Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Aux États-Unis, Leqaa Kordia, Palestinienne de 33 ans et ancienne manifestante de Université de Columbia, est détenue depuis le 13 mars 2025 par l’ICE au centre de Prairieland au Texas, officiellement pour expiration de visa. Hospitalisée le 6 février après une crise d’épilepsie possiblement liée à un traumatisme crânien, elle est restée plus de 72 heures sans que ses proches ni son avocat ne soient informés de son sort. Selon sa famille et des soutiens, elle dénonçait auparavant de la fièvre, des vertiges et des troubles cognitifs, dans un contexte de négligence médicale et de conditions de détention difficiles. Bien qu’un juge de l’immigration ait ordonné sa libération à deux reprises, ces décisions n’ont pas été appliquées en raison de son engagement pro-palestinien.

À la suite des vastes manifestations ayant secoué l’Iran, notamment dans le Rojhelat, plus de 2 000 Kurdes auraient été arrêtés par les forces de sécurité, selon plusieurs ONG, qui n’ont pu identifier formellement que 470 d’entre eux. Ces arrestations massives, menées par le ministère du Renseignement, la police et les services liés au Corps des gardiens de la révolution islamique, se seraient souvent déroulées sans mandat et avec violences, dans un contexte de coupure d’internet et de pressions sur les familles. Des enfants figurent parmi les personnes arrêtées, tandis que des blessés auraient été interpellés dans des hôpitaux ou privés de soins par crainte d’arrestation, alimentant de vives inquiétudes sur le sort des détenus et la poursuite de la répression.

À Place du Luxembourg, lors de la manifestation agricole du 18 décembre à Bruxelles, un agriculteur wallon poursuivi pour rébellion armée après avoir manœuvré son tracteur face à la police “pour faire peur” a bénéficié d’une suspension simple du prononcé par le tribunal de première instance francophone. L’infraction a été retenue, sans peine toutefois. En revanche, le prévenu devra rembourser 5 225 euros correspondant aux frais de dépannage de son véhicule saisi ce jour-là. Un autre agriculteur impliqué dans la même manifestation sera jugé le 20 mars pour des faits similaires.

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À l’heure de la course à la militarisation en Europe, l’Autriche, pays « neutre » où le service militaire reste obligatoire dès 18 ans (six mois, ou neuf mois de service civil), envisage de renforcer son armée. Une commission mandatée par le ministère de la Défense propose de porter le service militaire à huit mois (et le service civil à douze), ainsi que d’imposer deux mois de services de réserve obligatoires avant 30 ans afin de disposer de davantage d’hommes mieux formés. La commission souhaite une adoption rapide, et le chancelier Christian Stocker s’est déclaré favorable à l’organisation d’un référendum.

L’Autriche est un pays dit neutre depuis 1955, date à laquelle elle a inscrit dans sa Constitution la « neutralité permanente » après le départ des forces d’occupation alliées. Cette neutralité implique de ne pas rejoindre d’alliances militaires et de ne pas autoriser l’installation de bases étrangères sur son territoire. Ainsi, contrairement à de nombreux États européens, l’Autriche n’est pas membre de l’OTAN, tout en participant à des missions internationales de maintien de la paix et en étant membre de l’Union européenne.

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En Iran, le prisonnier politique kurde Mehrab Abdollahzadeh, arrêté lors des manifestations de 2022 « Femme, Vie, Liberté », risque une exécution imminente. Condamné à mort pour « propagation de la corruption sur terre » après son implication présumée dans le meurtre d’un membre du Basij, la force paramilitaire chargée de réprimer les opposants au régime, sa demande de nouveau procès a été rejetée et l’exécution n’a pas été suspendue. Son avocat dénonce de graves irrégularités : arrestation sur son lieu de travail, 38 jours de torture, absence de défense efficace, procès expéditif et condamnation prononcée sans preuves tangibles. Mehrab, né le 15 mars 1998, a toujours nié toute implication dans le meurtre.

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En Turquie, des socialistes révolutionnaires détenus à la prison de Marmara, dans le quartier F‑9, ont entamé le 20 février 2026 une grève de la faim de trois jours pour protester contre la surveillance par caméras dans les dortoirs et les pressions de l’administration pénitentiaire. Ils ont averti que si ces pratiques arbitraires se poursuivaient, ils passeraient à une grève de la faim illimitée. Les détenus impliqués (dont Ahmet Bilal Bay, Can Tekin, Hakkı Demiral, Hasan Hüseyin Yeşilova, Hasan Polat, Kenan Hessas, Kerem Bükre, Serdal Işık, Sıtkı Güngör, Yusuf Çıtırık et Cemil Aksu) ont été placés en cellules individuelles pour leur résistance. Ces arrestations font partie de l’opération politico-judiciaire visant le Parti Socialiste des Opprimés (ESP) et plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire.

Aux États-Unis, le prisonnier politique Alexander Stokes a été transféré à la tristement célèbre prison de Sing Sing Correctional Facility à Ossining, New York, juste avant son anniversaire le 26 février. Journaliste et artiste d’Albany, il a documenté les mouvements sociaux depuis 2014. Il a été arrêté en 2017 à Washington DC lors des manifestations du 20 janvier pour l’inauguration présidentielle et a co-représenté plus de 200 contre-manifestants et journalistes indépendants qui avaient été arrêtés et accusés. En 2020, il a régulièrement participé aux manifestations Black Lives Matter à Albany et les a filmées. Le 6 janvier 2021, des manifestants se sont rassemblés devant le Capitole de l’État de New York à Albany en soutien au rassemblement Stop the Steal à Washington DC. Quelques contre-manifestants se sont opposés à eux et une bagarre a éclaté après qu’un membre du groupe suprémaciste Proud Boys ait utilisé un taser sur un homme noir au cou. Alex, qui observait depuis le bord, est intervenu pour aider d’autres personnes. La police n’est intervenue qu’après la fin de la violence et a arrêté trois activistes noirs. Alex a été accusé de plusieurs crimes violents et a été condamné à 20 ans de prison

Lui écrire : Alex Contompasis #22B5028 · Sing Sing Correctional Facility · 354 Hunter Street · Ossining, NY 10562

Aux États-Unis, Oso Blanco, militant pour les droits des peuples autochtones et membre des Nations Cherokee et Choctaw élevé au Nouveau Mexique, purge une peine de 55 ans pour braquages de banques, agression aggravée sur le FBI, évasion et détention d’armes. Connu par les autorités sous le surnom de « Robin des Bois » pour avoir utilisé les fonds des braquages afin de soutenir la rébellion zapatiste au Chiapas en 1998-1999, il a publié une déclaration à l’occasion de son 59ᵉ anniversaire, célébré en prison fédérale après 26 ans d’incarcération pour ses actions politiques. Dans ce texte, il insiste sur l’importance de la solidarité et de la connexion humaine, appelant ses lecteurs à s’engager activement contre l’oppression et la répression d’Etat : « Si j’ai un vœu pour mon anniversaire, je souhaite que les gens se lèvent vraiment et fassent quelque chose pour mettre fin à l’oppression. Qu’ils s’organisent réellement. Qu’ils mettent réellement fin à l’oppression, à la répression et aux abus de l’État. Voilà mon vœu d’anniversaire. »

Lui écrire : Byron Chubbuck #07909­051 · USP Atwater · PO Box 019001 · Atwater, CA 95301

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A Chypre, le militant kurde Kenan Ayaz a été libéré le 16 février 2026 par décision présidentielle après avoir purgé les deux tiers de sa peine dans la prison centrale de Nicosie. Aucune demande de libération n’avait été déposée, Ayaz contestant toujours sa condamnation. Arrêté en 2023 à Larnaca à la demande des autorités allemandes, il avait été extradé puis condamné en 2024 par la Cour d’appel régionale supérieure de Hambourg à quatre ans et trois mois de prison pour appartenance présumée au PKK, sans accusations d’actes violents individuels (voir notre article). Transféré de nouveau à Chypre en 2025, il reste engagé dans une procédure devant le Cour européenne des droits de l’homme, son avocat soulignant que la bataille judiciaire vise désormais sa réhabilitation complète et la reconnaissance d’éventuelles violations de droits fondamentaux.

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En Espagne, le comité de soutien à Lola López Resina réclame sa libération à l’occasion de son 75ᵉ anniversaire, alors qu’elle est incarcérée à la prison de Zaballa (Álava). Révolutionnaire catalane engagée pour le communisme et l’autodétermination des peuples, elle a été arrêtée en 1980 avec des militants du Parti Communiste d’Espagne (internationaliste), a subi des tortures et a été condamnée à neuf ans de prison. Après sa libération, elle a rejoint ETA puis elle est arrêtée de nouveau en 2001 en France. Elle a été extradée vers l’État espagnol en 2018, où elle purge une peine dépassant vingt ans. Détenue depuis 25 ans entre la France et l’Espagne, elle pourrait sortir en 2031 après révision de peine, alors que sa libération était initialement prévue pour 2046. Ses soutiens invoquent des raisons juridiques et humanitaires, soulignant son âge, la dissolution d’ETA et ses conditions de détention, et poursuivent mobilisations et campagnes pour obtenir sa remise en liberté.