Lundi, une trentaine de membres du groupes Rouvikonas ont fait irruption dans l’enceinte du Ministère de l’Ordre Public et de la Protection des Citoyens (le ministère de l’intérieur, en fait) en soutien à Dimitris Koufondinas. Ils ont été repoussé par la police qui a procédé à 20 arrestations. De l’hôpital où il est depuis jeudi dernier Dimitris Koufodinas, à le 12e jour de la grève de la faim, a exprimé sa solidarité avec le militant turc Turgut Kaya également en grève de la faim pour ne pas être extradé vers la Turquie. Dimitris Koufodinas poursuit la grève de la faim en refusant d’accepter une assistance médicale et, à la demande des médecins, a signé une déclaration de responsabilité pour refuser de prendre toute forme de préparation de sucre.

Ce mardi, à 13h30, le président du Tribunal Evelpidon à Athènes annonce un premier report : celui du procès des 20 membres de Rouvikonas arrêtés la veille. Ce procès qui se voulait « expéditif » est reporté au 27 juin, sans doute dans l’espoir que les soutiens seront moins nombreux et, surtout, que la grève de la faim de Dimitris Koufontinas sera terminée.

Reste l’énorme dossier des 8 actions de résistance pour lesquelles comparaissent 12 membres du groupe, à savoir: 1- l’action contre les médecins mafieux exigeant des dessous de table pour soigner les malades ; – l’action contre les coupures d’électricité des familles les plus pauvres ; 3- et 4- les actions contre les ambassades d’Allemagne (propagande raciste et maltraitance des migrants) et d’Arabie Saoudite (bombardements des civils au Yemen) ; 5- l’action au tribunal de Larissa ; 6- l’action au siège de Turkish Airlines (en solidarité avec les Kurdes) ; 7- l’action au ministère de l’économie et de la croissance ; 8- l’action au ministère des armées). Ce grand procès prévu de longue date et très médiatisé est reporté au… 15 février 2019.

Affiche de soutien aux inculpés de Rouvikonas

Une permission de sortie de 48h a été accordée à Dimitris Koukontinas, combattant de l’organisation révolutionnaire 17 Novembre (17-N) emprisonné depuis le 5 septembre 2002 pour plus de 200 actions et 23 exécutions attribuées au 17-N depuis 1975. Il avait été condamné à 11 fois la perpétuité plus 25 ans pour 11 actions (exécutions, attaques à la bombe et braquages). Dimitris s’était rendu en 2002 en prenant la responsabilité politique de la totalité des actions du 17-N, alors que de nombreux membres de l’organisation avaient déjà été arrêtés, cette vague d’arrestation avait fait suite à la capture de Savvas Xiros, grièvement blessé dans l’explosion prématurée de l’engin qu’il transportait.

L’Organisation 17 Novembre était une organisation marxiste et guévariste, c’est à priori l’organisation de guérilla urbaine qui a tenu le plus longtemps sans subir de répression, c’est à dire 27 ans. Dimitris est donc sorti de la prison en souriant ce jeudi matin, après 15 années de détention, il devra pointer au commissariat. La plupart des partis politiques grecs se sont indignés contre cette permission, ainsi que l’ambassadeur des Etats-Unis. Parmi les 22 autres cibles de l’organisation: Richard Welch en 1975 (chef de poste de la CIA à Athènes), de nombreux officiers, dignitaires et bourreaux de la dictature des colonels, plusieurs officiers militaires américains et britanniques et politiciens capitalistes et industriels.

Dimitris Koufontinas à la sortie de la prison.

Dimitris Koufontinas à la sortie de la prison.

Les membres présumés des Cellules de Feu ont été transféré de Kozani au quartier général de la police d’Athènes samedi 2 février au soir. Dans la matinée du dimanche 3, les parents ont pu voir leurs enfants tout comme leurs avocats de la défense. Jusque là la police avait refusé toutes les requêtes. Les parents ont été permis de visiter les arrêtés seulement pour 15 minutes.

Andreas-Dimitris Bourzoukos était menotté à une chaise pendant toute la durée de la visite. Il a raconté que, tandis qu’il était menotté les mains dans le dos dans une cellule du département de la police de Veria, les policiers lui ont mis une cagoule sur la tête, l’ont forcé à s’agenouiller et l’ont frappé pendant environ quatre heures sur la tête, la figure et l’estomac, alors qu’il n’offrait aucune résistance. Premières conséquences : sang dans l’urine, vertiges sévères, maux de tête, hématomes, éraflures et ecchymoses sur tout le corps.

Grèce: Des nouvelles d’Andreas-Dimitris Bourzoukos

Lors de la 31ᵉ Conférence internationale Rosa Luxemburg, un message de Daniela Klette, ancienne militante présumée de la RAF (Fraction Armée Rouge), a été transmis. Retenu par les autorités, ce texte, finalement publié par junge Welt (voir ici), offre un témoignage direct de Klette sur sa situation carcérale, la répression étatique dont elle fait l’objet et sa vision de l’engagement contre le capitalisme et l’impérialisme. Voir ci-dessous un extrait traduit en français :

« Les problèmes causés par la crise du système capitaliste occidental vont être reportés sur les classes populaires par le biais de baisses de salaires, d’épargne et de réductions des services sociaux, de santé et d’aide sociale – malgré la certitude que cela entraînera la propagation de la pauvreté, des maladies et du désespoir.

En apparence, la prétendue communauté de valeurs occidentale s’appuie sur l’option militaire pour maintenir ou imposer sa puissance. Dans la perspective de cette politique du plus fort militairement, des millions d’êtres humains sont voués à devenir de la chair à canon – et ce, une fois encore, dans les pays d’Europe occidentale, comme nous l’avons déjà constaté lors des deux guerres mondiales déclenchées par l’Allemagne. Aussi irrationnelle que cela puisse paraître, la volonté de mener le monde au bord du désastre pour le profit d’une minorité relève de la logique du capitalisme : « le capitalisme porte la guerre en lui comme un nuage porte la pluie. »

Nombreux sont ceux qui sont emprisonnés dans des complexes pénitentiaires à travers le monde pour diverses histoires de résistance contre la folie du capitalisme. Mumia Abu-Jamal, prisonnier politique aux États-Unis depuis 44 ans ; Ahmad Saadat, prisonnier de la résistance palestinienne du FPLP en Israël ; les 24 de Filton – prisonniers du mouvement Palestine Action en Angleterre (en grève de la faim au moment de la conférence) ; les « 5 d’Ulm », Maja, Hanna et tous les autres antifascistes ; Andreas Krebs et ses camarades emprisonnés Marianna, Dimitra et Dimitris Chatzivasileiadis en Grèce ; les prisonniers des PCE(r)/GRAPO en Espagne et des BR en Italie, incarcérés depuis des décennies ; les camarades emprisonnés en Turquie, en grève de la faim depuis des mois contre l’isolement, la torture et les centres de détention spéciaux ; les camarades kurdes emprisonnés en Allemagne ; et les milliers de prisonniers sur tous les continents que je ne peux citer ici. Ils vivent tous au milieu de cette folie capitaliste. Ils ont tous besoin d’une perspective de libération sociale internationale et de l’espoir de liberté. »

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Suite à la libération de Georges Abdallah et son arrivée au Liban le 25 juillet dernier, plusieurs prisonniers révolutionnaires détenus en Grèce ont salué cette annonce qui intervient après plus de 40 ans d’emprisonnement en France. Le prisonnier anarchiste Nikos Maziotis (à gauche sur la photo) a rédigé une déclaration le 2 août dernier pour célébrer cette nouvelle.

[…] « Ta sortie de prison est une des plus grandes bonnes nouvelles et a une signification énorme pour nous toutes et tous qui font partie du mouvement international anticapitaliste, anti-étatique et anti-autoritaire. Car les bonnes nouvelles pour l’un sont des bonnes nouvelles pour toutes et tous, elles sont bonnes pour les mouvements, les peuples en lutte, les pauvres, le prolétariat et les militant·es incarcéré·es dans les prisons, comme c’est bien sûr le cas inverse pour les mauvaises nouvelles. Et le fait que tu sois sorti inébranlable de prison, sans aucune remise en cause de ta lutte, est une immense victoire politique et morale pour nous tous. »

De la même manière, l’ancien membre de l’Organisation révolutionnaire du 17-Novembre et prisonnier marxiste Dimitris Koufontinas a fait parvenir un message après l’annonce de la libération du communiste arabe.

[…] « Aujourd’hui est un jour de joie immense. La belle nouvelle de ta libération a traversé nos cellules. Je ne parlerai pas de libération. Tu as toujours été libre d’esprit, d’âme, de cœur, comme le sont ceux qui résistent. C’est seulement maintenant qu’ils ont été contraints de libérer ton corps, de rejoindre tes frères dans la lutte pour un Liban debout, dans une Palestine libérée. Les archi-terroristes, les assassins, les colonialistes, les archi-spoliateurs des peuples n’ont pas réussi à te calomnier en te qualifiant de terroriste ou de criminel. Ton seul crime a été d’être et de toujours être un révolutionnaire, de ne pas avoir cédé, de ne pas avoir déserté un seul instant ta grande responsabilité. »

En Grèce, les syndicats dénoncent une offensive sans précédent du gouvernement, qui multiplie les mesures répressives pour faire passer en force la réforme de l’évaluation. Parmi les cas emblématiques, celui de Chrysa Chotzoglou, membre du syndicat des enseignant·es du Pirée, suspendue pour avoir appliqué des décisions prises collectivement par les syndicats nationaux et locaux contre le système d’évaluation. Un autre enseignant, Dimitris Chartzoulakis, également membre du bureau syndical du Pirée, lui aussi menacé de révocation pour des raisons similaires. Les syndicats alertent sur une escalade des pressions, menaces et procédures disciplinaires, tant dans le primaire que dans le secondaire.

Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a récemment reconnu l’échec du gouvernement à imposer ce système d’évaluation dans les écoles. Il a même suggéré que les enseignant·es opposé.es à l’évaluation pourraient être licencié·es. Les syndicats mobilisent et accusent le gouvernement de vouloir imposer un modèle éducatif autoritaire, où enseignant·es, élèves et personnels seraient réduits au silence, soumis·es et privé·es de leurs droits. Ils dénoncent aussi une série de réformes éducatives qui, selon eux, creusent les inégalités et sapent l’école publique : création d’établissements d’élite, reconnaissance des universités privées, marchandisation de la formation professionnelle, généralisation des examens standardisés.

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Le 24 novembre, 36 prisonniers politiques de 18 prisons dans 5 pays ont répondu à l’appel du Front anti-impérialiste et ont jeûné un jour tous ensemble en défense des prisonniers politiques palestiniens, suivant l’exemple de 20 prisonniers politiques basques qui ont fait la même action le 27 octobre. Voici la liste des prisonniers: en Allemagne: Özgül Emre ; en Turquie: Ayten Öztürk ; en Gèce : Şadi Naci Özpolat, Hüseyin Kılıç, Thanos Hatziangellou, Dimitris Chatzivasileiadis, Halil Demir ; en Ukraine : Mihail Kononovich, Alexander Kononovich ; en Irlande: Eddie Mc Grath, Kevin Braney, Martín Manning, Declan Mc Dermott, John Roche, Sean Walsh, Nuala Perry, Brendan McConville,, Sean McVeigh, Ben McKerr, Shea Reynolds, Shane Stevenson, Christie Robinson, Matt Johnson, Eamon Hutchinson, Ciaran McLaughlin, Niall Sheerin, Charlie Love, Seán Farrell, Ciaran Maguire, Kevin Barry Murphy, Damien “DD” McLaughlin, Davy Jordan, Brian Carron, Gavin Coyle, Jonathan McGinty, John Paul Wootton.

Le prison de Portlaoise

Depuis un mois, les prisonniers luttent à travers toute la Grèce contre la nouvelle loi annoncée par le ministre de la Justice Giorgos Florídis (un vieux politicien qui a fait sa carrière au PASOK avant d’être recylclé dans le nouveau gouvernement conservateur) et contre les actes arbitraires du parquet de Lamia. Parmi les initiatives de solidarité avec cette lutte, l’incendie d’un véhicule de la mairie de Kaisarianí (banlieue est d’Athènes), le 26 septembre à minuit, un engin incendiaire ayant été allumé sur le pneu avant gauche du véhicule. L’action a également été faite en solidarité avec les prisonniers révolutionnaires Dimitris Koufondinas et Nikos Maziotis ainsi qu’avec les squats.

Une journée d’action solidaire a eu lieu avec le prisonnier anarchiste Marcelo Villarroel (photo) au Chili. Marcelo a été arrêté en 2008 en Argentine et condamnés pour port d’arme de guerre et passant 22 mois en prison et ensuite expulsés vers le Chili. Là-bas, ils a été condamné par la justice militaire, avec d’autres militants anarchistes, pour deux braquages, à 14 ans de prison (la plus lourde condamnation, 42 ans de détention, ayant frappé Juan Aliste accusé d’avoir tué un policier lors d’un des deux hold-up). Après 16 ans de détention, Marcelo Villarroel devrait être hors de prison. Cependant, les traficotages des calculs de peine à travers la loi dl-321 héritée du régime de Pinochet a prolongé la détention. Des initiatives solidaires ont eu lieu  au Chili et ailleurs, hors et dans les prisons, avec notamment une grève de la faim solidaire du prisonnier anarchiste grec Dimitris Chatzivasileiadis (lien).

Au procès ciblant l’Organisation d’Autodéfense révolutionnaire, Vanggelis Stathopoulos a été acquitté des accusations d’appartenance à une organisation terroriste, de possession d’armes en tant qu’acte terroriste, de vol et de possession d’armes aggravée. Il n’a été reconnu coupable que de détention simple d’armes impliquant un taser, un coup-de-poing américain et un couteau de poche. Il avait été condamné à 19 ans d’emprisonnement en première instance. Cette peine a été considérablement réduite à 10 mois et, comme une circonstance atténuante de bonne conduite a été reconnue, la peine a été suspendue. Le camarade Dimitris Chatzivasiliadis a été reconnu coupable des charges de formation et d’adhésion à une organisation terroriste, de détention d’armes dans le cadre d’un acte terroriste, de vol et de détention simple d’armes. Il a été condamné à 14 ans d’emprisonnement au lieu des 16 ans de la première instance.