Le 23 septembre, huit nouvelles perquisitions ont été menées à Lyon dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque. Cinq personnes ont été mises en examen, dont trois placées en détention provisoire, tandis que trois autres ont été relâchées après 24 à 48 heures de garde à vue. Ces arrestations portent à 12 le nombre d’antifascistes actuellement détenus dans le cadre de cette affaire.
Aucune des personnes récemment incarcérées n’est soupçonnée d’avoir directement frappé Quentin Deranque, mais de faits de complicité. Par ailleurs, aucun membre du groupe d’extrême droite impliqué dans l’affrontement n’a été mis en examen, alors que plusieurs participants ont été identifiés et que des armes ont été utilisées.
La commune de Ganshoren va consacrer 147 000 euros supplémentaires au déploiement de son réseau de vidéosurveillance, avec l’installation de cinq nouvelles caméras, portant à douze le nombre prévu dans le cadre du programme. Plus de 400 000 euros ont déjà été engagés par la zone de police Bruxelles-Ouest pour ce dispositif.
Le professeur Damien Ernst a été entarté en plein cours par plusieurs personnes se présentant comme le « Vrai Comité (Populaire) d’Éthique de l’ULiège ». Le collectif affirme avoir voulu dénoncer les liens de l’établissement avec l’industrie de l’armement et, plus largement, les collaborations entre l’ULiège et le secteur de la défense. Ernst a annoncé son intention de porter plainte, l’acte pouvant être qualifié de coups et blessures et, en cas de préméditation retenue, être passible de six mois à trois ans de prison.
L’action s’inscrit dans une forme de résistance militante aux collaborations entre recherche et industrie de la défense, tandis que l’université condamne l’intervention et envisage d’éventuelles suites judiciaires et disciplinaires.
Un précédent en 2023, l’entartage de Georges-Louis Bouchez à Liège, avait toutefois été classé sans suite. A l’inverse, l’entartage de Jean-Pierre Chevènement par Noël Godin en 2002 avait conduit à une condamnation à une amende.
Les décès survenant en prison, en garde à vue, en centre de rétention administrative ou lors d’hospitalisations psychiatriques sans consentement ne font pas l’objet d’un recensement national exhaustif. Les données, réparties entre les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de la Santé, ne permettent pas d’établir un bilan global, certains décès intervenant à l’hôpital après une mesure de privation de liberté échappant notamment aux statistiques officielles.
En prison, 275 décès ont été recensés en 2025, dont 136 suicides. Les conditions de prise en charge psychiatrique restent également préoccupantes, avec des délais d’attente pouvant atteindre plusieurs mois. Entre 2022 et avril 2026, 24 détenus sont par ailleurs décédés à la suite d’agressions commises par des codétenus, dans un contexte notamment marqué par la surpopulation carcérale et le manque de surveillants.
Les Forces de défense du peuple kurde (HPG) ont annoncé le décès de 12 combattants européens ayant rejoint le PKK au cours des dernières années. Parmi eux figure Pablo Manuel Figueiras Duarte, né en Allemagne, qui avait pris le nom de Baran Nûjiyan Salema au sein du mouvement kurde. Déjà engagé politiquement en Allemagne, Duarte avait découvert le mouvement de libération kurde en 2018 avant de rejoindre les montagnes du Kurdistan en 2019.
Déployé notamment à Gare, Metîna et Qendîl, il est décédé le 6 août lors des combats. Depuis l’accord de reddition en Turquie, les identités de nombreux combattants décédés au cours des dernières décennies ont été rendues publiques.
En raison de son état de santé préoccupant, notamment de son hypertension artérielle et des séquelles liées aux tortures subies en détention, Mohamed Bani a suspendu sa grève de la faim. Cette suspension vise à préserver sa santé et ne signifie pas l’abandon de ses revendications.
Condamné à la perpétuité et détenu depuis 2010, Bani fait partie des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik qui viennent de lancer une grève de la faim illimitée et collective.
En 2023, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a conclu au caractère arbitraire de sa détention et demandé sa libération, une réparation et une enquête sur les violations alléguées.
La grève de la faim illimitée de Tacettin Erol Sahin et Cem Dursun, prisonniers révolutionnaires en Turquie, a atteint son 150e jour le 25 septembre. Leur mouvement dénonce l’isolement dans les prisons de haute sécurité dites de type puits. Dans le cadre de ce mouvement, sept prisonniers poursuivent actuellement une grève de la faim.
À l’occasion de ce 150e jour, une grève de la faim de solidarité a été menée et à des actions publiques pour soutenir leur mobilisation. En particulier, plusieurs rassemblement ont eu lieu en Serbie, Grèce, France, Belgique ou encore au Royaume-Uni.
Les autorités tunisiennes ont placé en détention plusieurs personnes arrêtées après une marche organisée le 19 septembre à Tunis en soutien aux membres détenus de la Flottille de la résilience. Sur les 15 personnes interpellées, douze personnes ont été placées en détention provisoire. Parmi elles figure un mineur, Adam Mubarak, renvoyé devant le juge des enfants. Le parquet n’a pas encore communiqué les charges retenues contre eux.
Cette vague d’arrestations intervient alors que quatre responsables tunisiens de la Flottille restent détenus dans le cadre de la criminalisation croissante du mouvement de solidarité avec la Palestine. Leur détention provisoire a été prolongée de quatre mois le 11 septembre.
Le 25 septembre, des militants rassemblés devant le consulat de Turquie à Berlin ont demandé la libération du journaliste kurde Ahmet Polad, détenu en Turquie. Polad et la journaliste Eva Maria Michelmann avaient été arrêtés à Raqqa le 18 janvier alors qu’ils exerçaient leur métier. Eva a depuis été libérée, tandis que Polad a été remis aux autorités turques le 8 septembre après plusieurs mois de détention en Syrie.
Les manifestants ont dénoncé les conditions de détention et les violations des droits humains rapportées en Syrie et en Turquie, et annoncé la poursuite des mobilisations devant les représentations turques jusqu’à la libération de Polad. Des slogans en faveur de sa libération et de celle des prisonniers politiques ont été scandés lors du rassemblement.
Depuis le 21 septembre, des lycéens de plusieurs établissements de banlieue parisienne se mobilisent contre la dégradation de leurs conditions d’étude : classes surchargées, manque d’enseignants et de personnels médico-sociaux, bâtiments vétustes et journées de cours longues. Les blocages ont donné lieu à d’importantes interventions policières, avec usage de gaz lacrymogène, charges, interpellations et placements en garde à vue. Plusieurs dizaines d’interpellations sont rapportées notamment à Rosny-sous-Bois, La Courneuve, Gonesse, Saint-Denis, Stains et Sarcelles. À Gonesse, une vingtaine d’enseignants se sont mis en grève le 24 septembre pour soutenir les élèves et leurs revendications, tandis qu’un nouveau blocage réunissait élèves et personnels.