Ce 14 novembre, plusieurs manifestations auront lieu en solidarité avec les personnes arrêtées lors de l’Opération Ice, opération policière qui s’inscrit dans une suite d’actions répressives contre le mouvement anarchiste espagnol: les opérations Pandora et Pinata. Deux manifestations auront lieu à Londres et à Minneapolis.

Affiche solidaire états-unienne.

Affiche solidaire états-unienne.

Il y a deux semaines, les locaux d’ANEL (le parti des Grecs Indépendants, organisation d’extrême-droite qui gouverne la Grèce aux cotés de Syriza) étaient occupés par l’organisation anarchiste Rouvikonas, suite à l’expulsion du bâtiment par la police 19 militants avaient été arrêtés et devaient être jugée la semaine dernière. L’audience a toutefois été reportées car les accusés ont demandé à ce que le principal témoin de l’accusation, le président d’ANEL Panos Kamenos se déplace pour venir se plaindre en personne. Deux dépositions circulent sur internet, celle de Kamenos, prétendant avoir eu à faire à des mois d’intimidation lui causant des pertes financières « à lui et à sa famille », prétendant que ces intimidations auraient effrayé ses partisans qui n’osaient plus venir au siège du parti, prétendant enfin que les anarchistes avaient prit en otage vingt personnes dont l’une aurait manquée de se jeter par la fenêtre de désespoir. Kamenos décrit également un immeuble pratiquement dévasté aux portes brisées. La seconde déposition, celle de l’agent de sécurité en poste ce jour là est tout à fait différente, il raconte avoir vu les militants faire sortir tous ceux qui le souhaitaient (d’autres bureaux sont situés dans le même batiment) dés le début avant de fermer les volets à l’arrivée de la police. L’agent de sécurité raconte également avoir accompagné lui-même les anarchistes sur le toit, et leur avoir ouvert la porte, pour qui soient accrochées des banderoles.

Dû à l’absence du principal plaignant, le procès est repoussé au 13 novembre.

Occupation des locaux d’ANEL.

Occupation des locaux d'ANEL.

Hier, le 4 novembre, dans le cadre d’une opération policière-judiciaire appelée opération « Ice », cinq militants du collectif Straight Edge de Madrid ont été arrêtés. Ils sont accusés d’appartenance à une organisation criminelle à but terroriste, de dommages et d’apologie du terrorisme. Les policiers politiques de la Brigade d’information de la police nationale disent avoir trouvé du matériel pour confectionner des explosifs, de la poudre et des manuels de fabrication de bombes. Ils sont aussi accusés d’avoir attaqué, avec des dispositifs incendiaires, quatre succursales de banques à Madrid ainsi que d’autres actions à Barcelone. En outre, comme de coutume, ils sont accusés de relations dans le cadre du GAC (Grupos Anarquistas Coordinados: les Groupes Anarchistes Coordonnés). Des documents et de la propagande concernant les groupes anarchistes ont été saisis, se référant aux anarchistes arrêtés le 30 mars dernier dans l’opération « Piñata ».

Straight Age Madrid

Un magistrat adjoint de la Cour centrale de Madrid a accepté remise en libération provisoire sous caution (de 4000 à 5000 euros) de six des militants anarchistes arrêtés dans le cadre de l’opération Pandora2, la libération sous caution et avec conditions (pointage hebdomadaire et remise des passeports) de deux autres et le maintien en détention du dernier. Il a été confirmé que l’opération a été entièrement conçu par la police catalane. Lors de l’audience, un rassemblement devant le bâtiment de la Cour nationale a réuni plus d’une centaine de manifestants solidaires.

Rassemblement solidaire

Voici l’adresse du militant emprisonné:
Enrique Costoya Allegue
CP Madrid V Soto del Real
Ctra M-609, km 3,5 Modulo 15
28791 Soto del Real (Madrid)

Rassemblement solidaire

Mardi 27, un procès a eu lieu pour décider de la levée ou du maintien de la détention provisoire de Monica et Francisco en attendant le procès. La caution a été rejetée et leur détention a été prolongée. La législation espagnole prévoit deux ans comme le durée maximale pour le maintien d’une personne en détention provisoire, l’état a la possibilité de l’étendre en invoquant des circonstances exceptionnelles, et c’est ce qu’il a fait. Monica et Francisco ont été arrêtés il y a deux ans, le 13 novembre 2013, avec trois autres anarchistes. Ils sont en attente de jugement sous les accusations d’appartenance à une organisation terroriste.

Francisco et Monica

19 personnes membres du groupe anarchiste Rouvikonas ont été arrêtées après avoir occupé les bureaux du parti des « Grecs Indépendants » (ANEL), le parti d’extrême-droite qui compose la majorité gouvernementale aux cotés de Syriza. Lors de l’action, des camionnettes de police ont bloqué les rues environnantes alors que des policiers anti-émeute ont fermé toutes les issues du bâtiment. Les arrêtés sont accusés de « perturbation de l’ordre public » et « d’occupation illégale ». Ceux qui auront refusé d’être pris en photo au commissariat seront également inculpés de désobéissance.

L’action visait à dénoncer le troisième mémorandum et le nouveau gouvernement grec.

Occupation des locaux d’ANEL.

Le 16 décembre 2014, une vaste vague de perquisitions avait visé les milieux anarchistes espagnols, l’Opération Pandora, qui avait fait arrêter 10 personnes. Le 30 mars 2015, l’Opération Pinata faisait également 16 arrestations dans les milieux libertaires.

Ce 28 octobre à 7h du matin, la police a réitéré dans ce qui semble être la suite directe de l’Opération Pandora, visant plusieurs domiciles et lieux de la scène anarchiste à Barcelone et à Manresa. Au moins 9 personnes ont été arrêtées au motif « d’appartenance à une organisation criminelle à buts terroristes ». Parmi les lieux perquisitionnés, le Centre Social Revoltosa Social, qui a été pris d’assaut par le contenu d’une dizaine de combis de police. Dés qu’ils ont appris la nouvelle, des dizaines de personnes solidaires se sont rassemblées dans le quartier pour témoigner leur solidarité, la police a rapidement réprimer la manifestation. Un rassemblement solidaire est prévu ce soir à 20h, à Barcelone, Plaça del Diamant à Gràcia.

Rassemblement solidaire spontané à Sants, devant l’Athénée Libertaire.

Rassemblement solidaire spontané à Sants, devant l'Athénée Libertaire.

Depuis environ un mois, Maria Theofilou, soeur du prisonnier anarchiste Tasos Theofilou et compagne du prisonnier anarchiste G Petrakakos (ce dernier est accusé dans le nouveau procès contre Lutte Révolutionnaire) est emprisonnée. Ce sont surtout ses liens avec son frère et son compagnon qui sont abordés dans les interrogatoires. Au domicile familial, deux armes ont été trouvées par la police lors d’une perquisition le 5 octobre, l’avocat de Maria a déclaré que Maria ne connaissait pas la présence de ces armes, qui pourraient tout à fait appartenir à Petrakakos.

Perquisition à Molos

Perquisition à Molos

Le nouveau procès contre Lutte Révolutionnaire, portant sur la seconde période d’activité du groupe qui s’étend entre le retour à la clandestinité de Nikos Maziotis et de Pola Roupa jusqu’à l’arrestation de Nikos a commencé. Quatre personnes sont accusées dans ce procès : Nikos Maziotis, considéré par l’accusation comme le ‘leader’ du groupe, Pola Roupa, toujours dans la clandestinité, A. Sotiropoulou qui nie les charges tout en se revendiquant anarchiste et G. Petrakakos arrêté récemment. Les quatre sont accusés d’appartenance et de participation à une organisation terroriste, de l’attaque à la voiture piégée contre le Banque de Grèce de la rue Amerikis en avril 2014, de distribution et détention d’explosifs et deux braquages. Nikos a également une charge supplémentaire : celle de tentative d’homicide lors de la fusillade qui a précédé son arrestation le 16 juillet 2014.

Lors de la séance du 19 octobre, Nikos a tout d’abord déclaré qu’il n’y avait pas eu de braquages, mais bien des expropriations d’organisations prédatrices. Nikos a ensuite lu un manifeste (qui sera bientôt disponible en français), extrait : Ceux qui vivent avec 300 ou 400€ par mois ne sont pas terrorisés par Lutte Révolutionnaire, mais par vous et votre régime. Nikos s’est également déclaré prisonnier de guerre anarchiste.

De son coté, Stamboulou s’est également définit comme prisonnier de guerre anarchiste, niant les accusations à son encontre, soulevant le fait qu’il n’y a aucune preuve contre lui et attribuant la persécution à la ‘rage des mécanismes répressifs’. Enfin, Petrakakos a nié les charges et gardé le silence. Le juge a répondu que les séances commenceraient dés l’après-midi et explicité clairement qu’il voulait éviter d’arriver au terme de la détention préventive de 18 mois de Stamboulou. Les avocats de la défense ont dénoncé le fait que le tribunal préférait être expéditif que d’agir légalement. Malgré les protestations de l’audience, l’audition des témoins a commencé l’après-midi.

L’attaque de la Banque de Grèce, Rue Amerikis

L'attaque de la Banque de Grèce, Rue Amerikis

Suite à l’organisation d’un atelier d’autodéfense, le journal d’extrême-droite Vehdet avait publié un article « Comment les anarchistes se préparent à la guerre civile », faisant une relation entre l’activité et les entrainements du PKK. Sur base de cet article, la brigade anti-terroriste de la police turque est venue une première fois au local anarchiste infiAl où avait lieu le workshop, en armes et blindés. Remballés la première fois, ils sont revenus et ont perquisitionné. Saisissant deux modèles de posters accusés d’insulter Erdogan et ses parlementaires. Trois personnes ont été arrêtées, dont l’avocat du collectif. L’avocat ne pouvant être entendu que par un procureur et les deux autres étant restés silencieux, ils seront convoqués sous peu chez le procureur. Les trois ont depuis été relâchés.

Les trois sont accusés d’insultes contre Erdogan et ses parlementaires et d’appartenance à une organisation terroriste.

Les deux posters ‘insultants’

Les deux posters 'insultants'