Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

En France, une brochure mise à jour en février 2026 recense les enjeux liés à la surveillance policière des téléphones mobiles et propose des conseils pour en limiter les risques, tant pour les téléphones classiques que pour les smartphones. Le document souligne les vulnérabilités techniques, les limites des outils de sécurité et les risques de fausse confiance favorisant la diffusion d’informations sensibles. Il élargit aussi la réflexion aux impacts écologiques et sociaux de la téléphonie mobile, aux pressions administratives à la numérisation, aux inégalités d’accès et à la protection des données face aux grandes entreprises du numérique, souvent sollicitées par les autorités.

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En Espagne, 200 professeurs et universitaires issus de 95 universités dans 25 pays ont signé un manifeste demandant la libération immédiate du rappeur antifasciste Pablo Hasél, emprisonné depuis 2021 et dont la détention doit se prolonger jusqu’en 2027 (voir notre article). Présenté à Barcelone par l’Assemblea Nacional Catalana (ANC), le texte dénonce une condamnation jugée injuste pour des faits liés à des propos contre la monarchie et à « l’apologie du terrorisme », et propose sa candidature au Prix Sakharov du Parlement européen.

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En Espagne, des prisonniers politiques incarcérés à la prison d’A Lama (Pontevedra), appartenant au PCE (r) et aux GRAPO, ont entamé une journée de jeûne hebdomadaire (chaque mardi à partir de la semaine prochaine) pour demander la libération de María José Baños Andujar (voir notre article), détenue à la prison de Murcia II. Ils dénoncent la dégradation critique de son état de santé, estimant que son maintien en détention met sa vie en danger malgré des avis médicaux favorables à sa remise en liberté, et accusent le gouvernement dirigé par Pedro Sánchez et Yolanda Díaz d’exercer des pressions politiques à son encontre.

Vingt-trois des accusés dans l’affaire des Filton 24 (voir notre article) ont été libérés sous caution lors d’une audience à l’Old Bailey, après avoir été détenus jusqu’à 18 mois en attente de procès. Tous les accusés, à l’exception de Samuel Corner, ont obtenu leur libération. Ce dernier fait l’objet d’une nouvelle accusation de coups et blessures graves avec intention contre un policier et a annoncé avoir déposé une nouvelle demande de libération. Cette décision fait suite à l’acquittement par jury des six premiers membres pour vol aggravé, ainsi qu’à l’acquittement formel des six autres pour la même accusation, passible de réclusion à perpétuité.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé au 40ᵉ dîner du CRIF qu’une proposition de loi pénalisant l’antisionisme sera inscrite à l’ordre du jour du Parlement dès avril, portée par la députée Caroline Yadan et déjà adoptée en commission des lois (voir notre article). Le texte prévoit d’élargir le délit d’apologie du terrorisme et de créer une infraction de « négation de l’existence d’un État », dans le cadre de la défense de l’existence d’Israël et de la criminalisation de l’antisionisme conséquent qui appelle à la libération de la Palestine de la mer au Jourdain. L’exécutif soutient par ailleurs l’introduction d’une peine d’inéligibilité pour propos antisémites, et donc par extension pour futurs propos antisionistes.

Le gouvernement sénégalais, dirigé par le parti Pastef, a adopté le 18 février en Conseil des ministres un projet de loi visant à renforcer la répression des « actes contre nature » prévus à l’article 319 du Code pénal, en doublant les peines de prison jusqu’à dix ans et en portant les amendes à 10 millions de F CFA, tout en étendant les sanctions à toute « apologie » ou promotion des relations homosexuelles par des organisations ou via des supports médiatiques. Le texte, qui prévoit aussi des peines pour dénonciation calomnieuse, doit encore être voté par les députés pour entrer en vigueur.

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Au moins 37 mineurs kurdes, âgés de 15 à 17 ans, ont été arrêtés en janvier dans la province de Şırnak lors de manifestations de soutien au Rojava contre l’offensive menée dans le nord et l’est de la Syrie, puis pour douze d’entre eux transférés à la prison fermée pour mineurs de Hatay, à près de 700 km de leur famille. Selon une plainte déposée au Parlement par la députée Newroz Uysal Aslan de l’organisation de gauche pro-kurde DEM Parti, les adolescents dénoncent des violences lors des arrestations, des signatures forcées de documents, des transferts dans des conditions dégradantes, ainsi que des fouilles à nu, des coupes de cheveux imposées et des humiliations en détention. La parlementaire a saisi la Commission d’enquête sur les droits de l’homme afin d’obtenir une investigation indépendante sur ces accusations de torture et de mauvais traitements.

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Par une ordonnance rendue mercredi 18 février, le Conseil d’État a rejeté la requête en référé du Syndicat de la magistrature (SM) visant à suspendre en urgence une circulaire du 30 décembre 2025 du garde des Sceaux Gérald Darmanin demandant aux parquets de requérir des peines de prison ferme dans certains dossiers de violences commises lors du Nouvel An, notamment contre des policiers, des femmes et des enfants. Le syndicat estimait que cette instruction portait atteinte à l’indépendance du parquet et au principe d’individualisation des peines ; le juge des référés n’a toutefois retenu ni l’urgence (faute d’éléments concrets sur les dossiers concernés) ni l’existence d’une instruction générale imposant en toutes circonstances des réquisitions de prison ferme.

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Les prisonnières politiques Carmen Villalba, Laura Villalba et Francisca Andino font l’objet de conditions carcérales dégradantes, incluant l’isolement prolongé et la privation de soins médicaux, visant à briser physiquement et psychologiquement ces opposantes politiques.Le système répressif paraguayen ne se limite pas à l’incarcération des opposantes politiques. Il s’attaque violemment à leur cercle familial le plus proche pour briser toute velléité de résistance. La tragédie des enfants de la famille Villalba en est l’illustration la plus brutale : Lilian Mariana et María Carmen, deux fillettes de la famille, ont été exécutées par des unités militaires, tandis que Carmen Elizabeth, surnommée « Lichita », la propre fille de la prisonnière Carmen Villalba, est portée disparue.