Actualité de la répression et
de la résistance à la répression

Le 18 février 2026, les autorités grecques ont rejeté la demande d’asile de Yannis Vasilis Yaylalı et ordonné son renvoi en Turquie, malgré la reconnaissance de persécutions et de tortures subies par le passé. Athènes estime qu’il pourrait retourner sans danger immédiat à Bafra, sa ville natale, en dépit de poursuites en cours contre lui, notamment d’un mandat d’arrêt.

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En Turquie le 17 février dernier, des opérations de police menées à Balıkesir et à Istanbul dans le cadre d’enquêtes distinctes ont conduit à l’arrestation d’au moins 22 personnes lors de perquisitions à domicile. À Balıkesir, neuf personnes, dont Bêritan Yıldırım de la SGDF, Çise Yıldız et Yücel Kurşun du collectif écologiste Polen Ekoloji ainsi que des membres du DEM Parti, organisation de gauche pro-kurde, ont été placées en garde à vue. À Istanbul, au moins treize autres personnes, parmi lesquelles des membres du DEM Parti, ont également été arrêtées.

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En Eswatini, Menzi Bongeka Bhembe, étudiant et militant de 26 ans, a été arrêté le 16 janvier 2024 et inculpé en vertu de la Suppression of Terrorism Act, une loi antiterroriste adoptée en 2008. Détenu depuis plus de deux ans, il est maintenu en détention arbitraire. Selon ses soutiens, ces poursuites s’inscriraient dans un contexte de répression du militantisme étudiant et de restriction de l’espace civique dans le pays.

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Au Royaume-Uni, le gouvernement dirigé par Keir Starmer prévoit d’imposer un contrôle d’âge pour l’utilisation des VPN afin d’empêcher les mineurs de contourner les restrictions d’accès aux réseaux sociaux. Cette initiative prolonge l’Online Safety Act, adoptée en 2023, qui impose aux plateformes un devoir de vigilance renforcé : vérification d’âge pour les contenus pornographiques, réduction des contenus illégaux ou préjudiciables aux mineurs, et lourdes sanctions en cas de manquement. La mise en œuvre de cette loi est confiée à Ofcom, l’autorité indépendante de régulation des communications au Royaume-Uni. Ofcom supervise les télécommunications, l’audiovisuel, les services postaux et, depuis l’Online Safety Act, les grandes plateformes en ligne. Elle peut infliger des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise et, en dernier recours, demander le blocage d’un service non conforme. Le nouveau projet de loi sur le bien-être des enfants et l’école pourrait aller plus loin en fixant un âge minimum légal pour les réseaux sociaux, en limitant certaines fonctionnalités jugées « addictives » et en restreignant l’accès aux VPN pour les moins de 16 ans. Des fournisseurs de VPN comme Mullvad estiment qu’un contrôle d’âge reviendrait en pratique à une vérification d’identité généralisée, avec des risques pour la vie privée et la protection des journalistes, lanceurs d’alerte ou militants.

En France, les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP pourront porter des pistolets à impulsions électriques, dits Tasers, à titre expérimental pendant trois ans, selon un décret publié au Journal officiel. Environ 10 % des agents, soit 300 à 400 policiers ferroviaires, seront concernés dans un premier temps. Le port de cette arme dite « non létale » sera soumis à une autorisation préfectorale individuelle, après formation obligatoire et continue. Une évaluation du dispositif sera réalisée à l’issue de l’expérimentation. Bien que qualifié d’arme intermédiaire, le Taser a déjà été associé à des cas de blessures graves et de décès, ce qui suscite des inquiétudes quant aux conséquences d’un tel dispositif. Une évaluation est prévue à l’issue de l’expérimentation.

A l’occasion de la soirée co-organisée par le Secours Rouge Toulouse et l’AFA Tolosa le 14 janvier dernier, le militant antifasciste Zaid revient sur son parcours et le sens de son engagement révolutionnaire. Mercredi 18 février, les antifas Gino et Zaid comparaîtront devant la Cour d’Appel de Paris pour statuer sur les demandes d’extradition : la Hongrie réclame Zaid, tandis que l’Allemagne demande Gino, malgré le refus de la justice française d’appliquer le mandat d’arrêt hongrois l’an dernier (voir notre article).

Au Pays Basque, sept militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à franchir la frontière franco-espagnole lors de la Korrika 2024 (voir notre article), course bisannuelle en faveur de la langue basque, ont été relaxés le 17 février 2026 par le tribunal judiciaire de Bayonne. Les prévenus avaient expliqué leur action comme un geste de désobéissance civile, facilitant le passage de 36 migrants entre Irun et Hendaye sur le pont Saint-Jacques. Initialement, le procureur avait requis des peines d’amende pour six d’entre eux et la relaxe pour un seul, mais le délibéré final a accordé la relaxe totale.

Le 17 février 2026, le gouvernement français a annoncé l’interdiction des « meetings politiques » dans les universités en cas de risque de « troubles à l’ordre public ». Une circulaire co-signée par le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a été envoyée aux préfets et aux présidences d’université pour encadrer et, le cas échéant, interdire tout événement jugé à risque dans les universités. La mesure vise officiellement à maintenir l’ordre, mais elle est le fruit d’une offensive liberticide suite à la mort de Quentin Deranque, militant néofasciste décédé le 12 février à Lyon lors d’affrontements entre groupes d’extrême droite et antifascistes (voir notre article). En effet, cette décision s’inscrit dans la poursuite de la criminalisation du mouvement étudiant et renforce les interdictions arbitraires sous couvert de « sécurité ».

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Le piratage des appareils de communication par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), techniquement désigné sous le terme de « piégeage » par le ministère de l’Intérieur, se heurte à des obstacles techniques majeurs. Le taux de réussite du Service technique national de captation judiciaire (STNCJ), l’unité chargée d’extraire les données des smartphones et ordinateurs, n’oscille qu’entre 25 et 30%. Ces opérations, bien que ciblant des individus mis en cause dans des dossiers de terrorisme ou de criminalité organisée, s’avèrent non seulement difficiles à mettre en œuvre, mais également éphémères : même en cas de succès, l’accès aux données ne reste généralement opérationnel que durant quelques jours seulement.

Face à ce constat d’inefficacité relative, le pouvoir exécutif français a relancé au début de l’année 2026 une offensive politique pour obtenir un accès encadré aux communications chiffrées. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a missionné le député Florent Boudié pour explorer des évolutions juridiques permettant de contraindre les services de messagerie (tels que WhatsApp ou Signal) à fournir leurs clés de déchiffrement aux autorités. Cette initiative, qui fait suite à un premier échec législatif lors de l’examen de la loi contre le narcotrafic en 2025, s’appuie sur les auditions de hauts responsables de la sécurité et du renseignement, notamment Céline Berthon (DGSI), Pascal Mailhos (coordonnateur national du renseignement) et des représentants de Tracfin, le Service de renseignement financier de Bercy.

Dans le district de Bijapur, les forces de sécurité ont mené le 16 février 2026 des opérations coordonnées contre les maoïstes, saisissant plusieurs dispositifs explosifs et détruisant des monuments commémoratifs maoïstes. Des unités de la Central Reserve Police Force (CRPF) ont patrouillé et fouillé les secteurs des postes de police d’Usoor et de Bhopalpatnam, neutralisant des explosifs dissimulés et enterrés ainsi que des caches de matériel maoïste comprenant grenades artisanales, batteries et composants pour bombes. Les CRPF ont également démantelé des monuments non autorisés dans les forêts de Kamalapur et Korcholi, utilisés pour honorer des cadres insurgés et diffuser l’idéologie maoïste parmi les populations tribales. Ces actions s’inscrivent dans la stratégie gouvernementale visant à éradiquer les activités liées à l’insurrection maoïste d’ici le 31 mars 2026 à travers l’opération de contre-insurrection Kagaar.

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