la faim depuis le 16 mai 2019 pour dénoncer les persécutions contre le groupe. En raison des chants politiques de Grup Yorum, le gouvernement turc a emprisonné plusieurs membres du groupe pour « appartenance à une organisation terroriste ». D’autres membres de Yorum se sont réfugiés à l’étranger pour échapper à la prison. Pour rappel, ce samedi 14 mars, un concert en soutien au groupe Yorum se tiendra, à Bruxelles. Entrée en prix libre au profit du groupe, de 17h à 19h30, au Théâtre Molière, square du bastion, 3 à 1050 Bruxelles

Helin Bölek et İbrahim Gökçek

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La manifestation organisée dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes a, une nouvelle fois, été attaquée par la police. Comme les années précédentes, bien qu’interdite, une manifestation s’est organisée à Istanbul pour la journée du 8 mars. Dès le matin, la police a bloqué toutes les routes menant à la place Taksim et à l’avenue Istiklal. Les femmes se sont rassemblées devant le bureau de l’Association des droits de l’homme et ont commencé à marcher vers l’avenue Istiklal. La manifestation a alors été attaquée par la police après avoir tenté de se rendre à Istiklal. De nombreuses femmes ont été placées en garde à vue.

Manifestation du 8 mars 2020 à Istanbul

Helin Bölek, la chanteuse, et İbrahim Gökçek le guitariste du groupe Yorum, sont en grève de la faim depuis le 16 mai 2019. İbrahim Gökçek a été emprisonné sur les déclarations d’un témoin “secret”. Il risque la prison à vie, et attends depuis 2 ans, que son dossier soit complété, qu’il puisse enfin connaitre les chefs d’accusation, et préparer sa défense.Une première audience n’est toujours pas annoncée. Les membres du Grup Yorum, sont accusés d”appartenance à une organisation terroriste”, en l’occurence au Parti-Front révolutionnaire populaire de libération (DHKP-C). Six membres du groupe, İnan Altın, Selma Altın, Ali Aracı, İbrahim Gökçek, Emel Yeşilırmak, İhsan Cibelik, sont recherchés par le ministère de l’intérieur turc qui propose aux délateurs potentiels une prime de 46.000 euros “par tête”.

Les persécutions que le groupe Yorum sont permanentes. Les concerts du groupe sont interdits depuis 2015. Leur local, le Centre Culturel İdil, situé dans le quartier Okmeydanı à İstanbul, a été violemment perquisitionné par la police en octobre et novembre 2016, en mai et septembre 2017 et en octobre et novembre 2018. Lors de ces descentes, leurs instruments de musique ont été cassés. 30 personnes au total ont été arrêtées lors de ces raids. Les grévistes de la faim revendiquent : L’arrêt des perquisitions et descentes ciblant le centre culturel. La suppression de l’interdiction des concerts de Grup Yorum et l’abandon des poursuites engagées contre les membres du groupe…

Le cabinet juridique Asrin, qui se charge de la défense d’Abdullah Öcalan, a lancé un appel au Comité pour la Prévention de la Torture (CPT). Cette appel fait suite aux violations du droit de visite des familles et des avocats d’Öcalan et des trois autres prisonniers de l’ile-prison d’Imrali : Ömer Hayri Konar, Hamili Yildirim et Veysi Aktas. La requête adressée au CPT comprend également une liste d’autres violations de droits dont les prisonniers sont victimes et rappelle que les prisonniers se voient refuser leurs droits les plus fondamentaux : l’accès aux soins, le droit d’être défendu et le droit de communiquer. En mai 2019, à la suite d’un mouvement de grève de la faim massif initié par Leyla Güven, la Turquie avait pourtant annoncé la fin du régime d’isolement imposée à Abdullah Öcalan (voir notre article). Plus d’infos ici.

Abdullah

 

Ces derniers jours, la police turque a doublé la prime promise pour la capture de Bahar Kimyongur qui s’élève désormais à 340 000 euros. Les autorités turques poursuivent ainsi leur acharnement contre ce militant qui figure depuis 2018 sur la liste des personnes les plus recherchée de Turquie (voir notre article). Avant cet ajout à la liste, il avait été les poursuivi et emprisonné dans le cadre de l’affaire DHKP-C. Il avait ensuite été frappé par un mandat d’arrêt international émis par la Turquie en 2006. Le 22 août 2014, Interpol avait officiellement retiré la « notice rouge » le visant.

Prise de parole de Bahar Kimyongür

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Mardi 18 février, dans l’après-midi, un tribunal de Silivri, près d’Istanbul, a acquitté neuf personnes, dont l’homme d’affaire et mécène Osman Kavala, qui étaient accusées de « tentative de renversement du gouvernement » pour avoir soutenu des manifestations antigouvernementales, en 2013, connues sous le nom de « mouvement de Gezi ». Parmi les neuf prévenus, le mécène turc était le seul à avoir été détenu pendant plus de deux ans. Et pour cette accusation, Osman Kavala, connu pour sa défense des monuments historiques et sa promotion du dialogue avec les Arméniens et les Kurdes, risquait la prison à vie. Mais estimant qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes dans ce dossier, le juge l’a acquitté. Le soulagement a été de courte durée. Les responsables du parti au pouvoir ont tweeté leur désapprobation et à la tombée de la nuit, Osman Kavala, a de nouveau été arrêté.  Le bureau du procureur général d’Istanbul a émis un nouveau mandat d’arrêt contre lui, cette fois dans le cadre de l’enquête liée à la tentative de putsch de 2016. Osman Kavala, de fait, était attendu à sa sortie de prison par des enquêteurs. Emmené au siège de la police antiterroriste à Istanbul, il a été placé en garde à vue. De plus, une enquête a été ouverte sur le lien supposé avec les Gülenistes des trois magistrats qui ont prononcé l’acquittement de Kavala…

A une conférence de presse des avocats d'Osman Kavala (2018)

A woman passes in front of a screen featuring jailed businessman and philanthropist Osman Kavala during a press conference of his lawyers on October 31, 2018. – Osman Kavala was arrested a year ago by Turkish authorities and has still to be charged with an offence. (Photo by OZAN KOSE / AFP)

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